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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 21:59

Parce qu'une bonne information mérite un suivi, voici quelques brèves de comptoir concernant l'un ou l'autre des sujets que j'ai abordés ces derniers temps. Pour annoncer la couleur, le petit Navarra de ce soir était particulièrement savoureux...

 


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Affaire du rosé issu de mixtures: la France, principal opposant à cette idée (et on la comprend!) vient d'obtenir un répit jusqu'à après les élections, soit jusqu'au 19 juin, date de la décision suprême. Ce délai est également dû à l'attente d'une décision suprême de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Il ne reste plus qu'à prier pour que là-bas au moins, on sache ce que c'est qu'un vrai rosé. Une des pistes explorées par ailleurs consiste à différencier l'étiquetage. Faut-il alors que le mélange se signale, ou que la méthode traditionnelle soit indiquée comme telle? A mon avis, c'est au nouveau venu de faire l'effort de se signaler comme tel. A mon avis, le mélange des genres serait malheureux ici... même s'il fait merveille dans d'autres domaines.

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Affaire du G20: Angel Gurría, secrétaire général mexicain de l'OCDE, a avoué que si Hong Kong et Macao ne figurent pas sur les listes infamantes publiées par le G20 ces derniers jours, c'est uniquement par crainte de faire capoter le sommet de chefs d'Etat tenu à Londres il y a quelques jours - la Chine menaçait de claquer la porte si ses terres se retrouvaient sur la "mauvaise" liste. En revanche, inscrire la Suisse sur la liste grise ne pose aucun problème... ni du reste les "petits" pays de l'Union européenne (Luxembourg, Autriche) particulièrement doués dans le secteur bancaire (et particulièrement mal protégés par l'UE à en croire l'éditorialiste du journal genevois "Le Temps", ce qui revient à dire que la Suisse n'aurait rien gagné à être membre sur ce coup-ci). Selon que vous serez puissant ou misérable...

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Meilleur job du monde: les sélections vont bon train. Des Européens sont encore dans la dernière ligne droite permettant de décrocher ce job formidable, consistant à traîner sur les plages pour un salaire délirant. En particulier, on trouve Ben Southall, spécialiste anglais de la recherche de fonds, et le Lyonnais Benoît Henry, 23 ans et une copine qu'il entend embarquer avec elle s'il décroche l'emploi. Seize candidats sont à présent à couteaux tirés pour décrocher l'emploi; pas de nouvelles des candidats suisses. Pour les survivants (il y a eu près de 40000 candidatures), la semaine d'entretiens aura lieu du 2 au 7 mai 2009. Affaire à suivre! Quant à moi, je regrette un peu que l'offre ne se soit pas présentée au bon moment: j'ai encore un mémoire en administration publique à pondre, à présent que j'ai passé tous les cours requis, avec succès.

Et pour finir, on ne sait toujours pas quand aura lieu la finale du championnat suisse d'orthographe 2009. La demi-finale est organisée le 25 avril 2009 à 15 h 30 au Salon du Livre de Genève... et votre serviteur s'y trouvera, en prélude à la dictée de Saint-Vaury, le 2 mai 2009. S'il y en a que ça tente, et qui ont envie de voir ma trombine...

Illustration: Edward Hopper, Nighthawks/
http://www.edwardhopper.info.

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Publié par Daniel Fattore - dans Air du temps
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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 22:23

Dimanche soir, j'ai eu l'occasion heureuse d'évoquer "Fils unique", roman et exercice de style réussi signé Stéphane Audeguy. Et en y repensant, j'ai l'impression d'avoir loupé, dans mon commentaire, un élément clé de ce roman: le point de vue que le personnage principal porte sur la peine de mort.

