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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 12:54

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, Ankya, Armande, Azilis, BénédicteBookwormCagire, Caro[line], Celsmoon, Chrestomanci, Chrys, ClaudiaEdelwe, Emma, Emmyne, Esmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Hambre, Herisson08, Hilde, Julien, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, Mariel, MyrtilleD, Naolou, Restling, Roseau, Saphoo, Schlabaya, Séverine, Soie, Sophie57, Tinusia, Violette, Yueyin, Zik

 

À peine défigurée

 

Adieu tristesse,

Bonjour tristesse.

Tu es inscrite dans les lignes du plafond.

Tu es inscrite dans les yeux que j'aime

 

Tu n'es pas tout à fait la misère,

Car les lèvres les plus pauvres te dénoncent

Par un sourire.

 

Bonjour tristesse.

Amour des corps aimables.

Puissance de l'amour

Dont l'amabilité surgit

Comme un monstre sans corps.

Tête désappointée.

Tristesse, beau visage.

 

Paul Éluard (1895-1952), La Vie immédiate.

 


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Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 20:24

hebergeur imageMonsieur Lhisbei s'est plongé dans "Vestiges" de Laurence Suhner, et il en parle! Cela se passe ici:

 

http://rsfblog.canalblog.com/archives/2012/07/13/24665601.html

 

Il est à noter que ce roman de science-fiction a eu les honneurs de la presse romande deux fois cette semaine... c'est donc peu de dire que le billet de blog de Monsieur Lhisbei surfe sur l'actualité la plus brûlante!

 

Et n'hésitez pas à participer au Défi Littérature suisse: il court jusqu'à la fin de l'année et permet de découvrir plus d'une perle.

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Publié par Daniel Fattore - dans Défi Littérature suisse
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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 20:26

hebergeur imageTagué par Nicolas, encore; ça vient d'Homer (et A. Cornevin pour l'image)! Je tague Liliba, Sara, et toute blogueuse, tout blogueur de bonne volonté désireux de se lancer dans une petite rétrospective.

 

Voici le topo du tag: sur le sujet "Le changement (de blogage), c'est maintenant?", l'idée est d'écrire un billet qui retrace les changements dont notre blog a fait l'objet depuis sa naissance. Vaste question!

 

Rythme et thématiques

Au départ de mon blog, je m'étais proposé d'aborder plusieurs thématiques de front: musique, littérature, bonnes choses à manger et à boire, curiosités linguistiques, nouvelles dans l'air du temps; il était aussi question de publier des textes originaux, nouvelles et poésie. Cela, en imprimant une cadence aussi soutenue que possible au blog; c'est ainsi que j'ai par exemple rédigé trois billets (1, 2, 3) sur "La mort est mon métier" de Robert Merle, relatant soir après soir mes impressions de lecture, changeant d'angle à chaque fois.

 

Très vite, la rubrique musicale a été distancée: force m'est de constater que je n'écoute plus beaucoup de disques récents et que les informations originales sur le sujet m'échappent souvent. Une autre rubrique a été distancée, celle des textes originaux: j'avais quelques textes en réserve, mais j'écris moins vite dans ce domaine que pour le blog.

 

Il y a eu un coup de frein relatif au printemps 2009, lorsqu'il m'a fallu me mettre au travail pour pondre mon mémoire de Mastère. Je ne sais pas s'il a été très sensible; mais du coup, je me suis concentré sur les billets de lecture, qui se sont pas mal développés et ont fini par toucher à tous les genres, y compris la chick lit (je reste assez fier de mon billet sur "Le Diable s'habille en Prada").

 

Côté thématiques, enfin, deux sujets sont venus s'ajouter: la politique (très peu de billets, en fait) et les hôtels (un seul - l'occasion avait fait le larron); j'ai par ailleurs suivi la rubrique des "dimanches poétiques". Les sujets de ce blog ont du reste subi une refonte poussée l'automne dernier: plus de détails sur les livres, introduction d'une rubrique "tags".

