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22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 20:41

Un poignée de jours à Guéret, et vous allez sans doute m'attendre au tournant: alors, quelles sont les tables les plus miraculeuses de la ville? Où est-ce qu'on mange super-bien? Quel restaurant vaut un puissant détour? Pour mémoire, je mentionnerai le Rochefort (une valeur sûre, au centre), le Coq en Pâte (restaurant gastronomique de haute tenue, mariant tradition et modernité) et La Belle époque (un nouvel établissement d'un niveau certain, installé dans les immenses halls d'un ancien hôtel). Autant de belles expériences.

Mais il y a encore un autre petit établissement sympa, tout au centre de Guéret: le Pausa Pizza. Rien à voir avec l'immense cuisine d'El Bulli, rassurez-vous - on est ici dans la simplicité. On remarquera avant tout que ce restaurant s'étend sur deux salles, de part et d'autre de la route, la salle à manger étant décorée d'une fresque de caractère - on peut ne pas aimer.  

Difficile, en revanche, de ne pas aimer le produit phare de la maison: la pizza. Le patron le décline en variétés nombreuses; mais il sait qu'ici, c'est surtout la pomme de terre, le fromage et la viande qui marchent, et propose des produits dans ce style. Je me suis personnellement retrouvé avec une pizza américaine au chorizo, tabasco et viande hachée, du meilleur effet. "C'est la plus complète, et elle fait un malheur", me confie le chef, qui m'explique ensuite qu'outre les Creusois, sa clientèle est avant tout anglaise, belge et néerlandaise, avec des styles bien distincts. Les Suisses noteront en outre la présence d'une pizza de la vallée des Grisons. Tout cela peut être agrémenté de vin, et couronné d'un digestif.

Outre la cordialité de l'accueil, enfin, il y a aussi la rapidité du service (à des heures creuses, mais le four à bois fonctionnait déjà!) et la souplesse du personnel: désireux de prendre un train, le patron n'a pas hésité à envoyer son livreur (l'établissement livre à domicile, en plus!) me livrer... à la gare, en voiture. Encore merci!

Le site de la pizzeria.

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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 17:19

Pas sûr qu'en ce beau dimanche, je vais me faire plein d'amis en France. Mais je veux aborder une affaire intéressante qui soulève les petits inconvénients de l'homonymie et de la toponymie.

On sait en effet que dans notre tout petit monde, deux lieux, l'un en Suisse et l'autre en France, partagent deux points communs: leur nom et la production de vins. A ma gauche, Champagne, région viticole française au renom incontesté. A ma droite, Champagne, petit village vaudois, proche de Bonvillars et de Grandson. Un premier round avait déjà eu lieu, les Champenois de France ayant exigé la suppression de l'appellation "Champagne" pour les vins vaudois en 2004, dans le cadre de la négociation des accords bilatéraux. Demande acceptée: depuis, Champagne (Vaud) vend son vin sous l’appellation "Libre Champ". Les ventes s’en sont ressenties, et pas de manière positive: les ventes sont tombées de 110000 bouteilles (2000) à 32000 (2007).
 
 

A présent, un autre producteur est inquiété: celui qui fabrique les "flûtes de Champagne", petits biscuits salés qui accompagnent idéalement un apéritif; sur les paquets, il y a la mention "Recette de Champagne". Rien à voir, donc, avec le produit viticole… mais un tribunal parisien de grande instance a récemment donné raison à l’appellation Champagne (de France) contre le boulanger Cornu, producteur, obligé, du coup, à boucler son site Internet. Le Vaudois va faire recours.  

Jusqu’où doit aller la protection d’une dénomination ? Et celle du nom d’une localité, qui plus est? Que l’on puisse confondre les deux vins, passe encore – même si franchement, entre un mousseux et un petit blanc sec, la différence frappera même le moins averti des consommateurs de vin. Mais attaquer ensuite, par voie de justice, un boulanger qui produit des biscuits portant le nom de son village, n’est-ce pas aller trop loin? Sans compter les producteurs russes et est-européens de vins mousseux, qui n’ont aucune gêne à utiliser, pour les désigner, le terme de "shampanskoïe", qui ne signifie rien d’autre que… "Champagne".  

Pour conclure, je pourrais avoir envie, un de ces jours, de vous parler des appellations et noms d’objets faisant appel à un nom de lieu… alors qu’il n’y a rien à voir. Par exemple, savez-vous d’où vient le Café de Paris?  

Flûtes de champagne, le site.
Source de la photo:
Cave de Bonvillars. On peut commander sur le site...

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5 avril 2008 6 05 /04 /avril /2008 09:58

Je me souviens d'un dialogue sympathique que j'ai eu avec le maître du blog "Brosse Gherta", Strangedays, au sujet du café qu'on trouve dans les supermarchés ou ailleurs - soutenant qu'effectivement, chacun a son goût. Ce coup-ci, je me permets de prolonger le débat ici.

