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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 21:27

Only Women, Men, and breakdancing babies allowed in WC par johntrainor... merde? Je garde toujours en mémoire le texte que Jean Vilain, écrivain, a rédigé pour Monsieur Toussaint Louverture. Texte prémonitoire qui rappelle que ce que les animaux et l'humain produisent de plus humble peut être valorisé de manière inattendue. En particulier, Jean Vilain évoque la possibilité de produire du papier à partir de crottes d'éléphant - une possibilité d'ores et déjà exploitée par le papetier sri-lankais Maximus. Pas mal, non? Je n'ai jamais vu l'objet, mais si on peut mettre ça dans notre imprimante, ce serait un bienfait pour nos forêts.

En parlant de merde toujours (excusez le terme!), je me souviens d'une bonne conversation que j'ai eue avec une connaissance, qui m'a confirmé dans le potentiel qu'a ce produit de notre humanité. Le biogaz, ça vous dit quelque chose? J'avais avancé, avec raison, que cela pourrait être l'avenir de l'alimentation de nos villages en courant électrique. A titre d'exemple, j'avais mentionné un agriculteur de Puidoux qui me soutenait que pour alimenter son village, deux bioréacteurs suffiraient. Leur fonction? Tirer l'énergie que contiennent les excréments de toutes sortes de bêtes, y compris humaines, afin d'en faire du courant. L'agriculteur en revendait même, au prix fort, à d'autres entreprises électriques aux heures de pointe. Pas mal, non?

Et voilà que ce matin, une dépêche de l'Agence France Presse me rappelle aux contingences liées à nos bons vieux cacas plus ou moins nerveux. Croyez-moi si vous le voulez, mais il est possible de perdre son téléphone portable dans le trou des toilettes chimiques des trains modernes, et en particulier du TGV... et c'est ce qui est arrivé récemment à un jeune homme. Si ce n'était que cela, on en aurait bien rigolé dans les services de maintenance de la SNCF... mais voilà: l'homme a voulu rattraper son précieux téléphone, et hop: le voilà coincé - littéralement dans la merde. Il a fallu le désincarcérer, ce qui a valu un immense retard au train en question, et une tripotée de cliens contrariés. Du coup, vous imaginez que c'est à l'Agence France Presse qu'on a dû se bidonner...

... et pas seulement. L'histoire a en effet connu un rebondissement sur
http://www.viedemerde.fr, un site où chacun peut confesser, de manière anonyme, les contrariétés dont il est la victime au quotidien. Là, un voyageur qui se trouvait dans le même train pleure le retard (un retard avec un mobile de merde, mais un retard quand même, semblent dire les commentaires), et il s'est même trouvé une autre personne pour rebondir sur la confession: elle était dans le même train! Le monde de l'Internet est bien petit, et ses chemins sont décidément impénétrables.

Le texte de Jean Vilain:
http://www.monsieurtoussaintlouverture.net/Histoires/05-28-05Avenirestdansla.html
Vie de merde: http://www.viedemerde.fr

"Le jour où la merde vaudra de l'or, les pauvres naîtront sans trou du cul." COLUCHE.
Et mes excuses si j'ai pu choquer certains lecteurs par la crudité de mon propos. Mais là, je tenais un sujet...  


UPDATE: l'aventure du jeune homme du TGV a connu paraît-il un précédent; en Suisse, on estime que cela ne pourrait pas arriver parce que le trou des toilettes en circuit fermé est trop petit... Je vous laisse imaginer ce qu'il y avait dans la presse gratuite ce matin.

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Publié par Daniel Fattore - dans Air du temps
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14 octobre 2008 2 14 /10 /octobre /2008 22:11

Chers antifascistes autoproclamés,

L'histoire l'a démontré plus souvent qu'à son tour, les meilleures causes revêtent souvent les habits les plus abominables. Vous en avez fait la triste preuve une fois de plus le week-end dernier, en démolissant le bar "Elvis et moi", établissement qui, en organisant régulièrement des concerts, contribue à sa manière à l'animation de Fribourg, petite ville de Suisse romande dont le dynamisme a su en étonner plus d'un.

