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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 20:17

hebergeur imageLe site de l'auteur.

 

Liane de Pougy fait partie de ces courtisanes dont le nom est resté dans les mémoires. Valérie Bonnier a décidé de lui consacrer un livre, "Confidences érotiques d'une courtisane", et même de lui donner la parole. Rédigé sous la forme d'une longue lettre, cet ouvrage pourrait passer pour une autobiographie fictive. L'auteure reconnaît cependant s'être librement inspirée de la vie de Liane de Pougy, recréant certains éléments afin de donner du piquant à son ouvrage.

 

L'époque n'est guère approfondie dans la narration; tout au plus saura-t-on qu'il y a eu deux guerres mondiales dans la vie de Liane de Pougy, et qu'elles servent d'arrière-plan à certains épisodes. Non - la narration progresse avant tout sur la base des relations humaines. Celles-ci sont dépeintes tantôt d'une manière générale, la narratrice (Liane de Pougy, donc), exposant sans complexe sa vision du monde et sa manière complexe, parfois misandre, de considérer les hommes. C'est que la narratrice est bisexuelle. Elle vit de manière très différente ses premières expériences sexuelles avec une femme (Soeur Evangeline) et avec un homme (son premier mari). Alors que ni l'une ni l'autre de ces expériences n'était souhaitée, désirée, espérée, seule la deuxième est explicitement désignée par le terme de "viol"...

 

Cela dit, les relations sexuelles sont toujours une occasion d'apprendre - et très vite, le lecteur découvre que Liane de Pougy installe son métier de courtisane dans une dynamique de domination: c'est toujours elle qui perçoit l'étincelle fugace de désir chez l'autre... et l'exploite - quitte à donner une version très concrète, parfois, de l'expression populaire et figurée "tenir quelqu'un par les couilles". Côté bourse d'ailleurs, sans jeu de mots, ses amants devenus fous d'elle enrichissent Liane de Pougy. Dès lors, par moments, il est permis de penser à "Nana" d'Emile Zola - une figure qui apparaît en filigrane dans "Confidences érotiques d'une courtisane".

 

Si elle transparaît, l'époque le fait là encore par le biais des personnages, réels ou imaginaires. Il y a un côté "presse people" avant l'heure à voir passer, dans les pages de "Confidences érotiques d'une courtisane", les politiciens et célébrités contemporaines de Liane de Pougy (1869-1950). On pense entre autres au fameux Félix Faure et à celle qui fut son amante, Marguerite Steinheil, stricte contemporaine de Liane de Pougy. Côté féminin, le lecteur verra passer aussi Sarah Bernhardt, ainsi que la belle Otéro ou Emilienne d'Alençon.

 

Enfin, il y a la vie des sens... l'auteure choisit de faire confiance à son imagination pour décrire ce qui se passe sous la couette ou dans le secret des alcôves. Le lecteur percevra une impression de grande diversité et d'inventivité à découvrir les situations mises en scène, en dépit d'une ou deux répétitions et de ficelles convenues, telles que les pratiques sexuelles dépravées d'un clergé catholique supposé être en manque - la question religieuse, abordée de manière volontiers critique, constitue d'ailleurs un fil rouge de "Confidences érotiques d'une courtisane". Cela dit, l'auteure choisit la voie de la description explicite mais délicate, qui émoustille le lecteur en douceur. Cette voie s'intègre d'ailleurs au style général de ce roman en forme de lettre, plutôt soigné voire précieux.

 

Quant au choix d'un roman en forme de lettre, justement, celui-ci est pleinement assumé par l'auteur, qui y a trouvé le meilleur moyen de donner la parole à son personnage. Du coup, le lecteur a l'impression d'avoir face à lui une personnalité, dans toutes ses dimensions, à cent lieues d'une figurine de papier. Il y a même un gros gros zeste de rouerie dans certaines tournures adressées au destinataire, un médecin fictif. Le lecteur, quant à lui (ou elle), éprouvera sur-le-champ les traits de caractère d'une personnalité affirmée, assoiffée d'une liberté que l'époque n'est pas forcément prompte à lui céder.

 

Valérie Bonnier, Confidences érotiques d'une courtisane, Chaintreaux, France-Empire, 2014.

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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 20:35

hebergeur imageLu par Blablablamia, Bertrand Guillot, Yv.

 

"Traîne-savane", c'est un livre où il est question de David Livingstone, mais aussi d'une belle histoire d'amour au coeur du Congo - une histoire qui se termine par un mariage, comme il se doit... "Traîne-savane", c'est aussi un livre que Guillaume Jan vient de publier aux éditions Intervalles (merci à elles pour l'envoi!), offre à son lectorat un voyage exceptionnel dans un Congo en quatre dimensions - puisqu'aux trois dimensions familières de l'espace, vient s'ajouter celle du temps.

