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2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 05:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, Ankya, Azilis, Bénédicte, Bookworm, Cagire, Caro[line], Chrestomanci, Chrys, Edelwe, Emma, Esmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Herisson08, Hilde, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, MyrtilleD, Saphoo, Séverine, Tinusia, Violette, Yueyin

 

La crème de Chavannes-les-Forts

(petit poème en vers de onze pieds)

 

Je n'oublierai jamais ton corps onctueux

Environnant ma langue tout comme un lierre,

Ton goût suave et savoureux, ton moelleux,

Dans les jardins divins de Bouloz-la-fière,

Sublime crème de Chavannes-les-Forts,

Tôt dégustée sur un couple de meringues,

Chez mes chers amis au tempérament dingue,

Aux talents de maîtres-queux et au coeur d'or!

 

Quand sera terminé le temps du boulot,

Ah! emporter au Ciel Chavannes-les-Forts

Et sa crème et les meringues de Bouloz

Et les Clerc, qui sont à eux seuls des trésors,

Oublier stress, soucis, sueur, peine et deuils

Et laisser sur la terre tous nos cercueils

En corbillard fribourgeois à croque-mort

Pour aller déclamer Là-Haut ce poème,

La bouche toute embardouflée de la crème

Céleste et douce de Chavannes-les-Forts!

 

Jacqueline Thévoz (1926- ), De la Terre au Ciel, Sierre, Editions A la Carte, 2015.

 

 

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Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 21:00

Dubath photo Dubath Geoles_zps4tzymvrv.jpgLu par Francis Richard.

Le site de l'éditeur - merci pour l'envoi!

 

L'écrivain suisse romand Jean-Yves Dubath semble être un habitué des thèmes littéraires très exclusifs. L'an passé, il a offert à un public cinéphile "La Causerie Fassbinder", un roman hermétique en forme de dialogue entre fanatiques du réalisateur d'"Effi Briest" et de "Lili Marleen". Paru chez Giuseppe Merrone, son dernier opus, "Des geôles", s'avère tout aussi exigeant envers son lectorat.

 

Quelques personnages dominent ce roman qui évoque l'univers carcéral, mais aussi le monde de la psychiatrie: il y a le médecin, Aeschlimann, le condamné, Wasser, et aussi Brigitte, infirmière, dont les hanches larges sont la source de plus d'un fantasme. Tout cela paraît fort grave; l'auteur a soin de placer dans sa narration la figure de Mlle Juliette, une perruche callopsite. Une manière de donner des ailes au récit!

 

L'auteur n'épargne rien à son lectorat, en effet. Scindée en trois chapitres (sur 128 pages!), "Des geôles" s'avère souvent lourd et étouffant comme une cellule de prison. L'aspect formel y contribue: l'auteur n'use guère du dialogue, et affectionne les phrases, voire les paragraphes longs. Avant même leur lecture, rien qu'à les regarder, les pages paraissent denses. L'écriture, quant à elle, va chercher loin ce qu'elle peut apporter au thème et à la problématique abordée, quitte à se perdre: on peut bien se demander ce que la figure d'Albéric Magnard, fort beau compositeur français au demeurant, vient faire dans un asile des Grisons.

 

Asile, prison? L'auteur pose pertinemment une question qui va traverser tout son roman, celle de la frontière entre criminalité et folie. Chacun, après tout, pourrait y être confronté, ne serait-ce que pour se défendre après un moment d'égarement qui a mal tourné. Alors certes, le condamné Wasser se met à rêver dès qu'on lui accorde une permission; mais c'est bien le médecin, supposément au-dessus de tout soupçon, qui va se retrouver coffré pour tentative de meurtre. Qui est le plus coupable? L'auteur ne répond pas.

 

Exigeante et très sérieuse en général, l'écriture laisse une petite place au rêve, et réserve au lecteur des univers flous et oniriques où émergent des constantes. On pense au monde des chorales, en particulier, ou à celui de la lutte suisse. Ces éléments composent un contrepoint à une action minimale et ancrent le récit dans une certaine Suisse où circulent les cars postaux. Et jusqu'au fantasme, l'auteur réussit à se glisser dans la peau de ses personnages principaux afin de leur donner toute leur épaisseur d'êtres humains. Quitte à se demander qui, du prisonnier, de la collaboratrice ou du médecin externe - sans parler de celui que la justice humaine a déclaré coupable - est vraiment le plus libre.

 

Jean-Yves Dubath, Des geôles, Lausanne, BSN Press, 2015.

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 20:41

Itzamna n'oublie pas le Défi Premier roman... elle propose un avis, certes partagé, sur "Hors saison", roman de Sylvie Coher. Je vous laisse découvrir son billet, ici:

 

Sylvie Coher, Hors saison.

 

Et vous, quels sont vos premiers romans préférés? N'hésitez pas à les partager dans le cadre du Défi Premier roman.

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Publié par Daniel Fattore - dans Défi Premier roman
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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 22:21

Santos ColombLu par Au détour d'un livre, Goliath, Leelys, Littérature maçonnique.

Défi Thrillers et polars.

 

Connaît-on vraiment Christophe Colomb? Il est généralement admis que ce Génois a découvert l'Amérique. Mais dans son roman "Codex 632: le secret de Christophe Colomb", l'auteur portugais José Rodrigues dos Santos fait exploser ces certitudes. Son roman prend la forme d'un vaste puzzle qui conduit le lecteur au Portugal, aux Etats-Unis, au Brésil et même en Israël. Cela, sur les pas d'un chercheur de notre époque, certes malin, mais placé face à un défi exigeant.

 

L'auteur s'est documenté sérieusement pour monter son intrigue, et avertit d'emblée le lecteur que tous les documents cités sont authentiques, y compris le Codex 632 cité dans le titre du livre. Il y dans les pages de "Codex 632: le secret de Christophe Colomb" quelque chose de Dan Brown, notamment avec les jeux de codes secrets qui rappellent "Le Symbole perdu", le côté bêtement jeu de piste scandaleux en moins. Et surtout, l'érudition de l'auteur fait penser à celle d'un Umberto Eco, et José Rodrigues Dos Santos revendique cette paternité en citant "Le Pendule de Foucault".

 

Les chapitres se suivent comme un captivant étalage d'érudition qui touche à tout: dès le début, l'auteur captive en expliquant la manière de lire les hiéroglyphes égyptiens. Plus loin, chaque chapitre explore une facette de la figure finalement mal connue de Christophe Colomb, et d'éclairer le temps des grandes découvertes et de la découverte des Amériques. Instructif? Certes, l'auteur fait preuve de beaux efforts pour vulgariser et intéresser, mais cela seul serait fort aride.

 

Dès lors, l'intrigue offre en contrepoint le parcours personnel du personnage principal, Tomás Noronha, professeur d'université, marié et père d'une fille atteinte de trisomie 21. Les émotions véhiculées par cet aspect du récit sont fortes. Elles font la place au mystère, aussi, par le biais d'une étudiante un peu trop facile nommée Lena. Cela donne à Tomás Noronha un côté humain, peut-être insuffisant: souvent, le lecteur conserve l'impression que ces aspects humains ne font que servir de trait d'union au coeur du récit: l'exploration de la vie mystérieuse de Christophe Colomb.

 

Cette exploration adopte toutefois le ton juste pour accrocher le lecteur: elle fait appel à une écriture qui intrigue et interpelle, promettant de dévoiler des mystères historiques. Promesse tenue de bout en bout, même s'il faut se rappeler que lorsqu'un romancier s'attaque à une thématique historique obscure, il privilégiera l'hypothèse qui lui paraît la plus porteuse (mais pas forcément la plus vraisemblable). Et si les origines génoises de Christophe Colomb sont parfois sujettes à caution, force est de constater que "Codex 632: le secret de Christophe Colomb" explore à fond une thèse pas forcément majoritaire, mais ô combien romanesque.

 

L'auteur fait donc voyager ses lecteurs entre les temps modernes et l'époque contemporaine. Son roman a les accents d'un thriller et sait se faire ésotérique à l'occasion, sans laisser personne sur le bord de la route. Et si l'exploration des dessous de l'histoire a de quoi passionner, l'écriture fluide de l'auteur facilite encore la lecture de ce roman.

 

José Rodrigues dos Santos, Codex 632: le secret de Christophe Colomb, Paris, Hervé Chopin, 2015. Traduit de l'anglais par Cindy Kapen.

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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 05:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, Ankya, Azilis, Bénédicte, Bookworm, Cagire, Caro[line], Chrestomanci, Chrys, Edelwe, Emma, Esmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Herisson08, Hilde, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, MyrtilleD, Saphoo, Séverine, Tinusia, Violette, Yueyin

 

Eté camarguais

 

Entre les bras du Rhône au soleil de l'été

la Camargue jouit du plaisir qui l'embrase;

dans les pins-parasols que la lumière ébrase

la cigale n'en finit pas de craqueter...

 

Noir feutre à larges bords, le gardian monté

jugulaire au menton par gestes périphrase,

rassemble la manade autour d'une herbe rase

ou le long du marais ocellé de clarté.

 

Sur le pont du canal, un pêcheur de passage,

le sombrero de paille éclipsant son visage,

suppute canne en main les spasmes du bouchon,

 

tandis que sur l'étang fusent les demoiselles

et que les grands oiseaux sur leurs pattes de jonc

baignent dans le lagon les flammes de leurs ailes.

 

Paul le Roulier, dans "Moniteur du Caveau stéphanois", numéro 132/octobre 1984.

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Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 21:34

Winterson PassionLu par Clara, Liratouva.

Le site de l'auteur.

 

Tout commence par des poulets grillés. Déjà, on salive. Comme lorsque Jeanette Winterson, l'auteure de "La Passion", a publié sur son compte Twitter les photos de la viande du lapin qui bouffait son jardin et qu'elle s'apprêtait à manger avec de petits légumes - n'en déplaise à quelques personnes à la sensiblerie mal placée. L'écrivaine anglaise sait donner faim à son lectorat; et si sa prose est riche et exigeante, force est de noter qu'elle est accrocheuse aussi. Et qu'on en sort repu et content.

 

Le monde bien réglé de l'armée

"La Passion", c'est le roman d'une relation impossible entre deux personnage que tout rapproche et que tout sépare. Tout s'ouvre avec les poulets que le soldat Henri fait griller pour le service de Napoléon Bonaparte, dont il est devenu l'homme de confiance alors que l'empereur à l'appétit d'ogre s'apprête à se ruer sur la Russie. Rapidement, l'auteure installe le rapprochement pertinent entre les poulets qui grillent, trop nombreux pour que l'empereur puisse les manger tous, et les hommes qu'il lance au combat, en considérant les pertes humaines comme normales, de peu de valeur en somme: un gâchis qui ne compte pas. Sans compter qu'il ne mangera pas toute la Russie, pas plus que tous les poulets...

 

Et puis, Henri adore Bonaparte. Dès lors, l'auteure installe le thème de la religion dans son roman, de manière ambiguë: si Henri proclame qu'il ne croit guère en Dieu, force est de noter qu'il a intégré le logiciel de la foi catholique - et qu'il l'utilise, mutatis mutandis (c'est-à-dire pas grand-chose), pour ce nouveau dieu nommé Bonaparte. Gare à la désillusion, cependant: de même que l'athée nouvellement converti peut se montrer virulent, Henri finit par détester Bonaparte autant qu'il a pu l'adorer, à la suite d'un événement somme toute mineur. Ce virage, l'auteure le rend tout à fait crédible en lui donnant la forme de "la goutte d'eau qui fait déborder le vase".

 

Et d'une manière générale, en suivant Henri et la Grande Armée dans la campagne de Russie, le lecteur se dit qu'il a affaire à un univers certes contestable, mais aux lignes directrices bien définies, carrées et viriles, à l'instar de la discipline militaire. L'auteur ne pouvait guère montrer autrement le monde militaire où évolue Henri, où les certitudes (sexe, lieux, etc.) règnent. Ce sont des certitudes, après tout. Henri lui-même porte un vrai prénom.

 

Venise, ville mouvante

Ce qui n'est pas le cas de Villanelle, ainsi baptisée d'un nom commun, native de Venise, ville de légendes urbaines et de mystères. Un monde impeccable pour brouiller les certitudes, et l'auteure ne se prive pas de le faire - avec talent!

 

Ainsi Villanelle, actrice privilégiée des jeux de hasard, joue avec un parfait naturel le jeu de l'androgynie. Elle sait séduire les hommes qui passent à sa table de jeu, mais aussi les femmes - et c'est avec elles que, contrainte de cacher ce qu'elle est vraiment, elle connaît les expériences les plus troublantes.

 

Masquée pour mieux voir sans se faire voir, Villanelle est l'image de Venise, ville de carnavals. Là, et dès le début de la deuxième partie, l'auteure a un trait de génie en faisant de Venise une ville mouvante, en affirmant que d'un jour à l'autre, les lieux ne sont jamais les mêmes. Géniale observation, parce que n'importe quel touriste peut faire l'expérience de la complexité de la Sérénissime... et avoir l'impression que d'un jour à l'autre, les monuments se déplacent, facétieux, voire disparaissent. On se croirait chez Jorge Luis Borges, avec un supplément de légendes pour faire bon poids.

 

Au travers de Venise, enfin, l'auteure revisite les thèmes familiers du romantisme: il y a dans "La Passion" des amours impossibles, mais aussi un penchant pour la peinture des maladies et, naturellement, l'observation de Napoléon Bonaparte. Cette vision moderne du romantisme se nourrit d'un rythme fondé sur des phrases récurrentes qui suffisent à assurer des liens et sur des objets récurrents. Quant au rapprochement entre les certitudes de l'armée, monde viril, et le contexte mouvant d'un univers féminin autour de Villanelle, il suggère la confrontation actuelle entre une distinction claire entre deux sexes (masculin/féminin) et la possibilité d'un espace gris, flou et infiniment nuancé, entre les deux.

 

Jeanette Winterson, La Passion, Paris, L'Olivier, 2013, traduction de l'anglais par Isabelle D. Philippe.

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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 20:38

Kazinski HommeLu par Georges Vigreux, Letteratura, The Big Boss, Thrillermaniac, Wanda.

Défi Thriller-Polar.

 

Depuis quelques années, des hommes et des femmes de bonne volonté meurent partout dans le monde, d'une manière mystérieuse, marqués d'un symbole étrange dans le dos. Fondé sur un ample et solide substrat ésotérique, présent sans être jargonnant, "Le dernier homme bon" est un thriller dont les pages se tournent toutes seules, comme on les aime. A. J. Kazinski est son auteur; deux écrivains danois se cachent derrière ce pseudonyme, Anders Rønnow Klarlund et Jacob Weinreich. "Le dernier homme bon" est le fruit de leur première collaboration.

 

Conscients de la force des mythes et des légendes et de la fascination que le religieux peut exercer sur le grand public, les auteurs construisent leur vaste récit sur le mythe juif des 36 hommes justes qui veillent en permanence sur l'humanité: que l'un d'eux disparaisse, et l'avenir de l'humain est compromis. Alors, s'ils s'éteignent l'un après l'autre, chacun à une semaine d'intervalle, de manière apparemment criminelle, il y a péril en la demeure!

 

Le lecteur peut s'interroger sur la présence d'une histoire d'expérience de mort imminente en guise de prologue. Là aussi, c'est accrocheur, et fouillé dans le cadre du roman. Etait-ce indispensable? Pas forcément, sauf si l'on admet que les auteurs ont choisi d'aller voir derrière l'un des éléments clés d'un bon thriller: la mort de certains personnages. Que vivent les cadavres, au fond? Curieuse question, trop rarement posée dans la littérature policière...

 

Il y a aussi de quoi s'interroger sur le fait qu'à l'ère d'Interpol, personne dans le roman n'ait fait le rapprochement entre ces décès fort similaires afin de trouver le coupable. Seuls deux enquêteurs, l'un à Venise, l'autre à Copenhague, ont l'ambition de percer ce mystère. Qui est l'assassin? Les auteurs lui réservent une forme assez étrange qui permet de rendre crédible le désintérêt des polices institutionnelles face à ces morts, qui paraissent survenir avec une logique qui fait penser à un tueur en série classique (mais très efficace).

 

Sur plus de 700 pages, les auteurs savent aussi se montrer généreux en fausses pistes qui leurrent le lecteur: qui sera la prochaine victime? Que fait ce terroriste islamiste à Copenhague? Et pourquoi tel représentant d'une ONG est-il atteint d'un malaise subit? Ce jeu des fausses pistes dénote parfois aussi un certain humour, en particulier lorsque la police débarque chez des victimes potentielles qui avouent spontanément d'anciens délits, croyant être recherchées à ce propos... A chaque fois, le lecteur y croit.

 

Si le roman passionne, c'est aussi parce que les auteurs laissent à leurs personnages la possibilité d'exprimer leurs forces et leurs fragilités - leur complexité, en un mot. On sent par exemple Hannah, scientifique à quotient intellectuel élevé, rayonner dès qu'elle met au jour le système qui préside aux décès; mais on la voit désemparée dès lors qu'il s'agit de se confronter au réel. Cela dit, le lecteur pourra ressentir une certaine lassitude face à l'évolution de l'alternance entre situations: d'un rythme multipolaire complexe (premier livre), on passe à un rythme binaire plus banal où seuls Hannah, l'astrophysicienne, et Niels, le policier, assurent le spectacle du côté de Copenhague.

 

Enfin, "Le dernier homme bon" a pour fond la conférence de Copenhague de 2009 sur le climat. Trahissant une certaine sensibilité politique, les auteurs en profitent pour glisser mine de rien quelques allusions distanciées, entre un Barack Obama qui occupe tout l'espace et des réflexions peu amènes sur Silvio Berlusconi et son entourage. Malgré quelques réserves, "Le dernier homme bon" est donc un roman assez riche et accrocheur pour que le lecteur fasciné le dévore, littéralement, et fasse défiler ses courts chapitres haletants à une vitesse folle.

 

A. J. Kazinski, Le dernier homme bon, Paris, Le Livre de Poche, 2014. Traduction de Frédéric Fourreau.

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 05:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, Ankya, Azilis, Bénédicte, Bookworm, Cagire, Caro[line], Chrestomanci, Chrys, Edelwe, Emma, Esmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Herisson08, Hilde, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, MyrtilleD, Saphoo, Séverine, Tinusia, Violette, Yueyin

 

La vieille église

 

Je suis venu saluer

La vieille Eglise des dimanches,

Silhouette de pierres blanches,

Qui ne semble pas s'ennuyer.

 

Dominant de son promontoire

Le val, l'horizon turbulent,

Tel un fort gardien vigilant

Qui serait sorti d'un grimoire.

 

Ecoutant les bruits et les chants,

Debout comme une fière veuve,

Elle voit la forêt, le fleuve,

Par dessus les toits et les champs.

 

Connaissant tout de son histoire,

Elle sourit au temps passé

Ainsi qu'au temps présent pressé;

La fidélité, c'est sa gloire.

 

Roland Jourdan, dans Renouveau, revue du Cercle romand de poésie classique, mai 2000.

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Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 19:43

Lasco GaranceDéfi Premier roman.

 

"Garance hier" est le premier roman de l'écrivaine Gabrielle Lasco, établie à Mandelieu-La Napoule. Paru pour la première fois en 1989 aux éditions Sedain, réédité vingt ans plus tard aux éditions des Presses du Midi, il s'agit d'un récit de l'apprentissage du désenchantement d'une jeune femme dont l'élan a été freiné net par les études et la vie. Certes traversé de quelques traits de lumière, c'est un roman aux ambiances amères, parfois tragiques. L'auteure y a mis un peu de son existence aussi.

 

J'ai trouvé cet ouvrage dans une vente de livres d'occasion à Guéret, et c'est cette ville que l'on trouve en ouverture de "Garance hier". L'auteur réalise alors un zoom avant réussi sur la ville. Elle plante ainsi le décor d'un Guéret d'après-guerre, assez semblable à la cité creusoise d'aujourd'hui: le lecteur s'y retrouvera sans peine. Cela, avant de donner à voir les premiers personnages qui animent ce récit, et en particulier Garance, la narratrice - abstraction faite de l'incipit, qui dit l'essentiel sur le monde dans lequel tout va se passer: "En province, nous habitions une succursale de la Banque de France, où mon père, en qualité de Caissier Principal, avait droit à un logement de fonction."

 

Garance se voit volontiers comme une racine creuse, renvoyant ainsi d'emblée l'image d'une personne perpétuellement en quête de quelque chose pour combler un vide intérieur. L'image est du reste récurrente, jusqu'à se présenter comme une définition du mot "Garance". L'école, les études devraient contribuer à combler ce vide vital, jusqu'à s'y abîmer. La dénonciation du monde des études universitaires pré-Mai 68 s'avère un morceau de bravoure de ce court roman: mandarinat, système de passe-droits (surnommé "le Système"), professeur qui propose la botte à son étudiante, rien n'y manque. Garance se présente ainsi en victime de ce "Système", stoppée net dans ses études de dentiste par un échec définitif.

 

L'introspection et l'observation psychologique sont les deux moteurs de ce roman. C'est avec finesse, avec des mots simples et en des phrases sans détours (au risque de paraître scolaire parfois), que l'auteure regarde ses personnages et leurs interactions. Les âmes évoluent au fil des pages, pas forcément vers le mieux (la mère de Garance, devenue haineuse, ou le mari de Garance, devenu avide d'argent). Autour de Garance, on retiendra en particulier la figure de sa belle-mère, qui ne l'accepte pas et ne manque jamais une occasion de se montrer viscéralement détestable avec sa belle-fille. Garance encaisse...

 

En dessinant le suicide de la narratrice au terme de ce qui se présente comme un long désenchantement que le voyage ne permet même plus d'oublier, la fin peut étonner le lecteur. Comme Garance est toujours là pour raconter sa destinée, il lui faut considérer qu'elle en a réchappé, alors que la manière de dire, certes d'une grande pudeur, ne laisse guère de doute quant au caractère fatal de cette ultime péripétie.

 

La narration est chronologique et sans surprise en cours de route. Le temps n'est pas vraiment marqué, si ce n'est pas l'évocation de quelques noms et événements liés aux époques traversées; une seule date est mentionnée. Il en résulte l'impression que le temps est une sorte de cocon immobile, suspendu, renforcée par la grande rareté des changements relevés dans le centre de Guéret. C'est dans ce cadre, mais aussi du côté de Paris, qu'évolue un récit au goût sombre, entre peines nombreuses et joies rares (il est permis de penser à la destinée de Jeanne dans "Une vie" de Guy de Maupassant, qui préserve cependant un soupçon d'optimisme), fruit d'une observation poussée des âmes et des psychologiques qui se frottent.