Les exécutions, sommaires ou ritualisées, constituent en effet l'un des éléments importants du roman de Stéphane Audeguy. Le lecteur se souvient par exemple de la narration de cette exécution foireuse qui eut lieu en quelque ville de province: le condamné se retrouve libéré de ses liens par la force du feu qui doit le brûler vif. Cette scène permet à l'auteur de "Fils unique" de présenter le goût que son personnage a pour les techniques: il le montre en train d'évoquer la chemise soufrée, progrès technique qui permet à ceux qui sont condamnés au bûcher de mourir par étouffement avant même que les flammes ne les dévorent. Une manière d'adoucir leur sort, de le rendre plus humain, en quelque sorte. Le lecteur est également frappé par le récit de l'exécution cruelle de Robert François Damiens.

Mais nous sommes dans un roman qui se passe au dix-huitième siècle, et ce siècle est celui de l'invention de la guillotine, dans le sillage de la Révolution française. Le récit de François Rousseau en fait mention, en insistant fortement sur le fait qu'elle permet des exécutions plus nombreuses et moins distinctes, puisqu'à partir de là, on peut se permettre le luxe de dire que "tout condamné à mort aura la tête coupée". Fortement ritualisées, événements publics d'importance, les exécutions deviennent, avec l'avènement de la veuve, des moments banalisés. Et cela d'autant plus - et le narrateur ne manque pas de le souligner - que le caractère "efficace" de la guillotine offre aux juges la tentation de condamner à mort. Tentation à laquelle ils cèdent souvent. 

Ce qui conduit à une banalisation de cette peine, devenue soudain industrielle avant l'heure. Le narrateur le dit, nous l'avons déjà évoqué, et rappelle que la Révolution est propice à ce genre d'usage. L'auteur, en homme astucieux, glisse alors là l'un des paradoxes les plus frappants de son ouvrage: alors que François Rousseau semble fort intéressé par les peines capitales, alors qu'il assiste à quelques exécutions, l'auteur passe totalement sous silence les exécutions de Louis XVI et de Marie-Antoinette - alors qu'elles se trouvent pile poil dans la période évoquée. Vous avez dit banalisation? Si même l'exécution d'un couple royal vaut moins qu'un fait divers, c'est qu'elle est bien avancée. L'on peut aussi voir ici la banalisation du couple royal lui-même, relégué au rang d'une paire de condamnés de droit commun.

Banalisée, devenue ennuyeuse pour le public qui la trouve trop expéditive, la peine de mort deviendra un spectacle indéfendable en public - et sera réservée aux justiciables. Cette relative discrétion lui vaudra la perte de son caractère exemplaire... et après la Seconde guerre mondiale et les épurations y afférentes, rares seront les fois où le couperet tombera. François Mitterrand aura dès lors beau jeu d'abolir la peine de mort: geste symbolique fort, il ne fera, en grande partie, que normaliser ce qui est déjà presque une réalité dans les faits: depuis plusieurs lustres déjà, il est fort rare qu'en France, quelqu'un prête son cou à la lame de la veuve.

Photo: Flickr/halfeast

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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 23:17

Allez, hop: ceux qui passeront sur mon blog ce samedi sauront qu'il y a un événement essentiel à célébrer le 21 mars: mon anniversaire. Voilà, c'est dit. Mais que se passe-t-il ces jours-ci, au-delà de cet événement finalement assez anecdotique?

J'aime me poser la question de savoir qui a son anniversaire le même jour que moi (ou le contraire, ce qui peut donner une idée de mon narcissisme...). Le 21 mars est donc le jour de naissance de plein de gens formidables, parmi lesquels je tiens à mentionner Jean-Sébastien Bach et Ayrton Senna, parce que rien, à part leur célébrité, ne les rapproche. Les aficionados de l'Académie française noteront aussi que c'est le jour de naissance de Pierre-Jean Rémy (auteur des savoureux "Orient-Express"), du prince Lucien Bonaparte, d'Henri Massis et du juriste Jules Favre. Parmi d'autres célébrités, on mentionnera Claude-Nicolas Ledoux, mais aussi le cycliste  suisse Hugo Koblet, l'acteur Gary Oldman, l'actrice Patricia Viterbo (qui a joué dans des adaptations de romans de San-Antonio!), le footballeur Ronaldinho, le cinéaste Eric Rohmer, etc.

