Notes de lectures, notes de musique, notes sur l'air du temps qui passe. Bienvenue.
... d'ailleurs, je me demande pourquoi je m'esquinte à en parler. Mais puisque j'ai commencé...
Je vous avais déjà parlé du blog d'entreprise ouvert à l'occasion des préparatifs à l'Euro 2008, qui aura lieu en Suisse et en Autriche et pour lequel tout le monde est sur le pont. L'un des
intervenants a choisi de poser la question: le sport est bon pour la santé - vraiment? Sa réponse est négative; je me suis donc senti moins seul. Mais ses raisons laissent songeur: il rappelle
qu'on a davantage d'infarctus pendant les grands événements sportifs, que la bière plus les chips plus les cacahuètes siphonnés devant la télé, ça crée un cocktail plutôt lourd pour
l'estomac, etc. Si j'ai bien compris, le sport est mauvais pour la santé... du supporter.
Et pour celle du sportif, de son milieu?
Force m'est de m'interroger souvent, en effet. On entend partout des histoires de dopage, permettant aux sportifs d'aller toujours plus loin, plus haut et plus vite. Et en fermant les yeux, on
considère que cela ne touche que le sport de pointe, celui qui assure le spectacle à la télé. Or, ça descend bien plus bas, même à des niveaux amateurs. Et là, ça devient grave: tant de gens
pratiquent le sport, tant de gens sont tentés de se prendre un petit stimulant... et finissent par en subir les effets secondaires, pas toujours jouissifs. Alors qu'il suffit de bouger sans
contrainte, tranquillement, pour garder la forme: une balade tranquille à vélo, un petit match de foot entre amis.
J'ajoute le nombre d'arrêts de travail qu'engendre une pratique sportive mal comprise - un oncle rappelait qu'il y a davantage de victimes du foot du dimanche que de victimes de la moto du même
jour. Bon d'accord, la gravité n'est pas la même... mais les motards prudents, de peur de ne pas être vus, ouvrent souvent l'oeil pour deux.
Et autour du grand spectacle du sport d'élite, que de manipulations malsaines, que de fric échangé, de complaisances politiques - on parle beaucoup de la Chine en 2008, on rappellera aussi les
Jeux Olympiques de Berlin, en pleine ère nazie. Tout cela finit par profiter à quelques majors internationales qui n'ont pas toujours franchement besoin de notre fric... Et si les
entreprises, justement, aiment tant le sport, c'est aussi parce qu'elles ont ceci de commun avec lui, qu'elles sont les parangons de la compétition, et attendent de leurs collaborateurs qu'ils
fonctionnent la même chose, quitte à y laisser leur santé. Le tout, dûment agité par quelques roquets aux ordres. Pas très fair-play, tout ça - alors que le sport devrait être le royaume rêvé du
franc-jeu.
D'où la réflexion que je me suis faite ce soir: pourquoi ne pas laisser le sport aux sportifs d'élite, qui assureraient le divertissement et accepteraient de se ruiner la santé et de mourir avant
l'âge, et créer un nouveau concept, avec un nouveau nom, pour ceux qui ont simplement envie de se faire plaisir en s'adonnant au mouvement, sans esprit de compétition délétère? Appelons cela "le
divertissement", sain et naturel, avec d'autres disciplines, d'autres gestes, une autre philosophie que celle qui traverse aujourd'hui le sport et ses coulisses. A partir de là, libre à tel ou
tel Etat d'encourager telle ou telle pratique (en libéralisant le doping, pourquoi pas? Cela mettrait fin à pas mal d'hypocrisie...), de choisir entre la santé et le spectacle.
Saviez-vous, du reste, que les enfants amish, comme les nôtres, jouent au football?
Simplement, ils ne comptent pas les points.
L'anecdote sur les amish est tirée du livre-témoignage de Jacques Légeret, L'Enigme
Amish. En dépit de son côté "boutade", elle est donnée comme véridique.