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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 15:03

hebergeur imagePlutôt deux fois qu'une: Liliba et Coccinelle poursuivent leur découverte des premiers romans. J'avoue avoir manqué la dernière participation de Coccinelle - mes excuses! Elle proposait une présentation de "M. Pénombre libraire ouvert jour et nuit" de Robert Sloan. Liliba, pour sa part, propose un billet sur "En finir avec Eddy Bellegueule" d'Edouard Louis.

 

Voici les liens vers ces billets:

 

M. Pénombre libraire ouvert jour et nuit chez Coccinelle.

En finir avec Eddy Bellegueule chez Liliba.

 

Merci et bravo à vous deux pour ces participations au Défi Premier roman!

 

 

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Publié par Daniel Fattore - dans Défi Premier roman
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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 05:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, Ankya, Azilis, Bénédicte, Bookworm, Cagire, Caro[line], Chrestomanci, Chrys, Edelwe, Emma, Esmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Herisson08, Hilde, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, MyrtilleD, Saphoo, Séverine, Tinusia, Violette, Yueyin.

 

Marion

 

Je vous l'assure sans le faire exprès le dernier soir de la vendange alors que le fût chantait c'est venu sans qu'on y pense j'ai gagné le coeur de Marion

 

Vous le savez il faut de l'argent pour les ménages le lit la table et l'oreiller et les enfants que seront pas sages j'en ai voulu gagner

 

A la ville je me suis dite c'est là que l'argent est bon marché et vers la ville plein de courage sifflant chantant m'en suis allé

 

Deux ans y suis resté en ai gagné plus qu'il fallait quel tas d'enfants nous aurons en route vers mon village l'argent gagné faut l'employer

 

L'ai retrouvée dolente voilà mon mari et mon petit garçon où étais-tu monsieur longtemps d'argent d'argent ce coeur s'en passe mais pas d'un coeur présent ô non Marion

 

Michel de Rivaz (1920-2011), Le coeur à droite, Zurich, Librairie française, Saint-Rémy-La-Rampe, 1950.

 

 

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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 19:54

hebergeur image

Défis Thrillers et polars et Vivent nos régions.

Le site de l'éditeur, de l'auteur et du photographe.

 

Après "Le Slovène bleu", dont j'aurai l'occasion de vous parler prochainement (confidence: il est sur ma pile à lire depuis trop longtemps...), l'écrivain fribourgeois Cédric Clément vient de faire paraître "Riff sanglant à Fri-Son", roman policier en forme de huis clos: il se déroule, pour l'essentiel, dans les coulisses de la salle de concerts rock emblématique de la ville de Fribourg.

 

Tout cela a l'air bien noir et bien grave...

Et l'incipit annonce la couleur de ce bref roman: "I am as fast as death metal!", annonce Gary Abbot, le détective qui mène l'enquête. Celle-ci sera brève, comme le livre, et un peu rock'n'roll, puisque après tout, c'est le leader du groupe métalleux satanique God Electrified qu'on a retrouvé décapité dans les coulisses de la salle de concert de Fri-Son. Une nuit pour boucler pour une enquête, c'est rapide, aussi rapide qu'un coup de sabre! Ou court comme un chapitre de "Riff sanglant à Fri-Son": la brièveté des chapitres n'est pas pour rien dans le rythme effréné de ce petit polar.

 

L'auteur se concentre sur l'interaction entre les personnages et les groupes présents. Il y a là God Electrified, les satanistes belges, et Fleur, un groupe de rock chrétien - mais l'auteur pose qu'au fond, le message importe peu et que c'est précisément pour cela que leur manager les a rapprochés. A ceux-là, on ajoutera les techniciens. Autant de suspects... et autant de possibilités de situations inattendues.

 

Il n'est guère question de la ville de Fribourg: celle-ci est à peine citée et décrite. On peut le regretter, mais si peu: la ville ne joue guère de rôle ici. De même, Fri-Son est un décor qui paraît relativement peu personnalisé, à quelques éléments exceptionnels près: l'auteur prend soin de recréer les lieux de façon crédible, à l'aide de plans illustrés, et de rappeler les groupes mythiques qui sont passés par là (eh oui, Nirvana a joué à Fribourg!).