Le 21 mars, c'est aussi l'équinoxe de printemps. Les astronomes ont tendance à se montrer ultra-précis dans le calcul du début du printemps: celui-ci commence tantôt, selon eux, le 20 ou le 22. En Europe orientale, on fait commencer le printemps au 1er mars. Qu'importe! Je suis un peu partial, mais pour moi, ça commence le 21, point barre.

Le 21 mars est du reste une date non dépourvue d'inconvénients, puisque quoi qu'on fasse, de quelque manière qu'on calcule, elle tombe toujours en plein carême catholique. Ceux qui me connaissent mal pourraient y voir une incitation au jeûne et à l'abstinence... mais après 35 ans, force m'est de constater que sur ce point précis, j'ai pris un peu de recul avec les règles ancestrales de l'Eglise catholique (qui, du reste, ne tient plus guère à un respect strict du carême précédant Pâques).

Mais même s'il fallait bannir l'alcool et la viande, il resterait une satisfaction d'un ordre particulier: la langue française. En effet, l'Organisation internationale de la francophonie pose aux environs de cette date-là toutes ses manifestations de promotion de la langue de Molière. Je me retrouve donc avec plein de propositions de dictées: jeudi, j'ai participé à celle de l'Université des aînés de Berne, raflant un premier prix avec deux fautes à la dictée, et, dimanche, je remets ça avec la dictée de l'hôtel Métropole à Genève. Enfin, les mots prétextes de la semaine me trottent dans la tête; peut-être vais-je pondre un sonnet un de ces quatre matins.

Et puisqu'on parle des "journées mondiales", il paraît que le 21 mars 2009, jour de mes 35 ans, sera également la journée mondiale du sommeil. J'espère que je pourrai piquer un petit roupillon pendant la journée...

P. S.: et qui est né le 21 mars 1974, comme moi? L'actrice Laura Allen, connue pour son rôle dans la série "Les 4400"; il paraît qu'elle a joué dans Dr House. Ne me demandez pas ce que c'est, je ne regarde pas la télévision - mais je serais enchanté de rencontrer cette contemporaine parfaite,

Et vous, qui est votre contemporain (e) parfait (e) - jour, mois, année? 
 

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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 21:39

Cela fait quelque temps que je ne vous ai pas parlé de sports... mais force est de constater qu'en farfouillant un peu dans les poubelles du Net (et dans les pages les plus insolites de la réalité), on trouve des disciplines plutôt cocasses. Le lancer d'objets insolites en est un exemple patent. Quoi de plus banal, en effet, que de lancer un boulet ou un javelot quand on peut balancer des choses bien plus cocasses?

On se souvient par exemple des concours de lancers de nain (vivant). Après un championnat du monde tenu en Australie en 1986, ils ont été progressivement interdits à la demande des associations de défense des intérêts des personnes de petite taille parce qu'ils attentaient à leur dignité. L'évolution de la législation s'étend de la fin des années 1980 au début des années 2000, et fait suite, en fonction des lieux, à un lobbying intensif. Les Nations unies ont même confirmé ces interdictions, notamment en France, en fondant leur avis sur des arguments de protection de l'ordre public. Ouf!

Depuis lors, on lance des nains de jardin. Une petite recherche permet d'aboutir sur un site "à vocation humoristique", celui du
VOLAN. Feuilleter un peu permet de découvrir les outrances et supercheries (photos maquillées, historique "préhistorique", recordmen aux noms fantaisistes, etc.) de ladite association. Mais un véritable concours a bel et bien eu lieu dans le cadre d'une fête populaire organisée à Engreux, en Belgique. Apparemment, il s'agit plutôt de faire rouler le nain sur une longue distance après l'avoir placé dans une caisse à savon. J'imagine sans peine que d'autres concours ont été organisés ailleurs, de façon plus ou moins formelle.

