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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 21:48

Les plus fidèles de mes lecteurs se souviennent de mon petit billet sur "Le dossier noir du portable", ouvrage de Me Richard Forget, dénonçant, de manière très extensive, les problèmes et difficultés qu'entraîne l'expansion mal contrôlée de la téléphonie cellulaire sous nos latitudes.

Et hop, l'auteur, également avocat, fait des bulles. Un article du "Monde" le cite en effet, au détour d'un article qui doit sonner comme une victoire pour lui: Bouygues Télécom a été condamné, en appel, à démonter certaines de ses antennes, dans un lieu nommé Tassin-la-Lune (c'est où?). "Une jurisprudence est maintenant établie, toutes les antennes relais de Bouygues sont en sursis", a-t-il même déclaré au journal. Tout cela est assorti de frais importants pour l'entreprise de téléphonie.

Et pendant ce temps, le portable d'un Chinois lui a explosé entre les mains. Le portable, pas le forfait. Quand on vous dit que c'est dangereux...

L'article du
Monde.
L'article sur le
portable explosif, relayé par StreamingPlus.

Photo: Flickr/Secretagent007.
 

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Publié par Daniel Fattore - dans Air du temps
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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 22:02

Mon expérience de blogueur m'a démontré que mes lecteurs sont le plus souvent des personnes qui vivent dans les régions économiquement favorisées de la francophonie, qui sont également des régions qui subissent actuellement un chouette hiver bien froid qui tend à faire oublier le réchauffement climatique. Nombre d'entre eux travaillent certainement dans des bureaux certes bien chauffés, mais dont les fenêtres sont petites, les voisins pas toujours rigolos, les perspectives pas forcément magiques, les promotions parfois en carton-pâte. Et même si leur salaire à l'air mirobolant, là comme ça sur le papier, à la fin du mois, il manque toujours cinquante francs (ou euros) à mettre de côté pour les vacances ou pour la prévoyance vieillesse. Cela, sans compter que la crise a peut-être resserré les cordons de la bourse du patron à l'heure des augmentations. Pas vrai?

C'est là qu'intervient l'Office du tourisme australien (Tourism Queensland, pour être précis). Il propose un job assez formidable en son genre, tout neuf. Commençons par son seul inconvénient: c'est un CDD, d'une durée de six mois. Mais qu'importe: le cahier des charges propose à l'heureux titulaire du poste d'être le gardien de l'île Hamilton, un machin à deux pas de l'Australie, au coeur de la Barrière de Corail, présenté comme un joyau de la couronne. Plein de lagons bleus partout, des palmiers, des plages à perte de vue... Il faudra vivre sur place; mais comme ermitage, je crois qu'on a déjà fait pire.

Et les tâches proprement dites? D'après ce que j'ai cru comprendre de différentes sources, l'heureux élu sera surtout payé à ne rien foutre: son pensum est de 12 heures par mois (je répète: PAR MOIS!), et ses travaux consisteront à observer les baleines, à nourrir des poissons, à explorer les lieux, à nettoyer la piscine (qui se nettoie automatiquement; mais enfin, une feuille morte égarée à la surface, n'est-ce pas un bon prétexte pour piquer une tête dans le bassin?), peut-être à relever le courrier, et à tenir un blog avec des photos. Peut-être faudra-t-il dire bonjour à des touristes de temps en temps; c'est pourquoi l'employeur recherche des personnalités communicatives, un peu aventureuses et aimant la vie en plein air.

Votre profil? Là, on entre dans le flou; outre cette capacité à communiquer, le candidat doit bien savoir l'anglais tant à l'oral qu'à l'écrit (mais pas besoin de le parler comme sa langue maternelle), savoir nager, être sympa (et bien passer dans les médias), avoir un peu d'expérience dans un domaine connexe, et aimer plonger. C'est tout: pas besoin d'avoir quinze millions de diplômes!

