22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 19:51

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Lu par Delavareuse, Le Chat Bleu, Max Robin, Patrick Bittar, Potglob, The Glam Attitude.

Défi Pavé de l'été.

 

Libre, toujours. C'est ce que l'on se dit au terme de la lecture de "Wanderer", l'autobiographie de l'acteur de cinéma et navigateur américain Sterling Hayden. Un livre formidable où l'auteur offre un portrait de lui sans concession, fidèle jusque dans ses recoins les plus difficiles à avouer. Une autobiographie qui va jusqu'au bout, sans tricher... C'est aussi une lecture estivale parfaite: sur 670 pages, il est question de mer, de navigation, de cinéma hollywoodien et d'exotisme, des Etats-Unis à Tahiti au moins, ce qui n'est pas rien.

 

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"Wanderer", c'est un titre qui fait penser à un lied de Franz Schubert. Rien à voir, cependant, avec le compositeur viennois: "Wanderer" n'est rien d'autre que le nom du doris à bord duquel Sterling Hayden, pourchassé par les avocats, par son ex-femme et par ses créanciers, décide de s'embarquer pour les îles avec ses enfants et quelques déçus de la vie engagés à l'aide d'une petite annonce. Reste que pour un voilier, c'est un beau nom, qui suggère la randonnée ou le vagabondage.

 

Si le bateau donne son nom au livre, il occupe finalement assez peu d'espace dans ses pages. L'expédition du Wanderer, lancée en 1959 par Sterling Hayden, apparaît dès lors, pour l'auteur, comme le prétexte à se raconter et à se dévoiler. On découvre ainsi un personnage au parcours atypique, à la scolarité chaotique, très vite attiré par la mer et la navigation à voile. "Homme libre, toujours tu chériras la mer", pense-t-on immanquablement; ce vers de Charles Baudelaire semble taillé à la mesure de l'auteur, qui se montre comme un personnage à la soif inextinguible de liberté. Rien ne semble empêcher cette force de la nature qu'est le biographe d'accomplir ce qu'il souhaite: ni les contrats de travail abstrus, ni les plaies d'argent, ni la justice... Au contraire: c'est comme si les obstacles poussaient Sterling Hayden à aller plus loin.

 

Devenu acteur à la suite de circonstances judicieuses, Sterling Hayden partage sans complexe un certain dégoût pour le milieu du cinéma hollywoodien et pour le métier d'acteur, perçu comme foncièrement mensonger. Tout comme le monde de la navigation, celui du show-business est dépeint avec un sens consommé du détail. Du coup, le lecteur découvre les films tournés de manière quasi industrielle, le trac des répétitions et des sélections, les soucis d'argent qu'il faut calmer en tournant encore en encore, les agents qui conseillent, l'acteur qui se rebiffe, le succès mal vécu, l'oisiveté aussi, lorsque les engagements viennent à manquer.

 

C'est que l'auteur, qui aime réfléchir, a eu sa période communiste, fort brève - mais suffisante pour sentir peser sur lui les soupçons du maccarthysme et pour détourner de lui les producteurs les plus intéressants. Non content de se décrire, l'auteur tient à s'inscrire dans une histoire dont il capte l'importance: Deuxième guerre mondiale, guerre froide, crise de 1929 et des années qui suivent, etc. Tel qu'il le décrit, son engagement demeure toutefois paradoxal: volontaire, par exemple pour partir en guerre avec l'armée américaine sur le front européen, il reste souvent incomplet.

 

Un adieu à la jeunesse? C'est une lecture que suggère la quatrième de couverture de "Wanderer". En effet, cet ample ouvrage revêt les allures d'un bilan dressé en milieu d'existence. Le lecteur suit avec bonheur un jeune homme qui fonce dans tous les sens, impétueux, toujours avide de liberté, noyant son mal de vivre dans l'alcool, recherchant sans cesse sa place dans la société des hommes. Va-t-il la trouver plus tard? Le cinéma et la télévision lui conserveront toujours une place de choix après la parution de ce livre, sous la forme par exemple d'un rôle dans "Le Parrain". Pour le reste, le lecteur devra se contenter de cette première moitié de vie, narrée avec brio et traduite, pour la version française, dans un souci incontestable d'exactitude et de vivacité par Julien Guérif. C'est déjà beaucoup!

 

Sterling Hayden, Wanderer, Paris, Rivages, 2010, traduction de Julien Guérif, préface de James Ellroy.

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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 05:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, Ankya, Azilis, Bénédicte, Bookworm, Cagire, Caro[line], Chrestomanci, Chrys, Edelwe, Emma, Esmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Herisson08, Hilde, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, MyrtilleD, Saphoo, Séverine, Tinusia, Violette, Yueyin.

 

Le nouvel eldorado

 

Autour du maigre feu tiré de la tourbière

Bordant le lac de Bann, froid en toute saison,

Bryan soudain leur dit qu'il quittait la maison

Avant d'y vivre encor comme à l'âge de pierre.

 

Après rires et pleurs, un océan de bière

Bissac sciant l'épaule, il changea d'horizon,

Brûlant d'aller grossir l'humaine cargaison

Abandonnant d'Irlande à l'ajonc, la bruyère.

 

Combien de fois ensuite, arpentant le cargo,

Crut-il voir naître au loin, sur la mer indigo,

Des rivages issus d'un rêve chimérique...

 

Enfin ce fut New York, le trafic effarant

Du port, de la cité "porte de l'Amérique":

Ellis Island... l'espoir... accueillaient l'immigrant.

 

Gérard Laglenne (1928- ), dans Renouveau, revue du Cercle romand de poésie classique, novembre 1999.

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Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
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13 juillet 2014 7 13 /07 /juillet /2014 10:51

hebergeur imageInformation pratique: répondant à une demande pertinente (merci Noukette!), je viens de créer deux liens vers les récapitulatifs de mes lectures et du Défi Premier roman. Ces liens apparaissent tout en haut de mon blog. Ils vous redirigeront vers mon annexe Blogspot, où la gestion de telles pages me paraît plus simple que chez Over-Blog. Pas de panique donc si vous quittez un instant le présent blog! Il est facile d'y revenir... vous connaissez le chemin!

 

Si j'ai un peu de temps, il est possible que je crée, dans la foulée, un récapitulatif sérieux du Défi des Mille. Affaire à suivre donc.

 

 

 

 

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Publié par Daniel Fattore - dans Air du temps
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13 juillet 2014 7 13 /07 /juillet /2014 05:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, Ankya, Azilis, Bénédicte, Bookworm, Cagire, Caro[line], Chrestomanci, Chrys, Edelwe, Emma, Esmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Herisson08, Hilde, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, MyrtilleD, Saphoo, Séverine, Tinusia, Violette, Yueyin.

 

Le Cercueil de l'héroïne

 

Parce qu'un jour il n'a pas osé,

en pleine face, leur crier:

"Je ne veux pas de vos bonheurs

creux, égoïstes et menteurs",

 

parce qu'un jour il n'a pas osé,

en plein visage, leur jeter:

"Je ne souscris pas à vos vies

ternes, sclérosées et rabougries",

 

parce qu'un jour il n'a pas osé,

en plein ventre, leur asséner:

"Je ne veux pas de votre monde

fourbe, crapuleux et immonde",

 

parce qu'il a préféré le code

du coeur qui jamais ne corrode

à celui de la haine sèche

qui ouvre d'insondables brèches,

on a porté, sous la pluie fine,

dans le cercueil de l'héroïne,

cet adolescent apeuré

devant toutes nos lâchetés.

 

Amalita Hess (1936- ), Des étoiles sous tes semelles, Fribourg, Editions du Cassetin, 1994.

 

 

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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 20:50

hebergeur imageLu par Adèle, Christine, Claude Le Nocher, Eireann, Oncle Paul, Shangri-La 62.

Défis Thrillers et polars et Vivent nos régions.

 

Hervé Jaouen fait partie des auteurs que j'aime lire de temps en temps. Il est dès lors étonnant que je n'aie pas eu l'occasion de vous en parler sur ce blog jusqu'à présent; mais il n'est jamais trop tard. Avec "Flora des embruns", l'auteur, breton jusqu'au bout des ongles, frappe un joli coup. Et les Presses de la Cité ont eu raison de rééditer, en 2012, ce roman paru pour la première fois en 1991. Un temps où l'on comptait encore en francs français...

 

Le terrain de jeu préféré de l'auteur, c'est la Bretagne, on le sait. Ses romans démontrent volontiers le décalage entre une Bretagne de toujours, empreinte des traditions dans ce qu'elles peuvent avoir de plus rigide et en phase avec une certaine modernité. Dans "Flora des Embruns", le va-et-vient entre la Bretagne d'autrefois et la Bretagne actuelle est omniprésent, créateur de tensions fondamentales et d'anecdotes cocasses ("...et le batteur de l'orchestre - les Seagulls (les Cigales, traduisaient les vieux): un employé de mairie...", p. 35). L'auteur signale systématiquement comment c'était avant - tout en se gardant bien de dire que c'était mieux: au lecteur, et à lui seul, de juger.

 

Deux époques... c'est ainsi que s'installe un rythme binaire parfaitement en phase avec le propos du roman. Il y a deux époques (avant et maintenant), des lieux qui vont par deux (la Bretagne et l'Ecosse, mais aussi la Bretagne des îles et la Bretagne du continent), et il faut être deux, ni plus ni moins, pour faire un couple. Dès lors, l'auteur a beau jeu d'introduire une fausse note dans ce rythme binaire rassurant: l'entourage masculin de Flora, la serveuse du bar des Embruns, est un peu trop nombreux pour former un simple couple. Introduite dans une musique binaire bien réglée, cette mesure à trois temps (Flora la serveuse, Vinoc le marin, Nonna le richard local dominant) fait figure de dissonance. Et en musique comme en littérature, les dissonances, ça se résout. Et sans vouloir en dire plus, tout en filant la métaphore musicale, force est de constater que ce roman ne s'achève pas sur une tierce picarde...

 

L'auteur se montre adroit dans la construction de ses personnages. Cette adresse éclate dans les dialogues, recréés avec vigueur. Le lecteur adorera donc la gouaille de Marie, la soubrette de l'hôtel, ou de Viviane, la fille de Flora. Celle-ci acquiert une couche supplémentaire de personnalité, dans la mesure où l'auteur lui offre un rôle plus large. Sa tenue vestimentaire faite de minijupes et de fanfreluches sexy, ses propos à double entente et ses idées de sorties font d'elle, dans l'esprit du lecteur, l'archétype de la fille facile, à peine majeure d'ailleurs.

 

Polar, pas polar? Il est vrai que souvent, les auteurs de romans policiers font en sorte que les personnages et le lecteur soient également éclairés sur l'issue du récit. Hervé Jaouen se montre plus subtil. Jamais, dans "Flora des Embruns", la population du village côtier breton ne saura ce qui s'est vraiment passé lors de la tragique expédition en mer du bateau "Flora des Embruns". Ainsi persistent et prospèrent les légendes... En revanche, le lecteur en saura plus - quitte à ce que l'auteur insiste un peu lourdement, par exemple sur les liens occultes qui rapprochent Viviane et Hans Rosen.

 

L'auteur, enfin, recrée le décor de la Bretagne profonde avec force détails. La richesse du vocabulaire utilisé, en particulier en ce qui concerne la marine, est un élément important de cette reconstruction. Du coup, l'on s'y croit. De même que l'on s'y croit lorsque l'auteur, décidément habile à construire ses dialogues, fait monter la tension à force d'échanges fielleux ou venimeux. Globalement classique et efficace, l'écriture de "Flora des Embruns" permet de mettre ponctuellement en valeur les moments les plus chauds de la narration, simplement en leur donnant un supplément de vigueur, de grossièreté, de venin, de gouaille. Le cocktail est réussi...

 

Hervé Jaouen, Flora des Embruns, Paris, Presses de la Cité, 2012.

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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 18:10

hebergeur imageLe Défi des Mille se poursuit, et les vacances lui sont propices: Frankie annonce une nouvelle participation avec The Wise Man's Fear (La Peur du Sage) de Patrick Rothfuss, qui pèse mille pages tout rond sur livre électronique. Voici le lien vers son article:

 

Patrick Rothfuss, The Wise Man's Fear.

 

Merci pour cette participation, qui fait vivre ce bon vieux Défi des Mille!

 

 

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Publié par Daniel Fattore - dans Défi des Mille
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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 20:14

hebergeur imageLu par Jean-Pierre Dussaud, Philippe du Prix Virilo, Shangols.

Défi Premier roman.

 

On n'est pas sérieux quand on est en terminale. Est-on facho? Pas vraiment, même (voire surtout) si l'on vient d'un milieu catho et qu'on s'apprête à hériter d'un château. Tout cela se met en place dès les premières pages de "Province terminale", premier roman du Toulousain Damien Malige.

 

De la difficulté de s'engager

C'est une constante: l'auteur pose la question des engagements de jeunesse, cruciale à une époque où l'on n'ose plus guère affirmer ses valeurs. Il se fait l'écho de ce qu'a pu constater Michel Schneider dans son excellent "Big Mother", même si, au contraire de Michel Schneider, Damien Malige évite d'aborder les raisons profondes de ce refus de l'engagement.

 

Dans ce roman écrit à la première personne, le narrateur se présente comme un personnage peu investi, qui adhère à un groupuscule facho par besoin de s'intégrer à quelque chose plus que par conviction intime. Un manque de conviction que le narrateur partage du reste avec d'autres, ce que confirme un dialogue: "- Non, mais Christian a raison, je m'en branle de ces conneries de fafs, fais pas chier... / - Putain, mais tu crois quoi! Moi aussi je m'en branle, tu penses bien! Mais on va se marrer, ils sont tarés ces mecs, je t'assure!", lit-on en page 24. La "facho attitude" serait-elle le prétexte à une attitude d'"Homo Festivus" (pour reprendre le mot de Philippe Muray) comme une autre? Le débat est ouvert.

 

Affaire d'engagement par excellence, la question des amours est également présente dans "Province terminale", et relève de la même dynamique de réticence. Face aux filles, le narrateur n'avoue guère de sentiments, ne se vante pas de conquêtes; tout au plus joue-t-il les connaisseurs en observant une coreligionnaire: "Son physique plutôt banal, sa poitrine encombrante et le fait de l'associer à une départementale m'évoque un crime sexuel, son corps vautré au creux d'un fossé, mutilée sur ce chemin familier, sa trousse de jean clair maculée d'encre enfoncée dans la chatte." (p. 12). Reste que de chattes, il n'a pas dû en pénétrer beaucoup - la suite du roman le suggérera fortement.

 

Enfin, il y a une certaine gêne à assumer son catholicisme: "Heureusement, aucun élève de mon lycée ne fréquente cette paroisse, trop éloignée du centre-ville." (p. 13) Et puisqu'on parle de filles, le narrateur assistera certes au viol de "Marine la pute", fille "conne mais bonne" (rien à voir avec qui nous savons, enfin quoique...) tringlée par d'autres que lui lors d'une soirée, mais n'y participera pas. Autant d'éléments qui donnent l'impression que le narrateur, figure qui regarde passer la vie, est une sorte de Frédéric Moreau moderne, héros d'une non-"Education sentimentale": Gustave Flaubert, si proche, si lointain...

 

Tant de thèmes...

On l'a compris, l'auteur a des ambitions, et ses références apparaissent de manière lisible. La question de l'engagement nourrit "Province terminale" de bout en bout, lui servant de fil rouge. Un fil rouge solide, qui se montre parfois discret, parfois évident.

 

Une discrétion qui peut être une faiblesse: mine de rien, l'auteur cherche à caser énormément de choses dans les quelque 180 pages de ce roman. Très prégnantes en début de roman, les questions de la pratique religieuse catholique et de l'engagement dans un groupuscule facho s'effacent au fil du roman, cédant la place à la description de jeunots qui se cherchent et font la fête, quitte à aller trop loin. Le lecteur reconnaîtra quelques situations embarrassantes. Il saura apprécier à leur juste valeur la peinture des dynamiques de bandes qui peuvent s'instaurer entre les jeunes.

 

Mais, pour peu qu'il prenne un chouïa de recul (et il le fera!), il se demandera sans doute où l'auteur veut aller avec ça. Là, la réponse sera difficile... Trop longtemps, l'auteur se complaît dans la description des moeurs des post-adolescents du début du XXIe siècle; ce n'est qu'en fin de roman qu'il finit par "tuer le père", au sens le plus symbolique du terme, liquidant l'indicible en deux chapitres que pas grand-chose de bien spécifique ne prépare, finalement.

 

... et une acidité de ton fort personnelle

Alors certes, les pages de "Province terminale" tendent à s'éparpiller à force d'être copieuses. Elles réussissent cependant à concilier la densité de l'arrière-plan et une écriture parfaitement lisible, jamais rebutante. L'auteur a l'adresse de choisir la forme d'un faux journal où chaque chapitre est daté, ce qui impose une chronologie structurante.

 

L'écriture affecte un certain recul, donnant l'impression d'un narrateur blasé, généralement indifférent voire méprisant - un caractère méprisant qui apparaît au détour de dialogues cinglants et de quelques phrases fielleuses bien trouvées, qui se nichent dans un style qui ne cherche pas à se pousser du col et ne vise pas l'effet facile. C'est peut-être là qu'il faut chercher une part de la force de "Province terminale"... Où s'arrêtera l'auteur? S'il sait canaliser ses idées, gageons que son deuxième roman sera celui de la maturité.