Mais il y a plus étrange encore. La Finlande s'est par exemple fait connaître par un développement assez peu commun de sports insolites: porté d'épouse, endurance au sauna, football sur terrain boueux, etc. Et là, on trouve... le lancer du téléphone portable, organisé à Savonlinna (là, certains vont dire que je fais une
fixation...). L'exercice se décline sous sa forme de compétition (distance maximale) et sous une forme "freestyle" (jugé selon l'esthétique); il connaît même ses recordmen (un lancer à plus de 95 mètres, par un certain Chris Hughff) et s'exporte: j'ai entendu parler d'un concours du genre en Suisse, il y en a en Allemagne et ailleurs, et Wikipedia mentionne une version avec téléphones fixes, organisée à Lawrence, sans doute aux Etats-Unis. En compétition, n'importe quel téléphone portable est admis, mais il est interdit de l'utiliser deux fois de suite.

Il existe enfin quelques sports plus fantasmatiques comme le lancer du rouleau à pâtisserie ou le lancer de la brique, voire le lancer du PC planté à travers la fenêtre. Et un jour, il faudra que je vous parle de la pétancube, mais d'ici là... que lancez-vous?

Photo: Flickr/husini.sani

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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 20:02

... ou plutôt la production de devoirs via un site Internet! L'initiateur du projet a en effet bouclé son site, peu après sa mise en oeuvre, que j'ai évoquée il y a peu de jours. Il affirme n'avoir subi aucune pression; mais l'air ambiant n'était sans doute pas très propice au développement de ce business (qui aurait pu être lucratif, paraît-il, au vu des commandes reçues): même un certain Xavier Darcos y est allé de son commentaire, condamnateur comme on peut s'y attendre.

Le site Internet en question va jusqu'à publier une lettre de son créateur, déclarant en substance qu'il a compris que sa démarche n'avait rien de pédagogique. "Les nouvelles technologies doivent servir à nous améliorer et non à nous assister", conclut-il, avant de mentionner que les frais engagés par les clients seront remboursés sur simple courriel. J'essaie d'imaginer quelle débauche de courriers cela va entraîner...

Cela dit, on pourrait se demander pourquoi un homme d'affaires jeune mais déjà expérimenté dans le secteur des services s'est lancé dans une telle galère sans se poser des questions d'ordre pédagogique ou simplement moral: avant de lancer un produit, on se demande quand même un tout petit peu quel impact il pourra avoir! Cela, d'autant plus qu'il a fait montre d'une grande sûreté de lui au moment du lancement - témoin l'article paru dans l'organe du Figaro (1).

L'exemple type du lancement d'un produit raté, faute d'étude de marché? Plus j'y pense, plus je me demande si l'initiateur du site n'a pas plutôt voulu se faire un gros coup de pub pour son site principal (que je ne mentionnerai pas non plus, pour ne pas couper dans cette combine). La stratégie serait la suivante: vous lancez un truc énorme, susceptible d'intéresser les grands médias nationaux et de générer un buzz important sur Internet, en n'oubliant surtout pas de présenter également, liens et coordonnées à l'appui, la maison mère - en l'occurrence un site spécialisé dans les services à la personne. Tout cela paraît cohérent aux intéressés; on laisse entendre que la maison mère est d'une certaine importance (personnellement, je n'en avais jamais entendu parler avant cette curieuse affaire, et pourtant Dieu sait que je surfe!), et hop: la notoriété appelle la notoriété, donc le papier. Et l'on se fait voir à bon compte dans Le Figaro... Un seul élément ne cadre pas: il n'y a pas de lien vers la maison mère sur le site qui vient de boucler, après une journée d'activité.

Le pétard est mouillé? Qu'importe: pourvu qu'on en parle!

(1) Le site a par ailleurs eu les honneurs d'un autre journal français, dont le titre rappelle un grand événement de l'histoire de France du vingtième siècle. Celui-ci pousse le vice jusqu'à citer la concurrence, liens et désignation exacte des sites à l'appui. Cela, sans oublier de mentionner qui est gratuit et qui est payant... Ca, c'est de l'enquête journalistique!  