 

... mais c'est quand même bien fichu, détaillé, et même déjanté

Le lecteur laissera à l'auteur le temps de mettre son univers en place, et de rappeler rapidement les impératifs des concerts de rock: timing serré, technique capricieuse, éclairages complices, organisation en coulisse. Et surtout - c'est adroit - la mise en place de détails qui paraissent insignifiants au début, mais finissent par s'avérer cruciaux.

 

C'est justement en se penchant sur les détails que Gary Abbot fait avancer son enquête. Son comparse Tintin fait figure de Bérurier au petit pied, bien membré, doté d'un gosier en pente raide, généreux en répliques hors de propos, maître dans l'art de mettre son comparse sur la voie tout en mettant les pieds dans le plat. L'exploitation d'éléments aussi hétéroclites qu'un T-Shirt Iron Maiden (qui apparaît d'ailleurs aussi sur la couverture du livre) ou un Ventolin oublié est habile; comme touche supplémentaire d'originalité, l'auteur monte par ailleurs avec virtuosité un jeu d'horloges déréglées. Construire un polar sur des jeux d'horloges, c'est typiquement suisse, me dira-t-on... Cela vaut une longue explication, construite sur des schémas.

 

Quant au côté déjanté, il paraît s'amplifier au fil des pages. En contrepoint à l'allusion san-antoniesque à Bérurier à travers le personnage de Tintin, on trouvera, de façon fort grave, un moment de révélation qui n'est pas sans rappeler la fin des romans d'Agatha Christie - de manière subvertie, puisque cet épisode s'achève sur un rebondissement. Il y a des allusions à l'écoulement de liquides corporels et de boissons sucrées, le nom improbable de l'agence de Gary Abbot ("GA, Poisson et Investigation"), les noms des personnages, et leurs portraits, souvent délirants - surtout pour les personnalités mises en avant par les besoins de l'enquête. Ah, et je crois que je ne vous ai pas encore parlé de la CLITO; je vous laisse découvrir tout seuls de quoi il s'agit, petits curieux!

 

Un roman policier court, donc, noir, et qui sait le plus souvent aller à l'essentiel! "Le loufoque n'est jamais loin", dit le prière d'insérer; et force est de constater que c'est vrai. L'intrigue a donc le double mérite d'être simple et costaude - et de ne pas se prendre au sérieux. Pour le plus grand plaisir d'un lecteur qui dévore...

 

Cédric Clément, Riff sanglant à Fri-Son, Fribourg/Genève, Faim de Siècle/Cousu Mouche, 2014.

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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 19:39

hebergeur imageLe Défi des Mille est bien vivant! Coup sur coup, Alex et Lili Galipette viennent d'en donner la preuve au travers de deux billets. Alex évoque le tome 4 de l'intégrale du Trône de fer de George R. R. Martin, et Lili Galipette parle de "Dôme" de Stephen King. Leurs billets sont ici:

 

Alex: Le Trône de fer, tome 4 de l'intégrale, de George R. R. Martin

Lili Galipette: Dôme, de Stephen King

 

Merci pour ces amples participations, et bravo! Qui aura le souffle de s'atteler à de si amples ouvrages? Le Défi des Mille reste ouvert! Il vous est possible de prendre connaissance des règles du jeu en cliquant sur le logo.

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Publié par Daniel Fattore - dans Défi des Mille
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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 19:34

hebergeur imageLu par Adeline Berjot, Clara, Des pages et des îles, Frédérique, Gambadou, Mathilde Dondeyne, Moon, Nina, Vive la rose et le lilas.

 

Vivent les mariés! Et que les diamants pleuvent sur eux! Image ô combien idyllique... Pour son troisième roman traduit en français (après "Les Débutantes" et "Maine"), Julie Courtney Sullivan choisit de traiter un sujet de toujours, le mariage - et d'aller voir ce qu'il peut y avoir derrière les serments, quitte à malmener certains clichés. Elle offre à son lectorat un roman solide, dans la plus pure tradition du roman réaliste, pour le meilleur et pour le pire. "Les liens du mariage" est riche en péripéties apparemment sans liens entre elles. Cela, jusqu'à ce que la fin, progressivement, se présentent toutes les clés des innombrables intrigues de de roman fourmillant d'humanité. Une humanité qui n'échappe pas au marketing - mais ça fait justement partie du riche dispositif mis en place par l'auteur.