 

Billets et aspects formels

J'ai toujours veillé à garder un ton un peu drôle dans mes billets - j'espère ne pas être devenu trop barbant au fil des pages! Les billets ont pris de l'envergure, certaines analyses ont peut-être pu paraître capillotractées (aller rechercher le sens profond d'un roman de la série "Red Dress Ink" a quand même quelque chose de jouissif)...

 

Côté formel, on a dû constater que je concentre les liens en début de billet - cela, depuis le début 2011. C'est en effet à ce moment que j'ai constaté, avec horreur, qu'Over-Blog imposait des flux RSS tronqués, et que donc, les liens placés en fin de billet n'étaient pas pris en compte pour le classement Wikio des copines et copains. J'ai donc fait remonter tout ça vite fait...

 

J'ai aussi fait disparaître les pages récapitulatives de mes deux défis, parce qu'elles étaient difficilement supportées par Over-Blog ou par le navigateur. En revanche, je tiens toujours à annoncer, par un billet dédié, les participations au Défi Littérature Suisse et au Défi des Mille. Si cela peut apporter quelques visiteurs aux participants ainsi mis à l'honneur, tant mieux!

 

Le résultat est que je suis devenu avant tout un blogueur livresque, alors qu'au départ, la base thématique était nettement plus large. Ah - et il est un peu moins question d'Académie française qu'avant. Cela pourrait revenir...

 

Et vous, votre manière de bloguer a-t-elle évolué?

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Publié par Daniel Fattore - dans Tags
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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 21:23

hebergeur imageRoman policier, aussi lu par Amanda Meyre, Cécile, Les Gridouillis, L'Orme, Mes Lectures, Mystère Jazz, O. Roumieux.

Défi Thriller.

 

C'est Jean-Bernard Pouy qui a signé le premier opus du Poulpe, une série appelée à une longévité incroyable puisque près de 300 romans policiers mettent en scène Gabriel Lecouvreur, personnage principal de la série. Le lecteur averti restera cependant étonné de la fortune du personnage et de son univers, vu ce qu'il aura trouvé dans "La petite écuyère a cafté", premier roman - et donc péché originel - de la série.

 

Se proposant de démonter les rouages simplistes d'un pseudo-suicide organisé avec la complicité bien involontaire de la SNCF (mais on ne comprend pas très bien pourquoi), la lecture de ce premier roman d'une longue série s'avère indispensable pour les fans en devenir et pour ceux qui, après coup, s'intéressent à la figure du Poulpe. L'auteur plante en effet le décor avec une insistance qui ne sera plus nécessaire dans d'autres épisodes. Il décrit l'ambiance et la clientèle de l'établissement public "Le pied de porc à la Sainte-Scolasse", donne une première esquisse à peu près convaincante des personnages appelés à devenir récurrents dans la série, met en scène les fondamentaux. Le ton est donné: il y a de l'humour, des jeux de mots potaches ou (faussement) recherchés. Enfin, force est de noter que l'auteur trouvera dans "La petite écuyère a cafté" quelques pages d'un intérêt littéraire supérieur à la moyenne, par exemple celles où l'auteur file délicatement la métaphore de la tauromachie en mettant le Poulpe en présence d'un personnage surnommé Le Toréro. Et puis, il y a bel et bien une ou deux écuyères dans l'histoire. Mais il faut bien chercher.

 

Le mauvais rôle assigné aux catholiques

 

