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16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 18:50

Il y a comme ça des surprises qui vous réjouissent pour la journée... ce matin, parmi les commentaires reçus, j'ai trouvé celui de M. Michel Bosseaux, me renvoyant vers son propre blog. Rien d'exceptionnel - si ce n'est qu'il y faisait une recension du mien, évoquant mes derniers articles et décrivant la mise en page.

Qu'il soit remercié pour ce coup de projecteur! C'est la première fois que cela m'arrive, et ça fait plaisir.

Michel Bosseaux a son site ici:
http://www.letourdesblogs.net/ . Puisque j'y suis, je vais vous en parler un petit peu, puisque lui aussi fait quelque chose de très sympathique, présenté de manière simple et sobre qui plus est. Le nom de son blog parle de lui-même: le blogmaster propose régulièrement une sélection des blogs qu'il a feuilletés, et les commente à la manière d'un article de journal en invitant chaque visiteur à partir à la découverte. Les messages sont sympathiques, et reflètent les joies et les difficultés que présente le travail de recherche et de synthèse.

Quelques fruits dessinés invitent à savourer ce qui est proposé ici. Dessinés? Cela semble la moindre des choses pour un blog qui, dans ses pérégrinations, fait la part belle à la création. On découvre ainsi des blogs de photographes (beaucoup), d'auteurs, d'artistes, etc. Les pérégrinations de l'auteur ne datent pas d'hier, ce qui fait que certaines pages sont hélas allées rejoindre le cimetière des blogs. Mais d'autres sont encore actifs, et c'est une excellente chose.

Un tel travail de sélection et de recherche est respectable! Bonne continuation au blogmestre donc.


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6 mai 2008 2 06 /05 /mai /2008 20:58

plume d'oie #1L'auteur de textes en prose, ou de nouvelles, s'interroge volontiers sur le caractère fluide de son texte, mais aussi sur sa musicalité et sur son rythme. Pour ce faire, il recourt volontiers à une lecture à haute voix, gueuloir que Flaubert n'aurait pas renié. Mais pour développer une sensibilité musicale, a-t-il pensé à la poésie classique?

Avant tout, que les choses soient claires: le français n'a pas la musicalité de l'italien, de l'espagnol, ni même de l'allemand. Il lui faut donc trouver d'autres ressources. Pourtant, le génie francophone est parvenu, depuis longtemps, à créer des rythmes poétiques sur d'autres bases que les principes toniques - qui ne sont pourtant pas reniés. Et peu à peu, les règles de la poésie française se sont mises en place. Une harmonie solide, qu'on peut transgresser mais qui joue pour le poète le rôle des cours d'harmonie pour le compositeur: une base incontournable, un pied-à-terre où l'on revient.

Cette base est faite de formes fixes, de contraintes, de longueurs de vers précises, de rythmes mis en place au moyen d'hémistiches et de césures reproduisant la pulsion de la respiration humaine. Un carcan, une contrainte insoutenable? Que nenni, puisque de grands génies ont démontré l'étendue de leur talent en s'accommodant fort bien de tout cela. J'y vois plutôt un stimulant qui permet à l'auteur de dire ce qu'il veut avec d'autres mots, et de chercher plus profond, en lui-même, ce qu'il veut vraiment dire. Le tout, en musique... puisque la musique d'un alexandrin bien balancé est inimitable, et que le bannissement du hiatus garantit un bon équilibre entre voyelles et consonnes.

Pourtant, m'a dit un ami, la poésie classique est désertée par les jeunes, plus attirés par le style libre, en apparence plus facile. Plus facile, vraiment? Il n'est pas compliqué de poser quelques mots sur la feuille, et de dire: "C'est mon poème", sans même oser y toucher, de peur de trahir le caractère primesautier de ce qu'on exprime. A ce régime, pourquoi ne pas aller pousser un cri dans la rue? La bonne poésie libre est également musicale; quand au vers classique, son rythme double en quelque sorte le sens des mots, permettant à ceux-ci de mieux atteindre le coeur du lecteur, s'ils sont bien choisis. Peut-être l'auteur perd-t-il en profondeur; mais il gagne sans doute en puissance, à la manière d'une chanson.

Il y a plus préoccupant: les règles sont tombées dans l'oubli, ce qui fait que n'importe qui se sent suffisamment en forme pour monter un sonnet: quatorze vers, les doigts dans le nez! Or, du point de vue technique, sans être impossible, l'exercice nécessite de se souvenir de quelques canons. Ceux-ci ne sont pas là pour brider l'inspiration, mais bien pour la canaliser afin qu'elle jaillisse, plus ciblée donc plus forte.

Tout cela est profitable à l'écriture de romans, voire de nouvelles, car cela contraint à chercher en soi une manière moins banale, plus personnelle, de dire ce que l'on a à dire. Et, sans cesse, de faire en sorte que le texte se distingue du bottin téléphonique ou de la rubrique des faits divers de votre journal préféré.

Alors... à quand un bel et bon sonnet?

Pour en savoir plus: http://www.poete.ch.

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24 avril 2008 4 24 /04 /avril /2008 21:49

... ou plutôt l'un de ses ministres: jeudi dernier, l'Académie française a nommé Claude Dagens, évêque d'Angoulême, au fauteuil de M. René Rémond. Avec dix-huit voix sur vingt-six électeurs présents, il remporte même une confortable victoire sur Christian Dedet, son unique adversaire. Proportionnellement, il est même mieux élu que Jean-Loup Dabadie, proclamé Immortel il y a une semaine seulement.

Il convient de rappeler ici que l'Académie française a toujours compté, parmi ses membres, un représentant de l'Eglise catholique. Cette tradition a connu son apogée à la fin du règne de Louis XIV, et a commencé à être battue en brèche juste après, lorsque les Lumières sont entrées en force dans la vénérable compagnie - qui a pourtant compté, à une certaine période, dix-neuf ecclésiastiques parmi ses membres. L'été dernier, Mgr Lustiger, par ailleurs régulièrement pressenti pour occuper le siège du Pape, s'est éteint des suites d'une maladie qui l'avait contraint à renoncer à ses activités en habit vert; c'est donc aussi à lui, dans une certaine mesure, que Mgr Claude Dagens succède, puisque l'Académie française ne compte actuellement pas d'autre ecclésiastique dans ses rangs.

Avec Mgr Claude Dagens, c'est aussi la Gironde qui revient sous la Coupole, puisqu'il est né le 20 mai 1940 près de Bordeaux. Formé à diverses écoles, il est ordonné prêtre en 1970, est affecté à des paroisses bordelaises et parisiennes avant de se consacrer à l'enseignement. En 1987, il est ordonné évêque; il exerce depuis 1993 les fonctions d'évêque d'Angoulême.

Rajeunir la Confrérie? Ce n'est pas encore l'heure d'y penser. Une fois de plus, rappelons que pour les membres de la Confrérie, devenir Immortel reste une forme de consécration, de couronnement d'un parcours perçu comme exemplaire - une perception difficile quand on parle d'un jeune homme ou d'une jeune femme qui a tout à prouver. Le cadet de l'Académie française pourrait cependant bien être Jean-Christophe Rufin, dont la candidature a été reçue aujourd'hui. Né en 1952, ce diplomate et écrivain coifferait ainsi sur le fil le benjamin actuel de la Confrérie, Erik Orsenna. Réponse le 19 juin, date de l'élection du successeur d'Henri Troyat, pour laquelle l'auteur de "Rouge Brésil" est sur les rangs.

Photo: site Internet du diocèse de Poitiers.

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23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 20:31

... d'ailleurs, je me demande pourquoi je m'esquinte à en parler. Mais puisque j'ai commencé...

Je vous avais déjà parlé du blog d'entreprise ouvert à l'occasion des préparatifs à l'Euro 2008, qui aura lieu en Suisse et en Autriche et pour lequel tout le monde est sur le pont. L'un des intervenants a choisi de poser la question: le sport est bon pour la santé - vraiment? Sa réponse est négative; je me suis donc senti moins seul. Mais ses raisons laissent songeur: il rappelle qu'on a davantage d'infarctus pendant les grands événements sportifs, que la bière plus les chips plus les cacahuètes siphonnés devant la télé, ça crée un cocktail plutôt lourd pour l'estomac, etc. Si j'ai bien compris, le sport est mauvais pour la santé... du supporter.

Et pour celle du sportif, de son milieu?

Force m'est de m'interroger souvent, en effet. On entend partout des histoires de dopage, permettant aux sportifs d'aller toujours plus loin, plus haut et plus vite. Et en fermant les yeux, on considère que cela ne touche que le sport de pointe, celui qui assure le spectacle à la télé. Or, ça descend bien plus bas, même à des niveaux amateurs. Et là, ça devient grave: tant de gens pratiquent le sport, tant de gens sont tentés de se prendre un petit stimulant... et finissent par en subir les effets secondaires, pas toujours jouissifs. Alors qu'il suffit de bouger sans contrainte, tranquillement, pour garder la forme: une balade tranquille à vélo, un petit match de foot entre amis.

J'ajoute le nombre d'arrêts de travail qu'engendre une pratique sportive mal comprise - un oncle rappelait qu'il y a davantage de victimes du foot du dimanche que de victimes de la moto du même jour. Bon d'accord, la gravité n'est pas la même... mais les motards prudents, de peur de ne pas être vus, ouvrent souvent l'oeil pour deux.

Et autour du grand spectacle du sport d'élite, que de manipulations malsaines, que de fric échangé, de complaisances politiques - on parle beaucoup de la Chine en 2008, on rappellera aussi les Jeux Olympiques de Berlin, en pleine ère nazie. Tout cela finit par profiter à quelques majors internationales qui n'ont pas toujours franchement besoin de notre fric... Et si les entreprises, justement, aiment tant le sport, c'est aussi parce qu'elles ont ceci de commun avec lui, qu'elles sont les parangons de la compétition, et attendent de leurs collaborateurs qu'ils fonctionnent la même chose, quitte à y laisser leur santé. Le tout, dûment agité par quelques roquets aux ordres. Pas très fair-play, tout ça - alors que le sport devrait être le royaume rêvé du franc-jeu.

D'où la réflexion que je me suis faite ce soir: pourquoi ne pas laisser le sport aux sportifs d'élite, qui assureraient le divertissement et accepteraient de se ruiner la santé et de mourir avant l'âge, et créer un nouveau concept, avec un nouveau nom, pour ceux qui ont simplement envie de se faire plaisir en s'adonnant au mouvement, sans esprit de compétition délétère? Appelons cela "le divertissement", sain et naturel, avec d'autres disciplines, d'autres gestes, une autre philosophie que celle qui traverse aujourd'hui le sport et ses coulisses. A partir de là, libre à tel ou tel Etat d'encourager telle ou telle pratique (en libéralisant le doping, pourquoi pas? Cela mettrait fin à pas mal d'hypocrisie...), de choisir entre la santé et le spectacle.

Saviez-vous, du reste, que les enfants amish, comme les nôtres, jouent au football?
Simplement, ils ne comptent pas les points.

L'anecdote sur les amish est tirée du livre-témoignage de Jacques Légeret, L'Enigme Amish. En dépit de son côté "boutade", elle est donnée comme véridique.

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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 20:14

Sur un blog ami, j'avais signalé que j'étais en train de lire un bouquin sur les trafics d'armes. Ce n'était pas de la blague, puisque je suis effectivement en train de compulser l'ouvrage que Laurent Léger a consacré à ce sujet délicat et sensible.