 

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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 21:33

... mais que les jeunes qui débarquent ici ne viennent pas me demander comment! Ils n'ont qu'à aller éplucher un certain journal français dépendant du groupe Dassault, s'ils maîtrisent encore la lecture... Une poignée de jeunes gens vient de lancer un site Internet qui propose aux élèves largués de faire leurs devoirs à leur place - contre rétribution, bien sûr, un exposé d'une dizaine de pages pouvant coûter jusqu'à 80 euros. De l'autre côté, des étudiants résolvent les problèmes de robinets, rédigent les commentaires composés, font (peut-être) des lignes d'écriture, dans un délai allant de 24 à 72 heures; ils sont payés à l'heure, et en fonction de la note obtenue, de 15 à 45 euros de l'heure.

Naturellement, cela fait grincer quelques dents - dont les miennes. L'initiateur, également actif dans la vente de services moins controversés, considère qu'il se fait ainsi un bon coup de pub, et que c'est le marché qui va décider du maintien de cette offre. Culotté, l'homme parvient même à balayer les reproches d'anti-pédagogie et de creusement des inégalités sociales: pour le premier élément, les devoirs sont expliqués et ne se limiteraient pas à une simple réponse; pour le deuxième, le chef d'entreprise considère même que vu les prix bas pratiqués (plus bas que la concurrence, affirme-t-il - donc il existe une concurrence!), son service tendrait à réduire les inégalités...

La première question qu'on se pose est naturellement celle de la légalité du procédé. Et certes, celui qui l'a lancé considère tout cela comme parfaitement légal. Sans doute a-t-il les moyens, que je n'ai pas, de se payer une expertise juridique. Mais que répondra-t-il à un élève qui se retournera vers son entreprise en cas de découverte du pot aux roses? Les élèves devraient savoir que les enseignants savent aussi manier Google pour retrouver des phrases suspectes d'être recopiées sur Internet pour nourrir un exposé; ils savent également, sans doute, que la tricherie a ses risques et sanctions, et qu'ils sont tenus de faire leurs devoirs eux-mêmes. Sans doute le patron se décharge-t-il de toute responsabilité de ce genre dans les conditions générales de vente. Outre la question de savoir qui va vraiment lire ces dernières, je trouverais cela quand même un peu facile: on incite à tricher (ne serait-ce que par le marketing, puisque le site en question a son brand, son logo, son slogan, et est sans doute dûment référencé), puis on s'en lave les mains?

Anti-pédagogique? Je le pense aussi, et souhaite répliquer à ce qu'assène l'initiateur de ce projet. Certes, les problèmes résolus sont dûment expliqués afin que l'élève puisse refaire le raisonnement à tête reposée. Mais demandons-nous un instant qui va recourir à ce genre de service. J'imagine volontiers le client lambda, paumé à l'approche dangereuse d'une échéance, envoyant rapidement son problème de maths (peut-être même en pleine nuit - le site en question assure-t-il une telle permanence?), attendant la réponse, la recopiant, la transmettant à l'enseignant, qui dira que c'est tout juste... en revanche, et dites-moi si je me fais une trop piètre idée de la nature humaine, je ne l'imagine guère potassant les solutions expliquées une fois l'alerte passée. Et quand bien même il le ferait, cela ne vaudrait certainement pas autant, en termes d'apprentissage, que la recherche personnelle de la bonne manière de procéder. Et qu'adviendra-t-il si le professeur décide d'interroger l'élève par oral à propos d'un exposé, et constate que l'élève, en réalité, ne sait rien parce qu'un autre que lui a fait le travail d'épluchage?  

