Notes de lectures, notes de musique, notes sur l'air du temps qui passe. Bienvenue.

La question a été soulevée il y a quelque temps par
La
Lettrine, puis par Blandine
Longre: le lectorat ne se sentirait-il pas quelque peu débordé par
la quantité de livres qui sortent sans relâche? Blandine Longre se restreint à ce qu'elle a plaisir à découvrir ou à lire, tout en admettant quelques erreurs de casting. Anne-Sophie Demonchy,
pour sa part, décide donc de prendre son temps: un livre ne sera pas moins bon en mai qu'en septembre, s'il a paru pendant la rentrée littéraire.
C'est aussi un peu ce que je fais, finalement, par nécessité. Les circonstances ont fait que ces dernières années, ma pile à lire a connu une extension fulgurante. Il y a là des lectures dont
j'ai entendu dire le plus grand bien et que je me réjouis de lire un jour ou l'autre, mais aussi un stock assez important d'ouvrages acquis "pour le prix de la découverte": des auteurs inconnus
dont le prière d'insérer m'a paru sympa, des éditeurs jeunes et dynamiques qu'on a envie de soutenir par un achat, une couverture attirante, une rencontre sympathique dans une fête du livre (à ce
titre, celle de Saint-Etienne est un jardin pavé de tentations permanentes! Quel meilleur vendeur qu'un auteur parlant de son livre avec passion?), etc.: les voies de la pile à lire sont
impénétrables.
Résultat: ma pile de livres à lire recèle de tout, du plus confidentiel au plus starissime. Et forcément, certains livres vont m'attirer davantage que d'autres, en fonction des périodes: un jour
je serai curieux, un autre jour un peu moins. Chaque fois que je passe du temps (parfois beaucoup de temps) à choisir ma prochaine victime, la question qui se pose est souvent: "curiosité ou
valeur sûre?" Viande rouge ou légume du jour? Les fidèles de ce blog savent que je varie volontiers les coups. Tout au plus vais-je privilégier un peu les livres qui commencent à attacher au fond
de la pile à force d'y avoir trop longtemps traîné; mais cette règle s'est assouplie avec le temps. Le délai peut du reste être allongé encore si l'on compte le temps qu'un livre reste dans la
liste à lire: il n'est pas toujours évident de le trouver, et cela peut être dû à un pur hasard. Enfin, même un thriller des années 1980 peut, après tout, parler au lecteur de 2009: quel bonheur
de lire des histoires d'espions du KGB, ou des aventures non encore encombrées par les technologies actuelles... Des lecteurs comme Le Fantasio ou Oggy se font visiblement plaisir avec de telles choses anciennes.
Quant à faire mon choix au moment des rentrées littéraires (celle de janvier devrait avoir trouvé ses lecteurs à présent), disons qu'expérience faite, l'achat est rarement conforme à ce que j'ai
prévu: tel livre m'aura paru peu accrocheur dans une description sur Internet, et me fera tilt en librairie; ou alors, l'intérêt naîtra d'une discussion avec l'auteur. Cela ressemble aux
plans drague: ça ne se passe jamais comme prévu... et quelque part, c'est tant mieux pour tous: cela ouvre l'horizon de lecture, et permet de belles découvertes.
Bref, la prise de distance avec l'actualité est consommée - c'est peut-être le privilège du lecteur-blogueur-non journaliste... Et vous, collez-vous à l'actualité littéraire ou prenez-vous vos
distances, chez le libraire ou face à votre pile à lire?
Photos: Flickr/gadl/les.abattoirs
Sites mentionnés: http://www.lalettrine.com; http://blongre.hautetfort.com; http://www.lefantasio.com; http://bibliooggy.canalblog.com.