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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 22:06

Je vous lance aujourd'hui un défi: dans un magasin d'une certaine étendue spécialisé dans le commerce des vins, dénichez un breuvage très buvable dont le prix n'excède pas dix francs suisses, soit environ 6,5 euros (même si ces temps-ci, ça dépend des jours). C'est justement le bonheur qui m'est arrivé aujourd'hui, avec un "Rosso Piceno Saladini Pilastri 2005" trouvé au Mövenpick de Berne - élevage biologique qui plus est.

Quelques détails... je me suis rendu dans ce magasin pour y trouver tout autre chose: peut-être une ou deux bouteilles de ce vin portugais intrigant que j'ai goûté il y a quelques jours; ou alors une bouteille du "vin de l'année" de ce commerce, qui était le Médoc "Christian Moueix", pas mal coté sur certains sites - en quelque sorte le petit frère du Pétrus, pour moins de vingt francs suisses. Or, bonnes affaires ou bonne réputation, je n'ai rien trouvé de tout cela. J'ai donc changé mon fusil d'épaule, tant il est agréable, parfois, de goûter une bonne bouteille au terme d'une bonne (?) journée de travail.

Et c'est là que j'ai trouvé, pour le même prix que mon portugais, ce fameux Rosso Piceno. Un vin italien qui, jusqu'à ce moment, ne me disait pas grand-chose, ni en bien, ni en mal - et que, conséquemment, je n'avais jamais goûté. Erreur réparée! Le produit s'avère savoureux, équilibré et complet même, dans le sens où il remplit bien la bouche avec des arômes de fruits et de sucre de raisin. Le souvenir de son arôme reste bien au palais, ce qui est agréable; quant à son nez, il est généreux, avec des notes fruitées. C'est là un vin de caractère qui accompagnera volontiers une viande blanche ou, comme le suggère le producteur, une soupe aux légumes. Son caractère ne l'empêche pas d'être relativement léger question alcool (12,5% vol.).

Une visite sur le site Internet du producteur permet d'en savoir plus: ce Rosso Piceno est produit à partir de 70% de Sangiovese et de 30% de Montepulciano (d'où, peut-être, une certaine douceur). Avec lui, on se retrouve propulsé dans la région des Marches, sur les rives de l'Adriatique. De quoi rêver de vacances balnéaires, un verre à la main...

Site Internet: http://www.saladinipilastri.it/
Photo tirée du site.

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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 22:40

Allez dans votre cave à vins. Farfouillez un peu. Vous y trouverez peut-être une bouteille isolée. Prenez-la. Elle vous réservera sans doute une bonne surprise, comme ce fut le cas avec ce Murviedro 2004 Reserva "Bodegas Murviedro" dégusté l'autre soir.

Nous avons affaire ici à un vin espagnol de la région de Valence. Espagnol? Hispano-suisse, plutôt! La cave qui le produit s'enorgueillit d'une histoire qui remonte à 1927, date où elle a été fondée comme filiale du groupe suisse Schenk, qui a aujourd'hui encore son siège à Rolle. Tout cela semble bien industriel, ce que le site semble confirmer: tracteurs, grands réservoirs, etc. L'idée du fondateur était de constituer un groupe européen autour de la production viticole - en 1893 déjà.

Industriel, ai-je dit? Reste que le vin que j'ai bu est un produit solide, par ailleurs primé en 2008 au Concours mondial de Bruxelles. Il se caractérise par son équilibre et par la cohérence de son goût et de son arôme; une impression de plénitude se dégage de ce vin bien structuré qui oscille entre rondeur et puissance. Sa couleur est soutenue, noire pour ainsi dire; à cette aune, j'ai envie de dire qu'on a affaire là à un beau jeune homme athlétique, qui a sans doute un certain potentiel de vieillissement.

Et que manger avec cela? Je n'hésiterais pas à lui assortir des plats assez relevés, des viandes rouges, etc. Du tout bon!