Créateur d'inégalités? L'argument est également balayé un peu vite par le patron, à mon avis. De cinq à quatre-vingts euros, c'est l'ordre de grandeur d'un argent de poche mensuel (ou bimestriel), en fonction de l'âge du client. Pour se payer ce genre de service, il convient donc d'avoir des rentrées. Travail à l'extérieur? Ou parents particulièrement généreux? Dans le premier cas, une nécessité impérieuse pourrait faire filer une part non négligeable du montant dans un tel deal (et priver le client de quelque chose de plus nécessaire ou de plus agréable), à moins que le prospect ne renonce au service; dans le second, l'insouciance règne... alors que le temps ne fait certainement pas défaut pour l'étude. 

Bref, payer pour ne pas faire ses devoirs, c'est quelque chose que je ne recommande pas. Le savoir de base ne s'achète pas, il s'acquiert par le travail. Et, dans le même ordre d'idée, je recommande encore moins de plagier les blogs, même si ça a l'air gratuit: les blogueurs connaissent eux aussi leurs droits sur leurs créations...

Photo: Flickr/Antoine

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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 22:21

... un rapide message pour signaler que l'échéance de candidature du "meilleur job du monde" est passée - dommage pour les rêveurs atteints d'une tendance à la procrastination! L'employeur remercie d'ores et déjà les 34000 candidats d'avoir fait l'effort d'envoyer leur dossier, assorti d'une vidéo. La "short list" des candidats (avec une terminologie pareille, on se croirait à l'académie Goncourt) sera définie le 2 mars à 23 h 59 UTC, et le compte a rebours est en cours sur le site consacré au job. Dorénavant, nous ne serons que spectateurs de cette aventure de l'emploi, qui a quand même mobilisé des gens issus de 200 pays, dont certains ont eu les honneurs de la presse chez eux. Et de notre coté, il ne reste plus qu'à rêver qu'au terme du contrat, le poste sera repourvu, de préférence par quelqu'un d'autre. Un conseil? D'ici là, apprenez à plonger et ouvrez votre blog - ou faites-moi signe, si vous avez postulé. Votre témoignage m'intéresse.  

Et pour nous consoler, disons-nous que l'hiver recule: nous avons eu une belle journée ensoleillée aujourd'hui, à Fribourg. Et ce fut bien agréable...

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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 22:27

C'est un billet de Wrath, consacré au copinage, qui me lance sur ce sujet. A partir d'un exemple personnel (une attachée de presse de l'éditeur Leo Scheer semble la snober), elle conclut sur une affaire de copinage: si tu es copain avec l'attachée, ça va tout de suite mieux - et c'est déplorable. S'ensuit, naturellement, un débat portant sur les relations pas forcément évidentes du blogueur et du journaliste avec la presse.

Faut-il forcément voir du copinage dans les relations privilégiées qu'ont les journalistes avec les attachées de presse? Je ne crois pas que la réponse soit si simple. Ou alors, c'est qu'elle mérite d'être élargie à un univers qui dépasse largement Saint-Germain-des-Prés.

Que se passe-t-il, en effet, quand on est journaliste, critique de quelque chose, etc.? D'un côté, le journaliste est extrêmement courtisé. Dès qu'il se pointe quelque part, on fera tout pour qu'il se sente à l'aise. Cela peut commencer par un petit café offert, ou à l'entrée gratuite au concert sur lequel il devra écrire une pige. Pour faire bon poids, la personne chargée des relations avec la presse, ou l'amphitryon, ou le chef du projet dont il sera question, ira plus loin: repas, échantillons des produits l'entreprise, etc. A partir de là, au journaliste de savoir ce qu'il est prêt à accepter, en conscience, sachant qu'à la sortie, il devra écrire un article informatif, et pas un simple coup d'encensoir. Une Rolex en or massif est-elle encore acceptable? Certains journalistes estiment qu'est acceptable un cadeau qu'on peut montrer aux collègues, voire partager avec eux (un morceau de fromage, par exemple). Cela me semble assez régulier. D'autres se fixent un montant maximal - quand ce n'est pas l'entreprise ou la convention collective de travail qui le font à sa place.