 

Damien Malige, Province terminale, Paris, L'Arpenteur, 2012.

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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 20:21

hebergeur imageDécidément, Sharon est fidèle au Défi Premier roman - merci à elle! Elle revient avec pas moins de trois titres, chroniqués sur son blog. C'est ici:

 

Derek Landy, Skully Fourbery tome 1

Hannah Kent, A la grâce des hommes

Karim Miské, Arab Jazz

 

Merci pour ces participations, et bravo! Je découvre des choses... que je partage ici!

 

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Publié par Daniel Fattore - dans Défi Premier roman
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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 19:48

hebergeur imageIl y a environ deux ans, je vous faisais part de mes états d'âme au sujet de la gestion de ma pile à lire, qui représente encore et toujours un défi logistique puisqu'elle se compose de 500 livres environ. J'en étais resté : une pile à lire généraliste qui ressemble à Manhattan avant le 11 septembre 2001. Les piles à lire spécialisées se sont constituées comme suit:

 

  • Pile à lire d'écrivains fribourgeois membres de la Société fribourgeoise des écrivains.
  • Pile à lire des amis proches qui écrivent, en particulier ancrés à Saint-Etienne
  • Pile à lire des urgences, partenariats, services de presse, travaux pour "La Liberté", etc.

 

Voici quelques considérations basées sur l'expérience.

 

  • Concernant la pile à lire généraliste, j'ai l'impression qu'elle ne rétrécit guère, mais que sa croissance est à peu près jugulée - il y a un roulement. C'est ici que je pioche une lecture si j'ai un peu de temps entre deux autres lectures plus urgentes ou pertinentes. Bref, elle remplit son rôle de lieu de stockage des lectures à venir. Sans doute l'avez-vous senti lorsque vous êtes passé sur ce blog: il m'arrive de vous parler de vieux trucs, ou de livres dont tout le monde a parlé avant moi. Ceux-ci viennent de là - et le brassage résultant de mon dernier rangement déploie pleinement ses effets. C'est là aussi que je pioche mes participations aux défis auxquels je participe: Premier roman (je vous y convie!) et Thrillers et polars (foncez!) Malheureusement, il ne s'y trouve plus rien pour le Défi des Mille (je vous y convie aussi!): le livre le plus épais de cette pile est, je crois, "Là où les tigres sont chez eux" de Jean-Marie Blas de Roblès. Le nombre de pavés suffisamment costauds pour répondre aux critères du défi Pavé de l'été (un must!) de Brize sont d'ailleurs peu nombreux.
  • La pile à lire des urgences fonctionne comme telle: elle bénéficie d'une priorité certaine, elle est petite et la rotation en est rapide. J'arrive à la gérer au jour le jour, en rédigeant des billets de blog pour les partenariats ou des piges pour la presse. Quoi qu'il en soit, amis lecteurs de ce blog, elle vous réserve encore quelques surprises d'actualité, en bonne partie dans le domaine suisse. Vous êtes prévenus!
  • La pile à lire des auteurs membres de la Société fribourgeoise des écrivains répond à un critère particulier. Je préside en effet ladite société; dès lors, j'essaie de lire les ouvrages des écrivains en fonction d'une actualité dont la SFE est l'instigatrice. Par exemple, je lirai le livre d'un auteur qui va faire une lecture organisée par nos soins environ dix jours avant l'événement, en annonçant dûment celui-ci. Naturellement, chacune et chacun est invité à y participer... Et puis, d'une manière générale, il est toujours bon, intéressant, captivant même, de savoir ce que font les membres de la société.
  • La pile à lire de la rentrée littéraire remplit son office à un rythme annuel. A l'échéance du défi Rentrée littéraire, son reliquat intègre sagement la pile à lire généraliste: au bout de quelques mois, on se sent dispensé de se forcer à lire ce qui a paru l'automne précédent. Il convient toutefois de signaler que certains ouvrages arrivent sur la pile des urgences sans passer par la pile de la rentrée littéraire, parce qu'ils répondent aux critères de celle-ci: un article en vue.
  • Enfin, la pile à lire des amis et des proches est peut-être celle qui a le moins bien atteint son objectif. L'idée était louable, au début: mettre de côté les livres des personnes pour lesquelles j'éprouve un attachement particulier, afin de leur donner une certaine priorité. Mais voilà: mon réflexe est d'aller piocher dans la pile à lire généraliste, ce qui fait que j'oublie cette petite pile des amis. Cela, à moins que je ne prévoie un voyage à Saint-Etienne, cité qui pourvoit tout particulièrement à cette pile. La honte!