Site: http://www.murviedro.es 

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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 21:55

A l'instar du monde des livres, l'univers des vins est plein de surprises, et il suffit de s'éloigner de la trilogie sacrée des Merlot/Cabernet-Sauvignon/Syrah pour s'étonner des goûts et arômes qu'un vin rouge peut révéler, même s'il ne provient pas d'un lieu mystérieux qui ajoute à son charme. Même les linéaires des grandes enseignes révèlent leurs surprises...

... telle fut celle du Valdepeñas bu ce soir. On s'en doute: il s'agit d'un vin espagnol, issu d'une région qui place haut les valeurs de la viticulture et du bon vin. Celui que j'ai choisi est le "Señorío de los llanos" Gran Reserva 2002, produit à partir du cépage Tempranillo par le groupe de caves Vinartis - une grosse enseigne qui fait dans tous les genres. Là, je suis tombé sur quelque chose d'agréable quoique d'atypique.

Le vin présente donc une couleur rubis, plutôt claire. Son caractère sera-t-il affirmé? Il est en tout cas assez complexe. On y trouvera un côté fruité, quelques notes spécifiques dues à une maturation en fût de bois (un côté boisé qui reste discret), et surtout une note légèrement amère en fin de bouche. On peut ne pas aimer ce trait ultime, qui peut surprendre; mais enfin, voilà quelque chose de particulier! De plus, titrant à 12,5%, ce Valdepeñas reste assez léger pour être apprécié en prenant un peu de distance avec la sacro-sainte modération.

Laissez-vous surprendre!

Pour en savoir plus:
http://www.gbvinartis.com - le site démontre que les vignerons sont aussi bons en développement Internet qu'en viticulture!  

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5 janvier 2009 1 05 /01 /janvier /2009 22:11

Perrier Mineral Water par Andrew Kung PhotographyRappel des faits: vous avez passé les deux semaines qui viennent de s'écouler à boire d'excellents breuvages rouges ou blancs, volontiers rehaussés de bulles, à l'instar de nombreux ménages (la très peu bourgeoise Clémentine Autain en témoigne sur son blog, à titre d'exemple). Peut-être avez-vous osé les liquoreux, les bourgognes ou les bordeaux capiteux, voire des friandises plus fortes encore. On croit que ça dessoiffe... alors qu'en fait, ça donne soif!

C'est là qu'arrive une polémique qui a commencé à éclater dans la presse l'an dernier, mais dont la teneur me semble assez évidente depuis belle lurette: pourquoi claquer des fortunes en eau minérale alors que l'eau du robinet est tout aussi bonne? Par souci de sa santé? Argument vacillant. Par simple gourmandise, alors?

La question avait été abordée en termes fort détaillés par le journal genevois "Le Temps" en été 2008. Boire de l'eau en bouteille, c'est finalement, selon lui, une aberration écologique, tant il est vrai, en tout cas sous nos latitudes, que l'hygiène de l'eau du robinet est irréprochable et constamment surveillée; de l'autre côté, le transport et l'exploitation d'eaux en bouteilles est onéreux à tous points de vue (transport, prix pour le consommateur, élimination ou recyclage des bouteilles, etc.). Cela m'a rappelé mon vieux professeur de chimie, qui nous disait que l'eau de Charmey vaut bien celle d'Evian - et précisait dans la foulée le sens de l'adjectif "acratopège", dont de nombreuses eaux minérales se gargarisent. Tout cela pour dire que les chiens sont lâchés face à des eaux vendues à un prix largement surfait, venant parfois de loin - d'où un bilan écologique déplorable à plus d'un titre, ce que suggère d'ores et déjà le bon sens.

Mais de telles attaques ne sauraient laisser de marbre les acteurs du marché des eaux minérales... et Peter Brabeck, grand patron de Nestlé (qui possède entre autres Perrier), amène justement sa goutte d'eau au débat, sous la forme d'une intervention dans le magazine familial suisse "L'Illustré". La teneur de son discours? Elle est double: d'une part, le réseau qui permet de remplir votre verre au moyen du robinet d'eau courante engendre des déperditions supérieures à celui qui permet de remplir ses bouteilles. D'autre part, l'eau du robinet est beaucoup trop bon marché, à son avis... L'homme parvient donc à défendre son métier en utilisant les arguments mêmes de ses détracteurs.

