Samedi 4 juillet 2009

Elle aura lieu à Gruyères (Suisse), le dimanche 5 juillet à 14 h 30, à l'auberge de la Fleur de Lys. Avis aux amateurs! Le texte est signé Louis Vial, qui n'en est pas à son coup d'essai dans le genre.

Pour en savoir plus: http://www.fetedulivre.ch.

Photo: Flickr.com: une plume Parker Duofold magique: elle écrit sans faute.


Par Daniel Fattore - Publié dans : Langue française - Communauté : Suisse Romande
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 3 juillet 2009

La cité où vit le narrateur d'"A l'ombre de la marquise", d'Yvan Dalain, trouve trop petite la ville vaudoise où il vit - quelque chose qui fait penser à Payerne, Moudon ou Yverdon. Retraité, le narrateur se met donc à rêver, assis sous la marquise de la gare, en regardant passer les trains, voyageurs vers l'inconnu... Et cela donne un roman aux accents picaresques dont le cadre se situe entre la Suisse et l'Espagne.

Né en 1929, décédé en 2007, l'auteur suisse Yvan Dalain a eu plusieurs vies: il a été tour à tour réalisateur, photographe, comédien, etc. Il a même écrit, avec le journaliste suisse Jacques Pilet, une enquête sur l'affaire du meurtre de Payerne qui a servi d'argument au roman "Un Juif pour l'exemple" de Jacques Chessex... en 1977 déjà! Et c'est à la retraite qu'il est entré en écriture. "A l'ombre de la marquise" entre pile poil dans le trip du roman de retraité nostalgique, avec ses travers mais aussi avec ses forces. Les forces? On trouve ici une désinvolture certaine, qui se traduit par un langage volontairement relâché, nimbé de tonnes d'oralité. Cela permet de camper sans équivoque un personnage crédible, humain, dans lequel on peut se reconnaître pour le pire et le meilleur. Les travers? Dès le départ, l'auteur recourt au flash-back et raconte ses souvenirs de reporter ayant rencontré les people du vingtième siècle, histoires d'hier, choses vues qui ne sont plus les mêmes (ce qui est naturellement désolant!), etc. Et naturellement, on trouve là des pages sur la vie quotidienne de retraité, parfois convenues (l'agenda de ministre du retraité, plus occupé que n'importe quel manager), parfois très originales (la typologie des retraités de sexe masculin qui font les courses pour leur ménage, caddie devant eux, au supermarché). Nostalgie aussi, parce que dans le discours du narrateur, transparaît souvent, sans que cela soit frontalement affirmé, ce côté "c'était mieux avant" - par exemple quand c'étaient de vrais humains qui vendaient des billets à la gare, et pas des distributeurs à écrans tactiles.

Et souvent, enfin, revient le couplet du retour à une seconde jeunesse - en particulier lorsque le narrateur rencontre l'énigmatique gitane Lucia.

Justement, la pauvre Lucia, dont l'histoire tragique constitue un récit enchâssé plutôt pittoresque, constitue le virage intéressant du récit. Le narrateur voyage à travers l'Espagne en train, se remémore son passé, ses bribes de gloire glanées au long de son existence (une existence qui aurait pu être celle d'Yvan Dalain lui-même, tant le narrateur ressemble à l'auteur, poussant la proximité jusqu'à partager sa judéité), et la rencontre fait basculer le récit dans quelque chose d'autre. Lucia s'avère en effet une bonne fortune pour le narrateur. Cela donne lieu à quelques pages qui se veulent érotiques, mais qui, à mon avis, manquent un peu leur effet: il ne suffit pas d'écrire "J'étais très excité" pour que le lecteur ressente cette excitation...

... le rêve, l'auteur le fait naître avec plus de succès lorsqu'il narre la création du cirque des ringards, où se produisent de vieilles gloires sur lesquelles le public est invité à balancer des polochons. Tendresse? L'auteur en est capable quand il le faut; mais il sait aussi peindre les aigreurs de ces "has-been" aigris qui croient encore, bien qu'âgés et hors d'état de nuire, que tous les égards leur sont dus.

Le narrateur lui-même, s'il sait penser, n'échappe pas à ses propres contradictions. Il se dit apolitique et athée, refusant toutes les religions, qu'il considère comme autant de responsables de morts innombrables - mais un certain athéisme n'a-t-il pas, lui aussi, un peu de sang sur les mains? Face à cela, seul un déisme bien compris, Daïmôn personnel à la manière de Socrate ou GADLU (Grand Architecte De L'Univers) à la façon des francs-maçons, aurait pu, peut-être, lui offrir la voie étroite d'une solution acceptable. Le bonhomme tient par ailleurs à la liberté, à la paix, à la nature; or, on a aussi tué au nom de la liberté et de la paix; quant à la nature, certains n'hésitent pas à affirmer que sa sauvegarde est devenue une religion... voilà un peu ce que j'aurais eu envie de dire au bonhomme! Bonhomme qui, du reste, respecte les sentiments religieux et les accommodements qu'on trouve pour les mettre en harmonie avec sa vie sur Terre.