On dit que vous êtes d'extrême-gauche, et que vous avez voulu, de la sorte, faire taire l'ensemble "Camerata Mediolanense", un groupe de musique gothique qu'on classe volontiers à droite, coaché par l'agent "Soleil Noir", qui utilise des symboles peu orthodoxes (le soleil noir, justement) pour sa promotion. Horreur, malheur? Tout le monde, dans cette affaire, vous dira que si, aux heures sombres, un certain parti a récupéré un symbole ancestral pour sa gloire, l'agent actuel ne saurait en être entièrement responsable. L'organisateur du concert se dit apolitique; pourquoi ne pas l'écouter, plutôt que de le juger a priori? Suite à votre démolition du bar "Elvis et moi", "Soleil noir" a décidé de cesser toute activité, tant est stigmatisante l'étiquette national-socialiste qu'on veut lui coller depuis environ 72 heures. Et quand bien même cela serait, le fait qu'il soit du bord opposé au vôtre vous autorise-t-il à agir de la sorte?

Vous avez donc détruit l'outil de travail d'un jeune agent artistique non conformiste, soit. Mais là n'est pas le plus grave. Vous vous êtes attaqué à un bar que je fréquente peu - je l'avoue - mais qui a tout l'air d'être sympathique et, surtout, profondément original. Qui, de nos jours où règnent la sobriété et la ligne droite et froide, oserait accueillir ses hôtes dans un univers où des Bambi en plastique côtoient un piano déglingué, le tout sous un éclairage aux couleurs vives? "Elvis et moi" avait trouvé sa clientèle, constituée sur les cendres du fameux bar "Le Passage Interdit", qui occupait les lieux avant que n'arrive Valentine Jaquier, la nouvelle tenancière. Une tenancière qui, pour donner un cachet à son nouvel établissement, n'avait pas hésité à exposer ses propres objets de collection.

- Et justement, avez-vous pensé à elle? D'après ce que relate la presse, vous l'avez mise dans le même sac que ceux que vous abominez. Elle vous répond par une question, une seule: "Who Killed Bambi?". Cette question, le groupe punk Sex Pistols la pose depuis plus de vingt ans. Et la tenancière vous répond en ouvrant son bar moins de 72 heures après vos actes. Preuve d'un courage qui vous fait cruellement défaut.

Ces actes, justement, vous les justifiez sans doute au nom d'une "action citoyenne" visant à nettoyer au lance-flammes les fascistes de tout poil. Pas besoin d'être grand clerc pour deviner que sur ce coup-ci, vos méthodes étaient celles mêmes des groupuscules violents que vous dénoncez. Certains vous ont comparé aux SA, forces d'intervention brutales du NSDAP; je crains qu'il ne faille vous classer plus bas encore, puisque vous vous attaquez à une personne qui ne vous a rien demandé, ni rien pris, et dont le seul tort est de s'efforcer de gagner honnêtement leur vie. Et franchement, trente antifascistes menant un assaut rapide contre une propriétaire de bar et moins d'une demi-douzaine de musiciens, est-ce là une preuve de courage? Auriez-vous osé intervenir de la sorte face à un service d'ordre solidement organisé? Qui, parmi vous, aurait fait le déplacement pour manifester contre les opposants aux minarets de Cologne? Peu de gens: là, y'avait les flics...

Votre réaction n'est pas celle de démocrates avisés. Pour faire passer leurs idées, les démocrates s'assurent d'une majorité avant d'intervenir par le biais du vote; vous, vous démolissez un bar - bel effort! Elle n'est même pas le fait d'adultes responsables de leurs actes - peut-être, les circonstances aidant, n'aurez-vous même pas à répondre des vitres cassées et des valeurs sentimentales brisées face à un tribunal. A ce titre, tout ce que vous méritez, c'est une bonne fessée. Malheureusement, le code pénal ne prévoit pas cette peine...

Depuis le week-end dernier, nous sommes tous des Elvis. Tous avec "moi" - c'est-à-dire Valentine Jaquier. A qui nous souhaitons bon vent et bon courage.

Coup de colère et coup de coeur, en réaction à une opération coup-de-poing d'un groupuscule antifasciste organisée dans le bar "Elvis et moi", à Fribourg.

Le site du bar:
http://www.elvis-et-moi.ch
L'article de la Tribune de Genève: http://www.tdg.ch/actu/suisse/2008/10/13/vraix-casseurs-faux-neo-nazis-retour-saccage
Le point de vue d'Indymedia: http://switzerland.indymedia.org/fr/2008/10/63612.shtml
Le site de Soleil noir: http://www.soleilnoir.ch (fermé)
Le site du groupe italien qui aurait dû se produire ce soir-là:
http://web.tiscali.it/cameratamediolanense/

Photo: site du bar.

