Notes de lectures, notes de musique, notes sur l'air du temps qui passe. Bienvenue.
Avec avril, la saison des dictées a repris pour moi - elle devrait se prolonger
jusque tard dans l'année, un peu comme d'habitude (source de l'image). Et sur ce coup-ci, j'en ai déjà quatre à mon actif, dont trois le
même jour...
... comme un prélude lointain, la toute première a eu lieu à Saint-Vaury plus précisément, le 14 avril dernier. Jacqueline Bayol, organisatrice hors pair du championnat d'orthographe de la Creuse, a à nouveau concocté, à cette occasion, un texte qui a fait transpirer plus d'une personne parmi la centaine de candidats de tous âges. Pour cette dixième dictée, le thème était pourtant populaire, puisqu'il était question des la "fête des voisins". Mais dans ce genre de fête, on fait connaissance en toute fraternité autour de bons petits plats - ce qui a donné à l'auteur l'occasion de décrire un buffet fort appétissant, composé de plats fort exotiques: keftas, mozzarella de bufflonne (avec deux N - ça m'apprendra à considérer que les cartes des pizzerias sont des références en matière d'orthographe...), chop sueys, bigarreaux et bigarades, rien ne manquait. Tout cela sur l'herbette, ce qui a valu quelques sympathiques clins d'oeil botaniques. Avec quatorze fautes et demie, ce n'est certes pas mon meilleur score; mais les circonstances font que je me suis hissé à la deuxième place en "seniors confirmés" sur ce coup-ci, soit mon meilleur classement à ce jour à Saint-Vaury - derrière Jean-Paul Perrier. Et je suis reparti avec un panier garni des plus savoureux...
Deuxième également à la dictée de "L'Hebdo", disputée samedi dernier à l'heure de l'apéritif! Pour cet exercice (rédaction du texte et dictée proprement dite), l'hebdomadaire d'actualités romand s'est à nouveau assuré les services du journaliste de télévision Darius Rochebin (déjà évoqué ici il y a deux ans), qui a fait face à quelque 90 candidats bien concentrés parmi lesquels l'on distinguait pas mal de jeunes. Le texte partait de Jean-Jacques Rousseau, décidément inévitable au Salon du Livre de Genève, pour aboutir sur quelques généralités relatives à la langue française - sans véritable histoire, mais avec quelques difficultés qui n'ont guère échappé à la sagacité des coutumiers de l'exercice. De fait, le podium était constitué de briscards de l'orthographe: j'ai été devancé par Guy Deschamps, Dico d'Or venu du Calvados; Antoine Saucy, champion suisse en 2009, s'est adjugé la troisième place. Pour ma part, je suis reparti avec un bon d'achat dans une librairie, qui devrait me permettre d'acheter... de beaux dictionnaires tout neufs. Il est à noter que Guy Deschamps, Antoine Saucy et moi-même (et d'autres, peut-être - bravo à toutes et à tous!) avons réalisé ce "grand chelem" des trois dictées du jour.
J'ai lamentablement échoué au pied du podium de la dictée de la Tribune de Genève, donnée après - juste le temps de partager un repas, et c'était reparti, toujours au Salon du Livre! Signé Evelyne Jaques, le texte était fort joli et rappelait l'épopée des aéronefs à air chaud. Sur ce coup-ci, j'aurais dû dégainer mon guiderope plus vite pour m'assurer un atterrissage en douceur. Le texte a été dicté à la trentaine de personnes présentes par Jean-Charles Simon, homme de théâtre et de radio - ce qui s'entendait, entre imperfections (ah, le métier qui rentre!) et dramatisation maximale lors de la lecture du texte en continu. Le gagnant? Guy Deschamps, là aussi. Il est à noter que cette année, la Tribune de Genève a invité des célébrités pour dicter les textes concoctés par Mme Jaques; se sont donc succédé, à la tribune, des figures comme Jean-Michel Olivier, prix Interallié 2010 (dont j'ai évoqué les romans L'Amour fantôme et La Vie mécène), l'avocat chevalier de la langue française Marc Bonnant, ou, dimanche, l'Immortel René de Obaldia.
Enfin, c'est la demi-finale du championnat suisse d'orthographe qui a couronné ma journée livro-dictesque marathonienne. Autre auteur, autre texte, autre organisation: Francis Klotz a fait plancher les candidats sur une histoire de camé(e) au mont-de-piété. Savoureuse équivoque que l'histoire de ce drogué qui va mettre au clou un bijou de l'époque romaine! Donnée dans une salle annexe bien calme, cette dictée bénéficie d'une organisation bien huilée (bravo à M. Pierre Mayoraz, Michel Rothen et à tous les passionnés qui l'animent chaque année), ce qui est rassurant et propice à l'indispensable concentration. Les résultats de cette demi-finale seront connus prochainement, mais je me suis compté cinq ou six fautes - compter une marge d'erreur, ou de tolérance, selon le point de vue. La suite se déroulera à Saint-Pierre-de-Clages; et là, j'aurai un titre à défendre...