Ce roman accuse cependant ses faiblesses. Sa brièveté implique d'imposer au lecteur un univers qui est celui de l'auteur, construit par clichés. Et à l'inverse d'un Dan Brown qui emmène son lectorat dans des clichés bien à lui qu'il expose et développe, l'auteur de "La petite écuyère a cafté" compte sur le lecteur pour amener les siens, si possible simplistes, comme dans une auberge espagnole idéologique - et si ces clichés émanent d'une vision gauchiste du monde, ça marchera encore mieux. Au fond, donc, et pour tout dire, ce roman, c'est  "Le Poulpe contre les cathos-tradis", le Poulpe étant considéré comme un gentil, les cathos (en l'espèce, des notables de province, l'essentiel de l'action se passant à Dieppe) comme des méchants placés face à leurs contradictions (chez ces gens-là, on ne se suicide pas, on n'avorte pas, mais alors que reste-t-il? Euh, là, l'auteur reste court!). Evidemment, les cathos votent Philippe de Villiers, qui serait la version "clean" de Jean-Marie Le Pen mais relève d'une extrême-droite qu'on diabolise un peu trop facilement, en tout cas dans ce roman... un peu facile, tout ça.

 

Mais au fond, donner à des activistes catholiques anti-avortement le rôle des méchants, c'est encore concevable, même si ça fait grincer des dents. Ce qui est plus gênant, c'est le manichéisme entre "les bons et les méchants", lourdement affirmé. Celui-ci débouche sur un amalgame crasseux entre cathos et fachos (p. 99). Un lecteur peu au parfum pourra certes rapprocher les deux; mais un lecteur sciemment fasciste (il en existe encore), catholique convaincu (il y en a plus qu'on ne le croit) ou, en définitive, un lecteur normalement constitué ne pourra que crier à l'imposture ou à l'impossible rapprochement.

 

Le méchant, lourdement jugé

 

Déjà facile en soi, devenue un procédé à la longue (à quand un Poulpe contre les Black Blocks, les post-staliniens en furie ou les Antifas de la Reitschule de Berne? Si vous savez des rumeurs dans ce sens, je suis preneur), cette démarche est encore alourdie par un auteur qui ne trouve rien de mieux à faire que de souligner au feutre rouge vif le caractère mauvais des personnages qu'il a décrétés tels. La phrase "Elle réagissait comme l'ordure qu'elle était" révèle ainsi au lecteur ce qu'il sait déjà - et lui suggère, incidemment, qu'il est un peu demeuré et a besoin qu'on lui rappelle quel est le "bon camp"... même s'il a peut-être, pour des raisons toutes personnelles, choisi l'autre depuis longtemps. Mieux eût valu, pour cet auteur qui semble pencher d'un seul côté, respecter une stricte neutralité de point de vue. Et puis, pour un écrivain, quoi de plus jouissif que d'imaginer les partisants de tel ou tel camp s'écharper dans le cadre de son roman? 

 

Quoi. alors? Ce roman bancal, présenté comme un polar populaire, a apparemment connu le succès puisque son personnage principal, Le Poulpe, a connu moult aventures, sur papier recyclé et au cinéma. Mais précisons les choses: si le personnage de Gabriel Lecouvreur a connu le succès, je reste très étonné de savoir que "La petite écuyère a cafté" ait décroché le Prix Paul Féval de la Littérature Populaire 1996. Il faut croire que le jury roupillait... ou qu'il était disposé, cette année-là, à primer un roman dont le personnage principal fonctionnait essentiellement, mécaniquement sur deux ressorts: l'intuition et la violence. Ce qui, on l'admettra, exclut l'intelligence et l'esprit de finesse...

 

Jean-Bernard Pouy, La petite écuyère a cafté, Paris, Baleine, Editions Baleine, 1998.

 

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 19:24

hebergeur imageTagué par Nicolas, qui relaie une idée de Bembelly; et je tague à mon tour Cécile, Cynthia, Didi et Lili Galipette!

 

Principe: il s'agit de constituer un #dicodesblogueurs participatif, à l'aide de définitions données par chacune et chacun. Voici les règles: 

 

1. Trouver un mot ou une expression, éventuellement en rapport avec le blogage. Pour moi: TAG.

2. Lui donner une définition avec un exemple, et en tirer un billet sur son blog.

3. Indiquer le lien vers son propre billet chez Bembelly (ici, dans les commentaires), qui collecte les définitions.  Du coup, chez lui, c'est un peu l'Académie française, chic!

