Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Notes de lectures, notes de musique, notes sur l'air du temps qui passe. Bienvenue.

Publicité

Dimanche poétique 84: Jules Supervielle

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, Ankya, Armande, Azilis, BénédicteBookwormCagire, Caro[line], Celsmoon, Chrestomanci, Chrys, ClaudiaEdelwe, Emma, Emmyne, Esmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Hambre, Herisson08, Hilde, Julien, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, Mariel, MyrtilleD, Naolou, Restling, Roseau, Saphoo, Schlabaya, Séverine, Soie, Sophie57, Tinusia, Violette, Yueyin, Zik

 

Soleil

 

Soleil, un petit d'homme est là sur ton chemin

Et tu mets sous ses yeux ce qu'il faut de lointains.

Ne sauras-tu jamais un peu de ce qu'il pense?

Ah! tu es faible aussi, sans aucune défense,

Toi qui n'as que la nuit pour sillage, pour fin.

Et peut-être que Dieu partage notre faim

Et que tous ces vivants et ces morts sur la terre

Ne sont que des morceaux de sa grande misère,

Dieu toujours appelé, Dieu toujours appelant,

Comme le bruit confus de notre propre sang.

Soleil, je suis heureux de rester sans réponse,

Ta lumière suffit qui brille sur ces ronces.

Je cherche autour de moi ce que je puis t'offrir,

Si je pouvais du moins te faire un jour chérir

Dans un matin d'hiver ta présence tacite,

Ou ce ciel dont tu es la seule marguerite,

Mais mon coeur ne peut rien sous l'os, il est sans voix.

Et toujours se hâtant pour s'approcher de toi,

Et toujours à deux doigts obscurs de ta lumière,

Elle qui ne pourrait non plus le satisfaire.

 

Jules Supervielle (1884-1960), Le Forçait innocent, Paris, Librairie Gallimard, 1930, cité par Lagarde et Michard, XXe siècle, Paris, Bordas, 1973, p. 369.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article