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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 20:47

... mais aussi aux gros lecteurs...

J'ai reçu hier l'information suivante: les éditions Xenia, basées à Vevey, s'apprêtent à publier, ce mois encore, les écrits complets de Theodore John Kaczynski, plus connu sous le nom d'Unabomber, bête noire de la CIA de 1979 à 1996 en raison de son combat radical pour l'écologie. Mathématicien brillant, il bascule dans l'action concrète et violente (voire homicide) après avoir dénoncé, dès l'âge de 20 ans, les dérives de la technologie. Sa spécialité serait le colis piégé.

N'ayant pas trouvé d'éditeur pour ses oeuvres en Amérique, il a mandaté un correspondant français de lui trouver un éditeur en Europe. Et c'est sur Xenia que le choix est tombé. Après plusieurs versions françaises non autorisées de certains de ses textes, Xenia ambitionne à présent de proposer au lectorat un texte définitif et approuvé par l'auteur.

D'après la présentation de l'éditeur, les essais, lettres, etc. recueillis au fil des 400 pages de ce volume à paraître sont aujourd'hui encore d'une étrange actualité. Bonne cause, mauvais moyens? Gageons que cette publication fera débat, conformément à l'idée directrice des éditions Xenia: "Osez lire ce que nous osons publier."

Theodore J. Kaczynski, L'effondrement du système technologique, Vevey, Xenia, 2008, 440 p.

Pour connaître tous les détails:
http://www.unabomberbook.com/

Iconographie: portrait-robot d'Unabomber.
Source: 
hacks.mit.edu/by_year/1996/unabomber/.

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2 octobre 2008 4 02 /10 /octobre /2008 21:26

Les chevaliers des statistiques et autres informations de blog le savent aussi bien que moi: parfois, les mots clés les plus délirants, les plus farfelus conduisent certains internautes égarés à votre blog ou à votre site. A l'époque, le blogueur Ludovic Monnerat, expert en stratégie militaire, relevait également, avec un clin d'oeil, toutes ces perles - autant de phrases qui n'avaient rien à voir avec le grand échiquier mondial.

La blogueuse
Delphine Kilhoffer ne fait pas exception à la règle; elle a donc eu l'idée de créer un blog spécialement consacré à ce sujet, après une rapide consultation.

Et comme il n'est pas bon que le blogueur soit seul dans ce genre de plaisanterie, elle fait appel aux webmestres et tenanciers de blogs pour nourrir son propos. Il y en a d'ores et déjà d'assez jouissives, par exemple "Comment dresser son mari" ou "Pâté de rêves" (bon appétit!) qui renvoie au blog des
Blairaudes, ou "Caresser une femme discrètement", qui conduit au journal extime de La Factrice. Deux blogs qui n'ont rien fait du tout pour mériter qu'on y parvienne par de tels détours, naturellement - et c'est là que ce sport peut devenir cocasse.

Le mode d'emploi et les modalités d'envoi figurent sur le nouveau blog. Ca se passe ici:

Essai_folles_requ_tes5

Et je suppose que les auteurs de ces séries de mots clés nous feront l'hommage des droits d'auteur!

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21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 16:46

Philippe Néricault DestouchesIl y a un petit mouvement d'humeur que j'ai envie de commettre depuis un certain temps, au sujet de ce qu'a dit un jour un certain Philippe Néricault-Destouches: "La critique est aisée, mais l'art est difficile." Souvent, je me suis demandé si ce n'était pas, dans une certaine mesure, le contraire qui serait vrai - et quelques expériences réalisées dans le domaine m'ont donné à réfléchir.

On admettra volontiers qu'à l'époque de Destouches, l'artiste était coincé, dans son activité créatrice, par de nombreux impératifs liés à une censure omniprésente. Pour l'artiste, le fin du fin consistait régulièrement à trouver des chemins de traverse pour faire passer le message de manière non frontale, mais de manière à ce que le public comprenne... Cela, sans oublier, bien sûr, l'exercice d'un métier fortement codifié: au dix-huitième siècle, personne n'a encore fait exploser les formes les plus classiques, comme le feront plus tard les romantiques en prônant mélanges des genres et autres spécialités.