 

D'un point de vue formel, "Traîne-savane", en effet, se présente comme un récit de voyage, faisant alterner la narration des péripéties du narrateur et des considérations et réflexions sur les choses vues. Mais l'auteur apporte une dimension supplémentaire à ce récit en lui offrant la profondeur de l'histoire. Les chapitres relatant le voyage du narrateur alternent en effet avec des chapitres qui relatent l'existence de l'explorateur écossais David Livingstone. Le lien entre les deux? L'Afrique bien sûr; mais l'auteur a par ailleurs la présence d'esprit de créer tout un jeu d'échos entre les deux récits parallèles. Et puis, il y a l'errance, les moments où l'on se perd: "Monsieur Guillaume" se perd beaucoup, comme David Livingstone autrefois.

 

A noter d'ailleurs que le lecteur finit par prendre rendez-vous, d'un chapitre à l'autre: ceux consacrés à David Livingstone portent systématiquement une citation tirée du "Don Quichotte" de Cervantès en exergue. Il y aurait du reste quelque chose à dire sur le jeu des exergues et des titres de chapitre: ceux-ci sont souvent des citations ou des titres de livres, repris tels quels ou à peine modifiés. Au hasard, on reconnaît "Ailleurs si j'y suis" d'Antoine Laurain (le seul roman de lui que je n'ai pas lu...!), "Tristes tropiques" de Claude Lévy-Strauss, "Noces suivi de l'été" d'Albert Camus, etc. Certaines références de l'auteur sont du reste indiquées en fin d'ouvrage; on y retrouve un certain Philippe Jaenada, qui fait une apparition dans "Traîne-savane".

 

Un livre qu'on aimerait nommer "roman", ou "récit vécu"... quelle est la part du réel dans "Traîne-savane"? Jamais ce livre ne se présente comme un roman, et la densité de la narration suggère un vécu réel - jusqu'au mariage de "Monsieur Guillaume" avec Belange chez les pygmées. Cela dit, l'auteur n'avoue jamais que ce "Monsieur Guillaume", c'est lui. On admettra donc que si roman, donc (re)création artistique, il y a, c'est certainement dans l'agencement du récit en vue de créer une émotion chez le lecteur. Celle-ci sera pétrie d'empathie pour le Congo, un pays présenté comme fichant le camp après une histoire douloureuse, parfois victime de lui-même. Elle sera pleine d'inquiétude dès lors qu'il s'agira de suivre les parcours croisés de David Livingstone et de "Monsieur Guillaume" à travers les contrées sauvages de l'Afrique. Elle sera faite de joie lorsque le narrateur mettra son coeur à nu, avec la naïveté explosive des jeunes amoureux.

 

Cela, sans oublier le dépaysement, bien sûr, de rigueur dans un tel ouvrage, qui présente le Congo comme le pays de tous les paradoxes, où l'on se "sape" à l'européenne à grands frais alors qu'on n'a pas de quoi nourrir sa famille, où l'on fait preuve d'un optimisme sans faille malgré la misère noire. Là aussi, l'émotion est présente: il arrive que le lecteur sourie, mais aussi qu'il ressente une indéniable amertume, suscitée par ce que l'auteur donne à voir. Captivante et colorée, sa plume sait donner au lecteur l'envie de tourner les pages - et, pourquoi pas, de partir à son tour, pour découvrir ce que la savane et ceux qui y vivent peuvent lui apporter.

 

Guillaume Jan, Traîne-savane, Paris, Intervalles, 2014.

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 21:49

hebergeur imageLa blogueuse Sharon annonce une nouvelle participation au défi Premier roman! Elle revient avec le titre "Onze jours" de Donald Harstad. Merci pour cette participation! C'est ici que ça se passe:

 

http://deslivresetsharon.wordpress.com/2014/05/18/onze-jours-de-donald-harstad/

 

A très bientôt pour ce défi - je me réjouis de vos prochains billets, et les amateurs de premiers romans aussi; donc à vous de jouer!

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Publié par Daniel Fattore - dans Défi premier roman
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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 15:41

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Défi Thrillers et polars.

 

Carl Hiaasen a le chic pour décrire les petites magouilles de personnes a priori normales, désireuses de sortir un tant soi peu de la masse ou de se débrouiller un peu mieux, dans un milieu donné. Les lecteurs fidèles de ce blog se souviennent de sa peinture brillante et corrosive du monde des stars, intitulée "Presse people". La traduction est toujours signée Yves Sarda, ce qui permet au lecteur de retrouver, dans "Mauvais coucheur" - puisque tel est le titre du nouveau roman de Carl Hiaasen publié par les éditions des Deux Terres (merci à elles pour l'envoi!), une indéniable personnalité d'auteur.