 

Riche, oui: l'auteur propose à son lecteur pas moins d'une demi-douzaine de points de vue pour faire avancer une intrigue qui, en gros, va de l'immédiat après-guerre à l'année 2013. Cela implique un certain nombre de personnages susceptibles de captiver leur lectorat. L'auteure réussit son pari: on découvre Kate, l'éternelle opposée au mariage, Delphine, la Parisienne expatriée à New York, Evelyn, l'enseignante, James, l'infirmier qui aurait voulu devenir musicien. Et puis Mary Frances Gerety, l'immarcescible collaboratrice de l'agence de publicité Ayer - celle qui est à l'origine du slogan "A Diamond Is Forever". C'était en 1947.

 

Le marketing, acteur en coulisse

Si je signale Mary Frances Gerety un peu à part, c'est que son rôle l'est aussi - ce que l'auteur démontre. En effet, "Les liens du mariage" est un roman construit par parties. Or, les chapitres consacrés à Frances trouvent toujours place avant le début de chaque partie, un peu en dehors du propos, à la manière d'un prologue. Personnalité historique collaborant avec une véritable entreprise de communication, créatrice d'un slogan historique, Mary Frances Gerety fait donc figure, sous la plume de l'auteur, de personnalité qui tire les ficelles en coulisse, sous l'égide de l'agence de publicité Ayer.

 

Du coup, on devine que le marketing est le moteur, du roman "Les liens du mariage". L'auteure dessine en effet, exploitant des citations de rapports de l'agence Ayers et du diamantaire De Beers, l'évolution du positionnement du diamant en tant que produit commercial, présenté comme indissociable des fiançailles et du mariage. Il faut convaincre les classes moyennes, vendre du rêve aux riches, suggérer le prix raisonnable pour un diamant (deux mois de salaire...) à ceux qui ne savent pas, convaincre avant tout les hommes d'acheter un tel produit à celles qu'ils aiment. L'auteure dessine avec clarté et précision l'évolution de ce positionnement sur le marché.

 

Tout les sépare, un diamant les unit

Il faut être attentif lorsque l'on lit "Les liens du mariage". Les personnages mis en scène sont tous concernés par le mariage, et tous réagissent à leur manière, en fonction de l'époque où ils ont été confrontés à ce sujet. Nous avons donc des personnages comme James et Sheila, qui se marient pratiquement par nécessité afin d'échapper à la guerre du Viet-Nam (pour James), d'autres qui épousent afin d'acquérir un statut social, une Parisienne qui recherche l'aventure mais préfère en fin de compte un mariage tranquille qui est aussi une union bien "business". L'auteur flingue donc sans ménagement l'idée que seul l'amour motive le mariage.

 

Figure idéaliste, fidèle à ses idées, Kate est un personnage particulier: refusant le mariage (comme plein d'autres choses d'ailleurs, au nom de grands idéaux généreusement caricaturés), jetant par ailleurs un regard critique (donc intéressant) sur le business du diamant, elle se retrouve mêlée au mariage gay de deux amis. Elle est placée, en contrepoint, face à une soeur aux postures de fashion victim. Une porte ouverte vers quelque chose d'autre!

 

Ce n'est qu'à la fin de "Les liens du mariage" que l'on découvre ce qui réunit des personnages aussi divers - un diamant, une bague, bien sûr. Il est permis de se demander si cet objet n'a pas été imposé par De Beers, qui pourrait intervenir comme parrain de ce roman; on préférera penser que c'est un lien fort pertinent, bien choisi, entre des personnages difficiles à relier entre eux, représentatifs d'une Amérique vaste géographiquement (toute la côte Est, sans oublier le Midwest quasi provincial), socialement et historiquement.

 

Trois quarts de siècle...

Enfin, force est de constater que l'histoire des Etats-Unis et, plus largement, du monde est un acteur essentiel des "Liens du mariage". On retrouve ici la manière de faire de "Maine": intégrer des épisodes historiques d'importance locale, nationale ou mondiale afin de soutenir le réalisme du récit.