Jouant un peu trop volontiers sur la corde des souvenirs racontés à la manière de vieux récits de guerre, ce roman laisse donc l'impression d'être très tourné vers le passé, malgré tout. Le prière d'insérer le rapproche d'un certain Woody Allen; j'ai plutôt l'impression qu'on est dans le road (ou rail) story, avec aussi quelques ingrédients du roman picaresque (récits enchâssés, bonnes fortunes, etc.), sans en avoir le souffle ("A l'ombre de la marquise" pèse un peu plus de 200 pages, écrites assez gros). Reste que le style d'Yvan Dalain, s'il reste simple (il pourrait jouer davantage sur les rythmes de narration, par exemple, afin d'obtenir de bons effets dramatiques), a le mérite d'être fluide; les chapitres sont courts, découpés en paragraphes brefs - donc de quoi faire en sorte que malgré les approximations de tout poil, ça se lit très vite.

Yvan Dalain, A l'ombre de la marquise, Vevey, L'Aire, 2003.
Photo de l'auteur:
http://www.images.ch.

Par Daniel Fattore - Publié dans : Livres - Communauté : Suisse Romande
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 1 juillet 2009

Et si la vie de couple rendait littéralement chèvre? Et si le mariage vous faisait tourner en bourrique? Il peut arriver qu'on ait l'impression que certains défauts du conjoint puissent donner des envies de meurtre. Et s'il fallait voir cela de manière très littérale? Tel est, en quelques mots, le propos du roman "Le Mari dangereux", publié en 2001 (déjà!) chez Rivages. Et c'est vraiment à un combat de bêtes que Jane Shapiro invite son lectorat.

Tout commence pourtant comme finissent tous les romans de chick lit: une belle idylle se noue entre deux personnages qui font rêver (lui est rentier, elle est photographe, tous deux évoluent dans le milieu juif new-yorkais, présenté comme opulent), et tout cela débouche sur un mariage, alors que jusque-là, Madame, 40 ans, n'a jamais trouvé chaussure à son pied. Grâce à Erving Goffman, il y a même un peu de psychologie pour sous-tendre l'histoire - celle qui veut qu'il est toujours possible de pousser quelqu'un au meurtre. Joli, non? Mais ce n'est qu'un début... car Dennis, l'homme de l'histoire, a un défaut rédhibitoire: il est d'une maladresse pathologique - d'où le titre du roman. Il est à noter que ledit Dennis écrit un roman... qui aurait pu être celui-ci, par un effet intéressant de miroir. Mais il en est peu question.

Très vite donc, le sourire un peu rose qui transpire des premières pages se mue en un rire grinçant, noir même. Pas de joyeuse outrance ni d'insouciant deuxième degré dans ce récit qui met en scène, littéralement, des bêtes. Il y a naturellement la petite ménagerie de Dennis: une grenouille, un chien et un chat. Et Madame, évidemment, traitée bien malgré elle comme une bête: Dennis lui tombe dessus, la brutalise sans vraiment le vouloir, manque lui tordre le cou - cela, tout en étant adorable par ailleurs, prodigue en petits cadeaux. Et avec l'argument spécieux de le sauver de lui-même, elle décide de lui faire la peau... c'est là que s'arrête la première partie, qui peint une descente aux enfers avec, parfois, la précision d'un instantané (et le rythme également, certaines séquences statiques étant présentées comme des descriptions de photos - ce qui, on l'a compris, est fort pertinent).

Naturellement, on ne s'improvise pas meurtrier, ni directement, ni par procuration (elle fait appel à un tueur, mais la tentative avorte). C'est alors que Dennis prend la main... ce qui est l'objet de la troisième partie, la plus bestiale: le mari dangereux décide de trucider tous ses animaux, l'un après l'autre. Difficile d'établir la part de volonté du bonhomme; reste que Madame se sent, dès lors, menacée - s'assimilant de facto aux animaux domestiques. Et c'est bien comme une bête que, dans son plan, Dennis doit mourir. Elle se procure donc de la mort-aux-rats et un couteau de chasse. Autre élément animal: le vétérinaire de la famille devient la seule interface entre les deux personnes du couple, tous leurs amis ayant déserté. Dennis aura-t-il cependant l'honneur insigne de mourir d'humaine manière? La fin du récit vous le dira!

... comme des bêtes, je vous dis! Les amateurs d'humour très noir apprécieront.

Jane Shapiro, Le mari dangereux, Paris, Rivages, 2001.

Par Daniel Fattore - Publié dans : Livres - Communauté : Suisse Romande
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Dimanche 28 juin 2009

... rien à voir avec le personnage de Mamasac, créé par la nouvelliste suisse Paule Mangeat, publiée par Cousu Mouche!

Plus prosaïquement, je suis rentré de Saint-Etienne, l'automne dernier, avec un cadeau assez original - dont je vais vous raconter l'histoire. Il faut savoir, avant de commencer, que je suis un client régulier des coiffeurs français, stéphanois et guérétois, parce qu'ils sont sensiblement moins chers que les coiffeurs suisses. Donc, mes excursions sont aussi un prétexte pour livrer ma tête aux mains expertes des figaros. En octobre dernier, à Saint-Etienne, je suis tombé sur un bonhomme particulièrement avantageux et disert... et souple, qui plus est: malgré l'heure tardive, il m'a pris le soir même.