A cette aune, le blogueur est tenu aux mêmes limites. Un livre, ce n'est pas une énorme affaire (quelques dizaines de francs), et des opérations telles que Babelio sont la preuve qu'on peut concevoir un système où tout le monde est content. Pressentant que les blogueurs ne sauraient accepter n'importe quoi, les entreprises qui les courtisent pour vendre des objets onéreux (des voitures ou du matériel de haute technologie, par exemple) n'offriront pas directement l'objet, mais une expérience avec celui-ci - avec tout le décorum qui peut aller avec. Là encore, au blogueur - ou au journaliste, pour en revenir à lui - de faire la part de l'objet testé (dont il doit être question dans l'article) et de ce qui l'entoure, créé pour faire en sorte que l'article soit plus long, plus laudatif, plus remarqué enfin.

Et les attachées de presse, dans tout ça? Certes, leur boulot est d'accompagner un livre (ou un produit) jusqu'au journaliste, que ce soit de manière impersonnelle (on envoie le livre, et si quelqu'un en parle, tant mieux!) ou plus appuyée (on rencontre le journaliste, on le cornaque à fond - ce qui est plus facile quand on est près de lui). Mais il serait illusoire de penser que c'est un marché à sens unique. Le journaliste aura en effet plaisir à rencontrer une attachée de presse sympa; mais il en aura encore davantage si elle lui lâche, mine de rien, des informations qui lui permettront de se démarquer de ses confrères (à la suite de quels méandres le texte a été publié, si l'auteur fréquente les stars, s'il a une activité secrète inavouable mais quand même publiable, etc.). Telle est aussi l'attitude du député qui parachute, mine de rien, un scoop à l'attention d'un journaliste parlementaire. Que l'attachée de presse organise une interview entre l'auteur et le journaliste, et ce dernier sera heureux, puisqu'il pourra poser les questions qui le turlupinent et façonner son article comme il l'entend... tout en mettant l'interviewé mieux en valeur qu'au moyen d'une brève. A partir de là, évidemment, l'attachée est aux ordres de son patron... mais le journaliste a accès aux titres des publications à venir (par exemple les listes des rentrées littéraires), et peut donc demander à évoquer tel volume plutôt que tel autre. Enfin, on compte aussi sur sa curiosité intellectuelle.

Rien de noir ni de blanc, donc, dans les relations entre les entreprises à vocation commerciale et la presse. Mais de part et d'autre, les intérêts peuvent se rencontrer. Il ne reste qu'à faire en sorte que ça se passe le moins mal possible. Et pour cela, les relations interpersonnelles sont un bon moyen - ça va tout de suite mieux, en effet, pour toutes les parties. Cela vaut aussi pour d'autres professions: si un traducteur professionnel connaît personnellement ses clients, ne serait-ce que pour avoir fait une fois santé avec eux, le courant passe tout de suite beaucoup mieux.

S'il faut appeler cela du copinage, alors je suis pour.

Photo: Flickr/Messy! "Away...

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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 22:34

Dix-huit mille candidatures. Tel est, à quelques jours de l'échéance, le bilan de la vaste opération de recherche de l'oiseau rare lancée par l'office du tourisme du Queensland (Australie) afin de pourvoir ce qui a été vendu comme le meilleur job du monde: gardien de l'île Hamilton, sise au coeur de la Barrière de corail, présentée comme un bijou. De quoi relativiser les quelques centaines de CV reçus pour certains emplois à pourvoir sous nos latitudes...

On sait d'ores et déjà que les candidatures émanent de plus de 200 pays - étonnant quand on sait que les Nations Unies, qui rassemblent pour ainsi dire tous les Etats du monde, en comptent environ 195. On trouvera probablement des Français, des Belges, des Canadienes et Québécois même, dans cette galère (mes lecteurs venus de ces pays me le confirmeront); on sait en revanche avec certitude que des Suisses ont tenté leur chance. La crise a dû par ailleurs doper les candidatures, attirant de nombreux chômeurs à la recherche de quelque chose de meilleur.

