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Notes de lectures, notes de musique, notes sur l'air du temps qui passe. Bienvenue.

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Dimanche poétique 30: Paul Géraldy

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, Ankya, Armande, Azilis, Bookworm, Cagire, Caro[line], Celsmoon, Chrestomanci, Chrys, Edelwe, Emma, Emmyne, Esmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Hambre, Herisson08, Hilde, Julien, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, Mariel, MyrtilleD, Naolou, Restling, Roseau, Saphoo, Schlabaya, Séverine, Soie, Tinusia, Violette, Yueyin, Zik

 

SOUS-PREFECTURES

 

Province, feux voilés, bruits inquiets, angoisses...

désirs devivre ainsi qu'on a toujours vécu...

logis à croupeton dans l'ombre des paroisses...

grand'mères avec des bonnets et des fichus...

 

Les robes ont le pli des choses jamais mises.

Les étoffes, d'un temps qu'on ne peut préciser,

gardent comme une odeur de lainage et d'église.

On usera toute une vie à les user.

 

Et des vieilles qui vont tout bas, comme elles peuvent,

toutes gauches den'être pas agenouillées,

meublent la rue ainsi de vieilles robes neuves

qui, même sur leur corps, on l'air d'être pliées.

 

On les dépasse. On cherche une vie et des êtres...

On longe des couvents et des murs d'hôpitaux.

Et l'on ne voit des yeux qu'à travers des fenêtres

où des géraniums fleurissent dans un pot.

 

Tout est humble et silencieux. Sur l'Esplanade,

des vieux inoccupés passent le long des bancs.

Ils viennent là, vieillir d'un jour sous le ciel fade,

ralentissant leur vie afin d'emplir le temps.

 

Sous les grilles, dans les jardins, les roses dorment.

Les enfants ennuyés, attentifs, doux et las,

les jeunes filles, sous leurs nattes d'uniforme,

grandissent quelque part,au fond des internats.

 

La ville sonne creux au choc clair de ses cloches.

Le sonmeurt dans l'air vide où les choses sommeillent.

Aux angles des toitsbas le jour lent s'effiloche...

Les maisons ont l'odeur des armoires de vieilles.

 

- Et quand nos trains, dans ces dortoirs à bonnes femmes,

entreront, ébranlant la gare ensommeillée,

nous essuierons du doigt la portière embuée,

et nous murmurerons: "Evêché... 10.000 âmes...".

 

Paul Géraldy (1885-1983), cité dans Les Cahiers du Ru, n° 26/hiver 1995/96.

 

  

 

 

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L
<br /> C'est joliment bien écrit. Je ne connais pas du tout cet auteur. Merci pour la découverte!<br /> <br /> <br />
D
<br /> <br /> Pour le poète, merci! Heureux de t'avoir fait découvrir un auteur...<br /> <br /> <br /> <br />
S
<br /> bonsoir Daniel, je fais moi aussi partie de ces dimanches poétiques depuis quelque temps(du moins je crois qu'il s'agit du même rendez-vous!), ce qui me donne l'occasion de te faire une petite<br /> visite...pour moi Paul Géraldy reste associé à un recueil que possédait mes parents et qui regroupait des poèmes d'amour conjugal...je ne me souviens plus du titre...bonne soirée!<br /> <br /> <br />
D
<br /> <br /> Merci de votre visite!<br /> J'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir cet auteur en feuilletant les exemplaires des "Cahiers du Ru" que j'ai chez moi - ils recèlent des poèmes rares. Et celui-ci m'a parlé, dans un domaine<br /> fort différent de l'amour conjugal.<br /> Bonne soirée à vous!<br /> <br /> <br /> <br />