 

Du point de vue mondial, le lecteur n'échappera donc pas aux questions liées à la guerre du Viet-Nam (le personnage de James). Il sera aussi confronté aux Beatles (James aussi), à la francophobie née du refus de Jacques Chirac d'intervenir en Irak (personnages de Delphine et PJ), à la question des objets spoliés par les Nazis (un violon Stradivarius en l'occurrence, rien de moins), à l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy, etc.

 

Le poids de la documentation

L'auteure n'a pas hésité à se documenter amplement pour donner à son roman l'ampleur qu'il mérite. En particulier, les scènes parisiennes paraissent si précises qu'elles auraient pu être écrites par un auteur parisien - j'avoue avoir pensé à "Grands boulevards" de Tonie Behar, même si le quartier dépeint (Montmartre) n'est pas le même. Gageons que les restaurants cités existent vraiment - j'avoue ne pas avoir noté leurs noms...

 

Documentation lourde également lorsqu'il s'est agi de mettre en scène le monde de la musique classique, celui des pompiers ou des secouristes - force est de constater que l'auteure conserve, d'un bout à l'autre, ou souci constant de réalisme et de sérieux. Le résultat est là: à Paris comme à bord d'une ambulance, on s'y croit, comme on peut s'y croire lorsqu'on lit un reportage bien fichu.

 

Mais c'est aussi un roman important que Julie Courtney Sullivan offre à ses lectrices et lecteurs. Page après page, en effet, tout au long d'une intrigue conduite d'une manière virtuose, elle invite chacune et chacun d'entre eux à se poser quelques questions éventuellement dérangeantes sur le mariage (ou le divorce) qu'il a vécu, qu'il vit ou s'apprête à vivre. Autant dire que "Les liens du mariage", mêlant avec pertinence histoire réelle et fiction, est un ample roman qui apparaît comme une "physiologie du mariage" - pour reprendre le titre d'Honoré de Balzac - accommodé à la manière polymorphe, complexe donc captivante, d'une époque, la nôtre, qui va de l'immédiat après-guerre (la deuxième) à l'année 2013.

 

Julie Courtney Sullivan, Les liens du mariage, Paris, Rue Fromentin, 2014. Traduction d'Anne-Laure Paulmont et Frédéric H. Collay.

 

Merci à l'éditeur pour l'envoi!

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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 05:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, Ankya, Azilis, Bénédicte, Bookworm, Cagire, Caro[line], Chrestomanci, Chrys, Edelwe, Emma, Esmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Herisson08, Hilde, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, MyrtilleD, Saphoo, Séverine, Tinusia, Violette, Yueyin.

 

 

A une jeune fille

 

Si vous voulez que l'on vous aime,

Restez toujours sans apparat

Et gardez la candeur suprême

Dont la nature vous para.

 

Si vous voulez que l'on vous aime,

Ne vous mêlez point au moqueur.

Il pervertit la vertu même,

Il nous changerait votre coeur.

 

Si vous voulez que l'on vous aime,

Soyez pour nous comme une soeur.

On récolte ce que l'on sème:

Semez la joie et la douceur.

 

Si vous voulez que l'on vous aime

Du plus fidèle et tendre amour,

O chère enfant, restez la même:

Tendre, fidèle et sans détour.

 

Ernest Bussy (1864-1886). Paru dans Renouveau, revue du Cercle romand de poésie classique, Lausanne, novembre 1999.

 

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31 mai 2014 6 31 /05 /mai /2014 15:27

hebergeur imageSharon est de retour pour le Défi Premier roman! Son dernier billet, fort enthousiaste, porte sur "Sauf les fleurs", ouvrage de Nicolas Clément.

 

Ca se passe ici: http://deslivresetsharon.wordpress.com/2014/05/30/sauf-les-fleurs-de-nicolas-clement/

 

Merci pour cette participation! Et à la prochaine!

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Publié par Daniel Fattore - dans Défi premier roman
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30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 15:50

hebergeur image

Le site de l'auteur.

Défi "Vivent nos régions".

