Notes de lectures, notes de musique, notes sur l'air du temps qui passe. Bienvenue.
Première publique
pour moi, samedi dernier, puisque j'ai eu l'occasion de lire une poignée de mes nouvelles dans le cadre d'une soirée "littéraigeoise" de lectures organisée au bar à bières "La Liégeoise" de Bulle
(canton de Fribourg, Suisse). Un exercice fort instructif... surtout en ce qui concerne vos propres textes.
Le public était plutôt attentif; d'autres avaient emmené des textes de leur choix, signés de leur main ou oeuvres d'auteurs tiers, les pensées tirées du "Papalagui" (comment les Samoans voient
l'homme occidental blanc) ou les extraits d'un vieux catéchisme ayant remporté la palme de la popularité. Lus par un coutumier (c'est la deuxième fois, déjà, qu'une telle soirée a lieu à La
Liégeoise), Pierre Desproges a connu une gloire certaine aussi. Cela, sans compter les chroniques coquines de Mélanie Richoz. Le tout a occupé toute la soirée, jusqu'à minuit et demie, avec un
long break après vingt et une heures.
La lecture se déroulait "à l'arrache", comme qui dirait - à la bonne franquette, donc. Le micro reste ouvert, et les audacieux viennent lire quand ils le souhaitent et quand c'est libre. C'est là
que le sport commence...
En effet, lire son texte sur PC ou le dire à haute voix, face à un public, c'est avoir une vision radicalement différente de ce qu'on a pondu. Il y a d'abord l'impression de longueur: un
texte de trois ou quatre pages A4 pourra sans doute paraître long au lectorat, à moins d'être un génie du récit; et on ne s'en rend pas forcément compte quand il faut prononcer chaque mot, l'un
après l'autre. Cela, sans compter que la feuille (ou le livre) constitue, à tous les coups, une barrière entre vous et le public - une barrière bien connue également des chorales qui ont renoncé
au par coeur. Est-on en train de lasser? Pas toujours facile de le dire. De s'écouter parler? On n'en est pas toujours si loin qu'on le croit. Y mettre le ton ou se la jouer nature? Les deux
options ont coexisté pendant cette soirée, et ont sans doute leurs adeptes respectifs dans l'auditoire.
Et s'il fallait remettre ça? L'enseignement principal, à mon avis, réside dans la longueur des textes choisis. Eviter, donc, ce qui couvre plus d'une feuille A4, soit deux ou trois mille signes.
Et j'alternerai avec des textes d'auteurs peu connus, que j'ai cependant la faiblesse (ou la force) d'apprécier - afin de varier les goûts et de ne pas m'imposer. A la prochaine donc,
puisque l'expérience fut, s'il faut tirer un bilan, largement positive.
Photo: flickr/Giulia.