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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 19:43

Chesterfield cigarettes ad with Ronald Reagan par Joan ThewlisAinsi donc, les peuples vaudois, fribourgeois et valaisan ont décidé dimanche d'interdire la fumée dans les établissements publics... tout en leur laissant la possibilité de ménager un fumoir sans service. Les lois cantonales y afférentes entreront en vigueur prochainement. Ajoutons à cela le refus du peuple suisse de dépénaliser le cannabis, et on comprendra que les Helvètes en ont un peu marre (mais rien qu'un peu!) de la fumée, et souhaitent à nouveau respirer dans les restaurants, bars et cafés. Peut-être que ça sentira un peu les aisselles et la sueur dans les boîtes de nuit; pas forcément meilleur que le tabac, mais certainement moins nocif...

Ces dernières semaines donc, tel était le principal sujet de conversation, un peu partout. Chacun se réjouissait de pouvoir déguster sa Dôle ou son Mont-sur-Rolle sans qu'il soit aromatisé à la Brunette, et personne ou presque ne va s'en plaindre; les résistances étaient du reste plutôt d'ordre idéologique, genre "je suis libre de fumer où je veux", ou reflétaient les craintes des tenanciers d'établissements publics, déjà mis à mal par d'autres législations et évolutions peu favorables (baisse du taux d'alcoolémie au volant, restrictions aux machines à sous, changements dans les habitudes alimentaires du Suisse moyen, délaissant le steak-frites-vin rouge pour la salade-Henniez verte, philosophie du "boire moins mais mieux", etc.)

J'ai pris le temps de farfouiller dans les réactions d'internautes que "Le Matin", journal de boulevard lausannois de couleur vaguement orange. Et j'ai été assez rapidement frappé par l'absence de la seule raison valable de voter le bannissement de la fumée des établissements publics: la santé du personnel. Certes, boire un verre ou manger un repas sans les effluves du voisin est fort agréable, et il est difficile de s'en passer une fois qu'on en a pris l'habitude. Mais n'est-ce pas là une réaction très individualiste? Cela, d'autant plus que l'organisme humain, après une cure limitée de fumée passive (c'est combien de temps, boire un verre?), récupère très vite. Le souci devrait se porter, plutôt, sur la santé de personnels soumis à longueur de journée à la fumée tiède, froide ou autre. Une exception? La chouette affiche des promoteurs fribourgeois du bannissement de la fumée, montrant une serveuse passant d'un bon pas, avec le sourire, de l'univers gris des tabagies à un monde coloré... sans fumée. Cette fois, dirait-on, l'individualisme a profité au bien public. 

Enfin, le bannissement a passé, dans une version qui allie l'interdiction stricte et la porte de sortie - qui pourra prendre forme d'un fumoir, pour les établissements qui en ont la possibilité. Je verrais bien certains d'entre eux en faire un argument de vente... On trouve de tels coins réservés à l'aéroport de Zurich, dûment sponsorisés par une marque de cigarettes, et ça décoiffe, littéralement, tant la ventilation y est puissante! Un autre débat, qui a eu lieu en France et a débouché sur des dérogations (si je ne m'abuse) mais que la Suisse esquive, est celui des bars à narguilé. Rendez-vous à l'un de nos prochains scrutins!

Photo: Flickr/Joan Thewlis. Et vous reconnaîtrez sans difficulté le père Noël à cigarettes qui y apparaît...

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commentaires

L
L'éternel combat entre fumeurs et adeptes de l'air sain !
Au printemps dernier à Paris, temps superbe, tout le monde aux terrasses des cafés : l'odeur de clope se sentait dans toute la ville, ou presque, ou tout du moins était vraiment forte dans les rues bénéficiant de plusieurs bars, troquets, brasseries, qui toutes avaient sorti le mobilier de jardin pour que les gens puissent se prélasser au soleil... en fumant. Je ne suis pas sure que les serveurs bénéficient en ce cas de meilleures conditions de travail : fumée + pots d'échappements...
Et à Lille cet été, dîner dans une rue piétonne fermée pour l'occasion aux voitures, les restos occupent donc tout l'espace de la rue. Nous demandons un cendrier pour notre gang de copines en goguette, toutes fumeuses, et le serveur nous répond que c'est impossible d'avoir un cendrier, interdit par la mairie, parce que CA POUSSE A LA VIOLENCE, oui, vous avez bien lu, au cas ou nous aurions voulu le balancer à la figure de notre voisine après une parole désagréable... Les mégots étaient donc tous par terre, la rue vraiment dégoutante, et les messieurs de la voirie ont du, tout l'été, s'amuser à ramasser nos vieux mégots... Pas mal, aussi bien pour la santé que pour l'environnement !!!
D