Un site Internet a été ouvert pour parler de cet emploi, présenté comme le meilleur job du monde; l'employeur garantit qu'il n'y a pas d'arnaque. Il a rapidement été submergé par les visites; avant même son ouverture, l'Office du tourisme avait reçu 350 candidatures, dont certaines en six langues. 

Ah - j'oubliais un élément important de ce poste: le salaire. Celui-ci a été divulgué par l'employeur; il se situe, selon la presse boulevardière suisse, à 150000 dollars australiens pour la période, ce qui met à plus de mille francs suisses l'heure de travail effectif - mieux que votre chef, non? Bon, d'accord, il faut rester sur place... mais l'employeur loge confortablement son collaborateur, et lui paie le voyage de son lieu de domicile à l'île Hamilton; vous pouvez même voyager avec ceux qui vous sont chers. L'heureux candidat entrera en fonction le 1er juillet, et sera sélectionné à l'occasion d'un entretien de quatre jours qui aura lieu en mai.

Ca, c'est du boulot... non?

Article du Matin:
http://www.lematin.ch/actu/monde/job-reve-58-000-francs-garder-ile-68640
Autre article du Matin: http://www.lematin.ch/actu/monde/meilleur-job-monde-site-victime-succes-69141
Pour postuler (bonne chance!): http://www.islandreefjob.com
Coup de pouce à une candidate suisse: http://www.islandreefjob.com/applicants/watch/s3pJAXr7ur0

Les photos proviennent de différents sites et présentent l'île Hamilton. Comme cadre de travail, on a déjà fait pire, non?  

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31 décembre 2008 3 31 /12 /décembre /2008 17:44

Conformément à la tradition, je viens souhaiter à tous mes visiteurs, par ce billet, une EXCELLENTE nouvelle année 2009. Qu'elle apporte à chacun l'inspiration qui fait avancer, le succès qui enivre, la santé qui donne la force, et la joie qui fait du bien au coeur.

Et à bientôt pour de nouvelles aventures!

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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 18:30

The First Noel par wardomatic... car s'il est un jour où il convient de le souhaiter, c'est celui-ci. Passez donc de belles et saintes journées en famille, goûtez aux joies complémentaires de la messe de minuit et des bons repas, faites-vous plaisir, lancez-vous à la chasse au Père Noël si l'occasion s'en présente.

Je vous retrouverai prochainement avec de nouvelles lectures, de nouvelles bouteilles, de nouvelles fantaisies - avant la fin de l'année, je l'espère.

P. S.: à l'heure où ce message paraîtra, je serai en train de jouer de l'orgue à la messe de minuit de Morlon: celle-ci est avancée à 18 h 30 pour des raisons de disponibilité des prêtres - qui ont pas mal de dons, mais pas celui d'ubiquité, hélas...

Illustration: Flickr/Wardomatic

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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 23:00

After a Rainy Night (Summer Holiday II) par Sergio ParisiMon billet d'hier évoquait les potentiels que le calendrier catholique (et les calendriers religieux en général) offrent en matière de vacances. Dès le départ, j'assumais l'approche forcément restrictive de ce choix: pourquoi n'attribuer des congés supplémentaires qu'en se fondant sur des motifs religieux? L'objection est recevable, surtout à notre époque de laïcité consommée. Si j'ai choisi le filtre de la religion, c'est en particulier parce que celui-ci, si riche soit-il en potentiel de vacances, a quand même ses limites, fixées par les religions elles-mêmes. Et celles-ci étant par essence immuables, on se retrouve face à un stock tout aussi immuable de jours de congé. Personne ne va s'amuser à déplacer la Saint-Jérôme, l'Assomption, la Noël même (même si celle-ci n'a pas toujours été célébrée le 25 décembre), etc.

Ouvrons donc le champ aux religions moins reconnues, voire au monde laïc dans toute sa diversité. 

Commençons par les religions et obédiences moins connues. Qui empêcherait, par exemple, de créer un jour de congé pour célébrer l'anniversaire de Menno Simons, fondateur de l'obédience des mennonites? Ou en l'honneur de Charles Taze Russell, fondateur des Témoins de Jéhovah? Dans un autre ordre d'idées, allons jusqu'au paganisme et restaurons les fêtes qui avaient cours à l'époque romaine - en particulier les Saturnales, ancêtres de notre Carnaval actuel, où, l'espace de trois jours, les esclaves devenaient les maîtres. De nos jours, si certaines localités entretiennent un carnaval vivace, cette fête (même au sens chrétien du terme) semble être un peu oubliée ailleurs. Je me souviens, par exemple, d'avoir passé quelques jours à Paris en 2002, juste dans la période du carnaval... et n'en avoir rien vu du tout. Ce qui n'était pas pour me déplaire. Et pour en finir une bonne fois pour toutes avec le religieux, l'Etat suisse ferait bien de créer un jour de congé en l'honneur des amish, qui ont bien souvent des origines helvétiques.

Mais venons-en aux motifs purement laïcs de créer des jours de congé. Chaque pays a les siens. Quoi de plus laïc, en effet, que le 14 juillet en France ou le 1er août en Suisse? Ces fêtes nationales célèbrent des actes fondateurs qui ont peu à voir avec la religion. Si le 14 juillet français est férié depuis toujours, le 1er août suisse ne l'est que depuis une couple d'années - à la suite d'une initiative émanant des Démocrates Suisses, un parti volontiers rattaché à la droite dure. Dans le même ordre d'idées, mais avec un certain mélange, le Jeûne fédéral, typiquement suisse, se veut une célébration de l'unité du pays. Comme elle a été inventée par des protestants à la fin de la guerre du Sonderbund (1848), elle se traduit par un jeûne; si elle avait été le fait de catholiques, gageons qu'elle aurait pris la forme d'un gueuleton...

Enfin, les motifs purement laïques et internationaux de congés existent également. Le premier qui me vient à l'esprit est naturellement la journée de la femme (9 mars): on pourrait offrir un jour de vacances à ces dames, non? La Russie a déjà fait un pas dans cette direction: il est de coutume que ce jour-là, les hommes gâtent tout particulièrement les femmes en général, leur offrant des fleurs, les complimentant, assurant même le ménage au foyer familial. Chouette, non? Malheureusement, cette tradition est difficilement exportable en Suisse, où la journée du 9 mars est celle des "femmes en colère" qui, à mon avis, dégoûte l'homme (et parfois la femme) de la cause de la femme, si juste soit-elle en certains aspects.

Mais allons plus avant dans l'audace. Il existe déjà de nombreuses journées de ceci ou de cela: francophonie, enfance, troisième âge, etc. Pourquoi ne pas octroyer des jours de congé pour cela? Certes, avec un peu d'imagination, on peut créer des congés pour tout et pour rien - dans un ouvrage de San-Antonio, par exemple ("Hue, Dada" ou "Appelez-moi chérie"), l'un  des personnages s'offre des jours de congé pour tout acte significatif de sa vie de couple (premier bouquet de roses, premier baiser, premier rendez-vous, etc. Sans aller si loin, on pourrait adopter comme jour férié la "Journée mondiale sans portable" imaginée par l'écrivain Phil Marso, ou la "Journée du rire", qui a lieu en mai. Cela, sans compter des congés plus délirants encore, par exemple le jour du Prix Goncourt (pour qu'on puisse enfin bouquiner en paix!) ou la journée où sortent le Beaujolais nouveau ou la Bière de Mars (pour qu'on puisse enfin boire un verre tranquilles!). Devant tant de causes et d'idées, on pourrait imaginer un concept où les employeurs offrent à leur personnel un solde de jours à utiliser pour ce genre de motif.

L'approche laïque est donc plus colorée et moins limitée, au risque de ruiner le système! Et vous, à quelle occasion aimeriez-vous avoir congé?

Photo: Flickr/Sergio Parisi.

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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 21:50

Besoin_de_vacances par KaRiNe_FrDécembre, mois des fêtes sans fin... cela commence à la Saint-Nicolas, ça se poursuit à l'Immaculée conception, et la suite, tout le monde connaît. Tout cela m'a amené à réfléchir à une manière intéressante d'avoir davantage de vacances et de jours de congé dans l'année: pourquoi ne pas faire revivre les fêtes chrétiennes oubliées, les patronales et autres événements disparus sur l'autel de l'économie ou d'une obsolescence trop vite décrétée?

Un constat, d'abord: en Suisse, le nombre de jours de congé liés au religieux et aux traditions locales varie fortement d'un canton à l'autre, le Tessin étant le canton qui en a le plus et Berne étant celui qui en a le moins. Lequel est le canton protestant? Gagné: c'est Berne, évidemment. Faute de Sainte Vierge au sens catholique du terme, les Bernois doivent se passer d'Immaculée conception... et d'Assomption, le 15 août. Sans compter d'autres éléments tels que la Fête-Dieu. Et rien d'autre ne vient compenser... pas même une journée pour la foire aux oignons, en novembre.

Or, sachant que tout un chacun apprécie la qualité de vie que peut apporter un jour de congé supplémentaire, pourquoi ne pas aller puiser dans le calendrier des congés à agencer? Premier exemple qui me vient à l'esprit: la chandeleur. Qu'on donne un jour libre aux gens afin qu'ils puissent manger des crêpes... et les partager entre amis, en souvenir de la présentation du Christ au Temple. Et la vie du Christ est émaillée d'événements dignes d'être fêtés: pourquoi pas un grand congé accordé à tout le secteur de la vente en souvenir des Marchands du Temple, fort justement enguirlandés?

Une autre approche peut s'avérer fort productive: le calendrier des saints. Par rapport à ceux-ci, une idée serait d'offrir un jour de congé le jour de la patronale de la paroisse du lieu d'habitation et/ou de travail. Basique: cela permet aux croyants d'assister à la messe, et aux autres de se reposer - l'un n'empêchant évidemment pas l'autre. Une autre approche peut consister à déclarer non ouvrable le jour du saint patron de la profession qu'on exerce: la Saint Jérôme pour les traducteurs (nous l'avons f'êtée au bureau cette année!), la Saint Médard pour les météorologues, la Saint Ignace pour les coiffeurs (facile... mais vrai?), etc. Et congé pour tous les freaks d'Internet et autres geeks le jour de la Saint Isidore, bien sûr! Enfin, les entreprises pourraient, à titre de geste sympa, offrir un jour de congé aux collaborateurs le jour du saint qui porte leur prénom - éventuellement traduit, dans le cas de prénoms qui viennent de loin ou pour lesquels il n'existe pas de saint du calendrier. Notez que dans le même ordre d'idée, je sais une entreprise qui offre une journée de congé pour l'anniversaire du collaborateur. Comme cadeau, j'ai vu pire.

Etendre cela à d'autres religions, à d'autres approches même? Nous avons déjà de quoi réfléchir. Mais pourquoi ne pas décréter que le vendredi, jour férié pour l'islam sauf erreur, l'est pour tous également? On m'accusera d'aller un peu loin dans le grand mélange indistinct; mais d'un autre côté, cela permettrait d'avoir de chouettes week-ends de trois jours. Et j'en connais qui, dans la foulée, suggéreront que le lundi, jour de semaine honni, soit également revalorisé sous forme d'appendice au week-end... n'est-ce pas?

Photo: Flickr/KaRiNe_Fr 

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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 19:43

Chesterfield cigarettes ad with Ronald Reagan par Joan ThewlisAinsi donc, les peuples vaudois, fribourgeois et valaisan ont décidé dimanche d'interdire la fumée dans les établissements publics... tout en leur laissant la possibilité de ménager un fumoir sans service. Les lois cantonales y afférentes entreront en vigueur prochainement. Ajoutons à cela le refus du peuple suisse de dépénaliser le cannabis, et on comprendra que les Helvètes en ont un peu marre (mais rien qu'un peu!) de la fumée, et souhaitent à nouveau respirer dans les restaurants, bars et cafés. Peut-être que ça sentira un peu les aisselles et la sueur dans les boîtes de nuit; pas forcément meilleur que le tabac, mais certainement moins nocif...

Ces dernières semaines donc, tel était le principal sujet de conversation, un peu partout. Chacun se réjouissait de pouvoir déguster sa Dôle ou son Mont-sur-Rolle sans qu'il soit aromatisé à la Brunette, et personne ou presque ne va s'en plaindre; les résistances étaient du reste plutôt d'ordre idéologique, genre "je suis libre de fumer où je veux", ou reflétaient les craintes des tenanciers d'établissements publics, déjà mis à mal par d'autres législations et évolutions peu favorables (baisse du taux d'alcoolémie au volant, restrictions aux machines à sous, changements dans les habitudes alimentaires du Suisse moyen, délaissant le steak-frites-vin rouge pour la salade-Henniez verte, philosophie du "boire moins mais mieux", etc.)

J'ai pris le temps de farfouiller dans les réactions d'internautes que "Le Matin", journal de boulevard lausannois de couleur vaguement orange. Et j'ai été assez rapidement frappé par l'absence de la seule raison valable de voter le bannissement de la fumée des établissements publics: la santé du personnel. Certes, boire un verre ou manger un repas sans les effluves du voisin est fort agréable, et il est difficile de s'en passer une fois qu'on en a pris l'habitude. Mais n'est-ce pas là une réaction très individualiste? Cela, d'autant plus que l'organisme humain, après une cure limitée de fumée passive (c'est combien de temps, boire un verre?), récupère très vite. Le souci devrait se porter, plutôt, sur la santé de personnels soumis à longueur de journée à la fumée tiède, froide ou autre. Une exception? La chouette affiche des promoteurs fribourgeois du bannissement de la fumée, montrant une serveuse passant d'un bon pas, avec le sourire, de l'univers gris des tabagies à un monde coloré... sans fumée. Cette fois, dirait-on, l'individualisme a profité au bien public. 

Enfin, le bannissement a passé, dans une version qui allie l'interdiction stricte et la porte de sortie - qui pourra prendre forme d'un fumoir, pour les établissements qui en ont la possibilité. Je verrais bien certains d'entre eux en faire un argument de vente... On trouve de tels coins réservés à l'aéroport de Zurich, dûment sponsorisés par une marque de cigarettes, et ça décoiffe, littéralement, tant la ventilation y est puissante! Un autre débat, qui a eu lieu en France et a débouché sur des dérogations (si je ne m'abuse) mais que la Suisse esquive, est celui des bars à narguilé. Rendez-vous à l'un de nos prochains scrutins!

Photo: Flickr/Joan Thewlis. Et vous reconnaîtrez sans difficulté le père Noël à cigarettes qui y apparaît...

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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 21:53

L'actualité nous oblige à nous plonger dans les affres de grandes banques que l'on croyait invulnérables. On se gausse de ces établissements valeureux qui, soudain minables, viennent frapper à la porte de l'Etat afin de décrocher une ou deux pincées de milliards, et l'on est tenté de bien rigoler. Tenté, je dis bien, parce qu'au fond, c'est quand même de notre épargne qu'il s'agit, en fin de compte.

Dans la tourmente actuelle, bon nombre de dirigeants bancaires ont choisi de renoncer à leurs bonus. Cela a commencé il y a deux ou trois semaines à l'Union de banques suisse (UBS), et se poursuit à présent dans le même établissement, où Marcel Ospel, ancien patron, vient de lâcher la poignée de millions de bonus que son contrat prévoyait pour lui - de même que d'autres collègues moins exposés. Sans doute a-t-il acheté ainsi la paix de sa conscience; mais mon propos va aborder d'autres pâturages.

Ce matin, en effet, sur le site Internet d'un journal de boulevard lausannois dont la version gratuite est meilleure que la version payante, je trouve un papier qui donne la parole au footballeur Kakà, meneur de jeu de l'AC Milan, qui défend son 1,15 million de francs suisses de revenus annuel. Là, je commence vraiment à me poser des questions.

Pourquoi ce jeune homme de 26 ans touche-t-il en effet autant d'argent chaque année, pour taper dans un ballon et se payer d'être fatigué d'avoir fait mumuse? Kakà a une réponse: "Malheureusement, c'est une idée très répandue de penser que les joueurs de football gagnent trop d'argent sans le mériter. Le football est un business qui génère des milliards et le coeur de ce business, ce sont les joueurs", répond-il à Grégoire Corthay, du Matin Bleu.

Splendide réponse, monsieur Kakà. Que ce footballeur permette que je réplique - et si j'ai mentionné les banques au début de mon papier, ce n'est pas un hasard car cela me permet de rebondir. Celles-ci, en effet, brassent également des mililards de francs, de dollars ou d'euros. Et le coeur du business bancaire, ce sont les hommes de terrain - ceux qui décident d'accorder les prêts aux jeunes couples désireux d'acquérir leur logement, ceux qui réceptionnent les bas de laine des petits épargnants, etc., en moyenne quarante heures par semaine. Est-ce que ceux-ci perçoivent aussi 1,15 million de francs suisses par an? Et travailler dans une banque, sourire sans cesse, ne pas filer de coups de boule aux clients importuns, Dieu sait que c'est parfois du sport... alors que le football est et doit rester un jeu. Même remarque pour n'importe quelle entreprise.

Et puisque M. Kakà a voulu porter le débat en se faisant le parangon de l'opérationnel, élargissons le débat au monde littéraire, dont il est souvent question ici. Le coeur du business littéraire, ce sont les écrivains. Or, lequel d'entre eux, même s'il jouit d'un enviable succès, peut se targuer d'un tel revenu? Jonathan Littell sur un seul ouvrage peut-être, J. K. Rowling sur une série; mais à l'échelon mondial, c'est peu. Le coeur du monde littéraire, c'est l'écrivain... et c'est lui qui touche le moins d'argent. Pourquoi est-ce différent dans le sport? Le sportif est-il plus rapace que l'écrivain? L'écrivain mérite-t-il mions que l'athlète?

Par ailleurs, puisque c'est de gros sous qu'il s'agit, est-ce que M. Kakà s'est demandé d'où vient son revenu? Nous serions certes mal venus de faire les fines bouches; mais qu'en est-il des matches de football truqués (surtout dans le pays d'origine de la mafia, où l'on n'ose pas organiser l'Euromillions), des combines à deux francs, de la comédie trop vite jouée pour perdre ou gagner ce qui doit l'être?

On dit enfin qu'un sportif doit penser à sa retraite très tôt... la belle affaire: entre la fin de son adolescence et l'aube de sa trentaine, il se sera amusé, et aura été payé pour cela - qui, parmi les lecteurs fidèles de ce blog, peut en dire autant, alors que certains sont à l'usine dès l'âge de quatorze ans? Quant à la reconversion des sportifs, je ne me fais pas de souci: ce sont des gens qui ont démontré qu'ils savent s'adapter, qu'ils sont mobiles, qu'ils maîtrisent ou se débrouillent dans deux ou trois langues, qu'ils font vendre en capitalisant sur leur simple nom, qu'ils ont une excellente condition physique, etc. La tenniswoman Martina Hingis, pointée du doigt pour consommation de stupéfiants, apparaît sur des publicités de machines à laver, le tennisman Roger Federer a un timbre-poste suisse à son effigie (et j'espère que Rolex lui a versé un chèque, car seul le nom de cet horloger apparaît en toutes lettres sur la marque d'affranchissement, avec celui du concepteur, Roland Hirter ), et, dans un rayon plus discret, le motard suisse Jacques Cornu a capitalisé sur son nom pour créer une école de sécurité pour motards. Enfin, une amie, ancienne cadre junior de l'équipe nationale suisse de ski, travaille à présent... pour une grande banque suisse, et en est heureuse.

Non, non et non: 1,15 million de francs pour taper dans un ballon, une balle ou un palet, pour piloter un bolide, courir ou nager comme le vent, ce n'est justifié en aucun cas. Encore moins en période de crise. Savez-vous d'ailleurs, amis visiteurs, s'il y a, quelque part dans votre entourage, un sportif qui a rendu ses bonus?

L'article du Matin Bleu est ici.
Illustrations: le timbre-poste où Federer porte une Rolex; Martina Hingis en position délicate (The Sun); Marcel Ospel, ex-patron d'UBS; Kakà, footballeur brésilien engagé à l'AC Milan.     

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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 22:48

Barack Obama, projection des rêves et espérances du monde entier? Il suffit de lire n'importe quel journal pour s'en rendre compte. Mais il convient de creuser un peu dans les arcanes de la généalogie et de la presse de boulevard helvétique pour découvrir les légers remous que cause une information originale et insolite: Barack Obama aurait du sang suisse, en plus d'être à la fois américain et kényan. Dingue?

Etre américain, on le sait, c'est souvent être le produit d'un savant brassage de peuples et d'humains venus des horizons les plus divers. Remontons donc un peu l'histoire: parmi les ancêtres maternels du futur président des Etats-Unis, on trouve un certain Johannes Gutknecht, originaire de la région de Berne - certains le disent même de Chiètres, donc Fribourgeois (comme moi, ha-ha!), parti s'installer en Alsace en 1715, à Bischwiller plus exactement. Le fils de Johannes, Christian, part pour les Etats-Unis au milieu du dix-huitième siècle avec toute sa famille, et s'installe à Germantown, en Pennsylvanie.

Un généalogiste alsacien nommé Christian Gunther précise certains éléments du pan helvétique de l'ascendance de Barack Obama. Il note en particulier que l'aïeul était actif dans la production de tabac... un savoir-faire apprécié aux Etats-Unis. Pour les adeptes des chiffres, le chercheur va jusqu'à préciser que Barack Obama a des racines germano-alsaciennes à 4,6865%. Quel serait le chiffre exact du sang suisse?

Retour aux sources pour Barack Obama, enfin: l'homme se rendra à Strasbourg pour un premier voyage à l'étranger, pour un sommet de l'OTAN, les 4 et 5 avril prochains. Et quand il reviendra en Suisse, gageons qu'il se trouvera quelqu'un pour lui rappeler ses racines - qui donnent du grain à moudre aux journalistes helvétiques depuis déjà pas mal de temps.

Les amateurs de Suisses illustres ayant tracé leur route aux Etats-Unis seront bien inspirés de lire ou de relire L'Or, de Blaise Cendrars. Johann August Sutter, héros de ce roman, est un personnage historique, et la ville de Sacramento existe, naturellement.

Navré de n'avoir pas trouvé de photo de Barack Obama avec un drapeau suisse, voire fribourgeois! Cela ne devrait pas tarder. Source de l'illustration: http://pac.romandie.com/get/4525/OBAMA.jpg 

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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 22:59

... qui suis-je? Ceux qui répondent Barack Obama auront compris à demi-mot le commentaire que Silvio Berlusconi a émis au sujet du futur président des Etats-Unis. D'une familiarité douteuse, voire carrément grotesque, s'émeuvent certains médias. Une gaffe supplémentaire de la part du Cavaliere, admettons. Mais plutôt que de hurler avec les loups de la presse, prenons Sua Emittenza au sérieux une minute, et réfléchissons à ce que sa petite phrase révèle. Un exercice délicat; qu'on me pardonne d'avance d'éventuelles maladresses.

