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28 mars 2008 5 28 /03 /mars /2008 22:07

... je poursuis ma lecture de Robert Merle, toujours avec plaisir. Et là, je suis justement arrivé au coeur du métier: la mise au point du système d'extermination de masse, présentée, finalement, comme un problème de management comme un autre. Pas drôle - mais peut-être un poil plus convenu que le reste, sans doute parce que l'univers des nazis m'a déjà pas mal donné à lire, chez Jonathan Littell mais pas seulement; donc, une impression de déjà-vu. On ne trouve plus, à partir de là, les ambiances familiales pesantes du début, génialement peintes.

Un autre aspect délicat me paraît être la béquille que s'offre l'auteur en mettant en scène un personnage pour ainsi dire dépourvu de coeur - ce qui lui évite en partie de faire un travail de fouille psychologique. Quelque part, et malgré les qualités et défauts dont il était affublé en quantités presque improbables, Maximilien Aue m'a paru plus proche, plus personnel, plus "identifiable" - une manière plus efficace de toucher l'horreur du doigt. Aussi, Littell s'est donné des moyens autrement plus étendus, d'un point de vue quantitatif.

Mais je vais poursuivre! Cet ouvrage est plein de qualités - la page où Rudolf Lang voit pour la première fois la "sélection" des prisonniers à l'entrée, avec le moment de la séparation de la fille et de la mère (qui finalement ne se fait pas) est redoutable. Procédé sans doute simple, mais efficace.

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27 mars 2008 4 27 /03 /mars /2008 21:23

MortMetier.jpgVous avez dit "Kerngeschäft"? Ou, en allemand de Zurich, "Core Business"? Ici, chez les Welches qui tiennent à leur patois, on préfère le coeur de métier. Parce que quand on aime son métier, on a du coeur à l'ouvrage. Et quand on a du coeur à l'ouvrage, on bosse "à fond", comme le fait Rudolf Lang, le personnage principal du fascinant roman "La mort est mon métier", de Robert Merle.

Rudolf Lang semble prendre son temps avant de se trouver, avant de devenir ce qui fera de lui le nazi parfait, paradoxalement intègre et ne reconnaissant qu'un seul maître. J'ai commencé à lire le roman qui le met en scène mardi. Le train qui me conduit à mon travail à Berne m'a donné l'occasion de faire un bout de lecture, ce qui m'a valu la question classique de la personne assise en face de moi: "C'est bien?" Et assez à propos, je lui réponds: "Oui, mais je n'en suis pas encore au coeur de métier..."

... depuis, celui-ci se fait attendre, mais dans "La mort est mon métier", biographie romancée du responsable du camp d'Auschwitz, l'écrivain français Robert Merle sait jouer des gradations, construire son récit à la façon d'une boule de neige, nourrissant son propos et le faisant grandir. je suis tombé là sur un roman de qualité, efficace, accrocheur, aux ambiances plombées très bien rendues. J'aime.

Et pour le reste, Messieurs les lecteurs, visez au coeur...


Robert Merle, La mort est mon métier, Paris, Gallimard, 1952/Folio, 2005

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26 mars 2008 3 26 /03 /mars /2008 22:47

Collectif, Petits crimes italiens, Paris, Grasset, 2007, 410 pages.
Avec un titre pareil, on va encore penser que je parle de café... mais il n'en est rien! Le seul but était d'accrocher. En bon français, ça s'appelle du teasing, il paraît. Et puis, je vous parlerai de mon Lavazza matinal un de ces quatre matins, promis-juré! J'ai même prévu une rubrique pour ça, c'est vous dire à quel point c'est du sérieux. Mais pour l'heure, venons-en à notre sujet. Et au risque d'enfoncer une porte ouverte, mentionnons en outre qu'il s'agit... d'un livre!
En effet, neuf auteurs italiens de textes noirs se sont mis ensemble pour produire un puissant recueil de nouvelles très diverses, liées par un point commun: l'Italie. Drôles ou sérieuses, sages ou déjantées, elles accrocheront le lecteur en fonction de ses affinités. Personnellement, j'avoue une préférence pour Mon trésor de Niccolò Ammaniti, où l'on voit un chirurgien esthétique dépravé planquer un gros sachet de drogue en s'en servant pour un implant mammaire... puis chercher à le récupérer, deux ans plus tard, après une obscure peine de prison. Une autre m'a branché également, Equivoques et malentendus d'Andrea Camilleri, dont le titre est tout un programme, qui tient ses promesses et constitue la preuve d'une immense maîtrise du genre.

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26 mars 2008 3 26 /03 /mars /2008 22:17

Allez... en un geste d'un courage absolument délirant, je vire le texte automatique d'Over-Blog, si joli soit-il, pour y substituer le fruit de mes propres oeuvres, infâme vermisseau que je suis.

Tout cela pour vous dire qu'enfin, je me lance dans le noble art du weblog, également dit "joueb". Au programme: de la littérature et des bouquins à conseiller, mais aussi un peu de musique, et quelques réflexions liées à l'air du temps. A vous de goûter, mais je ne prétends pas faire plaisir à tout le monde. Contradicteurs potentiels, vous voilà au courant!

Je vous invite donc à revenir souvent... et vous souhaite de bonnes visites.


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Publié par Daniel Fattore - dans Air du temps
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