Ainsi fut fait: six mois de cheveux sont tombés sur le carrelage de son établissement, situé à peu près en face du Soggy Bottom, bar à bière à la mode à Saint-Etienne (celles et ceux qui sont du coin connaissent, fatalement...)

Après son travail, le figaro (qui s'honore d'une clientèle qui compte: il s'est occupé, entre autres, des cheveux de Piem, dessinateur connu et père de Barrigue) me propose de participer à une tombola organisée par les commerçants de Saint-Etienne et des environs, à l'enseigne de "A deux pas". Le prix principal était fort intéressant, pour moi et pour lui: il s'agissait d'un voyage - et si je le gagnais, le commerçant partait également en voyage. Que des heureux, donc, dans cette affaire!

Neuf mois après cette affaire, force m'est de constater que je n'ai pas gagné le voyage de rêve. Peut-être qu'un autre client a pris l'avion avec le coiffeur!? En tout état de cause, au terme de l'ouvrage du coiffeur, j'ai remporté le prix immédiat du concours: un sac de grandes dimensions marqué "A deux pas", de couleur verte, avec des feuilles et des traces pas comme décoration (illustration). Il m'a servi, pour la première fois, pour ramener les innombrables ouvrages que j'ai glanés à l'occasion de la Fête du Livre de Saint-Etienne (et je confirme: le sac supporte un nombre certain de livres!). Et il a refait surface, ces derniers jours, lorsque mon épouse a dû ramener des livres à la bibliothèque.

Reste que la campagne de publicité, très générale, portait cependant sur le commerce de proximité à Saint-Etienne et Montbrison. Tout cela est bien loin de Fribourg... et si quelqu'un, ici en Suisse, s'avisait de demander de quelle proximité il s'agit, la réponse risque de le dérouter! Sans aucun doute est-elle comprise au sens très large...

Par Daniel Fattore - Publié dans : Air du temps - Communauté : Suisse Romande
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 23 juin 2009

Dès qu'on est planté face à un PC, on est tenté d'aller voir sur Internet si l'on s'y trouve. Et les séances de surf en roue libre permettent des découvertes intéressantes, sympathiques, utiles même. Je me permets donc de vous faire part de deux sites qui, ces derniers jours, m'ont particulièrement accroché. Il n'y a aucun lien entre eux, si ce n'est mon intérêt... et des points communs que je ne soupçonne pas - ou que, peut-être, vous devinerez vous-mêmes (la chasse aux suggestions est ouverte, lâchez vos commentaires...).

Le premier est le blog d'Ophélie, présent à l'adresse http://www.phelie.fr. Sa spécialité? Tout pour la danse... donc quelque chose qui peut intéresser tout un chacun. Le blog que propose cette jeune passionnée publie des vidéos, des descriptions d'habits de danse réalisés par les soins de la blogueuse, ainsi que quelques aperçus sur le sujet, conçu dans son sens le plus large (compétition, danses orientales, etc.), dévoilés par une personne qui s'y connaît - sequins et strass, tissus et danses standard, plus rien n'a de secrets pour elle. Et pour ne rien gâter, le visuel du blog est élégant!

Le second, un site web au sens traditionnel du terme, plein de PHP et de trucs du genre, est MMMM! (http://mmmm.free.fr). Comme son nom l'indique, il est consacré aux bonnes choses de la table. Plus précisément, il a pour ambition de recenser les restaurants d'ici et d'ailleurs, et vous invite même à cette mission quasi encyclopédique (il n'y a aucune limite géographique, vous y trouverez même de bonnes adresses au Sénégal...). J'ai moi-même déjà posté quelques commentaires. Doté d'un moteur de recherche, ce site vous permettra, on n'en doute pas, de trouver une bonne table près de chez vous... ou de votre lieu de vacances - avec un accent sur Paris, les tenanciers étant apparemment parisiens.

Alors... plateau de danse ou plateau de fromages? A vous de choisir... ou pas!

Illustrations: photo puisée chez
http://www.phelie.fr ; projet de logo pour mmmm!

Par Daniel Fattore - Publié dans : Air du temps - Communauté : Suisse Romande
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Présentation

Créer un Blog

Vers la gloire

Wikio - Top des blogs
Wikio - Top des blogs - Divers 
Paperblog 

Recherche

Derniers Commentaires

Vos vitrines

Ils parlent de nous...

Lisabuzz.com parle de Fattorius :

"Tantôt drôles, tantôt émouvants, toujours enrichissants, les posts écrits par Daniel Fattore font du blog
Fattorius un grand espoir du web de demain. Il s agit, parait-il, du blog dont les lecteurs disposent du QI le plus élevé. Cela ne m'étonnerait pas. Pourvu que Daniel Fattore ne s'arrête jamais de nous régaler ! signé http://blog.lisabuzz.com"

Calendrier

Juillet 2009
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Syndication

  • Flux RSS des articles
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus