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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 22:18

Perruchoud Pute

Et de dix: ayant tourné ce matin la dernière page de "La Pute et l'insomniaque", je peux dire à présent que j'ai lu tous les romans que Michaël Perruchoud a signés seul et publiés à ce jour. Paru en 2007, ce roman noir est typique de l'auteur: une écriture travaillée, un univers amer qui peut être violent et surtout une aptitude à surprendre, tant il est vrai que l'écrivain genevois aime varier les contextes de ses romans.

 

Surprenante, déjà, l'entrée en matière, la façon que l'écrivain a de placer le lecteur le nez sur l'action dès les premières phrases. Celles-ci sont un gros plan sur un dos, un cul, une main. On ne comprend pas tout de suite. Puis l'image prend forme: une prostituée, Elena, et un micheton, simplement surnommé "La Glotte". Un bête client d'un bar à champagne de seconde zone ne mérite pas qu'on le baptise.

 

L'écriture est travaillée, je l'ai dit. L'auteur a le chic pour trouver les phrases qui claquent, les expressions qui font mouche. Son art poétique va jusqu'à associer des mots qui, en plus de faire image et d'étonner à l'occasion, sonnent bien ensemble: rimes, assonances, etc.

 

Le bar à champagne est observé par Alexandre, un jeune homme naïf et minable dont la principale qualité est d'être insomniaque. Une insomnie peu confortable, décrite par le menu, jusqu'à communiquer au lecteur le malaise d'Alexandre. C'est ce personnage que l'écrivain creuse avant tout; de sa part, le lecteur perçoit aussi une certaine tendresse pour Zina, l'une des filles du bar, celle qui a son franc-parler. Qu'adviendra-t-il d'elle?

 

Le round d'observation est relativement long, et montre un contexte crédible où tout semble tourner rond. Les visites des policiers paraissent elles-mêmes relever d'une routine presque anodine. Mais qu'une fille meure dans le bar, et tout s'emballe... Cela surprend encore une fois le lecteur, qui découvre sous un jour nouveau des aspérités apparemment sans conséquence, disséminées tout au long du début de l'ouvrage: les déménagements fréquents des filles, leur suivi, l'observation de certains habitués énigmatiques, etc. Tout cela, et même Elena et Zina, le lecteur le retrouve dans la synthèse finale, prélude à un aboutissement qui pourra paraître ouvert, selon qu'on est optimiste ou non...

 

Michaël Perruchoud, La Pute et l'insomniaque, Lausanne, L'Age d'Homme, 2007.

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commentaires

Alex-Mot-à-Mots 13/11/2015 14:04

Quelle comparaison dans ton titre !

DF 13/11/2015 14:10

Comparaison pourtant pertinente, vu le cadre de ce roman...

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