 

L'écrivain fribourgeois Claude Maier invite son lectorat au voyage avec "De Cressier à Posat, au gré de l'imaginaire". Oh, pas forcément loin, surtout si l'on habite dans le canton de Fribourg; mais entre Cressier et Posat, il y a quelques occasions de se balader et de raconter de belles histoires, traversées par un soupçon de fantastique qui les fait ressembler à des légendes d'antan ou d'aujourd'hui.

 

"De Cressier à Posat, au gré de l'imaginaire" est un recueil de dix nouvelles. Si la constante est régionale, chaque texte est différent, ne serait-ce que par sa longueur: si "Un fantôme à Cressier" a des dimensions qui la rapprochent de la novella, la plus courte des nouvelles du recueil, "Fichillien", tient sur l'étiquette d'une bouteille de vin! Les plus courtes se concentrent en fin de recueil, conférant à celui-ci un rythme qui va en s'accélérant, de façon agréable.

 

Le lecteur aura l'impression d'une belle randonnée dans la campagne fribourgeoise, éventuellement en bateau ("Trois châteaux, un ermite et un lac"), avec plus d'un passage en ville de Fribourg. L'auteur ne manque jamais de décrire certains lieux, qu'on ne voit plus forcément, à l'instar de l'ermitage de la Madeleine, creusé à même la roche par deux ermites. Le regard est précis, l'observation est fine, parfois malicieuse si l'on pense à la chute de "Pèlerinage à Posat". Des photographies prises par l'auteur donnent un surcroît de réalité à des lieux qu'on ne connaît pas forcément si l'on n'est pas de la région. Enfin, le recueil est complété par un petit guide factuel qui occupe ses dernières pages.

 

Le voyage est également temporel. En effet, l'auteur énumère des lieux historiques présents ou perdus, tels que le village de Bad Bonn, lieu de cure fort couru avant qu'il ne soit noyé à la suite de la création du lac de Schiffenen. Sa chapelle engloutie prend, sous la plume de l'auteur, des allures de cathédrale du voyage dans le temps. S'il est parfois médiéval, le voyage n'est pas moins captivant lorsqu'il plonge dans la petite histoire récente, rappelant par exemple de manière émouvante les soirées organisées pour les clochards par Mama Leone, patronne de bistrot légendaire, au restaurant du Tunnel ("Le petit bonheur").

 

L'auteur, enfin, n'hésite pas à explorer le futur, en vers, dans "L'amour est plus fort que la mort", qui mêle sentiments et science-fiction post-apocalyptique. Du reste, l'auteur fait part de son inquiétude face à une humanité qui prend de plus en plus de place, envahissant ou détruisant la nature qui l'entoure: autoroutes, lac artificiel, etc. "D Biber vo dr Bibera si wider da!" suggère, en s'achevant sur une note d'espoir, ce que les castors peuvent en penser...

 

"De Cressier à Posat, au gré de l'imaginaire" recèle quelques textes lauréats d'appels à textes ou de concours; certains ont déjà paru dans d'autres publications, telles que "Le Persil", journal littéraire romand tenu par Marius Daniel Popescu. On les retrouve avec plaisir dans ces pages empreintes d'une personnalité certaine. L'écriture s'y fait sobre, laissant toute la place à l'intrigue et aux descriptions, mais aussi aux sentiments: amours, nostalgie, inquiétude, mais aussi bonheur de vivre et optimisme.

 

Claude Maier, De Cressier à Posat, au gré de l'imaginaire, Sierre, Editions A La Carte, 2013.

Claude Maier lira "Un fantôme à Cressier" le vendredi 13 juin à 20 heures dans les jardins du château de Cressier, près de Morat (Suisse). Pour en savoir plus: c'est ici! Et ici! Quatre solistes du Brass Band de Fribourg assureront les intermèdes musicaux.

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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 20:21

hebergeur imageLes blogueuses Argali, Liliba et Mazel ont contribué au Défi Premier roman - merci à elles! Voici les liens vers leurs billets:

 

Jean-Paul Didierlaurent, Le liseur du 6h27 (chez Liliba)

Victoria Hislop, L'Ile des oubliés (chez Liliba)

Karine Lambert, L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes (chez Argali)

Edward Rutherfurd, Sarum (chez Mazel)

L. C. Tyler, Etrange suicide dans une Fiat rouge à faible kilométrage (chez Liliba)

 

Merci pour ces participations!