Mais aujourd'hui, certains artistes n'hésitent pas à revendiquer une liberté absolue. La poésie libérée (de quoi?) est trop souvent confondue avec un alignement quasi aphasique de mots sans rythme perceptible, ou de phrases avec renvois à la ligne aléatoires pour "figurer des vers". Lors d'un symposium organisé à Berne au sujet des limites du représentable il y a quelques années, une peintre locale se demandait pourquoi ce qui est permis à un médecin ne le serait pas à un artiste, et brandissait haut et fort sa liberté absolue, article 21 de la Constitution à l'appui,... oubliant fort opportunément que les libertés fondamentales peuvent être limitées à certaines conditions (art. 36). Il faut dire que le symposium avait pour origine une "installation" mettant en scène une mouette avec une tête de bébé humain... Jusqu'où peut-on aller? On peut aller partout, diront certains, sans hésiter.

Face à eux, le travail du critique n'est pas forcément évident. Certes, il est facile de torcher une critique assassine d'un film lorsqu'on sait que le réalisateur, surbooké à Hollywood, ne la lira jamais - quoique, vu le travail de fourmi que font les argus et les attachés de presse en épluchant les médias. Mais qu'en est-il du travail de proximité? Une proximité accentuée par le phénomène de l'Internet, qui permet à chacun d'accéder à tout, ou presque. En écrivant que telle ou telle oeuvre relève du génie ou de la bouse, le critique n'a rien dit. Dans le second cas, il blessera inutilement l'auteur de ladite bouse, ainsi que ceux qui ont su l'apprécier mieux que lui. Vue comme cela, la critique est facile... mais ce n'est pas de la critique. Destouches aura peut-être été victime d'un tel torchon assassin; si ce'st le cas, que l'auteur du torchon brûle en enfer!

Celle-ci doit adopter également un travail d'argumentation basé sur des faits que tout un chacun peut constater dans l'oeuvre - de nombreux vers boiteux dans un poème classique, par exemple, dénoteront un travail négligé. L'argumentation sera du reste d'autant plus bétonnée que le critique souhaite émettre des réserves. Rien ne sert, par ailleurs, d'attaquer frontalement une création déplaisante - si ce n'est à s'attirer des lettres de lecteurs haineuses, ce qui ne devrait pas être le but de l'exercice. Le critique n'a pas aimé tel ou tel concert donné par une société locale? Plutôt que d'aborder le caractère affligeant de la musique, il parlera des costumes. Les costumes sont communs? Il changera encore d'angle, parlant du cadre, du public, etc. Ou alors, il donnera un tour positif à ce qui, a priori, peut paraître négatif: plutôt que de parler, au sujet d'un concert, d'une "scie mille fois entendue", pourquoi ne pas évoquer "le choix de valeurs sûres et intemporelles"?

Cela sans compter, enfin, que le critique donne une visibilité, et non des moindres, à l'artiste - qui ajoutera toute critique favorable à son press book, et se mettra même à exiger des "critiques positives". Au rédacteur de faire son travail en conscience, en esquivant les pièges... au fond, la critique, c'est un art!

Illustration: Destouches/source: Wikipedia.
L'affaire dite du "bébé mouette" a été lancée par un blog (très) conservateur suisse, le Bureau audiovisuel francophone, qui a interrompu ses activités. Le symposium a été entièrement transcrit, ici: http://www.freiheitderkunst.ch/files/Ruan_podium_transcript%20.doc (en allemand)
Constitution suisse, pour ceux que cela amuse:
http://www.admin.ch/ch/f/rs/101/index.html

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16 septembre 2008 2 16 /09 /septembre /2008 21:37

95%

Berne, Time Tower par geragIl paraît que 95% des Bernois sont satisfaits de vivre dans leur ville, et que cela ne date pas d'hier... Tout d'abord, la source de l'information: je l'ai glanée pas plus tard que ce soir, en attendant le train qui doit me ramener de Berne à Fribourg, dans le hall de la gare de la capitale helvétique, où des écrans diffusent de telles nouvelles. Celle-ci m'a laissé un chouïa perplexe.