Discutable, tout ça, à mon avis! Prenons le premier argument: certes, toutes les conduites ne sont pas parfaites; mais l'eau qui se perd ne réintègre-t-elle pas le circuit, sous forme de vapeur, puis de pluie? Quant au second, il suffit de consulter sa facture d'eau pour en juger... ou penser à ceux qui, dans le monde, ne peuvent se payer un simple verre d'eau propre du robinet, par suite d'une gestion malencontreuse de ce bien par l'Etat ou par des privés. Vendre l'eau au prix du supercarburant, comme semblent le suggérer les chiffres que Peter Brabeck avance, reviendrait à mon avis à assoiffer définitivement une bonne partie de notre globe. Et, accessoirement, à faire péter notre économie déjà bien chahutée.

Y'a de l'action, donc! Et que répondre aux militants des fontaines à eau dans les entreprises? J'ai personnellement la chance d'avoir un bureau à côté des toilettes, ce qui me permet d'aller me verser mon demi-litre d'eau quand j'en ai envie, sans frais pour le service. C'est du reste le cas de pas mal de monde dans les administrations; si le robinet est un peu plus loin, tant mieux: ça fait de l'exercice. Cela, sans compter que l'entretien d'une fontaine à eau est onéreux et pas idéal d'un point de vue énergétique (refroidir de l'eau, est-ce bon pour la santé? et l'environnement? les installations sont-elles vraiment optimales de ce point de vue?)

Certains me trouveront peut-être un peu ayatollah de l'écologie sur ce coup-ci; loin de moi l'idée de l'être! Simplement, mon bon sens me dit que mieux vaut ouvrir le robinet d'eau courante pour se désaltérer, en tout cas dans nos pays d'Europe occidentale ou d'Amérique du Nord - surtout si l'eau courante n'est pas chlorée. Mais au fond, à quoi bon la chlorer? Et vous, quelles eaux privilégiez-vous?

P. S. : l'adjectif "acratopège" signifie "sans propriétés particulières".
P. P. S. : sur le sujet de l'eau, il faudra vraiment que je lise Erik Orsenna...

Photo: Flickr.com/Andrew Kung Photography 

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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 22:48

Vous avez dit "Chianti"? Ce machin standardisé qu'on vous sert avec votre pizza dans des établissements bon marché? Certains diront peut-être que je suis tombé un peu bas dans mes goûts de vins. Et pourtant, je reste un aficionado, un inconditionnel du chianti - à telle enseigne que je l'associe tout naturellement aux plats traditionnels italiens, en particulier les pâtes et la pizza. On ne se refait pas... même si l'idée d'accompagner sa pizza d'un verre de vin blanc fait son chemin.

il fiasco par gone bunburyingRevenons donc à notre cher chianti. Comme plus d'un d'entre vous sans doute, je l'ai découvert sous sa forme la plus pittoresque: les fiasques, ces bouteilles au ventre rond et au contenu généreux, tressées d'osier. Joli sur une table, gouleyant en bouche, tout ce qu'on veut, avec un soupçon de popularité: c'est bien souvent l'image qu'on a du vin italien, sympa, sans prétention - un vin de table parfait, qui garantira la qualité du relationnel entre convives à défaut d'assurer le niveau élevé d'une dégustation entre gastronomes.

Mais depuis quelques décennies, l'appellation chianti, dont le nom renvoie étymologiquement à la musique sous des formes diverses (trompette ou chant du coq, entre autres), va plus loin. Et c'est là qu'on se disperse un peu. L'appellation se restreint à la Toscane, mais regroupe plusieurs terroirs. Jusque dans les années 1960 (l'AOC, nommée "DOC" en Italie, date de 1967), on trouvait de tout sous cette désignation, et même des vins blancs. Il est à noter qu'une première tentative de délimiter l'aire de production du chianti, afin de limiter les piètres contrefaçons, a été lancée par Cosimo III, grand-duc de Toscane, en 1716 déjà.