Par ces trois adjectifs, Silvio Berlusconi ne résume certes pas l'homme Barack Obama, sans doute plus riche que cela au plan humain, mais l'image réductrice que les médias ont colportée de lui pendant des mois. Silvio Berlusconi brosse la synthèse de cette image en trois mots - c'est mieux qu'une dépêche d'agence ou qu'un SMS, et ça marche, en tout cas un peu. Voyons pourquoi:

Jeune: l'âge de Barack Obama (47 ans) a été régulièrement rappelé par la presse. Plutôt jeune pour devenir maître du monde, diront certains. Trop jeune pour l'Académie française, en tout cas en ce moment (Jean-Pierre Marion, qui vient d'être élu, a la soixantaine). Mais surtout, cela a servi à faire contraste avec John McCain, homme d'expérience mais aussi d'âge (72 ans), et à présenter Barack Obama comme le premier représentant de la génération qui a suivi celle des baby-boomers.

Beau: allez... les photos de Barack Obama l'avantagent! Et les caricaturistes n'hésitent pas à en faire un Christ (voir Chapatte dans Le Temps, par exemple), soulignant ainsi le charisme qu'on lui prête. Ce n'est pas le premier candidat charismatique proposé par le parti démocrate - qu'on pense à John Kerry, ou à Bill Clinton et son saxophone.

Bronzé: c'est sans doute l'épithète la plus douteuse de la série. Barack Obama a du reste eu la sagesse de ne pas s'adresser uniquement aux Noirs ou aux métis dans sa campagne, ni de faire de sa couleur un argument de vente. Mais la presse, elle, s'en est joyeusement emparée, saluant l'élection historique du premier président noir (ou métis) des Etats-Unis. Alors qu'élire un président compétent et actif n'aurait, en soi, rien d'historique: l'histoire est, en l'occurrence, le fait d'un élément totalement étranger à la maîtrise des dossiers.

En énonçant ces trois adjectifs, Silvio Berlusconi occulte, toujours à l'instar des médias, ce qui devrait être le seul critère de jugement d'un candidat qui débarque: son programme. Celui de Barack Obama présente quelques aspects qui peuvent sembler paradoxaux: certes favorable à un engagement renforcé en faveur de l'environnement, le président élu se montre également favorable à la peine de mort pour les crimes particulièrement révoltants, et au le retrait des troupes d'Irak... le contraire d'un va-t-en guerre, mais cela donne à craindre de nouveaux désordres, en tout cas de l'avis de certains, encore sur place; il faudra donc soigner le travail. Barack Obama se retrouve enfin placé à la tête d'un Etat en crise profonde. Quels seront ses remèdes?

Par ailleurs, un tel résumé semble dire à Barack Obama: "Bienvenue dans la ronde des présidents people!" Qui sont-ils? On pense certes à Silvio Berlusconi, mais aussi à Nicolas Sarkozy - qui, sans qu'il soit question d'émettre une critique à l'encontre de leur action, se font avant tout remarquer pour des éléments qui échappent à leur emploi (petites phrases, vie sentimentale) et, en acceptant qu'une partie de leur pouvoir soit partagée ou déléguée, perdent partiellement prise sur les problèmes nationaux au profit d'autres entités plus lointaines qui ne bénéficient pas toutes de la légitimité que la démocratie leur procure. Entouré (voire encerclé) de faucons issus des milieux économiques, faible parmi eux en tout cas jusqu'au 11 septembre 2001, Georges W. Bush est sans doute aussi de ceux-là.

Alors, Barack Obama est-il un président people de plus? La presse a avant tout mis en avant les facettes les plus voyantes du personnage; elle serait à présent mal inspirée de montrer du doigt, sur ce coup-ci, un homme d'Etat habitué à mettre les pieds dans le plat. Reste qu'à présent, le monde entier espère que Barack Obama ne sera pas que "jeune, beau et bronzé". Qui vivra, verra!

Photo: Le Journal des Débats 

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"Parler avec exigence, c'est offrir à l'autre le meilleur de ce que peut un esprit."
Marc BONNANT.

 

 

"Nous devons être des indignés linguistiques!"
Abdou DIOUF.