J'ai en effet vécu environ quatre ans à Berne. Et après deux ans passés à Fribourg, mon constat est toujours le même: Berne, c'est une chouette ville... mais si mal habitée! Pas de racisme anti-suisse alémanique là-dedans: simplement, je ne suis pas parvenu à me créer, dans cette cité, un réseau d'amitiés digne de ce nom, alors que j'y étais parvenu à Berlin, ainsi qu'à Fribourg, naturellement, au temps de mes études - cela, sans parler de Bulle, où j'ai fait mes écoles. Le dialecte alémanique serait-il une paroi de verre placée devant les allophones? Je le crois sincèrement, et cela vaut pour toute la Suisse alémanique (celle qui n'a pas le Léman, donc a-lémanique, pour reprendre l'image d'Yves Laplace).

Autant dire que si l'on m'avait sondé, je ferais partie des 5% de mécontents. De quoi? D'entendre parler le dialecte alémanique, la chose est dite. Mais aussi de payer plus cher certains produits et services simplement parce que "Berne, c'est la Kapitale!" et que les fonctionnaires, c'est bien connu, gagnent bien leur vie. De savoir que pour entrer dans une chorale qui a un tantinet d'ambition, il me faudra débourser une cotisation importante. De savoir qu'au bout de presque un lustre, je n'ai guère de réseau d'amis sur place. De noter avec tristesse que la ville est déjà trop grande pour que ses habitants puissent bénéficier d'une relation véritablement personnelle avec leurs autorités - je ne vois pas, par exemple, quelle tête peut bien avoir le maire de Berne, le "Stapi" (diminutif de "Stadtpräsident"), comme on le surnomme affectueusement.

Cela, sans oublier, naturellement, l'aspect "souris grise" qui colle à la capitale helvétique, repaire de centaines de fonctionnaires. Du temps où les fonctionnaires fédéraux étaient obligés d'y vivre, une culture francophone s'y était développée. Puis cette obligation est tombée, à la grande joie des fonctionnaires, mais du coup, la cité est retombée aux mains des Alémaniques. La librairie française a dû fermer ses portes faute de clients, et le théâtre francophone cherche en vain de nouveaux spectateurs, de préférence jeunes. Que serais-je allé y faire? Ai-je une mentalité de fonctionnaire, vraiment?

La Cathédrale de Fribourg III par usbdevice... je me trouve donc bien, mieux même, à Fribourg - cette ville peinte par Jacques Chessex dans l'un ou l'autre de ses romans. Le centre historique de Fribourg n'est certes pas inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, mais il vaut également le détour, ne serait-ce que par son étendue (il s'agit, sauf erreur, du plus grand ensemble bâti cohérent de Suisse). Forte d'un peu moins de 40 000 habitants, Fribourg conserve des dimensions humaines - il m'arrive même de saluer, dans le train, l'ancien syndic, Dominique de Buman, désormais conseiller national - et de discuter avec lui. Et chanter dans une chorale d'exception n'y coûte rien, si ce n'est un investissement personnel qui paraîtra naturel à tout passionné. Moins de bistrots? Peut-être, mais tellement plus vivants! Certes, le Gothard n'est plus ce qu'il était; mais il reste le Cintra pour boire des verres, le Midi pour manger des fondues (c'est même mieux qu'avant!), la Cigogne pour un bon repas, et mille pizzerias abordables pour les soirs de nostalgie du sud. Cela, sans oublier la dimension culturelle qui, débarrassée en partie de son carcan institutionnel, s'épanouit librement face à un public d'intéressés. Chouette, non?

Alors, que valent les sondages sur la satisfaction d'habiter dans une ville? Tout relatif, à mon humble avis...

Berne: http://www.bern.ch
Fribourg: http://www.fribourg.ch
Pour une bonne chorale à Fribourg: http://www.xvi.ch

Photos: Flickr/usbdevice, photoriel

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15 août 2008 5 15 /08 /août /2008 19:14

L'Assomption est l'occasion de se dire que l'Eglise va quand même se nicher dans les endroits les plus improbables, ce qui n'est pas sans générer une certaine émotion. J'ai en effet poursuivi mon petit voyage virtuel du côté des Iles Subantarctiques, ce qui m'a donné l'occasion de découvrir que ces îlots, si inhospitaliers qu'ils soient, sont dotés, pour trois d'entre eux (sur quatre!), de lieux de prière allant de la chapelle à l'église. Autant d'endroits aux noms évocateurs.

