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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 21:40

Je suis un homme de défis, surtout lorsqu'il s'agit de les organiser sur mon modeste blog. En ce début d'année, je crois qu'il est opportun de faire le point sur ce qui est en route de ce côté. Hardi petit, je me lance! A noter, pour les curieux, que les pages d'annonce sont accessibles si vous cliquez sur leurs logos respectifs. 

 

hebergeur imageLe défi maison majeur de cette année est ici le Défi Albert Camus. Je l'ai lancé dernièrement. D'ores et déjà, des personnes sont intéressées; allons-y donc! Je propose aussi, dans ce cadre, une lecture commune pour le 7 novembre, date du centième anniversaire de la naissance de l'écrivain. Ou simplement, qu'autour de ce défi, l'on se concerte entre blogueurs de livres pour publier un billet sur Albert Camus - soit sur un livre de cet écrivain, soit sur un aspect de sa vie, soit sur un article qui nous aura interpellé. C'est l'année ou jamais...

 

hebergeur imageLe Défi des Mille continue d'avoir un certain succès; j'annonce donc qu'il ne sera plus limité dans le temps. Je continuerai donc, jusqu'à la mort de ce blog, de relayer vos lectures de plus de mille pages dans le cadre de ce défi si vous me les annoncez sur le billet "Défi des Mille" prévu à cet effet. Cela dit, j'avoue humblement ne plus avoir de livre de plus de mille pages sur ma pile à lire. Dès lors, je fais appel à vous, lectrices et lecteurs de ce blog, pour me soumettre des conseils et suggestions d'ouvrages "qui se lisent bien" et pèsent plus de mille pages.

 

hebergeur imageEnfin, le Défi Littérature suisse n'a pas vraiment trouvé sa vitesse de croisière à mon avis - trop exclusif, trop rare? Je concède que le logo n'était pas très sexy! Je ne vais donc pas le prolonger... à moins d'un énorme et irrépressible mouvement de la blogosphère en sa faveur. Cela dit, je continuerai volontiers à vous parler des auteurs suisses, connus ou moins connus, dans les colonnes du présent blog. Dans ma pile à lire, leurs oeuvres sont assez nombreuses... j'en vois d'ici!

 

Comme dit, je continuerai donc de relayer sur ce blog les billets rédigés dans le cadre du Défi des Mille et du Défi Albert Camus, comme je l'ai fait ces dernières années. Et j'essaierai de trouver une solution pour créer une page de récapitulatif pour ces défis - il me semble que ce sera déjà plus facile à faire dans le navigateur Firefox que dans Microsoft Internet Explorer. Cela, à moins d'adopter une solution similaire à celle que Reka exploite pour son défi "Littérature belge" - séduisante mais apparemment complexe à mettre en place. 

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Publié par Daniel Fattore - dans Littératures
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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 19:58

hebergeur imageTagué par Cécile - merci!

Et je tague Alex, George, Hélène, Lili Galipette, Livr-Esse, Missycornish, Natiora, Sandrine, XL.

 

Le principe est simple, et de circonstance en ce soir de Noël orthodoxe: imaginer neuf cadeaux à neuf euros (plus ou moins - à propos, la photo vient de ) que l'on offrirait à des proches, dans les catégories suivantes:

 

1 - Livres
2 - Chocolats
3 - Epicerie fine
4 - Musique
5 - Culture
6 - Accessoire de mode
7 - Gadgets ou truc inutile et affreux
8 - Boissons
9 - Souvenir d'ailleurs

 

Et ensuite, bien sûr, taguer neuf blogueurs de son choix...

 

Alors voilà:

 

1. Livres: peut-être l'un ou l'autre des livres de listes de Marc Boivin (j'en parlais ici et ).

2. Chocolats: des chocolats dans une belle boîte en fer-blanc un peu rétro. Suisses, les chocolats, bien sûr: je ne suis pas un traître à la patrie en la matière, même si je reconnais les mérites d'autres pays chocolatiers.