3. Taguer un certain nombre de collègues de la blogosphère, afin de les inviter à participer au Dico des blogueurs.

 

TAG: nom généralement masculin, de l'anglais tag, étiquette, ou insigne, ou sens divers suivant le contexte. Dans la blogosphère, gage que les blogueurs se transmettent les uns aux autres et consistant à charger un collègue de rédiger un billet selon un sujet donné. Ce sujet prend souvent la forme de questions personnelles ou d'ordre général, plus ou moins biscornues en fonction de l'imagination dont dispose la personne qui a initié la démarche. Certains tags peuvent être accompagnés d'une distinction amicale. Les thématiques abordées par les tags peuvent être des plus diverses, les blogueurs inventant et relayant leurs tags en fonction de leurs goûts et affinités. Il arrive que le tag évolue en fonction des sensibilités des destinataires, chacun étant libre de le réinterpréter à sa manière. Remarque: le mot TAG ne doit pas être confondu avec un certain type de graffiti, ni avec une marque de montres.

 

TAGATHOM: nom au genre fluctuant. Série de questions lancée par Thom du Golb, et que chaque personne taguée était invitée à allonger d'une question. Deux versions en existent: la version sage et la version décalée. Le Kikimundo avait tracé une stupéfiante cartographie de l'exercice, représentative des errements et vicissitudes de tout tag qui se respecte. Il paraît que Dieu le Père y a mis fin. Dommage: ça nous a valu de mémorables poilades.

 

TAGUER: verbe transitif, de tag. Passer un tag à quelqu'un.

 

Source de l'illustration: ici.

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Publié par Daniel Fattore - dans Tags
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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 20:07

hebergeur imageComme annoncé en fin de semaine dernière, j'ai passé le premier week-end de juillet à Gruyères. J'y ai dédicacé mon petit recueil de nouvelles dans l'ambiance bon enfant de cette Fête du Livre et du Papier, devenue une tradition depuis 1998, en pleine évolution puisque, après avoir été une fête des bouquinistes, elle s'ouvre progressivement aux écrivains actuels. Alors que j'étais présent l'an dernier avec la Société fribourgeoise des écrivains, c'est cette fois sur le stand des éditions La Plume Noire que j'ai signé. Pour la première fois, les trois auteurs suisses de la maison d'édition de Laurent Coos se sont trouvés réunis (photo prise par Françoise, compagne de Laurent; de gauche à droite: Laurent Coos, Didier Leuenberger (dont je parlais ici) et votre serviteur).

 

Une dizaine d'exemplaires du "Noeud de l'intrigue" ont trouvé de nouveaux lecteurs, ce qui fait toujours plaisir! A noter que le dimanche matin, nous avons renoncé à dédicacer en raison de prévisions météorologiques pour le moins incertaines. J'en ai profité pour aller écrire un poème dans un établissement public bullois - la plume dans la main droite, le café dans la main gauche, on peut réaliser de fort jolies choses.

 

Mais la Fête du Livre et du Papier de Gruyères ne serait pas ce qu'elle est sans la dictée de Louis Vial. Donnée dimanche, elle devait être la onzième du nom et s'intitulait "Un déjeuner entre académiciens". Fidèle à lui-même, l'auteur, Louis Vial, a su marier les difficultés classiques du français et un certain humour pour relater avec faconde le pantagruélique repas d'une équipe d'Immortels en goguette. Une vingtaine de personnes se sont prêtées cette année à l'exercice. Une candidate orléanaise était également de la partie, conférant à cette épreuve un côté international J'avoue n'avoir trébuché qu'une seule fois sur ce texte; j'ai malgré tout remporté le premier prix de cette épreuve, à savoir un abonnement de trois mois au journal "La Gruyère". Chic, de la lecture!

