Notes de lectures, notes de musique, notes sur l'air du temps qui passe. Bienvenue.
Les
plus assidus de mes lecteurs se souviennent de mon passage à la dictée organisée en été 2008 à La Garde en Oisans par Jean Chalvin, ancien Dico d'Or... eh bien, cette année, j'ai remis ça, reprenant pour la seconde fois consécutive la
route escarpée de l'Alpe d'Huez, non pas les fesses sur un vélo, mais une plume dans ma serviette. Et même plusieurs: c'est parfois lent au démarrage, ces trucs-là. Cela ne m'a pas empêché de
signer là, en ne trébuchant que deux fois, un deuxième succès consécutif sur cette épreuve...
Après le coq sachant côcher (?) de l'église de La Garde en Oisans, c'est le monde des publicistes friands de montres de luxe que Jean Chalvin s'est avisé d'égratigner dans un texte
amicalement dédié à Pierre Gandit, maire de La Garde en Oisans et tout jeune quinquagénaire. Et pour être fort spirituel et pétillant, le texte dicté lors de la joute amicale de dimanche
n'en était pas moins corsé, un peu plus même que l'an dernier, à mon avis. Savoir écrire "Rolex" peut certes sembler à la portée de tout un chacun: mais quand les Gardillons "arborent leur
Cartier", doit-on écrire "leurs quartiers"? Question pertinente, puisque deux phrases plus loin, c'est bien de noblesse qu'il s'agit. Cela, sans compter que ce petit piège apparaissant dans la
partie "juniors" du texte. Mais, goûtant fort la Pasha et bien plongé dans les méandres horlogers du récit (qui parlait d'oignons, de cadrans et de boîtiers), j'ai tranché pour le jeu de
mots horloger, et bien m'en a pris.
D'une manière générale, du reste, les jeux de mots de l'auteur ne m'ont guère échappé. Il a été question, en vrac, du sillage de la Royal (Ségolène, bien sûr: a-t-on vu un publiciste sur un
navire de guerre?), d'Arturo Ui (oui, oui! d'où l'intérêt de lire Bertolt Brecht quand on fait des dictées) et de quelques autres menus brimborions (y compris les 2 R de François
Mitterrand) qui ont désarçonné quelques candidats. Le dernier paragraphe fut du reste une admirable variation sur les homonymes et paronymes de "heure". J'ai quant à moi trébuché sur
des éléments de langue pure: un H de trop dans "emphytéotique" - que je saurai à présent écrire, pour le restant de mes jours - et un singulier mal à propos dans "sans heurts". Vérification
faite, Robert suggère qu'on mette le singulier ("sans heurt") lorsqu'on parle du heurt au sens concret de "choc", et le pluriel dès qu'on utilise le mot dans un sens abstrait. Ce qui était le cas
ici, hélas pour moi...
A noter que cette étape de montagne, disputée au café-restaurant "Les Gorges de Sarenne", s'est ainsi tenue à proximité immédiate de la route de l'Alpe d'Huez, connue de tous les cyclistes. Les
34 participants, dont deux juniors, ont donc bien pédalé pendant toute l'après-midi, sous un soleil de plomb - certains à l'intérieur et à l'ombre, ouf, d'autres dehors, sur la terrasse. Reste à
savoir qui, du soleil ou de Jean Chalvin, a fait le plus transpirer les participants...
Classement seniors: 1. Daniel Fattore; 2. Nicole Destenave; 3. Pierre Wehrlé.
Photo: http://www.bike-oisans.com/randonnees-cyclotourisme-itineraires-229.html
Le café-restaurant des "Gorges de Sarenne" se trouve à la sortie du virage, à
côté de l'église qu'on peut voir sur l'illustration. On y mange bien, en toute simplicité, dans une ambiance familière.