3. Epicerie fine: euh, pour neuf euros de gruyère AOC surchoix, à partager?

4. Musique: un café Fertig au café Fribourgeois à Bulle - il devrait ainsi rester une pièce de cinquante centimes à glisser dans la fente de l'orchestrion Soléa historique de ce restaurant, pièce unique et exceptionnelle.

5. Culture: non, mais voulez-vous vraiment que je vous envoie dans la culture?

6. Accessoire de mode: un caleçon arborant un motif délirant.

7. Gadget ou truc inutile et affreux: un DVD de Bob l'Eponge. Ou un puzzle avec la même bête dessus.

8. Boissons: une bonne bouteille de bon fendant. A ce prix, ça doit bien pouvoir se trouver.

9. Souvenirs d'ailleurs: une bouteille de vin bio en provenance de France. Je connais un ou deux cavistes qui assurent dans ce domaine, à Grenoble et à Saint-Etienne. 

 

En prime (et sans que ça coûte neuf euros), il y a une contrepèterie offerte, dans la liste des cadeaux.

 

Qui la trouvera?

 

Je vous laisse le Soléa (à voir et à écouter) pour gamberger...

 

 

 

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Publié par Daniel Fattore - dans Tags
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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 06:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, AnkyaAzilis, BénédicteBookwormCagire, Caro[line]Chrestomanci, ChrysEdelwe, EmmaEsmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Hambre, Herisson08, Hilde, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, MyrtilleD, Saphoo, Schlabaya, Séverine, Sophie57, Tinusia, Violette, Yueyin, Zik

 

Sun shine

 

How do you do? mon coeur a faim

De votre regard qui dédaigne;

Et depuis l'autre jour il saigne,

Viendrez-vous le soigner enfin?

 

Car, bien que le printemps commence

À dorer les longs boulevards,

Il fait très froid sans vos regards

Et ma solitude est immense.

 

Little beauty! venez, venez!

C'est si triste et si navrant d'être,

Les yeux braqués, à la fenêtre

Pendant les doux après-dîners,

 

Attendant toujours la chérie

En songeant qu'elle n'aime plus,

Et c'est ridicule au surplus,

Et c'est naturel qu'on en rie.

 

Max Waller (1860-1889). Source.


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Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 21:00

hebergeur image... ou l'art de jouer les contrastes! Le blogueur Jacques Berthomeau en raconte l'histoire mieux que moi, jusqu'aux origines scandinaves de l'étiquette, pour le moins parlante et accrocheuse. Pour ma part, c'est à Saint-Etienne que j'ai découvert ce vin au nom mystérieux. Il s'agit d'un Côtes-du-Rhône AOC, produit par la SCA d'Estézargues. Le breuvage existe en rouge et en blanc; comme le caviste stéphanois n'avait plus de rouge, je me suis rabattu sur le blanc, millésime 2011 - un vin non filtré, arborant fièrement ses 14%. 

 

La première surprise de ce vin à la robe jaune paille vient du bouquet, où perce un étonnant arôme de pêche. D'autres notes non moins fruitées émergent aussi - j'ai pensé au litchi, à l'ananas, et aussi à un indéfinissable parfum de fumé.

 

Côté goût, on est à fond sur le fruit, qui se révèle sans éclat déplacé, de manière sobre et ronde, tout en finesse. Je n'y ai guère trouvé d'acidité; la douceur mesurée de ce Pape Noir fait cependant qu'on n'est à aucun moment écoeuré. Une vraie friandise! Celle-ci a une certaine persistance en bouche, ce qui n'est pas désagréable.

 

Aucun regret à avoir avec ce vin donc, qui mérite d'être bu frais et me laisse le souvenir d'une douce caresse pour le palais. Qui a parlé de Petit Jésus en culottes de velours? Ben il n'a pas tout tort...

 

L'adresse du caviste:

 

Le Verre Galant

6, rue François Gillet

42000 Saint-Etienne - France

+33 4 77 37 81 79

 

Photo: Jacques Berthomeau.

 

 

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Publié par Daniel Fattore - dans Plaisirs de bouche
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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 17:12

hebergeur imageLu pour les défis Premier roman et Rentrée littéraire.