 

Et puis, nombreuses furent les rencontres avec les auteurs sur ces deux journées. La maison d'édition La Maison Rose était présente, en particulier; débordant de livres, son stand était animé par Bénédicte Gandois et Bernard F. Crausaz, codirecteurs de l'entreprise. J'ai aussi eu le plaisir de discuter avec Dame Isa de Troyes, auteure du livre de contes "Domaine des Six Trouilles" et incollable sur la cuisine médiévale. Il y eut également des échanges agréables avec Marc-Antoine Schibler, qui signait son quatrième roman, "Au Bal des raisons" - et les trois premiers, relatant la destinée de Tony Forkins. Cela, sans oublier Mélanie Richoz, Jean-Pascal Ansermoz (le créateur du chat Aristote) ou Raphaël Meneghelli, qui vient de publier son premier recueil de poésie - autant d'écrivains qui montrent le dynamisme de la jeune génération d'auteurs du cru, qui n'hésitent pas à faire les marchés pour se constituer leur lectorat.

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Publié par Daniel Fattore - dans Langue française
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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 05:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, Ankya, Armande, Azilis, BénédicteBookwormCagire, Caro[line], Celsmoon, Chrestomanci, Chrys, ClaudiaEdelwe, Emma, Emmyne, Esmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Hambre, Herisson08, Hilde, Julien, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, Mariel, MyrtilleD, Naolou, Restling, Roseau, Saphoo, Schlabaya, Séverine, Soie, Sophie57, Tinusia, Violette, Yueyin, Zik

 

Le Cul

 

Sans desroger aux premiers Blasonneurs

Du trou du Cul, et sauves leurs honneurs

Et de tous ceulx qui ont sçavoir condigne

Pour blasonner une chose tant digne,

Je de rechef luy donray ung Blason

Car sa louenge est tout jour de saison.

     Et tout premier dys que, sans menterie,

Le cul au corps a haulte seigneurie

Et que ainsi soit, la force de son sens

Vient parforcer tous les autres cinq sens

A consentir aux sentences mucées

Dans son cerveau, puis par luy prononcées

Si justement qu'on n'en peult apeller,

Ne contre luy fors en vain rebeller.

     Puis les cheveulx, front, sourcilz, yeulx et bouche

Sont amortis quand la mort le cul bouche,

Si sont tetins, nez, joues, et menton,

Gorge, estomach, ventre, cuysses, et ...,

Jambes, et bras, piedz, mains, aussi oreilles,

Colz blancz et droictz, et corps faictz pour merveilles.

     Mais on peult bien perdre ung oeil, ou tous deux,

La jambe, ung bras, le nez, ou les cheveulx

Que pour cela monsieur le cul, derriere,

N'en mourra point, ne fera pire chere.

     Donc, il n'est rien en tout le corps humain

Que, si le cul ne luy tient forte main,

Puisse eschaper que ne perde la vie

Ou, pour le moins, ne tumbe en maladie.

     Et si d'icelle attend la guarison,

Fault que le cul en face la raison

En luy donnant force supositoires,

Poudres, senteurs, doulx huylles, et clysteres

Pour l'apaiser, voire jusques à tant

Qu'il crachera le mal au corps latent.

     O doncques, cul, de santé le vray signe

Où maint docteur en l'art de medecine

Prend son advis, et visite ton faict,

Sans toy n'est corps qui ne soit imparfaict.

     Et oultre plus n'est requis que je taise

Comment tout prince, et grant seigneur, te baise

Au departir du ventre maternel

Qui est à toy ung los bien solemnel,

Car ce tribut te doit tout filz de mere

Soit paovre ou riche, aussi nul ny differe.

     Et s'aucun dict que tu es sale, et ord

Et inutile, il te blasonne à tort,

Car j'ay raison pour toy tout au contraire

Dieu sçait de qui! et voicy l'exemplaire:

     Ne lit on pas aux livres anciens

Ce qu'ung grand clerc mande aux Corinthiens?

Ne sçay si c'est en l'epistre premiere...

Si le aille veoir qui ne te prise guere

Et revenons au cul en joye et ris.

     O donc gros cul à facon de Paris,

Cul qu'en allant te degoyses et bransles,

Comme en dansant basses dances, ou bransles

Pour demonstrer - si bien ta geste on lict -

Que tu feroys bien bransler ung chalict.