Le plus grand oratoire est sans doute l'église "Notre-Dame des Vents", situé sur l'île Kerguelen, exposé aux vents. Il s'agit sans doute de l'église la plus méridionale de France, voire du monde, bien loin des cigales du Midi. Elle a été construite entre 1957 et 1958 sous la férule de l'abbé André Beaugé. Sa vocation est oecuménique, mais son mobilier et sa dédicace témoignent d'une orientation quand même très catholique; une statue de la Vierge en bois, dite "Vierge des Phoquiers", signée Félix Férioli, accueille du reste les visiteurs désireux de se recueillir. Elle se trouve dans la petite localité d'hivernants de Port aux Français, peuplée de militaires et de fonctionnaires habilités à des tâches manuelles, qui fêtent chaque année la "MidWinter".

L'île Crozet a également sa chapelle, "Notre-Dame des Oiseaux". Il s'agit d'un petit bâtiment cubique avec un clocher extérieur au bâtiment. Quant à l'île d'Amsterdam, elle dispose aussi de sa chapelle. Encore plus sobre, elle est constituée d'un cube auquel une grande croix est fixée. Elle n'est du reste guère plus grande que sa porte d'entrée... mais dispose de tout ce qu'il faut, tabernacle autel, etc. En revanche, Terre Adélie n'a pas (encore) sa propre église. Avis aux architectes!

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13 août 2008 3 13 /08 /août /2008 20:29

Vous ne savez pas quoi faire de vos vacances? Vous en avez un peu sec des plages espagnoles et des monuments historiques trop souvent visités? On dirait que la République Française en personne a pensé à vous. En effet, elle a ouvert les Iles Australes au tourisme en 1994, et organise des voyages circulaires dans ces contrées quatre fois par an, en bateau à bord du Marion Dufresne, bateau originellement réservé au ravitaillement des rarissimes populations locales - scientifiques et colons. C'est plus froid, plus sauvage, plus audacieux. Plus cher aussi. Mais ça change un peu, et c'est possible toute l'année.

Un voyage original? Ce n'est que le prénom. Ceux qui s'inscrivent doivent s'attendre à visiter quelques îles du territoire français, souvent oubliées des livres de géographie, accessibles uniquement par voie maritime: Crozet, Kerguelen, Amsterdam, Saint-Paul - cette dernière étape sans garantie, vu les conditions climatiques extrêmes qu'il peut y avoir en ces contrées. C'est que les Iles Australes portent bien leur nom, et que le climat n'a rien du caractère jouissif que peut avoir le soleil sur la côte méditerranéenne.

La tournée dure de 12 à 14 jours. Les aventuriers passeront beaucoup de temps en bateau, mais on s'occupera d'eux. Le navire est doté d'une bibliothèque et d'un bar, mais cela n'a rien de bien nouveau... les TAAF organisent par ailleurs des conférences qui permettent de mieux les connaître et de découvrir, de manière théorique, les îles visitées. Celles-ci se distinguent par le caractère préservé et sauvage de leur nature; du reste, elles ne sont pas peuplées d'humains de manière permanente. Lors des étapes, les groupes de voyageurs sont du reste pilotés par des guides.

On imagine volontiers à qui peut s'adresser une telle expédition, à la fois fascinante et originale: des amoureux de la nature, des ornithophiles passionnés, etc. Davantage que des humains, ces gens rencontreront des manchots, des otaries, des albatros, des éléphants de mer, plus ou moins jeunes en fonction de la saison choisie. Du point de vue de la faune, l'organisateur des voyages signale du reste que l'expédition est plus favorable en été - l'hiver étant plus favorable aux amateurs de beaux paysages, notamment les Kerguelen sous la neige, et à ceux qui veulent voir une crèche de manchots royaux (c'est comme pour les humains: un groupe de petits manchots...)

Après tout cela, vous imaginez volontiers qu'on ne part pas là-bas, dans ces contrées humides et venteuses, avec un bermuda et un tee-shirt à fleurs. L'organisateur recommande en particulier de s'habiller de manière très imperméable, de prendre des bottes, de privilégier le gore-tex et la fibre polaire. Communiquer avec l'extérieur? Un sport malaisé: le téléphone fonctionne mais il coûte cher (Inmarsat). Mais comme les TAAF pensent à tout, ils ont même prévu une adresse électronique ad hoc. J'ignore si elle permet de tenir un journal de bord sous forme de blog pour les copains restés en Europe, mais elle ne permet pas de consulter votre boîte électronique usuelle. Pour la durée du voyage, enfin, on vous proposera de faire votre lessive... n'oubliez pas votre baril d'Omo, il y en a à bord, mais c'est plus cher!

