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Dimanche 13 décembre 2009 7 13 12 2009 21:23
 

Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuitIl y a quelques années que les Editions du Rocher ont publié des extraits des "Facéties" du Pogge et des facéties et bons mots du Curé Arlotto, sans autre prétention que de faire sourire, voire rire des lecteurs curieux... et il y a quelques années que ce livre traîne sur ma pile à lire, sans que je sache trop comment l'attaquer. Bien m'a pris, cependant, de m'y mettre: cela m'a permis de replonger dans l'univers cocasse des petites histoires qu'on se racontait un peu partout au Moyen Age et à la Renaissance, voire plus tard - et jusqu'à aujourd'hui même.

Deux volets, donc - commençons par le premier: il s'agit donc d'extraits des "Facéties" du Pogge (Poggio Bracciolini), écrivain florentin du quinzième siècle. La principale caractéristique des "Facéties" ("Confabulationes", écrites en latin et dûment traduites ici), c'est d'être courtes, voire très courtes - un bon mot ou un bon tour pouvant être amené avec habileté en cinq ou six lignes. On conçoit que l'efficacité règne ici; le plus souvent, chaque mot compte pour comprendre tout le sel de l'histoire. L'auteur n'est toutefois jamais si sec qu'il n'oublie les effets de réel, qui sont nombreux. Il fallait en effet accrocher le lecteur en lui faisant accroire que ces anecdotes et petites phrases sont vraies. Les histoires sont donc souvent localisées, régulièrement dans des villes du nord de l'Italie: Venise, Mantoue, Gênes, voire Rome. Quelques personnes célèbres, des papes entre autres, sont citées - c'est le namedropping avant l'heure, pratiqué avec discrétion cependant. Enfin, l'auteur ne manque jamais de rappeler que c'est un témoin digne de foi qui a connu l'histoire. Un réalisme de convention, bien sûr... brisé par l'ultime texte cité, où l'auteur dévoile son "officine de mensonges" (bugiale) où oeuvrent des personnsages aux noms louches (l'un s'appelle justement Loschi).

L'humour est un autre ressort qui permet d'accrocher le lecteur, humour de petites phrases et de grosses situations mettant en scène des curés paillards, des niais des deux sexes, des escrocs, des ménages à trois; l'auteur ne recule pas devant la scatologie à l'occasion. Le tout sert souvent une morale, explicite ou non, volontiers souriante.

Et qui est le Curé Arlotto? Il s'agit d'un personnage récurrent d'une bonne quantité d'histoires, prêtre débonnaire, souvent populaire, mais qui n'hésite pas à dire leur fait à ceux qui le méritent ou le lèsent à l'occasion d'un bon tour dont il sait se tirer avec le sourire; c'est aussi un voyageur qu'on retrouve à bord de galères - comme aumônier, sans doute. Réel ou imaginé? Peu importe; mais on ne sait pas grand-chose de lui. Ses aventures sont racontées avec brièveté aussi, mais sans atteindre toujours à la jouissance de la pénétration des textes (1) du Pogge. En particulier, certains récits mettent en scène le curé relatant un apologue pour donner à réfléchir à un personnage qu'il est appelé à côtoyer. Forcément, ça allonge un peu le texte - mais on reste dans le registre bref, on change de points de vue, et on rit parfois de bon coeur. L'éditeur a choisi d'utiliser ici une traduction ancienne des textes italiens, remise au goût du jour, conservant cependant quelques délicieux archaïsmes qui donnent à ces facéties et bons mots un petit air rétro.

On en parle chez Pan-OR-amiques et Eireann.

Le Pogge Florentin, Le Curé Arlotto, Facéties et bons mots, Monaco, Editions du Rocher, 2003. Edition établie par Etienne Wolff.

(1) Et non d'autre chose, qu'alliez-vous donc croire là?  

Par Daniel Fattore - Publié dans : Livres - Communauté : Suisse Romande
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Samedi 12 décembre 2009 6 12 12 2009 21:51
 

Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuitUne fois n'est pas coutume, je vais tracer un trait d'union entre deux lignes directrices du présent blog: les plaisir de la table et les plaisirs de la lecture. Et c'est avec "Chili, pays de vins et de montagnes", un beau livre cosigné par Matt Wilson (pour les photos) et Papianille Mura (pour les textes) que le voyage va commencer.