... je n'irais pas jusqu'à bannir le tabac des terrasses: après tout, on est à l'air libre, et l'odeur de tabac s'y trouve en concurrence avec d'autre joyeusetés (gaz d'échappement, produits de
fonctions corporelles humaines ou animales, etc.) - et j'imagine que sur une terrasse en bord de route, les gaz d'échappement de dizaines de voitures sont autrement plus nocifs que les émanations
de quelques cigarettes.

Quant au prétexte d'interdire les cendriers parce que ça pousse à la violence, eh bien... je n'ai qu'une réponse: la prochaine fois, sortez avec votre cendrier! Plus sérieusement, les conséquences
que vous évoquez me semblent suffisamment malheureuses pour que la municipalité de Lille se mette à la recherche d'une autre solution. Le personnel de voirie n'a pas à payer pour les bisbilles
entre fumeurs et non-fumeurs.


Y
Le débat est toujours très présent en France et les deux arguments pas assez évoqués à mon sens sont ceux que vous citez : la santé des personnels des établissements et le bien-être des clients qui peuvent enfin savourer le contenu de leur assiette et de leur verre. La question des bars à Narguilé est toujours d'actualité et non réglée : peut-être une tolérance pour ces lieux destinés à la fumette peut être envisageable ?
Pour ma part, j'avoue apprécier l'atmosphère plus saine des ces commerces depuis cette interdiction de fumer et m.... à la liberté de fumer ! (Quel individualiste je fais !)
D


Pour moi, l'argument vraiment discriminant en faveur de l'interdiction est bel et bien la santé du personnel. Le fait de déguster son plat du jour sans goûter aux effluves tabagiques du voisin
est un poil plus discutable - le tabac devrait être banni des restaurants de grand luxe ou gastronomiques où l'on goûte à de vraies créations gustatives, mais on peut encore discuter pour ce
qui est des cantines ordinaires. Mais c'est vrai qu'une fois qu'on a goûté au plaisir d'un restaurant sans fumée, on a de la peine à revenir aux lieux enfumés.

Quant aux narguilés, je me demande un peu pourquoi les établissements qui proposent exclusivement cela ont des facilités - on peut penser à la fumette (chanvre de divertissement), mais au fond,
pourquoi ne pas développer un concept commercial prévoyant un établissement où l'on sert des whiskies et, surtout, où l'on fume de bons cigares entre amis? Je suis sûr que ça marcherait, mais pas
que ce serait légal.

La loi entrera en vigueur entre 2009 et 2010 dans les cantons de Vaud, Fribourg et Valais - en effet, la question relève des cantons, non de la Confédération, dans notre beau pays. Tels sont les
petits plaisir du fédéralisme (de même que les lois varient d'un Etat américain à un autre, et de manière parfois plus spectaculaire encore).



M
Eh oui, Daniel, même moi je me mets à voter sans fumée... et je croche... Combien de temps, no lo so, mais je croche...
D

... je garde en mémoire ta nouvelle "Fume!"
Et tant que fumer fait plaisir sans déranger les autres, je ne vois pas où est le problème.
A tout bientôt!


D
Fumer !!!Beurk.Bonjour, je passais, toc..toc ,comme dit une bloggeuse,"Dracip27 frappe à la porte". Je trouve un très bon blog, du genre que j'aime bien .Si cela vous tente, j'aimerai bien vous avoir dans ma communauté "Le champ du monde".
"On choisit ses amis, pas ses ennemis". Bonne soirée.Dracip.
D

Question de goût! Merci de votre visite. C'est avec plaisir que j'intégrerai votre communauté, si vous m'en indiquez la porte d'entrée.
Bonne soirée à vous!


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