Notes de lectures, notes de musique, notes sur l'air du temps qui passe. Bienvenue.
... quand on est un lecteur tout à fait ordinaire, qui se tient au courant mais n'est jamais sûr de son coup. On sait pertinemment que chaque rentrée littéraire est un événement
majeur de la vie du livre francophone; on oublie rarement que du coup, il s'agit d'un moment essentiel pour le lecteur désireux de nourrir sa pile à lire (PAL) de la meilleure manière possible.
De manière parfaitement subjective, voici quelques ficelles pour ne pas vous perdre dans ces forêts vierges infranchissables qu'on appelle les libraires.
1. Souvenez-vous des anciens. Il est plus que probable que ceux-ci, tout d'un coup, soient balancés en pâture au public à la période où les écoles reprennent leur activité.
Peut-être les a-t-on ménagés autrefois? Mais une fois ou l'autre, il leur faudra bien entrer dans l'arène au moment le plus couru de la saison... au risque de passer parfaitement inaperçu dans la
foule des combattants que vous avez découverts et appréciés. Cet inaperçu, ami lecteur, c'est à vous de le retrouver.
2. Interrogez votre libraire. Celui-ci n'a certes pas tout lu. Mais peut-être peut-il vous mettre sur la voie du livre indispensable que vous avez depuis longtemps dans le
collimateur. Un exemple? Cela fait un petit moment que je recherche "Qui comme Ulysse", le dernier opus de Georges Flipo - et, seul, je ne suis pas parvenu à mettre le grappin dessus.
J'interroge donc le libraire. Celui-ci ne trouve rien au rayon littéraire, va donc se renseigner au rayon voyages... ce qui lui permet de déposer, entre mes mains ravies, l'ouvrage en question.
Dans la foulée, je recommande à la libraire un autre titre de l'auteur, en lui souhaitant une bonne lecture. Il convient de ne jamais oublier qu'un ouvrage non exposé
n'est pas forcément un ouvrage absent du stock. De mon côté, reste à lire le livre de Georges Flipo...
3. Passez commande. Vous avez repéré un ouvrage absolument fabuleux de la rentrée, par exemple dans la liste fort nourrie et commentée que produit Evene, année après année?
Votre librairie ignore jusqu'à l'existence de ce truc? Secouez le cocotier. Pour peu que vous lui donniez des coordonnées précises, l'auteur vous en sera reconnaissant, le libraire aussi (avec
les marges qu'il prend! Sans parler du distributeur...) et, avec un peu de chance et de flair, vous serez le plus heureux des lecteurs. Après tout, un livre qui n'est pas en stock, ce n'est pas
un livre inexistant. Il me faudra procéder ainsi, en ce qui me concerne, pour un des opus de Rufus, sorti lors d'une des rentrées littéraires passées, et dont la thématique repose
sur le téléphone portable et ses nuisances.
4. Contactez l'auteur. Les libraires sont costauds, et ils sont parfois susceptibles de miracles. Reste qu'ils n'ont pas forcément de pouvoir face à ce monde difficilement
chiffrable et cernable qu'on appelle l'auto-édition et la micro-édition. Il paraît qu'il recèle des perles. A vous de gratter! L'Internet peut s'avérer un auxiliaire précieux pour dénicher les
émules de Joseph Ouaknine.
5. Préparez-vous au printemps. C'est à cette saison que naissent les buzz, tout petits, tout discrets. Ce faisant, vous aurez l'honneur absolument insignifiant et essentiel de
pouvoir dire, à la Toussaint: "Ce bouquin, je l'avais repéré à Pâques!". Peut-être vous sentirez-vous un peu comme le confiseur qui prépare les lapins de Pâques en chocolat en juillet de l'année
précédente; qu'importe! Votre plaisir de lecture peut être à ce prix.
6. Préparez-vous à l'été. C'est à cette saison que le buzz devient audible, débarrassé des scories qu'il véhicule au printemps: l'été, c'est bien connu, tout le monde est en
vacances. Les infos qui circulent en juillet et en août sont donc essentielles à votre rentrée, d'autant plus que personne n'est là pour les recueillir. Et puis, vous avez alors le temps de
découvrir tranquillement les bonnes feuilles et de faire votre choix sur pièces.
7. Achetez, louez, empruntez. Lapalissade? Oui: il faut se procurer l'ouvrage de vos rêves avant de le...
8. Lire. Là, vous êtes arrivé au moment où l'écrémage produit sa quintessence. Ne laissez à personne d'autre que vous le plaisir de faire le tri. Certains blogueurs
soutiennent que 90% de ce qu'on produit à la rentrée littéraire relève de la "bouse"; si l'on admet que c'est vrai (ce qu'à Dieu ne plaise!), reste qu'avec les 10% restants, il y a encore de
quoi lire pendant toute une année, et largement! A ce moment, pour paraphraser Pepsi-Cola, que votre goût décide - seul celui-là, éminemment subjectif, permettra de faire le tri. La rentrée
offre un choix suffisant pour que tout le monde y trouve son compte.
9. Ne pas prendre tout cela au sérieux. Après tout, vous êtes maître de votre PAL, et je n'ai de conseils à donner à personne... en revanche, peut-être en avez-vous à donner au
modeste blogueur que je suis? En tout cas, bonne lecture et bien du plaisir.