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Repas au Restaurant du Gothard, ce soir, à Fribourg. Vers 19 heures, je me suis pointé dans ce qui est, depuis toujours, une
institution - entre autres l'endroit où j'ai dîné, le soir où j'ai réussi mon dernier examen de licence, en 2002, et où j'ai bu moult verres de vin ou de bière, et mangé moult fondues, au temps
des études. Tempi passati, à plus d'un titre!
Jusqu'aux années 2004, en effet, l'établissement était dans ses vieux murs, dans un style absolument délirant qui a dû marquer toute personne qui a eu le bonheur d'y transiter un jour, pour un
verre ou une fondue. Pêle-mêle, il y avait là une sculpture biscornue de Niki de Saint-Phalle, un dessin de Barrigue au plafond, une image lumineuse de la Landwehr de Fribourg à Sydney, une
puissante affiche du Choeur des XVI à Moscou... et à mesure qu'on lui passait de nouvelles choses, la patronne, Marie-Rose, les intégrait à une décoration de plus en plus pléthorique. Un fatras
qui faisait beaucoup pour le charme de ce qui était devenu une institution au fil des ans.
Cela, sans compter que les repas étaient proposés à un prix plutôt avantageux, surtout pour un endroit qui devait attirer bon nombre de touristes. La table était copieuse, en outre.
Et là, en cette soirée d'après-rénovation, voilà que je me retrouve dans un établissement qui a certes conservé son côté baroque, mais comme tiré au cordeau à la manière d'un jardin à la
française. Pas une sculpture ne dépasse, pas une coupure de presse ne jaunit dans un coin, derrière une photo dédicacée par quelque célébrité locale. J'ai pu repérer une photo d'Albert de Monaco,
chouette... mais que cela paraît sage! La musique elle-même, qui contribuait au côté délirant à l'époque (Beromünster! un émetteur alémanique qui aime les vieux trucs!), était absente.
Et l'assiette? Les prix ont augmenté, on le sent, même s'il y a quelques plats de petite restauration qui restent avantageux. En revanche, ce que j'ai choisi était pour le moins copieux - ça,
c'est resté. Le vin était à l'avenant: un breuvage du mois, français; mais il est aussi possible de commander des Vully et autres spécialités plus helvétiques. Ce qui est resté également,
c'est la petite assiette de crudités qui précède toute fondue dans l'établissement - une marque de fabrique, que deux supporters néerlandais ont savouré à la table d'à côté. Sauver
l'essentiel? Peut-être.
Photo: myswitzerland.com