Notes de lectures, notes de musique, notes sur l'air du temps qui passe. Bienvenue.
... RIEN! Telle est la conclusion
à laquelle je suis très vite arrivé, ce matin.
Avant tout, cependant, une précision: je ne suis pas en train de virer footeux, bien au contraire. Mais comme c'est dans l'air du temps, j'en parle. A ma façon, bien sûr...
Je commence par un rappel des faits qui m'ont conduit à l'affirmation péremptoire qui ouvre ce billet, avec évocation du contexte. L'entreprise qui m'emploie est assez engagée dans les
championnats d'Europe de football qui s'ouvriront en juin. Elle a donc décidé de créer un blog sur le sujet, à l'usage de ses collaborateurs branchés à l'Intranet. Et ce matin, je découvre
le billet de quelqu'un qui se demande ce qui va rester de l'événement de cet été, et se souvient d'instants mémorables de naguère.
Nuance doit être apportée, avant tout, entre ce qui reste dans la mémoire de ce passionné et "ce qui va rester", de façon objective. C'est à la deuxième question que j'ai répondu, déjà par une
réponse sur le blog de l'entreprise. Je m'en vais développer ici mon point de vue.
Les beaux buts, les actions mémorables, les tirs d'anthologie sont certes admirables pour le connaisseur. Mais ont-ils pour destinée de marquer à jamais? Au départ, étaient-ils prémédités? Le
footballeur, ou l'équipe gagnante, s'est-elle dit: "Ah, ce soir, je fais trois tirs d'anthologie, deux buts magiques et un petit coup de Main de Dieu pour me la jouer comme Maradona!"? J'en
doute. La concrétisation d'une tactique s'effectue dans le feu de l'action, sans souci véritable de durer. Au niveau de la pratique du sport, nous nageons donc dans l'éphémère, pratiquement dans
l'improvisation. Rien à voir avec ce défi, à la fois dérisoire et essentiel, lancé à l'éternité, que l'on nomme "art", par exemple.
Autour de la pratique sportive, rien de transcendantal non plus: les stades construits ou réaménagés pour l'occasion ne brillent pas par leur extraordinaire architecture (on parle toujours de la
beauté du Nid de Pékin, mais jamais du Stade de Suisse à Berne, avez-vous remarqué?); les vedettes du football sont condamnées à une carrière entre autres brillante (parfois), friquée (rarement),
dopée (souvent) et éphémère (toujours); quant aux collections de vignettes Panini, elles passionneront dans le moment ceux qui s'y adonnent; mais une fois l'album rempli, force leur sera de
constater qu'il est identique à celui du voisin. Les philatélistes ont résolu le problème en développant la collection thématique, mais c'est un autre sujet (que je pourrais aborder!)... Tout
cela restera, d'accord, mais en quoi cela se distingue-t-il du premier produit industriel et utilitaire venu?
Alors, qu'est-ce qui va rester, qui soit digne d'encombrer la mémoire non seulement de l'homme, mais de l'humanité? Quelques émotions éminemment personnelles, ou collectives, si vite passées?
Quelques fugaces éclats de rire et gueulantes passionnées autour d'une bière, sur une terrasse ensoleillée? Est-ce que tout cela justifie le barouf qu'engendre une série de matches de
foot? Permettez-moi d'en douter. Même les jumeaux Trix et Flix rejoindront le placard des fêtes passées au terme de la grand-messe du football à l'européenne.
Et quand on en fera autant pour la sortie d'un livre (sauf Harry Potter), réveillez-moi...