 

hebergeur image

Cela fait que l'amateur francophone de Carl Hiaasen va, en identifiant une musique familière, se sentir d'emblée en terrain connu. Retrouvant ses marques face à un auteur qui a certainement ses propres tics d'écriture, le traducteur francophone accroche le lecteur par le même cocktail, composé d'une gouaille un brin canaille propre à captiver le lecteur. Dans "Mauvais coucheur", la sauce prend grâce à un mélange d'argot et de langage familier, mâtiné d'un parler bahamien dont les couleurs rappellent un certain Michel Leeb, dis donc. Recréateur d'une certaine oralité, Yves Sarda est, force est de le constater, "la" voix francophone de Carl Hiaasen - à ce titre, il mérite amplement son statut de coauteur.

 

Au-delà du magnifique travail de traduction, allons voir ce qu'il y a dans "Mauvais coucheur". On retrouve le sens du gag et de l'outrance de l'auteur, capable de mettre en scène un singe qui a joué dans "Pirates des Caraïbes" et une armée de petits daims. "Mauvais coucheur" permet de redécouvrir le goût de l'auteur pour la mise en scène d'animaux. Ceux-ci peuvent être vivants, à l'instar de Dring, le singe "mauvais coucheur" vêtu de couches-culottes, ou de tel chien. Mais il y a aussi les bestioles peu ragoûtantes, tels les cafards qu'on trouve dans les restaurants mal famés. Ce qui nous amène à Andrew Yancy, personnage principal de ce roman.

 

Yancy est en effet l'archétype du personnage de Carl Hiaasen: un bonhomme victime d'un revers de fortune, affecté à l'inspection de l'hygiène des restaurants, et motivé à agir afin de corriger cela et de retrouver son statut d'inspecteur. Pour lui, les motivations sont faciles à lire; elles le sont moins pour ce qui est du méchant du roman - ce qui permet à l'auteur d'offrir un coup de théâtre énorme. En effet, à qui appartient donc le bras repêché dès les premières pages par un touriste? Et, accessoirement, pourquoi son majeur est-il dressé? Les réponses à ces questions (enfin, surtout la première, la deuxième faisant plutôt figure de gag scabreux) tiennent précisément dans la motivation de tel ou tel personnage. A vous d'en découvrir les fondements!

 

L'action de "Mauvais coucheur" se développe à la façon d'un film ou d'une série télévisée: l'auteur passe alternativement d'un foyer à l'autre de l'action, sans transition, les liens entre ces foyers se révélant peu à peu pour révéler leur cohérence à la fin du roman. Le lecteur pourra suivre avec un certain sourire, par exemple, les tentatives de Neville de fourguer à des propriétaires potentiels sa demeure, construite de manière un brin frauduleuse, si possible au meilleur prix. C'est un gag récurrent: comme dans un dessin animé américain (ou un gag mettant en scène Gaston Lagaffe, Aimé de Mesmaeker et les "contrats"), on attend à chaque fois, non sans une "schadenfreude" anticipatrice, ce qui va faire capoter l'affaire. L'auteur, sur ce coup-ci, ne déçoit pas.

 

Décevoir? S'il fallait accrocher un ou deux bémols à ce roman, c'est que le foisonnement thématique de "Mauvais coucheur" a les défauts de ses qualités. A force de courir après des intrigues parallèles ayant trait à l'insalubrité des restaurants, aux arnaques à l'assurance dont Medicare est la victime, aux amours tordues voire perverses (il y a un adepte du gasping dans "Mauvais coucheur", hé hé!), le tout sous-tendu par une intrigue de polar, le lecteur risque de trouver que ce charivari n'est point exempt de longueurs. D'autant plus que souvent, l'auteur présente comme parfaitement usuelles des choses illégales qui mériteraient d'être mises en avant comme telles: une fois, ça va, mais lorsque c'est récurrent, le lecteur se dit que c'est une ficelle un peu trop commode.

 

Bref, ça fonctionne mais c'est un peu "too much". Faut-il s'en désoler? Que nenni. Certes, "Mauvais coucheur" n'a pas le côté voyeur de "Presse people". Mais il recèle une intrigue finalement maîtrisée, où rien n'est laissé au hasard et où l'auteur, virtuose en son genre, connaît parfaitement le moindre détail de ce qui se passe parmi ses personnages. A cela vient s'ajouter un sens indéniable de l'humour de situation, surtout lorsque les situations sont insolites - ce qui suffit à séduire et à faire avancer une très bonne histoire, dans un cadre de carte postale. De quoi ajouter un supplément de soleil aux vacances d'été!

 

Carl Hiaasen, Mauvais coucheur, Paris, Editions des 2 terres, 2014, traduction d'Yves Sarda.