Et le prix? Un peu inhospitalier certes, mais quand on aime, on ne compte pas. Une expédition reviendra entre 5350 et 8400 euros par personne, à quoi il faut ajouter le vol pour la Réunion et les menues dépenses personnelles. Avis aux amateurs, mais entre la
bibliochaise et les manchots, peut-être faudra-t-il choisir...

Pour en savoir plus:
http://www.taaf.fr
Pour mettre l'eau à la bouche: Jean-Paul Kaufmann, L'Arche des Kerguelen (commenté par Thaïs).

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25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 20:18

Une ville d'à peine cinq cents habitants, ça vous étonne? Je vous comprends. D'habitude, quand on pense "villes", on imagine plutôt de grandes métropoles, ou au moins des bourgades rassemblant au bas mot dix mille âmes. Pourtant, les hasards de l'histoire ont permis qu'en Europe, plusieurs cités sont autorisées à revendiquer le titre de "ville" alors qu'elles ne sont guère peuplées.

Quels seraient les critères, si l'on exclut la population? Historiquement, on retient la présence d'un château, d'un marché, d'un droit de battre monnaie, et peut-être un passé déterminant dans le domaine politique. A ce régime, Gruyères, évoquée dans un précédent papier, est aussi une ville.

A ce titre, la deuxième localité qui me vient à l'esprit est Rue, dans la Glâne, en Suisse. Un joli coin, ma foi, avec un demi-millier d'habitants. Malgré tout, cet endroit a des airs de citadelle fortifiée, juchée sur une colline, avec un petit château pour surplomber le tout. Il s'agissait d'une ancienne résidence savoyarde; actuellement, le château est habité par le patron d'une importante chaîne de magasins d'électronique de divertissement. L'histoire de Rue vaut son pesant de cacahuètes puisqu'il y a eu là-bas un marché, mais aussi un casino (une rue s'appelle encore "rue du Casino") et un hôpital. Avant la création de l'Etat moderne en Suisse, en 1848, Rue était même le chef-lieu de la Glâne, toutes proportions gardées, avant de passer le témoin à Romont.

Longtemps, Rue s'est vendu comme "plus petite ville d'Europe". Or, elle a fusionné, voilà quelques années, avec les communes environnantes de Blessens, Promasens et Gillarens, ce qui porte à un peu plus de mille le nombre de ses habitants. Toujours la plus petite ville d'Europe, alors?

D'autres cités sont sur les rangs, en tout cas. Durbuy est par exemple une ville francophone de Belgique; elle n'hésite pas, dit-on, à s'afficher comme "la plus petite ville du monde". En matière de population, toutefois, elle affiche fièrement plus de dix mille habitants... à la suite de fusions, également. Difficile, cependant, de cerner les raisons de ce statut de "ville"; les visiteurs belges de ce blog pourront peut-être m'en dire davantage.

La cité de Miranda do Douro, au Portugal, revendique aussi ce titre, tout comme Rabstejn, en République Tchèque. Miranda do Douro compte plus de 7000 habitants, répartis dans quinze villages; la démographie s'y est avérée galopante depuis les années 1960. Son statut de ville remonte à 1286, et lui a été conféré par le roi Dom Dinis. Elle est par ailleurs la ville située la plus à l'est du Portugal, et peut s'enorgueillir d'une cathédrale.

Située en Bohême, Rabstejn prétend surtout être la plus petite ville tchèque. D'abord un hameau, elle s'enorgueillit plus tard d'un château, avant d'être élevée au rang de ville en 1337. Un article relève qu'il n'y a là-bas que quelques dizaines d'habitants, ce qui mettrait cette cité en très bonne position pour être la plus petite ville d'Europe en termes d'habitants, coiffant ses concurrentes sur le poteau.

Grytviken ChurchDu monde, cependant? Sans doute pas. Là, je crois qu'à part les villes fantômes du Far West, il existe quelques villes très peu peuplées. Je pense surtout à Grytviken, ancien port de pêche à la baleine, situé en Géorgie du Sud. Une localité qui a tout pour plaire: un cinéma désaffecté, un port, des ateliers désertés, des ruines d'avions (des suites de la guerre des Falkland), la tombe d'Ernest Shackleton, une église, de la neige, une faune à part et même un musée. Et les conservateurs, Tim et Pauline Carr, sont les deux seuls habitants permanents de cette ville... Qui dit mieux?