Aussi lu par Anne, Antigone, Argali, Arrajou, Audrey, Bauchette, Bookfalo Kill, Camille, Cathulu, Clara, Cozette, Flop-Itude, Kik, Laeti, Leiloona, Lis au lit, Lucie, Métaphore, Saxaoul, Skriban, Sweetange, Tasha, Valérie, Yosha.

 

hebergeur imageCourt. Impitoyable. C'est l'impression que le lecteur conserve du premier roman de Carole Fives, "Que nos vies aient l'air d'un film parfait". Un roman qui a déjà connu un certain succès sur la blogosphère et confirme le talent de son auteur, qui a déjà à son actif, aux éditions du Passage, le recueil de nouvelles "Quand nous serons heureux" (dont j'ai parlé ici).

 

Le contexte? C'est l'histoire d'un couple qui divorce, au début des années 1980. On se souvient qu'à l'époque, les divorces étaient quelque chose de nouveau. On regardait donc avec un regard étrange et suspicieux les "enfants du divorce" (titre d'un reportage télévisé qui avait fait du bruit à l'époque). C'est sur deux d'entre eux que se concentre l'observation de "Que nos vies aient l'air d'un film parfait", sans occulter les millions d'autres enfants qui, après eux, vont aussi devoir vivre la séparation de leurs parents. Et y perdre des morceaux d'enfance, comme une maquette d'avion dont les pièces se décollent avec le temps.

hebergeur image

 

Les années 1980 sont avant tout rendues par quelques chansons populaires de l'époque. A priori, les choix peuvent surprendre: que viennent faire une chanson de Lio et "Papa Pingouin" (cette scie à l'air innocent qu'on écoute sur Bide et Musique) dans un récit aussi grave? Il est assez évident de comprendre que le "film parfait" dont parle le titre du roman est la métaphore de la façade que des enfants qui n'y sont pas préparés sont obligés de se constituer pour soutenir le regard altéré des autres: collègues de classe, cousins, parents même. Et puis, cette histoire de "Papa Pingouin" qui veut s'envoler parce qu'il s'ennuie sur sa banquise, presque une chanson de gamin... elle paraît terrible après lecture de ce roman. Après tout, il s'agit d'un papa qui quitte sa famille, pour ainsi dire sur un coup de tête, le lendemain du soir où un certain Serge Gainsbourg brûla un billet de cinq cents francs français en direct à la télévision. Que doit donc ressentir un gamin dont le père vient de se faire la malle lorsque les écoliers qui l'entourent, dirigés par un enseignant, serinent cette rengaine dans le car à bord duquel il se déplace?

 

L'auteur choisit la forme d'un roman à trois voix pour aborder son sujet. Ses trois voix sont fort bien caractérisées et sonnent vrai et fort: la mère, le père, la fille. Le père peut être vu comme un homme impulsif: finalement, on ne comprend pas très bien quelles sont les raisons concrètes de son départ, finalement brutal, sentimental sans savoir l'exprimer de manière claire; ses derniers mots, portant sur la longueur de la procédure de divorce, font une conclusion plutôt abrupte. De l'autre côté, on découvre une mère psychologiquement fragile, prompte à l'auto-victimisation plutôt qu'à la résilience, manipulatrice à l'occasion - et il suffit de les écouter parler pour comprendre qui ils sont, de manière infaillible. Quant à la fille, c'est la voix du "tu" - un "tu" qui s'adresse à son petit frère (qui n'aura la parole qu'en fin de roman) mais aussi, par ricochet, au lecteur, qui assiste aux états d'âme d'une enfance et d'une innocence qui se perdent au contact de notions nouvelles et difficiles. Un point commun? Personne n'est préparé à vivre un divorce, dans toutes ses implications.