J'en suis à peu près aux deux tiers, et un constat peut d'ores et déjà être fait: l'auteur privilégie l'approche par personnes, retraçant le portrait des trafiquants et, ce faisant, peignant le contexte dans lequel ils évoluent: Liberia, ex-Yougoslavie, Iran, etc. Une approche pertinente qui permet de découvrir des personnalités hautes en couleur. Dans ce milieu, il y a même un monsieur qui s'appelle Monsieur... et un autre qui s'est reconverti dans la poésie (peut-être le connaissez-vous) et les beaux-arts. Comme quoi ça mène à tout, et les voyages peuvent nourrir toute une inspiration.

Il y en a un autre qui a retenu mon attention, et dont l'ouvrage parle également. Non pas en tant que trafiquant, certes: le commerce de machines de mort n'intéresse que ceux qui s'y adonnent, et ne réfléchissent pas trop aux conséquences de leurs actes (mais réfléchissons-nous toujours aux conséquences des nôtres? Quant à moi, quand je lis ce genre de truc, je suis partagé entre la consternation et la recherche de la manière de profiter moi aussi du pactole... mais Laurent Léger en parle assez peu). Ce qui m'intrigue plutôt, c'est l'aspect "chasse à l'homme" qui l'accompagne.

Je m'explique.

Celui qu'on surnomme le "Bill Gates des trafics" fait en effet l'objet de nombreux sites Internet qui ne lui sont pas toujours favorables (loin de là!), tenus par des passionnés, bien informés ma foi, qui s'amusent à repérer ses avions, puis à les signaler, voire à poser leurs exigences aux institutions des pays où ils apparaissent: confisquez tel avion, arrêtez son propriétaire. Fort bien, me direz-vous: c'est la justice citoyenne, dont l'émergence forte a justement été rendue possible par la simplicité du Web. Chacun émet son avis, pose ce qu'il considère comme ses exigences légitimes, fonce même dans d'immenses raisonnements pour démontrer qu'il a raison. Et on finirait par les croire, tant c'est du solide, et tant ça part d'un sentiment de porter la justice.

Une telle démarche n'est-elle pas, cependant, au-delà de la "ligne jaune" (terme utilisé par un Laurent Léger journalistiquement pragmatique), voire rouge? Sans aucun doute, ce trafiquant d'arme se soucie-t-il comme d'une guigne de ce que font une équipe de blogueurs certes mordus, mais qui restent des amateurs. Sans doute, même, n'a-t-il même pas le temps de s'y intéresser. Mais des âmes plus faibles, ou plus exposées, pourraient (peuvent - et peut-être même que cela s'est déjà vu) céder à un tel harcèlement. Par ailleurs, le parti résolument "anti" pris par les blogueurs n'équivaut-il pas à émettre un jugement avant même que les institutions, l'Etat ne l'aient fait? Voire à faire fi de la présomption d'innocence dont bénéficie n'importe qui jusqu'à ce que le juge ait rendu son verdict? On peut ne pas être d'accord avec le trafic d'armes (c'est mon cas, et sans doute êtes-vous nombreux à penser comme moi); mais jusqu'où peut-on aller? Il n'est pas du ressort du citoyen, à mon avis, de se substituer aux pouvoirs exécutif (les flics) et judiciaire (les tribunaux) de son pays ou des instances qui les transcendent. Quand la justice tranche, c'est au nom du peuple, de l'Etat de droit - du moins en théorie. Mais quand un blogueur attaque quelqu'un, si abjects que ses actes semblent être, il n'engage que lui-même. Ce qui est assez troublant quand il s'érige en redresseurs de torts au nom d'une justice prétendument défaillante. Cela relève d'un Etat de fait, et à ce régime, pourquoi ne va-t-il pas directement casser la figure au gaillard?

Bon, je retourne à mon bouquin... il ne m'a pas encore parlé de la Tchétchénie, et ça m'étonne un peu. En revanche, pour ceux que ça captive, Carla del Ponte y figure. Côté gentil ou méchant? Je vous laisse la surprise...