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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 20:34

Comme dit précédemment, j'ai donc participé à la dictée de L'Hebdo, rédigée et dictée par Darius Rochebin, présentateur vedette du téléjournal suisse romand. C'était au Salon du Livre, cuvée 2014. Je vous la livre ci-dessous, sous forme de film: à vous de jouer, chez vous, avec votre papier et vos crayons! Et si vous êtes attentifs, vous me reconnaîtrez peut-être sur la vidéo... Indice: je porte une cravate.

 

 

Vidéo de la dictée de L'Hebdo

Et pour confronter votre version à la copie idéale, le corrigé est ici! Je vous souhaite bien du plaisir avec cette épreuve orthographique!

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Publié par Daniel Fattore - dans Langue française Orthographe
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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 19:24

hebergeur image"Aout, ile, flute: corriger ces orthographes est interdit", titrait sans ambages aucunes le journal gratuit "20 minutes", dans son édition d'hier. Un article que les aficionados de l'orthographe ne manqueront pas de lire en entier... avant de prendre position! Il y est fait référence de la "nouvelle orthographe recommandée" (et non "rectifiée", comme le suggère l'article, signé Jérôme Faas), lancée en 1990 et morte de sa belle mort peu après - quitte à s'offrir le luxe d'une résurrection.

 

Rien de nouveau sous le soleil

Loin des débats passionnés qui ont suivi, relevons d'abord que cet article n'a rien d'une information - en fa,t on n'est pas loin du marronnier. En effet, il y a pas mal de temps qu'on dit aux élèves des écoles que certaines orthographes qui nous paraîtraient étonnantes sont en fait parfaitement admises, en raison de cette "nouvelle orthographe recommandée". Certains ont même utilisé celle-ci comme prétexte pour écrire n'importe comment...

 

Sont concernés, selon l'article, les accents circonflexes sur les i et les u, appelés à disparaître. C'est un peu l'arbre qui cache la forêt - ou le chapeau pointu qui cache tout un corpus de retouches. On rappellera en effet que la fameuse "réforme" s'est aussi attaquée aux règles régissant le pluriel des noms composés (oui, on peut écrire "un sèche-cheveu" et "des gratte-ciels"!), allant jusqu'à en fusionner quelques-uns: ainsi est-il possible d'écrire "platebande" ou "plate-bande", voire "plateforme" (comme Michel Houellebecq) ou "plate-forme". A cette aune, il est même permis d'écrire "douçâtre" au lieu de "douceâtre"... et "nénufar" au lieu de "nénuphar". Et j'en passe...

 

L'article relève toutefois, et c'est à son honneur, que cette "nouvelle" orthographe est méconnue: "Elle est tolérée, peu enseignée. Les parents n'en savent rien." Allons plus loin: elle est si méconnue, et si surprenante parfois, que les personnes chargées de lire une lettre de candidature d'un futur apprenti considéreront sans aucun doute comme une erreur rédhibitoire des graphies non traditionnelles, "ultramodernes" pour reprendre le mot de Pierre Mayoraz, coorganisateur du championnat suisse d'orthographe. Même les professionnels de l'écrit, tels les traducteurs francophones, ne sont pas toujours totalement au fait de cette évolution.

 

Résistance ou militantisme?

Force est de constater que longtemps, la résistance rabique fut la règle. Elle se justifiait à plus d'un titre: que penser d'une réforme imposée d'en haut, présentée pour ainsi dire comme le fruit de savants cogitant dans leur tour d'ivoire? Seul l'usage sanctionne l'évolution de la langue! Celle-ci ne se décrète pas! Et puis, si l'on s'est fait suer à apprendre le français, la jeunesse n'a qu'à faire pareil!

 

Face à cette approche conservatrice, se trouvent les progressistes, qui jouent la carte du militantisme, allant jusqu'à déclarer que ces évolutions sont parfaitement entrées dans l'usage. Les championnats d'orthographe recèlent quelques provocateurs, champions de ces orthographes. C'est risqué: qui dit que les correcteurs les accepteront? Dès lors, mieux vaut, comme je l'ai déjà fait à plus d'une reprise, poser la question avant l'épreuve... La position la plus extrême qu'il m'ait été donné de voir est celle des éditions Quadrature, dont les livres sont systématiquement corrigés en fonction de cette "nouvelle orthographe recommandée". Je ne peux que saluer ici l'attention quasi sans faille des correcteurs!