Il sera dès lors plus égalitaire de remettre les ouvrages de cette dernière section dans la pile à lire généraliste, afin que j'y pense mieux. Et concernant la grosse pile, il conviendrait peut-être d'égaliser certains tas, afin d'éviter un effondrement et, surtout, de faciliter le déplacement des tables gigognes qui supportent ces quelque 500 livres. Je vais m'y mettre illico.

 

Devoir ludique, juste pour le plaisir: sur la photo qui illustre le présent billet, arrivez-vous à reconnaître l'un ou l'autre livre? Indiquez son titre et son auteur en commentaire... Il est permis de zoomer. Les titres des livres de la bibliothèque sont aussi admis.

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Publié par Daniel Fattore - dans Littératures
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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 19:53

hebergeur imageLu par Yv.

 

Richard Gaitet? Les lecteurs réguliers de ce blog connaissent cet auteur sous le nom de Gabriel Robinson, auteur des "Heures pâles". Avec "Découvrez Mykonos hors saison", l'auteur propose un court roman (75 pages tout mouillé) qui ambitionne d'offrir au lecteur des heures solaires. Celles-ci sont fraîches, en fait, entre tentatives de drague avortées et climat frisquet. Elles sont aussi empreintes d'humour potache et de poésie, et n'échappent pas à l'imagerie liée à Mykonos, île festive, ni à la Grèce antique, terre de mythes par excellence.

 

Humour? A partir de presque rien, l'auteur parvient à construire un roman rythmé où les péripéties, certes monotones, ne manquent pas d'esprit. Celles-ci adoptent un rythme circadien, la cuite constituant le rituel vespéral. Narré de façon variée, ce rituel évite au lecteur l'écueil de la monotonie écoeurante. Le ton est d'ailleurs plutôt amusant et plein de faconde hyperbolique, avec des images qui font du narrateur et de son compagnon des quasi-héros d'Odyssée, héros d'un combat sans combattants ou presque, puisque Mykonos la festive, patrie des Mykoniotes, est déserte hors saison. Le lecteur relèvera par ailleurs quelques sorties pour le moins potaches: l'auteur ose ainsi écrire "Sur ces entrefaites, le vieux Nino rota." Amis des films de Federico Fellini, vous voici salués!

 

Les journées dépeintes dans "Découvrez Mykonos hors saison" sont semblables pour les protagonistes. La référence à Sisyphe heureux de pousser son rocher est présente, et renvoie à toute l'absurdité d'un voyage à Mykonos alors qu'il n'y a pas d'ambiance. Ces journées font aussi penser à la figure de Calypso, issue de l'Odyssée: jour après jour, les voyageurs mis en scène se sentent retenus sur l'île de Mykonos par des femmes. Soudain protéiforme, la figure de Calypso est remise au goût du jour: une fois, elle prend les traits de deux prostituées roumaines; un autre jour, c'est une certaine Demitra; une autre fois encore, c'est une autre femme, pas forcément grecque d'ailleurs: on a les odyssées qu'on peut. L'incitation à rester est encore accentuée par l'irruption d'une grève qui contraint les personnages de ce roman à rester sur place.

 

De la poésie enfin, nous retiendrons la capacité qu'a l'auteur de recréer une langue vivante, dynamique et parfois verte - celle du narrateur, jeune voyageur subissant la désillusion de passer par Mykonos, capitale festive de l'Europe, à une période où rien ne se passe. Le jeu de l'illusion linguistique commence avec le titre du roman, "Découvrez Mykonos hors saison", qui arbore les allures d'un (anti-)guide touristique, confirmées par la première phrase, qui a tout de la description des moeurs locales: "Le dimanche à Mykonos, les gens repeignent." Cela, sans oublier la mention des noms des bars fréquentés... et leur description. Entre choses vues, arnaques évitées ou non et traditions découvertes malgré tout, l'auteur de "Découvrez Mykonos hors saison" réussit donc à offrir une vision atypique, rafraîchissante en période de vacances estivales, d'une certaine île des Cyclades.

 

Richard Gaitet, Découvrez Mykonos hors saison, Paris, Intervalles, 2014.

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