     Cul qu'à ta garde as dix ou douze armures

De linge, toylle, en drap, soye, ou doublures,

Oultre le beau, frisque, et gaillard derrier,

Mais de surcroys, pour estre plus gorrier.

     Cul enlevé trop mieulx que une coquille,

O cul de femme! O cul de belle fille!

     Cul rondelet, cul proportionné,

De poil frisé pour haye environné

Où tu te tiens tout jour la bouche close,

Fors quant tu voys qu'il faut faire autre chose. 

     Cul bien froncé, cul bien rond, cul mygnon,

Qui fais hurter souvent ton compagnon

Et tressaillir, quand samye on embrasse

Pour acomplir le jeu de meilleur grace.

     Cul rembourré comme un beau carrelet,

Qui prens les gens plus au nez qu'au collet.

     Cul preferé à chascun autre membre,

Qui le premier couche au lict de sa chambre

Et le dernier en sort gay et leger,

Comme de table à l'heure de menger.

     Cul anobly, et à qui faict hommage

La blanche main, voire teste et corsage

S'enclinant bas pour te povoir toucher

Et tous les jours reveramment torcher.

     Et, qui plus est, ce temps, chascun s'essaye

De te vestir de drap dor, et de soye

Et peult on voir maintz braves testonnez

Qui ont leurs bas de chausse, et leurs bonnetz,

Robe et pourpoint de draps de moindre enchere

Que n'est leur hault de chausse et leur derriere.

     O puissant cul, que tu es à doubter,

Car tu fais seul par ta force arrester

Où il te plaist, seigneurs, serfz, folz et sages

Dont les ungs ont pour te moucher des pages.

     Qu'il soit ainsi: par toy jadis on veid

Le Roy Saul, qui poursuivoit David,

Si tres forcé, qu'à David se vint rendre

Sans y penser, lequel ne le vint prendre

Ny ne l'occit, quoy qu'il l'eust en sa main,

Plus aymant paix, qu'espandre sang huamin.

     Cul imprenable, assis mieulx que sur roche

Entre deux montz, où ennemy n'aproche

Qui tost ne soit en la malle heure houssé

Et par ta force, et canons repoulsé.

     Diray je rien de ta grande franchise?

Las, si feray! car tu peulx dans l'eglise -

A ung besoing - souspirer et peter

Quoy que le nez s'en vueille despiter

Et que on te dist que tu es sacrilege,

Qui est à toy ung tresbeau privilege.

     Cul desiré d'estre souvent baisé

De maint amant de sa dame abus

S'elle vouloit mayennant telle offrande

Luy octroyer ton prochain qu'il demande.

     Je dy envor, o cul de grand valeur,

Que ton tainct faict de brunette couleur

Ne changera tant que seras en regne

Et le tainct blanc qu'aux aultres membres regne

Par cours de temps peu à peu viendra laid.

     O doncques cul, resjouys toy seullet

Puis que tu as tant de vertu et grace

Que tout beau tainct, fors que le tien, s'efface

Et, advenant qu'il se peust effacer,

Mieulx que d'ung aultre on se pourroit passer.

     Et, pour renfort de ta louenge escripre,

Dis que tu tiens de tous membres lempire,

Pource que peulx leurs beaultez disposer

Ou leur laisser, ou leur faire poser:

C'est quand tu es aux oeuvres naturelles

Prompt et hardy, ou quand te fasches d'elles,

Et de toy pend leur joye, ou leur tristesse.

     O cul vaillant et remply de prouesse,

Combien heureux sont - donc - les membres tous

Tant que tu as la foire, ou bien la toux?

Car, ce pendant, la craincte ne les mort

D'estre mordus, en chiant, de la mort:

     Confessent doncq que sans tes benefices

Ilz n'ont beaulté, tainct, plaisirs ne delices.

 

Eustorg de Beaulieu (1495-1552), dans Poètes du XVIe siècle, Paris, Gallimard/La Pléiade, 1953/1991.