 

Une approche pragmatique

Le journaliste Jérôme Faas propose cependant un sous-article qui suggère que les habitudes sont finalement tenaces... Cela dit, la position strictement conservatrice s'affaiblit depuis quelques années: les dictionnaires usuels, Robert d'abord, Larousse ensuite, ont choisi d'ouvrir leurs pages aux orthographes recommandées. Robert les place sur un pied d'égalité avec les orthographes usuelles, Larousse les marque d'un signe spécifique. Pour les candidats, c'est une facilité; pour les auteurs de dictée, c'est gênant parce qu'ils perdent quelques sources de pièges. Ainsi la dictée de Darius Rochebin, donnée sur le stand de L'Hebdo au Salon du Livre 2014, comprenait-elle quelques pièges qui n'en étaient pas.

 

Face à une évolution qui a quand même près d'un quart de siècle, quelle position adopter, alors? Perso, quand je vois "vingt-et-un" ou "flute", je me demande si mon vis-à-vis sait écrire juste ou s'il fait usage des latitudes de la "nouvelle orthographe recommandée". D'autres seront moins réfléchis et disqualifieront sans autre forme de procès celui qui néglige les accents circonflexes ou abuse des traits d'union.

 

Je recommande dès lors de faire preuve de pragmatisme, en gardant à l'esprit que l'orthographe traditionnelle reste l'usage communément reconnu, fondé sur une logique comprise et admise par toutes celles et tous ceux qui sont allés à l'école et ont eu de bons professeurs. Par conséquent, il convient aujourd'hui de la préférer. Cela dit, j'avoue qu'en cas de doute, quelques accents circonflexes judicieusement oubliés ou omis m'ont déjà permis de gagner une ou deux précieuses places dans des classements de dictées...

 

Source de l'illustration - revue par mes soins.

 

 

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Publié par Daniel Fattore - dans Langue française Orthographe
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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 19:59

hebergeur imageLu par Cinécution, Francis Richard, Julien Sansonnens, Le Carré Jaune.

Le site de l'auteur et de l'éditeur.

 

On l'a déjà dit au sujet de ce livre, et c'est évident: tout dans "Rumeurs" commence par des rumeurs. En quelques dizaines de pages, Louise Anne Bouchard, écrivaine née au Canada et installée en Suisse depuis 1991, campe un regard particulier sur la question du don d'organes et de ce qu'il peut impliquer pour l'entourage des personnes concernées.

 

Rumeurs? On parle à voix basse, on prend soin de ne pas remuer les lèvres. Dès les premières lignes, l'auteure attrape le lecteur par sa curiosité naturelle, une curiosité qu'elle entretient afin de l'amener peu à peu à découvrir de quoi il retourne. Afin d'attiser encore cette curiosité, l'auteure laisse entendre que les rumeurs portent sur quelque chose d'essentiel: "Elle a une soeur! Vous le saviez? Ah! Si! Mais oui! C'est même elle qui va lui sauver la vie!" Une problématique, deux personnages: il n'en faut pas beaucoup plus pour que l'essentiel soit dit.

 

"Rumeurs" est un roman épistolaire, un brin lacunaire par nature: sans doute n'avons-nous pas toutes les lettres échangées autour de la problématique du don d'un rein à Viviane, dont l'état de santé requiert des soins lourds à base de dialyses. La voix de la destinataire des lettres de Viviana, Alma, n'est guère présente; reste qu'au ton parfois outrancièrement aimable des lettres, on devine, en creux, que les relations entre les deux soeurs n'ont rien d'évident.

 

L'auteure caractérise fortement ses personnages, de façon vigoureuse même. Le lecteur le constate certes au travers des appels développés de Viviane ("Chère Alma, bienheureuse dans sa roseraie,"), mais aussi par la poigne empreinte d'une terrible verdeur ("Chers docteurs de mes deux,") des courriers adressés par le mari d'Alma aux médecins montréalais chargés de soigner Viviane. Celle-ci entre en contraste avec la froide courtoisie administrative de la lettre des médecins. Il est vrai qu'à travers les lignes que l'auteure prête au mari d'Alma, M. Vivaldi, le lecteur devine un amour total, empreint d'une certaine forme de jalousie.

 

D'ailleurs, nommer un musicien Vivaldi a quelque chose d'attendu - fût-il également actif dans l'horticulture. L'auteure transporte son lectorat au temps du compositeur Vivaldi, responsable d'un orchestre d'orphelines, en suggérant que l'orchestre qu'il va diriger dans une serre, en un des moments forts de ce petit roman, est composé de femmes ("Mes musiciennes sur leur trente et un..."). Ce voyage musical à travers les siècles, appuyé par le mahlérien prénom d'Alma, son épouse, n'est pas sans rappeler certaines pages, les plus frappantes justement, du "Concert baroque" d'Alejo Carpentier. L'auteure lui ajoute cependant un côté sensuel de chaque instant, parfois brutalement exposé. Il serait même possible de gloser sur le nom de Siffredi, donné à l'un des personnages...