De quoi s'agit-il? On l'a compris, ce bel ouvrage de 160 pages allie une généreuse moisson de photographies et un texte fluide qui incite volontiers à la rêverie et aux voyages. Il est question ici du Chili, un pays abordé par le biais de sa production viticole bien plus que par ses montagnes, dont il est finalement assez peu question. Comme je suis plus "bons vins" que "montagnes", ça m'a parlé: l'auteur évoque ici les modes de production du vin au Chili, un peu différents des méthodes traditionnelles européennes même s'ils s'en inspirent (l'existence du vignoble chilien doit beaucoup aux cépages et aux hommes d'Europe et de France), ainsi que les producteurs, dont il est abondamment question. En particulier, "Chili, pays de vins et de montagnes" met en vedette quarante producteurs de vins, ce qui permet d'aborder de futures légendes, ainsi que certaines facettes de la petite et de la grande histoire du pays... et occasionnellement de la région de Bordeaux, en France - sans oublier William Fèvre, présent sur ce terrain alors qu'il est plutôt connu comme producteur de Chablis... Certains lecteurs reconnaîtront les noms de ces producteurs pour les avoir vus au supermarché; l'auteur ne cache pas que c'est là qu'on les trouve le plus souvent en Europe, à l'instar des vins "Casillera de Diablo". Cela dit, certaines caves, traditionnelles ou modernes, sont moins connues de ce côté-ci de l'Atlantique.

Ces présentations ouvrent les portes du domaine de l'oenotourisme, qui semble bien structuré au Chili, entre visites guidées volontiers payantes, hôtels bien-être ou de luxe intégrés aux domaines viticoles, etc. Cela suffit pour qu'on se prenne à rêver d'un circuit viticole à travers le pays le plus filiforme d'Amérique du sud.

Le tout est soutenu par une iconographie soignée et variée qui montre de nombreux aspects d'un pays dont on connaît surtout l'ancien dictateur. Loin de tout cela, le photographe a voulu montrer quelques scènes appétissantes, des lieux d'aventures où les chevaux sont monnaie courante, quelques hommes et surtout une nature qui donne à rêver. Quelques images ont été remises par des photographes tiers ou par des producteurs de vins; elles révèlent quelques secrets de la production viticole chilienne et montrent la splendeur parfois exubérante des lieux où se produisent les nectars de ce pays. 

Le lecteur tiendra compte d'un petit côté "relations publiques" dans ce livre, signé par une rédactrice passionnée et doublement préfacé par Mariano Fernández Amunátegui, ministre des affaires étrangères du Chili, et par Baudouin Havaux, éditeur de Vino Magazine, à Bruxelles... et il pardonnera volontiers au processus de production de ce beau livre quelques coquilles que l'oeil averti percevra; que celui-ci se ferme un instant pour se laisser transporter en Amérique du Sud, entre histoire, nature, paysages somptueux et vignobles. Les livres font voyager, dit-on; si les vins offrent aussi la possibilité de changer de cieux, pourquoi s'en priver?

Papianille Mura, Matt Wilson, Chili, pays de vins et de montagnes, Louvain-la-Neuve, Versant Sud, 2009.

Le site de l'éditeur:
http://www.versant-sud.com.

Par Daniel Fattore - Publié dans : Livres - Communauté : Suisse Romande
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Jeudi 10 décembre 2009 4 10 12 2009 21:49

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... un titre de billet emprunté au groupe de musique "Bratsch" pour présenter, en quelques mots, le recueil de fictions "La vie et le reste" de Joaquim Vital. L'auteur rassemble ici onze textes qui posent la question de l'existence, dans ce qu'elle peut avoir de plus fondamental et, parfois, de plus futile, au gré d'interrogations étranges ou essentielles.

"Un arbre en automne", premier texte du recueil, est à cet égard emblématique. Pourquoi le chat ne monte-t-il plus à l'arbre? interroge l'auteur dans son prière d'insérer. Le fin mot de l'histoire se révèle peu à peu au gré du récit, au fil des rides qui se dessinent sur les personnages, au gré des disparitions. Vieillir... Ou mourir? La mort traîne aussi ses basques dans d'autres textes. Elle peut être soudaine comme dans "Le Dessert"; elle peut avoir des conséquences que l'auteur relate, comme dans "Terre brûlée", avec le vécu d'un deuil particulier.

Le voyage fait également partie des thèmes de prédilection de l'auteur, qui prend soin de bien localiser ses récits. Ces localisations font écho à la biographie de Joaquim Vital qui, né au Portugal en 1948, part ensuite vivre à Bruxelles avant de s'installer à Paris en 1973. Le lecteur sera ainsi baladé au Portugal, certes, mais aussi à Goa, territoire indien dont le Portugal s'est retiré en 1961/62. Il se retrouvera en France, naturellement, voire en Belgique. Enfin, quelques pages évoquent l'Italie et la Suisse, à l'instar de l'habile "Casa Bacchus".