Fichier:Sottozone chianti it.jpgC'est en 1924 que les Italiens créent le label "Gallo Nero" (coq noir, symbole du "Consorzio del Marchio Storico-Chianti Classico") afin de mettre un peu d'ordre dans la région de production du chianti, et plus particulièrement du "chianti classico". Assortie de la nouvelle DOCG de 1984 (les dissidents ayant permis la naissance d'autres vins toscans surnommés les "Supertoscans") revue en 1996, elle a permis une forte amélioration de la qualité des vins. En particulier, la réglementation de 1996 a permis de faire du "Chianti classico" une appellation à part entière, indépendante du chianti usuel, qui exige entre autres que le cépage sangiovese entre pour 80% dans la production du breuvage. Dans les faits, celui-ci entre pour 80 à 100% dans la production du chianti classico, ce qui en fait le cépage typique de ce vin.

Expérience faite, c'est effectivement  le "chianti classico" qui a le plus de personnalité et de charme. On distinguera entre les "chianti classico" standard, qui doivent avoir au moins 12% d'alcool, et les "chianti classico riserva", qui doivent arriver à 12,5% au moins, et avoir vieilli au moins 24 mois, dont trois en bouteilles.

Chianti Classico Label par Daniel (Jiuwine.com)Mon conseil, alors? Suivez le coq noir... et pensez à Carpineto, ou à d'autres producteurs du genre. Ils vous offriront le supplément d'âme qui distingue un simple vin de pizzeria et la bonne bouteille que vous partagerez sans honte avec vos amis.

Pour en savoir plus: http://chianti.vinsditalie.com/
Carte: Wikipedia.
Photo: Flickr/gone bunburying/Daniel

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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 22:59

L'Argentine, ses hauts plateaux, son tango, ses vins! Ceux-ci savent séduire pour les raisons les plus diverses: je me souviens d'un breuvage d'altitude qui n'était pas des plus abominables. Et voici que ce soir, je me retrouve avec un "La Chamiza Polo Amateur 2007", malbec pur jus, qui m'a également séduit.

"Polo Amateur", me direz-vous? Aussi peu commun que cela puisse paraître, la vigne qui a servi à produire ce breuvage a été plantée sur un ancien terrain de polo, dont le souvenir s'étale sur l'étiquette. Depuis, les Argentins se sont aperçus que l'emplacement était également très bon pour faire pousser de la vigne... et hop: on troque le sport pour le vin rouge. Une option que je trouve très, très avantageuse - et qui est réussie dans ce cas.

Titrant fièrement 13% d'alcool, ce vin se boit agréablement avec quelques saucisses et une salade. Sa couleur est soutenue, sombre même. Le goût? Le producteur promet quelque chose de passionné et de primesautier, comme savent l'être les joueurs de polo amateur. Le pari est gagné, de manière honorable: le style bien construit et équilibré de ce vin trahit un certain professionnalisme, qui n'occulte pas la séduction de notes de vanille ou de chocolat au lait, ni le goût du fruit et la douceur du malbec. Une douceur qui, bien que puissante et bien présente ici, sait cependant se faire juste assez discrète pour ne pas écoeurer sur le long terme.

Bref, avec "La Chamiza", vous vous offrez, à bon compte, un petit voyage en Amérique du Sud. Santé!



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20 novembre 2008 4 20 /11 /novembre /2008 22:42

Ce rioja, vous allez l'aimer. Cela fait longtemps que j'aperçois le nom de "Marques de Riscal" sur des étiquettes de vins espagnols dûment emballées dans un filet en fil de fer, dans les supermarchés et ailleurs. Un rioja de plus, fût-il "reserva", voire "gran reserva"? Qu'a-t-il de plus par rapport aux autres produits de même appellation?

Pas de réponse à cette question jusqu'au début de cette année, lorsque je me suis plongé dans "Mort dans l'après-midi", le très bel ouvrage qu'Ernest Hemingway consacre à la tauromachie. On peut aimer ou non cet art, mais l'écrivain américain sait le rendre passionnant, et plus d'un se surprendra, après sa lecture, à guigner quelque course de taureau afin de vérifier certaines sensations. Et là, Ernest Hemingway signale, à l'article "Rioja" de son lexique de fin de volume, les vins du "Marques de Riscal" - en des termes plutôt incitatifs quoique concis. Le lien était fait: il fallait que j'en goûtasse.