Par la bouche de Nicole McLaughton, porte-parole, l'employeur se dit stupéfait par les moyens mis en oeuvre par les candidats pour attirer leur attention. Il est demandé, en particulier, d'envoyer une vidéo d'une minute où les postulants expliquent, en anglais, pourquoi ils sont particulièrement aptes à remplir la mission: aucune crainte des requins, un goût prononcé pour la langue anglaise, une belle expérience de baroudeur sans frontières, un amour soudain et inexplicable pour les coraux, etc. Certains candidats ont même eu les honneurs de la presse de leur région, ce qu'ils n'ont pas manqué de signaler à leur (peut-être) futur employeur. D'autres ont créé un site Internet spécialement pour faire valoir leur candidature.

La suite des opérations? Cinquante postulants seront présélectionnés, puis onze personnes auront l'insigne honneur de passer un entretien d'embauche sur place, à partir du 3 mai. Réponse définitive le 6 mai! 

Et si vous voulez tenter votre dernière chance, foncez: vous avez jusqu'à dimanche, sur le site
http://www.islandreefjob.com.  

Photo:
http://mypetjawa.mu.nu/archives/cat_australia.php

P. S. : merci à Cécile de Quoi de 9 d'avoir relayé mon premier billet à ce sujet!

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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 23:59

... et fin, jusqu'à la prochaine fois, mais je ne saurais passer sous silence un événement d'actualité: le 6 février est, depuis 2001, la journée mondiale sans portable! Un événement peut-être pas très connu, mais qui présente le double avantage, sur ce blog, de se rattacher à l'actualité... et de parler d'un écrivain.

C'est en effet à l'initiative de Phil Marso, écrivain "indépendant", qu'est née la "journée mondiale sans portable". En 1999, il publie aux éditions Mégacom-Ik (c'est-à-dire chez lui-même) le roman policier "Tueur de portable sans mobile apparent", texte drôle et décousu qui brocarde allègrement les travers des aficionados de la téléphonie cellulaire. Deux ans plus tard, il lance sa fameuse journée. Et depuis, il surfe sur les phénomènes de société et sur les histoires de portable; il a notamment signé le premier roman écrit en langage SMS, et "traduit" en ce même langage les fables de La Fontaine ("la Font'N j'M"). J'imagine que le lecteur doit s'accrocher... L'oeuvre du bonhomme est suffisamment conséquente pour mériter une page sur Wikipedia; celle-ci a cependant failli passer à la trappe: trop confidentiel au goût de certains wikipédiens, peut-être?

Pourtant, Phil Marso a voulu que son initiative de journée mondiale sans portable soit connue, et n'a pas lésiné sur la communication, en ligne ou par voie de presse; je me souviens d'en avoir entendu parler dans un article du "Matin", ce fameux canard lausannois orange, pas forcément recommandable mais toujours plein de ressources. La presse nationale française s'en est fait l'écho également l'an dernier.

Plutôt que de prôner une opposition frontale, cette journée se veut une invitation à la réflexion autour de l'usage que les gens font de leur téléphone portable - avec, quand même, la proposition de le couper pendant 24 heures. Suggestion est même faite de ne plus envoyer de SMS dans les lieux publics pendant le week-end, histoire de prolonger la journée. Cette année, les affiches jouent avec l'actualité, et Phil Marso en profite pour sortir un nouveau livre sur la prévention des dangers du téléphone portable, s'adressant aux ados: "Braquage de neurones! Tu meurs?".

Et pourquoi le 6 février, me demanderez-vous enfin? Parce que c'est la Saint Gaston... et que naturellement, y'a l'téléfon qui son et y'a jamais person qui y répond!

Le site de la journée mondiale sans portable:
http://www.mobilou.info (où j'ai puisé le matériel iconographique du présent billet).

P. S. : l'événement a son groupe sur Facebook. A quand une journée mondiale sans Facebook?

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Publié par Daniel Fattore - dans Air du temps
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