 


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Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 05:00

Le noeud de l'intrigueJe suis de sortie ce week-end, et mes recueils de nouvelles aussi! Plus précisément, je signerai "Le Noeud de l'intrigue" à Gruyères, durant tout le week-end, à savoir tout le samedi 7 juillet et tout le dimanche 8 juillet, à l'exception d'une heure ou deux le dimanche pour participer à la traditionnelle dictée de Louis Vial. Cette dédicace aura lieu dans le cadre de la Fête du Livre et du Papier de Gruyères, manifestation annuelle consacrée au livre ancien et moderne. Amies et amis lecteurs potentiels, vous me trouverez sur le stand des éditions La Plume Noire, tenu par Laurent Coos, écrivain au long cours. D'autres auteurs seront présents - je pense à Didier Leuenberger (à confirmer; je parle de son dernier livre ici), à Jean-Pascal Ansermoz et, sans doute, à d'autres encore.

 

Passez donc nous dire bonjour!

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Publié par Daniel Fattore - dans Littératures
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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 19:05

 

hebergeur imageThriller, également lu par George Sand, Nourritures, Reading Marmotte.

 

J. Heska affectionne les titres à rallonge, et en promet d'ores et déjà un pour son prochain roman. Après avoir signé "Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir", un conte humain et souriant qui a connu un succès certain, l'écrivain français revient avec "On ne peut pas lutter contre le système". Deux titres en formulation négative, qui ont, surtout dans "On ne peut pas lutter contre le système", un parfum avéré d'antiphrase. Et d'un livre à l'autre, force est de constater que l'auteur a réalisé une mue radicale en abordant le genre du thriller économique.

 

Le prologue plonge dans l'oeil du cyclone d'une catastrophe financière mondiale sans précédent. Il y a de quoi hésiter dans ces premières pages: le lecteur se demande si les personnages mis en scène sont des traders ou autre chose, et les phrases restent parfois bien sages, un peu trop bien construites pour ce qui, finalement, doit être la description foisonnante d'un cataclysme. Reste cependant l'habileté de montrer un bougre qui vient de perdre toutes ses économies et se montre violent: il ne pourra pas payer d'études à ses enfants, ce que l'auteur dit, conscient que c'est plus parlant de montrer les choses que de se contenter de les expliquer. Et peu à peu, l'histoire s'installe...

 

... et le contexte se pose: nous avons des écologistes militants débordés par leur propre action, des capitaines d'industrie sans scrupule actifs dans le domaine controversé des OGM et un village africain qui souffre à cause de cela. La distribution des cartes est classique: les militants sont jeunes, idéalistes et l'on perçoit assez vite qu'ils seront les gagnants de l'histoire; face à eux, l'entreprise HONOLA, spécialisée dans les OGM, est assez vite dépeinte comme foncièrement mauvaise. Une caractéristique encore soulignée par contraste par le personnage de Samson, chef de village africain aux prises avec les produits d'HONOLA, qui apparaît trop peu en début de roman, et c'est dommage car cela empêche une adhésion profonde de la part du lecteur, même si la scène du vélomoteur réparé à la fortune du pot a quelque chose de pittoresque. De manière générale, donc, le lecteur aurait attendu quelques nuances dans les comportements, dans les caractéristiques de chaque camp.

 

Mais même sur de tels fondements, ce roman fonctionne plutôt bien, même si c'est plutôt à des groupes (fonctionnant comme tels) qu'à des individualités (certains personnages sont interchangeables ou insuffisamment travaillés, par exemple Hakim, dont on retient surtout le tic de langage) qu'on s'attache. Si certaines individualités manquent de relief, donc, l'auteur a quand même l'habileté de tricoter une histoire d'amour impossible entre deux de ses personnages, propulsés du coup au premier plan, créant un fil rouge parallèle à l'histoire délirante d'une fausse évolution scientifique supposée enrichir plein de gens - entraînant toute une série de péripéties tenant des grands voyages, des délits d'initiés, des souvenirs de jeunesse, des tueries et de la cavalerie qui, parfois, arrive trop tard - comme dans les films.

