Notes de lectures, notes de musique, notes sur l'air du temps qui passe. Bienvenue.
J'ai reçu récemment un "tag" portant sur ma vision de
l'Europe en 2020... il s'agit d'une question difficile, lancée par Thaïs - qui n'imaginait sans doute pas jusqu'où irait son idée. Un tag, avez-vous dit? Cela doit permettre de nourrir un papier - et là, comme je l'ai déjà dit çà et là, celui-ci
pourrait nourrir un blog entier - d'après ce que j'ai cru comprendre, c'est même le fonds de commerce du blog de Valéry Giscard d'Estaing, pour n'en citer qu'un. Fort de ce constat, je crois que je vais ouvrir une nouvelle rubrique,
consacrée à des points de vue sur l'actualité politique. Je n'ai jamais souhaité le faire de manière franche et ouverte jusqu'à présent, étant peu désireux de me créer des inimitiés (je peux
être assez carré) ou d'attirer des indésirables. Mais qu'on se rassure: je m'efforcerai d'aborder les choses d'une manière personnelle - à prendre parfois "cum grano salis".
Allez, je commence...
J'ai déjà eu l'occasion de parler, en ces colonnes, du rire et de ses effets bienfaisants. Une bonne tranche de rigolade, ça
fait du bien, n'est-ce pas? La science a déjà pu constater que si Bébé rit plus de 400 fois par jour, nous autres adultes devons nous contenter de 17 fois. Autant dire que l'humour au bureau,
c'est une arme... pour ne pas dire une médecine! Des ouvrages entiers ont du reste été consacrés à la question, et si des clowns arpentes les hôpitaux sous l'appellation "Théodora", ce n'est pas
pour rien. Certains, enfin, diront que c'est aussi bon qu'un orgasme; mais je ne m'étendrai pas là-dessus...
Fort de ce constat, je me pose une question: pourquoi les tickets d'entrée aux comédies de cinéma ne sont-ils pas remboursés par la Sécurité sociale ou par toute institution d'assurance contre
les maladies, alors que ça fait du bien avant qu'il ne soit trop tard? Certains diront que les soins préventifs ne sont pas prévus par de telles assurances. On leur répondra que la prévention est
le meilleur des remèdes; certaines activités exercées à titre préventif sont du reste couvertes par les assurances, ou bénéficient d'aides diverses.
Imaginons à présent que toute vision du "Corniaud" ou des "Visiteurs" en salle de cinéma soit remboursée par la Sécu. Naturellement, les bienfaits d'une bonne tranche de rigolade ne tarderont pas
à se faire sentir sur les spectateurs, qui quitteront les salles, la rate épanouie, après un moment d'oubli des soucis du quotidien. Cela signifie moins de dépressions, moins de maladies bizarres
dont on ne sait pas (encore) le nom... donc l'assuré, le client, vous, nous! en trouverons mieux.
Mais l'enjeu dépasse notre simple bien-être - et c'est là que l'égoïsme de chacun profite à l'ensemble du système (qui a parlé de main invisible?). En effet, si l'on rembourse les entrées
aux comédies de cinéma, cela profitera également aux exploitants de salles. Un baume sur le coeur d'une profession rudement concurrencée par la télévision. Rembourser la télé? me demanderez-vous
au passage. Que nenni: un rire collectif est encore plus libérateur que la petite rigolade convenue qu'on a face à son petit écran et à son petit plateau repas... Plus sérieusement, cela
donnerait une bouffée d'oxygène aux exploitants de salles - qui ne seraient plus, du coup, obligés de vendre du pop-corn et du coca-cola à la pause pour subventionner... la projection de
films. Et plus on est de fous dans la salle, plus on rit, c'est bien connu.
Bien évidemment, si les comédies font des entrées, cela profite aux artisans et aux industriels du genre. Les héritiers de Louis de Funès trouveront là un succès qui dépasse la simple
estime, et pourront même vivre de manière autonome, sans attendre d'autre aide étatique. Quelle aide pour toute une catégorie professionnelle! Et quelle reconnaissance pour cet acte génial et
méprisé qui consiste à faire rire.
On me dira que le remboursement des films comiques créerait une inégalité de traitement avec les pièces de théâtre. Que Molière se rassure: on pourra y penser dans le cadre d'une assurance
complémentaire; mais qu'il n'oublie pas que souvent, les pièces de théâtre sont d'ores et déjà subventionnées par d'autres canaux - ce qui n'empêche pas, je l'admets, que le théâtre soit un
divertissement plus onéreux que le cinéma. Une solution doit donc être trouvée... dans un second temps.
Alors, qu'est-ce qu'on attend? "Les Visiteurs" à la Sécu! Remboursez les comédies!
Photo: flickr.com/confusedvision