Et s'il faut en boire, c'est cette année encore: "Marques de Riscal" a une tradition qui célèbre ses 150 ans précisément en 2008 puisqu'elle a été fondée par Don Guillermo Hurtado de Amézaga, marquis de Riscal, diplomate, journaliste, libre penseur. La maison se pose depuis toujours en parangon de l'alliance entre la tradition et la modernité, et s'enorgueillit d'avoir été l'une des premières caves d'Espagne à utiliser des fûts de chêne américain. Bref, comme disait l'autre, y'a du lourd.

Du lourd? Il a fallu que j'en tâte pour savoir si la maison tient ses promesses... et c'est le cas, à en juger en tout cas par le "Marqués de Riscal Rioja Reserva 2004". Ce vin rouge est produit à base de tempranillo (90%), de graciano et de mazuelo (10%), dont les ceps peuvent avoir 15 ans. Dans le verre, on découvre un vin à la belle couleur de rubis, qui dégage un solide bouquet, porté par 14% d'alcool. Tout cela ne déçoit pas à la dégustation, qui révèle un vin équilibré, révélant tour à tour des arômes de fruits rouges, de tannins et de bois (tout cela a vieilli en fûts de chêne), d'herbes et d'épices - un vin bien présent en bouche, mais qui ne se montre jamais importun. Le gourmet a donc affaire, ici, à un vin de caractère qui saura tenir le choc même avec un plat de venaison.

Tout cela pour dire que Hemingway savait choisir ses vins rouges... A noter que l'entreprise gère également une cité du vin à Elciego, autour des caves historiques de la maison. Le site a été conçu par l'architecte Frank O. Gehry; il comprend un hôtel, un espace bien-être vinothérapeutique, un restaurant et un center de congrès.

http://www.marquesderiscal.com
Coin lecture: Ernest Hemingway, Mort dans l'après-midi, Folio, 2003, n° 251.

 

 

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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 22:12

Pour bien des amateurs de vins, la France, c'est avant tout le Bordeaux et la Bourgogne. Ces dernières années pourtant, d'autres régions ont prouvé qu'elles avaient également leur mot à dire en matière de vins. Elles osent des cépages différents, font preuve de souplesse dans leurs assemblages, osent des parfums qui vont étonner celui qui déguste. Telle est, à n'en pas douter, la vocation de la "Cuvée mythique", authentique vin de pays d'Oc.

De quoi s'agit-il, avant tout? La "Cuvée Mythique" est le fruit d'assemblages de cépages qui poussent dans le Midi de la France. On y retrouve la syrah, le mourvèdre, et plein d'autres éléments: peu importe le nombre de cépages, pourvu qu'on ait un bon produit. Cette marque repose sur les efforts d'un certain nombre de vignerons (84 domaines et châteaux, 15 coopératives). Sur cette base, désireuse de s'adresser au plus grand nombre, la "Cuvée Mythique" a vu le jour en 1990. Depuis, des produits divers ont vu le jour sous l'appellation à la chouette; nous sommes tombés aujourd'hui sur une bouteille représentative du produit d'origine.

Nous l'avons dit, la "Cuvée mythique" est le fruit de l'assemblage de plusieurs cépages. Qu'est-ce que ça donne à la dégustation? Eh bien, ce n'est pas détestable! A l'oeil, nous avons affaire à un vin de couleur fort sombre, opaque même, "un gros rouge qui tache" diront certains - ce qui vaut toujours mieux qu'une piquette couleur grenadine. Au goût, naturellement, on reconnaît immédiatement le côté doux voire doucereux de la Syrah; mais celui-ci est tempéré par tout le reste - en particulier une certaine acidité en début de dégustation, pas détestable, et même prometteuse: on se dit qu'un tel vin mérite d'être oublié dans une cave, ne serait-ce qu'un lustre. Et au terme d'une bouteille entière, sans forcément avoir envie de remettre ça (la "Cuvée mythique" titre quand même à 13,5%), on se dit qu'on a bu quelque chose de plutôt bon, qui tient la distance et ne finit pas par écoeurer.