 

Films? Il est vrai que l'auteur utilise un procédé récurrent qui peut faire sourire, à savoir d'innombrables références au cinéma populaire. En particulier, on croisera ici les figures de Harry Potter, Emmett Brown, Marty McFly et consorts. L'auteur lui-même s'autorise l'auto-citation en glissant une allusion fine à son premier roman et en poussant le vice jusqu'à faire revenir le chat Gribouille.

 

Le rythme du roman, enfin, se fonde davantage sur l'alternance des voix et des formes que sur des ralentis cinématographiques à la Brian de Palma. Le lecteur va en particulier se retrouver confronté, entre deux chapitres narratifs, à des extraits d'émissions de télévision, à la transcription d'un film trouvé sur YouTube, à des échanges de courrier, etc., ce qui est propice à la peinture d'une société où l'information circule vite, très vite. Les dialogues sont nombreux aussi, et font passer une foule d'informations dans des répliques parfois longues. En la matière, on regrettera qu'il n'ait pas été fait plus usage du tic de langage peu naturel déjà évoqué d'un des personnages, qui dit tout le temps "ne... guère" plutôt que "ne... pas".

hebergeur image

Pourtant, cela se dévore... peut-être en raison d'un style direct et sans fioriture, qui sait aller à l'essentiel quand il le faut, et sert une histoire où les jeux de rôles et de masques sont nombreux, comme au cinéma, jusqu'à l'épilogue, qui éclaire adroitement tout le roman d'un jour inédit. L'auteur a le temps de mûrir, de perfectionner sa technique. J. Heska est un écrivain à suivre; gageons qu'il se bonifiera encore au fil des romans.

 

J. Heska, On ne peut pas lutter contre le Système, Dijon, Editions Seconde Chance, 2012.

 

Lu dans le cadre du défi Thriller.

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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 05:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, Ankya, Armande, Azilis, BénédicteBookwormCagire, Caro[line], Celsmoon, Chrestomanci, Chrys, ClaudiaEdelwe, Emma, Emmyne, Esmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Hambre, Herisson08, Hilde, Julien, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, Mariel, MyrtilleD, Naolou, Restling, Roseau, Saphoo, Schlabaya, Séverine, Soie, Sophie57, Tinusia, Violette, Yueyin, Zik

 

Pour faire le portrait d'un oiseau

 

Peindre d'abord une cage

avec une porte ouverte

peindre ensuite

quelque chose de joli

quelque chose de simple

quelque chose de beau

quelque chose d'utile

pour l'oiseau

placer ensuite la toile contre un arbre

dans un jardin

dans un bois

ou dans une forêt

se cacher derrière l'arbre

sans rien dire

sans bouger...

Parfois l'oiseau arrive vite

mais il peut aussi mettre de longues années

avant de se décider

Ne pas se décourager

attendre

attendre s'il le faut pendant des années

la vitesse ou la lenteur de l'arrivée de l'oiseau

n'ayant aucun rapport

avec la réussite du tableau

Quand l'oiseau arrive

s'il arrive

observer le plus profond silence

attendre que l'oiseau entre dans la cage

et quand il est entré

fermer doucement la porte avec le pinceau

puis

effacer un à un tous les barreaux

en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l'oiseau

Faire ensuite le portrait de l'arbre

en choisissant la plus belle de ses branches

pour l'oiseau

peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent

la poussière du soleil

et le bruit des bêtes de l'herbe dans la chaleur de l'été

et puis attendre que l'oiseau se décide à chanter

Si l'oiseau ne chante pas

C'est mauvais signe

signe que le tableau est mauvais

mais s'il chante c'est bon signe

signe que vous pouvez signer

Alors vous arrachez tout doucment

une des plumes de l'oiseau

et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.

 

Jacques Prévert (1900-1977).

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Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
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