 

Vus comme des fêtes ponctuelles des sens, ces contrepoints ne sauraient occulter les questions que soulève une greffe d'un rein, au niveau d'une famille. L'aspect distendu des liens familiaux est illustré métaphoriquement par les distances qui séparent les intéressés: Viviane est à Montréal, Alma au Tessin (dans une localité nommée Mendresio qui pourrait être Mendrisio), et la jeune génération, concernée à un certain point, se trouve en Patagonie et a créé sa propre dynamique indépendamment des parents.

 

Dans le domaine littéraire, on se souvient que le roman d'Abigail Seran, Marine et Lila, abordait déjà la question, pour ne pas dire la problématique, des greffes d'organes, dans un souci d'empathie. A partir de données très différentes, Louise Anne Bouchard réussit un roman habile, qui tantôt murmure comme une rumeur, tantôt chante comme le violon d'Antonio Vivaldi.

 

Louise Anne Bouchard, Rumeurs, Lausanne, BSN Press, 2014.

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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 20:17

hebergeur imageLe site de l'éditeur et celui de l'auteur.

 

Un immeuble comme décor de roman, c'est classique, au moins depuis "La vie mode d'emploi" de Georges Perec. Lolvé Tillmanns a l'audace de revisiter ce motif à sa manière, en intégrant à ce thème des éléments de vivre-ensemble... et, sans traîner, d'effritement du train-train quotidien dû à un cataclysme inattendu. Tout cela se passe à Genève, dans une rue qui existe vraiment.

 

Avant tout, j'avoue n'avoir pas pu retrouver l'immeuble en question sur Google Maps, et ne suis donc pas en mesure de vous dire de manière catégorique si la belle photo de Jay Louvion, revue par le Studio Corium, faite d'ombres et de lumières comme il se doit, qui orne la couverture de ce roman est bel et bien celle du bâtiment concerné.

 

Vivre-ensemble donc... On pourrait prendre pour argent comptant ce que dit la quatrième de couverture: "Genève, un immeuble tranquille entre grands rêves et petites fêlures. De la cave à l'attique, des univers se côtoient, dans ce quartier des Grottes où les êtres se mélangent, semble-t-il mieux qu'ailleurs, et où rien de grave ne saurait arriver." Euh, oui mais non: la première partie du roman donne au lecteur toutes les clés qui lui permettront de voir où ça peut péter. D'emblée, on sait que ce sera intéressant... Les titres des chapitres de la première partie suggèrent du reste que le bel assemblage évoqué par le prière d'insérer est appelé à s'effondrer et à mettre les humains à l'épreuve.

 

Ceux-ci vont en effet se retrouver confrontés à un événement bouleversant et cataclysmique, sans explication. Le lecteur aura, à un moment donné de sa lecture, l'impression déstabilisante d'être plongé dans un ouvrage du genre absurde: les explications lui manquent, à lui autant qu'aux personnages. De la part de l'auteur, c'est adroit: le lecteur va immédiatement se trouver en empathie avec des personnages plongés dans quelque chose qui les dépasse.

 

Polyphonique, la structure du roman est régulière, au risque de paraître monotone à l'observateur: d'une partie à l'autre, l'auteure donne la parole à chacun de ses personnages, tour à tour, dans un ordre immuable. Reste que l'on s'aperçoit d'un truc, assez rapidement: le tournus évolue au fil des décès, les morts devenant tout naturellement muets. Les décès ont des causes parfois claires (suicide de Carlos, qui vit mal son homosexualité), parfois moins - ce qui renvoie à nouveau à l'impression d'absurdité.

 

Le défi de la polyphonie est relevé avec succès, en particulier grâce à une recréation bien caractérisée des voix de chaque personnage. Le lecteur appréciera tout particulièrement la parole de Mei, la gamine, empreinte de poésie: par exemple, l'anglais devient pour elle "la langue de CNN". Derrière les voix, on perçoit une personnalité bien caractérisée, une épaisseur construite sur la base d'éléments sociaux. Dès lors, impossible de confondre Caroline, Julieta, Mei ou Hélène, Bekim, Nicolas, Carlos ou Stéphane.

 

Reste la vision de Genève, discrète mais présente, soudain aux prises avec un cataclysme... on peut concevoir que la rue des Grottes est la métaphore d'une Suisse tranquille, fonctionnelle malgré ses fissures, mais démunie face à la crise. Ce que suggère l'insertion, dans la première partie, d'éléments citant des informations devenues inaudibles à force d'avoir été entendues: ces éléments disparaissent pour céder la place à une information d'Etat, soudain lacunaire, qui suscite la soif d'une information vraiment utile.