 

Gabrielle Lasco, Garance hier, Cannes, Sedain, 1989/réédition Toulon, Les Presses du Midi, 2009.

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17 juillet 2015 5 17 /07 /juillet /2015 21:16

Morelli HommeLu par Cappuccinette, Charlotte, Chiff, C Martine, Fan books,Frankie, Gwenlan, Isabelle, Jérôme, Karine!, Leiloona, Leo, Liliba, L'Irrégulière, Noukette, Paikanne, Papillon, Ptiteaurel, Sandrine, Sara, Sarah, Saxaoul, Stéphie, SVCath, Tinker, Vu de mes lunettes.

Le blog de l'auteure.

Défi Premier roman.

 

Il y a quelques années, l'été était la saison des Harlequinades... et c'est à Angela Morelli que la blogosphère le doit. C'était l'époque de "Happy Few"... Autant dire que lorsque j'ai vu "L'homme idéal (en mieux)" son premier roman, sur papier en librairie, j'ai sauté dessus. Et ma curiosité n'a pas été déçue!

 

L'intrigue? Emilie, trentenaire active dans l'enseignement, jongle entre son travail, sa fille, ses soucis domestiques et deux hommes: Samuel le traducteur, pour lequel elle a le coup de foudre, et Diego, journaliste sportif, qui cherche à se remettre avec elle après une rupture. Conformément au code du genre de la romance, deux personnages de sexe opposé vont finir par tomber dans les bras l'un de l'autre... et le couple qui va se former est prévisible très vite, même si le mec évincé a aussi ses atouts. Dès lors, tout l'intérêt réside dans les détours choisis par l'auteur.

 

Le choix d'une narration à la troisième personne du singulier peut désarçonner, en imposant une certaine distance entre le personnage principal, Emilie, et le lecteur. L'impression n'est que passagère, cependant: très vite, le récit trouve son allure de croisière, rythmée par de nombreux dialogues vivaces qui filent comme le vent.

 

Les sentiments d'Emilie sont décrits d'une manière certes attendue: le lecteur n'échappera pas aux classiques du genre, battements de coeur manqués, etc. L'auteure joue volontiers l'outrance, tout en veillant à ne jamais aller trop loin pour rester crédible. Il en résulte en permanence une ambiance cocasse. Emilie est par ailleurs enseignante, et les éléments les plus connus du monde des profs sont présents: corrections de copies qui n'en finissent pas, discussions autour de la machine à café, photocopieuse en panne - de quoi générer un humour de situation omniprésent lui aussi.

 

Le lecteur retiendra aussi les scènes sensuelles de ce roman, particulièrement soignées pour être délicieuses et originales: il s'attardera volontiers sur la scène du baiser (belle description, qui constitue un ralenti parfaitement à propos: on est invité à prendre le temps de savourer), ou sur les jeux érotiques qui commencent de façon enjouée au cinéma et s'achèvent à l'horizontale.

 

Enfin, en plus d'être une romance classique, "L'homme idéal (en mieux)" est un roman bourré de références culturelles et littéraires qui témoignent du goût de l'auteure pour les lectures - l'utilisation d'un personnage de libraire, la débonnaire Clara, est par ailleurs un clin d'oeil appuyé à la communauté des lecteurs, qui apprécient parfois qu'on parle de leurs lieux favoris. Ainsi, si chaque personnage a un côté stéréotypé assumé (et revisité de façon ludique), il revêt aussi une part d'originalité bienvenue dans le genre de la romance. Cet aspect intello est voulu, mais n'assomme jamais: c'est plutôt un gai savoir qui s'installe au fil de pages qu'on dévore avec une aisance déconcertante, le sourire aux lèvres.

 

Angela Morelli, L'homme idéal (en mieux), Paris, Harlequin &H, 2015 pour la version papier.

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