Laurent Léger, Trafics d'armes, Paris, Flammarion/Enquête, 2006.

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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 20:59

Franchement, quand j'ai vu l'info, je n'y ai pas cru. J'ai suivi l'affaire, et j'ai pensé qu'elle se solderait par un rien du tout. Pourtant, c'est la chanson française qui s'invite au 10 du Quai de Conti. Tous les pronostics sont donc vains pour un blogueur de province... de Suisse, même!

De quoi est-ce que je parle? De l'élection tenue cette après-midi à l'Académie Française. Quels étaient les candidats en présence? Les Immortels qui siégeaient en ce jour, au nombre de 25, avaient le choix entre l'essayiste Jean-Pierre Lassalle, linguiste et professeur de littérature française à Marseille - a priori un homme compétent pour la grande mission de l'Académie Française: rédiger un dictionnaire.

Face à lui, se trouvait Jean-Loup Dabadie, connu pour avoir écrit une quantité de chansons, et plein d'autres choses encore. Je pensais que face à ce choix, l'élection serait blanche: le premier candidat est obscur, et le second hors normes. Or, c'est bel et bien Jean-Loup Dabadie qui a remporté le redoutable honneur de devenir Immortel - c'est-à-dire chargé d'oeuvrer à l'immortalité de la langue française. Quatorze voix, contre deux à Lassallem, deux bulletins blancs et sept bulletins ornés d'une croix (refus en bloc de tous les candidats).

Curieux? A un certain point de vue, c'est une petite révolution qui s'est produite le 10 avril, puisqu'avec Jean-Loup Dabadie, c'est la chanson française, qui font leur entrée sous la Coupole. L'homme est connu, notamment, pour avoir donné à Julien Clerc sa chanson "Ma préférence"; il a aussi écrit pour Juliette Greco ou pour Jacques Dutronc. Et puisqu'on parle de chanson française, rappelons qu'auparavant, un de ses représentants, non des moindres pourtant, s'était présenté à une élection. Il s'agissait de Charles Trenet... recalé en 1983.

Le cinéma brille par son absence sous la coupole, à l'exception notable de René Clair. L'entrée de Jean-Loup Dabadie, scénariste (Claude Sautet, entre autres), au sein du cénacle du Quai Conti comblera sans doute l'un de ses membres actuels, Dominique Fernandez, qui appelait de ses voeux, dans un article du "Magazine des Livres" publié en juillet/août 2007 sur l'Académie française, une représentation de tous les domaines de l'art - y compris des cinéastes.

Un bémol? Ce n'est pas Jean-Loup Dabadie, 69 ans au moment de son élection, qui va abaisser massivement l'âge moyen de la confrérie. Mais les personnalités en place semblent n'en avoir cure, considérant une élection comme un aboutissement, non comme un début. Tout le monde paraît accepter le risque d'une nouvelle série de décès, comme celle qui a frappé la vénérable institution en 2007. Et d'un autre côté, sachant que les Immortels répugnent à se laisser contraindre ou forcer la main, gageons qu'ils ont fait un bon choix, réfléchi et pondéré, en élisant un candidat un peu hors normes.

L'Académie française compte donc à présent 34 membres. Les élections vont se poursuivre à un rythme soutenu ce printemps: on recommencera la semaine prochaine déjà pour nommer un successeur à M. René Rémond. Parmi les candidats, on compte Mgr Claude Dagens, évêque d'Angoulême, qui pourrait ainsi devenir "l'"ecclésiastique de la confrérie - un siège au moins, sur quarante, étant traditionnellement réservé aux membres illustres du clergé, et Mgr Lustiger s'étant éteint l'été dernier. Affaire à suvire, donc...

Photo: l'habit vert. Site de l'Académie française.

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7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 19:42

... RIEN! Telle est la conclusion à laquelle je suis très vite arrivé, ce matin.