 

Dès l'incipit, le lecteur se sent concerné et comprend que les belles choses, le décor maritime du nord de la France, vont cacher un drame familial. Le lecteur peut croire, l'espace des premières lignes, que les cris des enfants vont naître de la découverte d'oeufs de Pâques ou du bonheur d'être à la plage. Mais non... et la dernière phrase du premier paragraphe de ce roman tombe comme un couperet. Le lecteur découvre que l'auteur sait maintenir cette efficacité tout au long de son propos: les phrases sont denses de bout en bout, et susceptibles de toucher tout un chacun, qu'il ait fait ou non l'expérience du divorce.

 

Carole Fives, Que nos vies aient l'air d'un film parfait, Paris, Le Passage, 2012.

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 17:46

hebergeur imageLu par Bouquinitude, Ma petite bibliothèque, Paul Maugendre.

Le site de l'auteur: Pascal Marmet. Merci à lui pour l'envoi et la dédicace!

 

Le rêve et le mystère embaument à la perfection "Le roman du parfum", dernier opus de l'écrivain niçois Pascal Marmet. Ses fidèles y retrouveront avec plaisir le personnage de Sabrina, caissière au nez fin devenue incontournable à Grasse, capitale mondiale de la parfumerie, dans son précédent opus, "Si tu savais...". Ils y retrouveront également un contexte familier autour du parfumeur Galimard. Peut-être regretteront-ils que les correcteurs aient laissé passé quelques coquilles et maladresses de plume; gageons cependant qu'ils se laisseront plutôt accrocher par une prose digne d'un page-turner.

 

La démarche de l'auteur du "Roman du parfum" est incomparable avec celle de son précédent roman. Alors que "Si tu savais..." privilégiait l'intrigue romanesque sur un fond de vérité, "Le roman du parfum" mêle plusieurs ingrédients: histoire du parfum solidement documentée, biographie (de Tony Curtis), sentiments exacerbés (l'auteur sait faire chanter les violons) et peinture d'un milieu apparemment fermé où l'on ne se fait pas de cadeau. En particulier, un voyage en avion offre à l'auteur l'occasion de faire se rencontrer Sabrina, la fille au nez fin, et Tony Curtis - qui se fait répétiteur. L'astuce est porteuse: l'espace d'un vol en avion, l'auteur retrace la biographie de Tony Curtis (adepte du parfum Jicky, soit dit en passant) et l'histoire du parfum, de l'Egypte antique à nos jours. Cela, sans oublier une apparition "hitchcockienne" de l'auteur dans l'avion - crédible rappel du fait que Pascal Marmet paraît avoir réellement rencontré Tony Curtis.

 

Cette narration est rehaussée par une pointe d'humour, parfaitement de circonstance dans les scènes de flirt. Et jamais, le propos ne paraît fastidieux, ni ne croule sous des considérations scientifiques pointues: après tout, la relation entre les personnages est au moins aussi importante que le monde de la parfumerie. Le lecteur apprend en souriant, et c'est un grand mérite. 

 

Le rêve émane de l'évocation des différentes fragrances qui constituent les parfums - et celles qui sont dans l'air. Le nez exceptionnellement fin de Sabrina offre à l'auteur un bon prétexte pour détailler tout ce qui se sent, dans un esprit qui rappelle le roman "Le Parfum" de Patrick Süskind. Cela, sans en atteindre l'envergure: "Le roman du parfum" privilégie les odeurs savoureuses alors que "Le Parfum" n'hésite pas à plonger dans les fumets les plus nauséabonds. Tel n'est certes pas l'objectif du "Roman du parfum"... qui cherche essentiellement à faire rêver. 

 

La deuxième partie de ce roman, celle qui commence après l'atterrissage de l'avion où se sont rencontrés Sabrina et Tony Curtis, explore les coulisses pas toujours joyeuses de la production de parfums. On y rencontre des goujats qui se saoulent au champagne sur la dépouille de Michael Jackson et des requins prêts à tout pour conserver une situation chèrement acquise, à l'instar de ce Cercle des parfumeurs disparus qui entend bien tester Sabrina, finalement une nouvelle venue sans diplôme. Il y a cependant aussi les alliés, les coups de chance dont l'auteur use pour faire avancer son personnage (comme ils ont fait avancer la carrière de Tony Curtis - un intéressant parallélisme quand on sait que l'acteur, comme la caissière devenue nez, n'est pas franchement né sous la plus favorable des étoiles).