 

Succès littéraire donc pour ce roman qui pousse ses personnages jusque dans leurs derniers retranchements: entre voisins, que vont-ils faire face à la faim, face aux situations extraordinaires telles que la naissance d'un enfant, face à la maladie et à des tensions qui peuvent déboucher sur la folie? Les gâteaux de la concierge suffiront-ils à mettre un peu de douceur dans ce monde de brutes des rapports qui, hors de la normalité des jours, n'ont rien d'évident? Fortement personnalisés, les personnages de "33, rues des Grottes" savent donner au lecteur l'envie d'en savoir plus, chapitre après chapitre, page après page.

 

Lolvé Tillmanns, 33, rue des Grottes, Fribourg/Genève, Faim de Siècle/Cousu Mouche, 2014.

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9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 19:57

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Lu par Francis Richard, Frevall, Souram.

Défis Polars et Rentrée littéraire 2013.

Le site de l'éditeur.

 

On ne tue pas à Gérimont. C'est la règle. Dès lors, lorsqu'on retrouve un cadavre descendu par balles en pleine campagne, c'est le choc. Il faut faire venir un policier de la ville... C'est sur cette base que se construit "Gérimont", roman de l'auteur de bandes dessinées suisse Stéphane Bovon. Si l'intrigue a toutes les apparences d'un polar classique à la manière d'Agatha Christie (dûment citée, d'ailleurs), force est de constater qu'il y a plein d'autres choses à découvrir dans les pages de ce qui devrait constituer le début d'une série qui devrait compter au moins dix volumes.

 

Dix: il y a pas mal de choses qui fonctionnent sur ce nombre, porteur d'une certaine perfection ou, en tout cas, d'une tradition de décompte immémoriale. L'auteur s'en sert pour créer son utopie, où les humains sont assignés à l'une des dix castes prévues - la dixième étant celle des hommes libres, elle-même subdivisée en dix groupes.

 

Une certaine Suisse

Foin de symbolisme, de quoi s'agit-il? L'auteur campe un village, Gérimont, qui s'est organisé suite à une catastrophe naturelle, "La Montée", qui a noyé les vallées environnantes. Cette utopie monarchique fait figure de métaphore d'une certaine Suisse. On peut se dire que l'auteur la voit comme une île, forcément entourée d'eau - comme la Suisse est, actuellement, une île indépendante au milieu de l'Union européenne.

 

En plus, la Suisse entretient un rapport particulier, complexe, d'amour-haine avec les étrangers - et cela se retrouve dans "Gérimont". La question de la xénophobie traverse le roman d'une manière originale, étant admis que Gérimont n'accepte pas que des étrangers viennent troubler un système utopique certes un peu ennuyeux, mais apparemment parfait. D'ailleurs, n'est-ce pas, on ne tue pas à Gérimont...

 

Et si Gérimont tire son nom des localités vaudoises de Gérignoz et Rougemont (où se trouve, pour de vrai, le grand chalet de l'artiste-peintre Balthus, présent dans "Gérimont" sous une forme travestie), les gens de Gérimont portent de curieux noms: si leur patronyme sonne suisse, ou au moins européen occidental, tous les prénoms sont albanais. Quant à la grande ville, perçue comme criminogène et bordélique, elle s'appelle Lachaude - certains y ont vu une allusion à La Chaux-de-Fonds.

 

On pourrait même considérer que l'élection du roi de Gérimont, formalité aux apparences démocratiques, rappelle l'élection d'un conseiller fédéral: en général, le candidat présenté finit par obtenir le siège visé, même si l'on considère, en droit suisse et en théorie, que tout citoyen suisse peut se présenter à une telle élection - et la gagner.

 

Enfin, on pourrait s'interroger sur le fait qu'il existe réellement un hameau nommé Gérimont au Luxembourg... et que l'auteur y a peut-être pensé!

 

Une approche visuelle

S'il cite sans complexe ses références littéraires (Ramuz, entre autres), l'auteur ne manque pas une occasion de rappeler qu'il est aussi un dessinateur de bandes dessinées. Trois éléments le démontrent.

 

Il y a d'abord, et c'est l'élément le plus visible, les dessins de bande dessinée. Ceux-ci parsèment "Gérimont" et viennent donner un support visuel à des éléments iconographiques jouant un rôle dans le roman. Il arrive que ce soient de simples illustrations, à l'instar des dessins de presse un brin primaires, mais empreints d'un certain expressionnisme, de Dijedon. Il arrive aussi qu'ils jouent un rôle clé dans le roman, comme les vignettes de BD dessinées par Shriptar. On aurait tort de les sous-estimer!

 

Il y a aussi, d'une manière générale, une manière très visuelle de faire avancer l'action, avec des descriptions qui parlent aux yeux - la question de la description n'a du reste rien d'évident ici, puisqu'en début de roman, l'auteur se l'interdit. Pour mieux transgresser l'interdit par la suite, évidemment...