L'aspect "tout ça" de ce roman est représenté par toutes les thématiques plus ou moins anecdotiques abordées par ces fictions: la pratique du sexe, les amitiés malsaines ("Fatum"), l'argent, les relations de couple, les bonnes choses de la vie, la confiance trahie, les gens enfin, quels qu'ils soient: les personnages campés par l'auteur sont plutôt divers, bien que le plus souvent issus de classes moyennes voire aisées - une aisance qui n'est pas toujours si lointaine des conditions modestes d'où elle est sortie.

"La vie et le reste" dresse ainsi le portrait d'une certaine humanité, nimbé d'un certain sourire, porté par un style classique fluide et élégant dans lequel on entre volontiers. Ce qui, au gré de récits aux fins ouvertes, permet de parler de... tout ça.

Joaquim Vital, La vie et le reste, Paris, La Différence, 2008.

On en parle chez Jean José Marchand... et c'est tout, pour autant que j'aie pu trouver. En cas d'oubli de ma part, faites-moi signe.  

Par Daniel Fattore - Publié dans : Livres - Communauté : Suisse Romande
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Dimanche 6 décembre 2009 7 06 12 2009 18:05
 

Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuitDans la série des livres anciens et méconnus, en voici un qui a plus de vingt ans puisqu'il a paru en 1987 dans sa version française, et en 1985 dans sa version allemande. On aimerait pouvoir se dire que "L'aide qui tue" de Brigitte Erler a vieilli, que l'aide au développement ne se conçoit plus de la manière décrite dans cet ouvrage. Mais le fait qu'il soit toujours vendu dans sa version allemande (il en est à sa quatorzième édition, et se vend toujours) et le fait que d'autres ouvrages abordent les mêmes thématiques (par exemple "L'Aide fatale" de Dambisa Moyo, paru chez Albin Michel il y a quelques semaines seulement) permet d'en douter.

Ancienne coopérante, ancienne députée socialiste en République fédérale d'Allemagne, Brigitte Erler propose rien de moins que la suppression de l'aide au développement: "l'aide au développement nuit à tous ceux à qui elle est censée servir, pays ou individus. Il faut donc y mettre immédiatement fin", dit-elle en page 8 de l'édition française, parue aux Editions d'En Bas. La démonstration de l'auteur s'appuie sur son expérience personnelle au Bangladesh, où elle a effectué sa dernière mission. Pas d'analyse scientifique ou de grands appareils théoriques dans ce petit livre, mais rien que des choses vues, sur le terrain ou dans les bureaux de Bonn. Brigitte Erler a touché à tout dans le cadre de sa mission: élevage bovin, problématiques de l'eau, formation, contraception, attitude du personnel allemand et des populations bangladeshis. Le ton est celui du témoignage personnel, relevé d'une ironie féroce qui ne glorifie pas les acteurs de l'aide au développement.

Les errements de l'aide au développement pratiquée dans les années 1983 par l'Allemagne se retrouvent à plusieurs niveaux. Brigitte Erler relève d'abord l'imposition de méthodes occidentales inadaptées à la réalité locale. On note par exemple l'exportation de vaches allemandes à haut rendement au Bangladesh. Pratique... mais ces bêtes sont plus fragiles que les espèces indigènes, et imposent donc l'achat de médicaments hors de prix. Sans compter qu'il faut les nourrir, et qu'elles sont particulièrement gourmandes... Le paysan se retrouve donc obligé de s'affamer pour nourrir un bovin. Les effets collatéraux (par exemple ceux de l'empoisonnement des étangs à poissons) sont également mentionnés parce qu'on les oublie trop souvent. Trop souvent également, l'Occident arrive avec des solutions toutes prêtes à des problèmes déjà résolus par les populations locales... voire créatrices de nouvelles difficultés ou de dépendances non voulues. Enfin, les exemples tendent à démontrer que l'aide profite surtout aux riches, au Bangladesh comme en Allemagne (l'entreprise Siemens, par exemple, ou Schering, qui produit des contraceptifs dont l'usage s'avère problématique sur place alors qu'il est évident sous nos latitudes).

On le voit, la charge est lourde. L'auteur brosse ici un tableau dense de ce qui ne va pas - c'est-à-dire tout, à l'en croire. Le parti pris de témoigner de choses vues, de manière brute, a l'avantage de créer un choc chez le lecteur curieux de savoir où va l'argent de ses impôts (p. 9); il est dommage, toutefois, que Brigitte Erler n'ébauche guère de solutions. Un travail de titan pour un politologue courageux? Au lecteur de juger.