Durbuy:
http://www.durbuy.be
Géorgie du Sud:
http://www.mclaren.gs/grytviken.htm
Miranda do Douro:
http://site.voila.fr/miranda_do_douro/index.html
Rabstejn: http://www.radio.cz/fr/article/68514
Rue: http://www.rue.ch (source de la photo)

Photo Grytviken: flickr/Tod Lundgren

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17 juillet 2008 4 17 /07 /juillet /2008 21:02

Montblanc MeisterstückDes cartes postales il y a quelques jours, un commentaire bien placé... et je vais basculer sur l'instrument scripteur que je préfère: la plume réservoir. Tel sera le sujet de mon billet de ce jour - et certaines, que j'ai eues en main, ont leur petite histoire.

Il y a eu d'abord la Pelikan scolaire rouge, un objet formidable qui m'a tenu des années... et que j'ai tout de suite bien appréciée, en raison de la couleur du bleu roi qui en sortait, et de l'agrément d'écriture. Le bec s'est retrouvé plié une ou deux fois, j'ai malmené l'objet, mais elle est restée longtemps fidèle au poste. Paix à son âme... au contraire de la Geha qui m'a servi pour les devoirs à la maison - un bleu bien plus moche, ni franchement noir, ni franchement bleu... non!

Plus tard, entre l'école secondaire et le collège (c'est-à-dire de 12 à 19 ans), rien à signaler, si ce n'est des plumes achetées peu cher au supermarché, mais que j'ai toujours regrettées parce qu'en dépit de leur prix modiques, là aussi, elles étaient formidables. Je me suis retrouvé de temps en temps avec des ustensiles pour gauchers, moi qui suis un droitier convaincu... mais il n'y a jamais eu de problème de cohabitation. Peut-être que quelqu'un sait me dire quelle est la différence? Débit d'encre, peut-être?

Puis vint la dictée de Besançon, en 1991. Là, j'ai gagné ma première Parker, perdue quelques années plus tard, hélas... une chose magnifique, bleue, dorée, noire, avec encore plus de confort d'écriture. Il me reste le stylo à bille - qui me sert aujourd'hui encore, bien qu'il soit un peu esquinté, pour prendre des notes de lecture.

Il a fallu que je perde une plume de supermarché à Berlin pour avancer, en hivre 1999/2000. Là, j'ai d'abord choisi la voie bon marché, et ai opté pour un duo stylo/plume en métal. Erreur! Le corps des objets était en métal, le pas de vis en plastique; le frottement entre les deux parties a eu raison du plastique, m'interdisant de fermer ces instruments. Poubelle! Malheureusement: en dépit de leur faible prix, ces objets étaient jolis. Trop chers quand même, vu qu'ils étaient également foireux. Alors, j'ai basculé dans l'extrême inverse...

... et je suis entré dans la boutique Mont Blanc de Kurfürstendamm et, pour 300 Deutsche Mark, je me suis procuré le Meisterstück qui me sert aujourd'hui encore. Une belle bête, vraiment, et un délice pour celui qui écrit! J'ai été immédiatement conquis, au moment même d'essayer la plume au magasin; et pour le plaisir d'avoir quelques pleins et déliés, j'ai choisi un bec plat (si si, vous avez même le choix des armes!). Petit inconvénient: elle coule. Gros avantage: elle permet une belle écriture. Je m'en sers pour écrire des lettres privées, ainsi que pour les championnats d'orthographe, en espérant éviter la panne sèche (les cartouches sont petites). Savez-vous du reste qu'une série Meisterstück limitée "Stylo de la paix" a été produite à partir de restes de missiles? Notons qu'à la même période, il y eut aussi une plume Lamy, morte noyée dans l'encre noire.

Dans les années 2000, enfin, j'ai encore acquis une Huahong très satisfaisante qu'il faudra que je recolle, et j'ai par ailleurs reçu une Parker bleu marine, plus modeste que la Duofold du championnat mais très bien quand même, qui me sert au quotidien. Me voilà donc bien équipé pour écrire!

Au fond, qu'ai-je encore besoin d'un clavier?

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Publié par Daniel Fattore - dans Air du temps
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