Comme produit, en effet, le café est un paradoxe à lui tout seul. On en boit des litres, mais on ne sait guère l'apprécier, ni en distinguer les saveurs - une observation faite il y a déjà longtemps par un des pontes de Starbucks, qui cherche à présent à offrir un peu de tout à sa clientèle (rassurez-vous, je ne suis pas un habitué de cette marque: trop chère!), particulièrement chez les Suisses, grands buveurs du noir breuvage. Mais en oubliant le goût, en se disant qu'un café en vaut bien un autre, on passe à côté de quelque chose de formidable, au moins autant que le vin ou la bière. Car café n'égale pas café, même s'il y a peut-être une part psychologique là-dedans, en plus de l'élément gustatif proprement dit. 

Lorsque je me suis mis à voler de mes propres ailes, en effet, j'ai fait quelques essais. Je suis tombé sur un Carte Noire plein de douceur mais assez consensuel, sur d'autres choses bien plus décevantes qui n'avaient pour elles que l'avantage du prix. Puis j'ai rallié la petite famille des cafés italiens. Le café Kimbo, de quelque sorte qu'il soit, est formidable, il réveille superbement vos matins les plus difficiles; mais en Suisse, on ne le trouve pas encore partout, et s'il se trouve, c'est par petits paquets. Donc je profite des voyages de mon père en Italie pour m'en faire ramener. Le Lavazza peut lui aussi bien faire l'affaire. Tout aussi vigoureux, il présente l'avantage de se trouver plus facilement, même dans les supermarchés suisses.

Et il y a aussi la préparation. Je pense ici à un établissement de Berne, le "Caffè Roma", qui propose l'un des expressos les plus pleins de caractère que je connaisse. Un peu plus cher qu'ailleurs, mais parfait pour vous revigorer après le déjeuner! Certes, le produit est suisse (café Blaser), mais il est nickel. A noter que pour ceux qui sont prêts à mettre quelques francs de plus, l'établissement propose, dans son sous-sol voûté, divers produits où le café se marie à l'alcool ou au chocolat. il faut bien admettre que le décor participe à l'effet; mais enfin, pour le café, cet établissement vaut le détour.

Enfin, n'oublions pas le divin Montagne bleue, un arabica de la Jamaïque, d'une douceur difficile à surpasser. Bon, c'est affreusement cher... le produit est rare, donc le prix est en conséquence. "La Semeuse" en vend, je le sais, mais je n'en ai jamais vu en supermarché! J'en avais acheté un petit paquet en promotion, qui a fait le bonheur de quelques invités. Et sinon, j'ai aussi eu, pendant quelque temps, un plan pour en boire à un prix normal - ce qui était peut-être dû à la relative ignorance des gérants de l'établissement. Hum-hum...

Le blog de Brosse Gherta.  

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30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 10:01

Lors d'une discussion, un ami a évoqué l'idée de supprimer les millésimes des vins - une idée qui trouverait des oreilles attentives dans le monde viticole. A première vue, c'est révolutionnaire... mais après tout, il vaut la peine d'y réfléchir. Et de voir comment positionner le produit à partir de là.

Il convient d'abord de rappeler que cela se fait depuis belle lurette pour les vins les plus prestigieux qui soient: les champagnes. Seules les meilleures années des meilleurs crus sont millésimées, les autres ne l'étant pas. Cela résulte d'une démarche visant à garantir un goût d'une bouteile à l'autre: quand on achète un champagne, on sait ce qu'on a dans le verre. Cela, sans pour autant transiger sur la qualité. Bref, on crée une "valeur sûre".

Pourquoi ne pas étendre cette logique aux vins ordinaires, rouges, rosés ou blancs, que l'on boit tous les jours? On peut en effet se demander si c'est "le" bon millésime que l'on recherche quand on veut un demi d'ordinaire pour accompagner sa pizza surgelée ou son plat de pâtes, un soir normal, après le travail. Que demande-t-on plutôt? Un vin qui soit agréable à boire et qui apporte du plaisir - même modeste, ce sera un produit qui apportera un air de fête au repas le plus commun. L'art du producteur, dès lors, devra être d'assurer, pour sa gamme "grande consommation", un produit homogène - en mélangeant les millésimes au besoin, peut-être. Le millésime conférera, par contrecoup, une valeur ajoutée aux vins "de prestige" qu'il produit, le cas échéant. Le client achètera ce produit "de luxe" pour les dimanches, et goûtera l'ordinaire (cela dit sans nuance péjorative) les jours de semaine.

En vue d'un bon marketing, la question sera alors de savoir en dessous de quel prix le client sera d'accord de renoncer au millésime, ou au contraire à paritr de quel prix il l'exigera. Cinq, dix francs suisses? Il n'y a certainement pas de réponse unique. Et certains terroirs de tradition conserveront peut-être l'habitude de millésimer, pour des raisons d'AOC par exemple. A voir, à concevoir, à penser.

En conclusion illustrative, je me souviens d'une idée sympathique qui m'a agréablement surpris: le concept des vins "Chamarré". Son principe? Pas de terroir, pas de millésime, rien que des cépages ou des assemblages avec un caractère distinct. La gamme est assortie de façon quasi pédagogique, avec des indications sur le caractère accessible du vin proposé. Les produits sont certes plus anonymes; on n'imagine guère la barrique de bois ancestrale ou la main du vigneron en les dégustant; mais ils recèlent une agréable surprise gustative. Et d'où vient cette petite révolution? De France...

Pour en savoir plus:
http://www.chamarre.ch (en allemand).

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