Brigitte Erler, L'aide qui tue, Lausanne, Editions d'En Bas, 1987, traduction d'Odile Chazerand.

Le site du livre:

http://www.toedlichehilfe.de.

Par Daniel Fattore - Publié dans : Livres - Communauté : Suisse Romande
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Samedi 5 décembre 2009 6 05 12 2009 21:29

Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuitC'est là que j'ai classé "Le jour où Albert Einstein s'est échappé" de Joseph Bialot, avant de commencer ma lecture. René Fallet pour l'histoire de vieux qui s'évadent de l'asile ("Les vieux de la vieille"), Friedrich Dürrenmatt parce que l'un des personnages de sa pièce "Les Physiciens", qui se déroule dans un foyer pour personnes âgées, porte le même surnom. Est-il possible d'assumer un tel héritage?

Force est de constater que le "Le jour où Albert Einstein s'est échappé" draine avec lui une quantité impressionnante de thèmes et sujets importants, classiques mais bien en phase avec notre époque: le rapport entre générations (un ancien combattant blanc, Sébastien, se fait conduire par un jeune taxi noir, Laurent), le refus du racisme (même si une bonne dose d'humour permet de mettre de l'huile dans les rouages lorsque les caractères se frottent), l'amour, la guerre (quelle horreur!), la Kollaboration (parce que l'auteur écrit "kollabo") et la Résistance. Pour un peu plus de 170 pages, le menu est copieux.

L'évasion d'un foyer pour personnes âgées pourrait devenir un topos de la littérature: en général, on ne sort de ce genre d'établissement qu'au moment dernier. L'évasion du personnage principal prend donc les allures d'une évasion de la vie réelle vers une vie rêvée, sans médecins, sans enfants hypocrites, sans un entourage qui renvoie en permanence Sébastien à sa propre décrépitude. C'est un retour à une vie plus vraie: le narrateur se sent plus jeune au contact d'un nouvel entourage, celui de Laurent.

Reste que Sébastien a un côté convenu, comme personnage. Et c'est là le principal défaut de ce bref roman, parce qu'i entraîne avec lui d'autres éléments peu novateurs. Chacun a sans doute déjà vu, dans ses lectures, un vieillard un peu aigri et bougon, parlant par coups de gueule, et ayant fait la Résistance. Celui-ci n'en diffère guère; le lecteur repasse donc par la ligne de démarcation, assiste à la mort par arrosage de mitraillettes de sa copine juive et de son fils qui vient de naître - cela, sans qu'il y ait une réelle implication, même forcée, du lecteur, comme on peut la trouver dans "Les Bienveillantes" de Jonathan Littell, paru quelques mois auparavant et présente également une scène, autrement puissante, d'élimination d'un enfant qui vient de naître. Reste que l'auteur a vécu la guerre lui aussi, et que certains épisodes doivent avoir des racines autobiographiques...

Le personnage de Laurent, homme de couleur, a aussi un côté bien convenu - bougon au début, il devient profondément accueillant, et chez Sylla, sa copine, c'est la fête à la maison. L'auteur entoure le taxi d'un médium (le genre qui vend des philtres d'amour et promet le "retour définitif et durable de l'être aimé" - titre d'un roman d'Olivier Cadiot) et d'une chanteuse de rues: de quoi camper une certaine pauvreté, celle qui, selon la formule consacrée, n'a rien mais donne tout. Evidemment, les femmes bronzées sont ultra-sensuelles... pour ne pas dire plus.

Evidemment, ce qui sépare les deux personnages principaux du roman est ce qui va les rapprocher: l'ancien raconte ses vieux récits de guerre au jeune, qui présente son propre univers. Ce n'est pas une mauvaise idée en soi, mais "Le jour où Albert Einstein s'est échappé" ne va guère au-delà des clichés. Dommage! Ce, d'autant plus qu'un perçoit une certaine tendresse dans le regard de l'auteur, et que celui-ci écrit dans un style agréable et fluide qui, malgré tout, accroche le lecteur jusqu'à l'ultime balade sur la plage. Quant à la double paternité évoquée au début du récit, elle n'existe guère, au-delà de l'évasion: Albert Einstein, alias Sébastien Lesquettes, n'a pas grand-chose à voir avec l'étrange bonhomme de Dürrenmatt.

Il en est question chez Krolinh, Journal d'une lectrice, JM Laherrère.

Joseph Bialot, Le jour où Albert Einstein s'est échappé, Paris, Métailié, 2008.



Par Daniel Fattore - Publié dans : Livres - Communauté : Suisse Romande
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