 

Enfin, "Le roman du parfum" se termine sur une conclusion ouverte qui appelle une suite: tout n'est pas résolu à la dernière page. Du coup, alors que l'univers du parfum est mondialisé (l'auteur le prouve tout au long de son roman, et le vol Paris-Los Angeles n'en est qu'un exemple), il invite à un nouveau départ vers l'Afrique. Et vers de nouvelles aventures pour Sabrina?

 

Pascal Marmet, Le Roman du parfum, Monaco, Editions du Rocher, 2012.

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 18:48

hebergeur imageLu dans le cadre du défi "Premier roman". Première lecture pour 2013!

 

Tout un monde de personnages gravite autour de Kathrin, psy et personnage central de "Les choses qui sauvent", premier roman du Valaisan Guillaume Favre. Ce microcosme est dépeint sur le mode mineur des liens qui se créent entre des personnages adultes que les grandes et petites catastrophes du quotidien n'ont pas toujours ménagés et qui, partant, exhalent doucement leurs névroses. Il est donc clair que ce sont les relations humaines qui sont au centre de ce roman, bien plus que l'intrigue elle-même - même si celle-ci trouve son origine dans un événement clé de l'existence de Kathrin: le départ incompréhensible et nimbé de mystère de son mari, Georges.

 

La parole des personnages devient importante. On écoute volontiers Kathrin penser, s'interroger, vivre un peu en apesanteur faute de mieux. Et s'exprimer, s'épancher même. Le personnage de Bernard, qui fonctionne à la fois comme un aimant et un repoussoir pour la psy, est-il une bouée pour elle? Amant de passage, il l'aidera à avancer. Le chapitre 9 fonctionne un peu comme un film américain qu'on voit venir de loin, et où une épreuve forte, vécue en commun, va rapprocher ces deux personnages.

 

A l'instar de Kathrin, chacun cherche sa bouée. La première page de couverture de ce livre est éloquente à ce titre. Diminuée, la mère de Kathrin s'efforce de profiter de ses instants de lucidité pour s'exprimer en dégustant des éclairs au chocolat (les aime-t-elle encore?). Etienne lui rend visite et lui offre des éclairs pour se donner bonne conscience - il a longtemps été alcoolique, puis a trouvé une copine qui lui a montré le caractère superflu de l'alcool, comme si une bouée pouvait en chasser une autre. Et Kathrin elle-même s'accroche à un mensonge qu'elle attribue à son mari: il a trouvé un poste de professeur aux Etats-Unis. En face d'elle, son fils Eric essaie de faire face à la vérité. Ou n'est-ce que sa propre vérité, à laquelle il s'accroche, ce qui lui permet d'accuser son père absent? La confrontation entre les deux est l'une des constantes de ce roman.

 

L'idée du fantasme de l'exil professionnel fait  penser au roman "La fenêtre panoramique" de Richard Yates, adapté au cinéma il y a quelques années. L'évolution et l'issue de celui-ci est cependant différente, optimiste même, d'une certaine façon, sur les toutes dernières pages, qui résonnent comme une libération soudaine.

 

Quant aux milieux dépeints, ce sont ceux d'une classe moyenne aisée, parfois juste "arrivée", qui fréquente les vernissages. A ce titre, le personnage de Bernard, informaticien supposé peu cultivé, fait figure de pièce rapportée; cela, en dépit de ses intérêts (la chanson française est-elle un art mineur?) et d'une certaine sensibilité, y compris pour les choses de l'art (mais serait-il allé écouter la "Winterreise" en concert sans Kathrin?). Personnes ou objets, chacun cherche donc quelque chose à quoi se raccrocher dans ce premier roman qui offre le portrait en demi-teintes d'une certaine Genève, dont le lecteur familier reconnaîtra certains lieux et travers, à l'exemple des encombrements sur le pont du Mont-Blanc, métaphore peut-être d'existences trop encombrées. 