Avant tout, cependant, une précision: je ne suis pas en train de virer footeux, bien au contraire. Mais comme c'est dans l'air du temps, j'en parle. A ma façon, bien sûr...

Je commence par un rappel des faits qui m'ont conduit à l'affirmation péremptoire qui ouvre ce billet, avec évocation du contexte. L'entreprise qui m'emploie est assez engagée dans les championnats d'Europe de football qui s'ouvriront en juin. Elle a donc décidé de créer un blog sur le sujet, à l'usage de ses collaborateurs branchés à l'Intranet. Et ce matin, je découvre le billet de quelqu'un qui se demande ce qui va rester de l'événement de cet été, et se souvient d'instants mémorables de naguère.

Nuance doit être apportée, avant tout, entre ce qui reste dans la mémoire de ce passionné et "ce qui va rester", de façon objective. C'est à la deuxième question que j'ai répondu, déjà par une réponse sur le blog de l'entreprise. Je m'en vais développer ici mon point de vue.

Les beaux buts, les actions mémorables, les tirs d'anthologie sont certes admirables pour le connaisseur. Mais ont-ils pour destinée de marquer à jamais? Au départ, étaient-ils prémédités? Le footballeur, ou l'équipe gagnante, s'est-elle dit: "Ah, ce soir, je fais trois tirs d'anthologie, deux buts magiques et un petit coup de Main de Dieu pour me la jouer comme Maradona!"? J'en doute. La concrétisation d'une tactique s'effectue dans le feu de l'action, sans souci véritable de durer. Au niveau de la pratique du sport, nous nageons donc dans l'éphémère, pratiquement dans l'improvisation. Rien à voir avec ce défi, à la fois dérisoire et essentiel,  lancé à l'éternité, que l'on nomme "art", par exemple.

Autour de la pratique sportive, rien de transcendantal non plus: les stades construits ou réaménagés pour l'occasion ne brillent pas par leur extraordinaire architecture (on parle toujours de la beauté du Nid de Pékin, mais jamais du Stade de Suisse à Berne, avez-vous remarqué?); les vedettes du football sont condamnées à une carrière entre autres brillante (parfois), friquée (rarement), dopée (souvent) et éphémère (toujours); quant aux collections de vignettes Panini, elles passionneront dans le moment ceux qui s'y adonnent; mais une fois l'album rempli, force leur sera de constater qu'il est identique à celui du voisin. Les philatélistes ont résolu le problème en développant la collection thématique, mais c'est un autre sujet (que je pourrais aborder!)... Tout cela restera, d'accord, mais en quoi cela se distingue-t-il du premier produit industriel et utilitaire  venu?

Alors, qu'est-ce qui va rester, qui soit digne d'encombrer la mémoire non seulement de l'homme, mais de l'humanité? Quelques émotions éminemment personnelles, ou collectives, si vite passées? Quelques fugaces éclats de rire et gueulantes passionnées autour d'une bière, sur une terrasse ensoleillée? Est-ce que tout cela justifie le barouf qu'engendre une série de matches de foot? Permettez-moi d'en douter. Même les jumeaux Trix et Flix rejoindront le placard des fêtes passées au terme de la grand-messe du football à l'européenne.

Et quand on en fera autant pour la sortie d'un livre (sauf Harry Potter), réveillez-moi...

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26 mars 2008 3 26 /03 /mars /2008 22:17

Allez... en un geste d'un courage absolument délirant, je vire le texte automatique d'Over-Blog, si joli soit-il, pour y substituer le fruit de mes propres oeuvres, infâme vermisseau que je suis.

Tout cela pour vous dire qu'enfin, je me lance dans le noble art du weblog, également dit "joueb". Au programme: de la littérature et des bouquins à conseiller, mais aussi un peu de musique, et quelques réflexions liées à l'air du temps. A vous de goûter, mais je ne prétends pas faire plaisir à tout le monde. Contradicteurs potentiels, vous voilà au courant!

Je vous invite donc à revenir souvent... et vous souhaite de bonnes visites.


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