 

N'oubliez pas de me signaler vos contributions à ce Défi Premier roman: c'est ainsi plus simple pour moi de les relayer dans le cadre d'un billet. Vous pouvez le faire ici.

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Publié par Daniel Fattore - dans Défi premier roman
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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 19:07

hebergeur imageLu par Jérôme Cayla, Martine, Mascha Seruoff, Sabine Barbier.

Le site des éditions Quadrature, que je remercie pour l'envoi du recueil.

 

Roland Barthes fait pas moins de deux incursions dans le recueil de nouvelles "Fragments d'un texto amoureux" de l'auteure française Pascale Pujol, qui fait directement référence au titre d'un ouvrage du critique littéraire et sémiologue français. Deux nouvelles portent en effet sa trace: "Fragments d'un texto amoureux", nouvelle éponyme dont l'ambition est de dépoussiérer, avec le sourire, le discours du critique en y intégrant les moyens les plus modernes de communication, et l'autre, "La Marelle d'Escher", est un jeu de SMS où Roland Barthes est abondamment cité, côtoyant Maurits Cornelis Escher à la manière d'un collage. Un collage baigné d'un certain suspens sentimental...

 

Mais il n'y a pas que Roland Barthes dans "Fragments d'un texto amoureux", et c'est réjouissant pour le lecteur. Celui-ci découvre en effet une plume habile à camper des mondes variés, avec cependant une constante: mettre en scène des personnages communs, avec leurs espoirs, leurs travers et leurs fêlures. Et quoi de plus naturel, pour un recueil de nouvelles, que de commencer par un texte qui parle de livres? Avec une librairie pour décor, la nouvelle "La Dédicace" est astucieuse, et débouche sur une chute inattendue et bien trouvée.

 

La sensualité trouve aussi sa place dans ce recueil, avec la nouvelle "Hammams". L'auteure y renouvelle l'esthétique du voile en décrivant les vapeurs du hammam, ce qu'elles masquent et ce qu'elles laissent transparaître. Cela, sans oublier le bonheur que peut procurer l'expérience de ce bain de vapeur: "J'ai toujours aimé les hammams. L'odeur puissante d'eucalyptus, l'air humide et épais, presque ouaté, qui absorbe les sons et ralentit les gestes, la vapeur qui ruissèle doucement sur les murs de mosaïque, et surtout ce silence si étrange, terriblement sensuel, qui accompagne les mouvements et les contours indistincts des autres corps." Tout est là, dans ce début... et le lecteur s'y croit à son tour.

 

Enfin, l'auteure sait donner à ses personnages des voix qui sonnent juste. L'exemple de la nouvelle "Café crème" est parlant, à ce titre: quelques personnages y prennent successivement la parole, chacune et chacun à sa manière, afin de construire, chacun de son point de vue, toute une histoire qui se déroule dans l'espace restreint d'un bistrot parisien. L'histoire recèle cependant quelques zones d'ombre, volontairement ménagées: si l'auteur se doit de donner un récit cohérent qui répond aux questions essentielles, ce qui est le cas ici, ses personnages peuvent être de petits cachottiers... à l'instar du barman, qui a dû quitter sa région "en urgence", sans qu'on sache trop pourquoi - même si, c'est vrai, on devine des revers peu avouables. Par ailleurs, certaines nouvelles donnent la parole à l'un de ses personnages, qui acquiert dès lors une véritable personnalité à travers sa voix, construite avec finesse à chaque fois.

 

On pourrait encore parler du personnage de Léonard, qui hante trois nouvelles; on pourrait songer également à "Un autre homme", qui confronte mort et naissance, ou "Un nom de femme", intéressante réflexion sur la notion de patronyme au fil des générations. Le mieux est cependant de découvrir les quatorze nouvelles du petit recueil de nouvelles "Fragments d'un texto amoureux" de Pascale Pujol, à suivre ou par petites doses. Car chaque nouvelle de ce recueil, qu'elle ose l'expérimentation ou joue sur des valeurs littéraires sûres, compose un petit univers en quelques pages.

 

Pascale Pujol, Fragments d'un texto amoureux, Louvain, Quadrature, 2014.

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