 

Guillaume Favre, Les choses qui sauvent, Fribourg/Genève, Faim de siècle/Cousu mouche, 2012.

Le site de l'éditeur: Cousu Mouche.

 

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 23:59

hebergeur imageAmies lectrices, amis lecteurs, visiteurs et visiteuses de passage ou fidèles de ces lieux, je vous souhaite une excellente nouvelle année 2013! Qu'elle soit synonyme pour vous de bonne santé et de bonheur, et qu'elle vous apporte tout ce dont vous pouvez rêver: succès, joie de vivre, amour, amitié, bonnes lectures et plaisirs de toute sorte.

 

Bises et mains serrées à toutes et à tous, et à bientôt pour de nouvelles aventures!

 

Source de l'illustration: Le Trip.

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Publié par Daniel Fattore - dans Air du temps
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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 14:00

hebergeur imageC'est à Frankie que revient le redoutable honneur de boucler in extremis l'année 2012 du Défi des Mille, avec une lecture développée et enthousiaste, attentive aux personnages, du "Trône de fer" de George R. R. Martin. C'est ici:

 

http://lesescapadesculturellesdefrankie.blogspot.fr/2012/12/le-trone-de-fer-integrale-2-de-george.html

 

Merci à elle pour sa participation!

 

Comme je l'ai laissé entendre, je ferai prochainement le point sur les défis que j'ai lancés sur ce blog. Affaire à suivre, donc, selon l'expression consacrée.

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Publié par Daniel Fattore - dans Défi des Mille
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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 20:06

hebergeur imageCent ans qu'Albert Camus est né: c'était le 7 novembre 1913. Ca file, n'est-ce pas? Il est absolument certain que du point de vue des lettres francophones, 2013 sera, par excellence, l'année Albert Camus. C'est pourquoi, fidèle aux bonnes habitudes de fin d'année, je lance le "Défi Albert Camus"!

 

L'idée? Lire, au moins une fois dans l'année, au moins un ouvrage signé d'Albert Camus, et naturellement rédiger un billet reflétant votre expérience de lecture. Il y a de quoi faire, entre son théâtre ou ses romans.

 

Plus largement, j'ai décidé d'ouvrir ce défi à la lecture d'ouvrages secondaires traitant d'Albert Camus: études sur ses oeuvres ou l'une d'entre elles, biographies, analyses, essais, etc. Vu l'anniversaire, les nouveautés ne devraient pas manquer à ce sujet; gageons que la rentrée littéraire d'automne 2013 va faire la part belle à l'auteur de "L'Etranger".

 

Enfin, il est aussi admis, dans ce défi de blogage, de rebondir sur des articles paraissant dans la presse: dire "je suis d'accord" ou "je ne suis pas d'accord" avec tel ou tel journaliste, dans le cadre d'un billet de blog, peut tout à fait s'inscrire dans le cadre de ce défi. L'esprit de ce défi est en effet de faire lire cet auteur et d'en parler, mais aussi, plus largement, d'inciter tout un chacun à se pencher sur lui à l'occasion de son centenaire.

 

Et pour cette fois, j'ai préparé un logo à temps... Il illustre le présent billet. Au besoin, je vous le ferai parvenir par courrier électronique. J'essaierai par ailleurs de créer une vraie page de récapitulatif, qui doublera les traditionnelles annonces sur le présent blog. Enfin, toute proposition de lecture commune est bienvenue - par exemple, pourquoi ne pas se mettre d'accord pour publier un billet sur une oeuvre d'Albert Camus le 7 novembre 2013?

 

Alors, amis lecteurs, blogueurs et visiteurs de ce blog, selon la formule consacrée... bonne lecture! Et bonne redécouverte de cet écrivain, d'ores et déjà devenu un classique.

 

PS: Merci d'annoncer vos participations au bas de ce billet, ou de cliquer sur le logo dans la colonne de droite du présent blog (lien direct vers ce billet).

 

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Publié par Daniel Fattore - dans Défi Albert Camus
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