 

Enfin, le choix de mettre en scène le personnage de Shriptar, dessinateur de bandes dessinées, résonne comme une mise en scène de l'auteur lui-même. Un tel personnage permet par ailleurs de faire passer de manière certes didactique, mais crédible quand même, quelques messages et réflexions sur le thème de la bande dessinée - et en particulier la notion d'ellipse qui sous-tend le neuvième art.

 

Reste enfin l'astuce formelle consistant à sortir les chapitres 8 et 14 de leur place dans le roman, et à les retoquer en fin de roman - une astuce habile qui permet de fermer les dernières portes. Elle participe d'une certaine manière de concevoir la forme romanesque, de s'interroger régulièrement sur celle-ci, et de jouer avec les mots (néologismes, contrepèteries, helvétismes assumés...), les phrases - et les chapitres, donc. Le lecteur en conçoit une impression de recul, et constate avec bonheur qu'il est permis de sourire, et même de rire en lisant "Gérimont".

 

Stéphane Bovon, Gérimont, La Chaux-de-Fonds, Olivier Morattel Editeur, 2013.

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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 22:07

hebergeur imageUne déferlante de livres, mais aussi et surtout de rencontres: tel est mon souvenir du Salon du Livre de Genève, dont la cuvée 2014 s'est tenue en fin de semaine dernière. Au final, ce fut pour moi une année heureuse, et c'est peu de le dire, à plus d'un égard.

 

Il y a d'abord eu les débats du mercredi - trois débats que j'ai eu le bonheur d'animer. J'ai eu l'occasion de rencontrer une demi-douzaine d'auteurs qui ont présenté et défendu autant de manières de donner corps à la littérature, à la façon de faire vivre une histoire. Ainsi y eut-il la faconde d'un Yves Laplace, prompt à développer sa stratégie littéraire, placé face à un écrivain moins disert et plus secret, Baptiste Naito, mais qui fait montre dans son activité d'auteur d'un sérieux indéniable. Ou l'énergie pétillante et électrique du débat tenu entre Rachel Zufferey, Nadine Richon et Sonia Baechler - sans oublier le portrait littéraire de Thomas Sandoz. Ces débats m'ont occupé le mercredi... et ont, je l'espère suscité des envies de lecture chez les auditeurs présents.

 

Le samedi a été, comme toujours, la journée des dictées, synonyme de course à travers les stands d'un Salon qui assume de mieux en mieux son côté suisse, mais régresse dès lors qu'il est question de la presse. Ce millésime aura donc été marqué par l'absence de la traditionnelle dictée de la Tribune de Genève. Sa rédactrice habituelle, Evelyne Jaques, n'a pas manqué de signaler qu'elle se sentait orpheline de cette dictée, sacrifiée sur l'autel du rendement.

 

Dès lors, il est resté la dictée de Darius Rochebin, orchestrée par L'Hebdo. Avec deux fautes, j'ai réussi à me hisser à la seconde place, derrière Guy Deschamps qui, pour le coup, a signé une dictée sans aucune erreur... et devant Benoît Delafontaine, suite à un tirage au sort. Il y aurait quelque chose à dire sur les ressorts du texte de la dictée, et je pourrais avoir envie d'en parler ici même; reste qu'environ 90 candidats se sont prêtés au jeu.

 

L'autre dictée n'était rien de moins que le championnat suisse d'orthographe, organisé comme d'habitude par les habituels compères Francis Klotz, Michel Rothen et Pierre Mayoraz. Il s'agissait d'une demi-finale, ce qui réduisait l'enjeu. On relèvera la présence de quelques membres du club d'orthographe de Grenoble, ainsi qu'un certain nombre de familiers. Reste à constater que j'ai dû faire quatre fautes environ, dont trois relatives aux majuscules. Je sais désormais où se trouve mon talon d'Achille!

 

Ce salon fut aussi celui de nombreuses rencontres lumineuses et passionnantes, avec des personnes, des écrivains et des éditeurs - je garde en mémoire Natalie Sbaï, et aussi Olivier Gay ou Paule Mangeat, et présente d'emblée mes excuses à celles et ceux que j'ai oubliés ou omis ici. Il y eut des discussions sans fin, mais non sans bonheur! Je me réjouis de la suite, et souhaite bon vent à celles et à ceux que j'ai salués lors de ce Salon du Livre.

 

Les écrivains rencontrés, et commentés dans ce billet:

 

Sonia Baechler, Minutes d'éternité

Olivier Gay, Les talons hauts rapprochent les filles du ciel

Yves Laplace, Fils de perdition

Paule Mangeat, Sismondi m'était contée

Nadine Richon, Crois-moi, je mens

Thomas Sandoz, Malenfance

Rachel Zufferey, La Pupille de Sutherland

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Publié par Daniel Fattore - dans Littératures
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