Alors... pourquoi pas? Un blog signale cependant que ce produit se retrouve principalement hors de France, dans les grandes surfaces. Si vous êtes français, ami lecteur, ouvrez donc l'oeil. Et si vous êtes suisse, vous trouverez cela sans problème à la Coop. A noter, enfin, que cette appellation s'est à présent multipliée, en blancs et en rouges de factures diverses.

Image: http://cremedementhe.pixnet.net/blog/post/18078794 (en japonais...) 

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25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 21:30

Certains fidèles lecteurs me diront que je fais une addiction à la pizza; eh! bien, soit, j'assume. Il s'agit d'un plat savoureux, complet, qui aurait des vertus préventives contre le cancer selon certains chercheurs. Et à Saint-Etienne, deux bonnes adresses méritent que les aficionados de ce plat s'y arrêtent.

© CityvoxLa première s'appelle le "Stromboli". Je l'ai découverte physiquement lors de mon escapade du week-end dernier, après avoir lu plusieurs avis fort louangeurs sur Cityvox - un gros site qui permet de faire un peu de repérage culinaire avant de partir en vacances, et de se mettre en appétit. Et force m'a été de constater, après mon passage, que les compliments ne sont pas usurpés. Situé un peu en marge des grands axes urbains (non loin du "Corne d'Aurochs", restaurant à viandes), l'établissement est décoré chaleureusement, de façon plutôt riche: photos de films italiens, glaces de part et d'autre de la salle pour qu'elle paraisse infiniment grande, boiseries, etc. Le choix de pizzas n'a certes pas l'étendue et la diversité de certains établissements, mais tout cela est apprêté avec soin, au feu de bois: la qualité est là, depuis longtemps paraît-il. J'ai personnellement pris la "pizza mixte", qui allie le jambon et le gratiné que peut apporter une portion d'emmenthal à la française. Seul regret? Ne pas avoir pris la grande pizza, mais plutôt la moyenne: on vous les propose même en trois dimensions, la troisième étant naturellement "la petite". Ah - et l'accueil est fort sympathique, avec une ambiance familiale.

© CityvoxLa seconde, en revanche, est pour ainsi dire devenue un lieu de pèlerinage pour moi. Son nom? "La Dolce Vita/Chez Dino" - le même nom, en partie, qu'un établissement de Fribourg, ce qui m'avait accroché la première fois. Depuis, tous les ans, j'adopte le même rituel: j'y déguste une pizza 007 au moins une fois pendant le séjour. 007? Oui oui, avec deux moitiés d'oeuf pour faire les yeux, et une saucisse de Strasbourg taillée aux bouts qui, à la cuisson, prend l'allure d'un noeud papillon. Une élégance d'un goût particulier, mais le résultat est savoureux, à tous les coups! Cette pizzeria bénéficie également d'une certaine cote d'amour et, comme elle est toute petite, il arrive qu'elle soit prise d'assaut, d'autant plus qu'elle est à proximité immédiate du Gaumont. Le cadre est un peu plus simple qu'au "Stromboli", l'accueil n'est pas désagréable. Et cette année, il y a eu un petit plus: le "café poème". Principe? On vous sert le café avec quatre mini-desserts. De quoi donner à votre soirée pizza quelques étincelles d'un restaurants de luxe!

Pizza Le Stromboli, 7, rue Michel-Servet, 42000 Saint-Etienne.
La Dolce Vita - Chez Dino, 5, rue Dormoy, 42000 Saint-Etienne
Pour les gourmands:
http://fra.cityvox.com, où j'ai par ailleurs puisé les photos.

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9 octobre 2008 4 09 /10 /octobre /2008 20:50

Les aventures du vin suisse de Champagne se poursuivent. J'ai eu l'occasion, il y a quelques mois, d'évoquer ce petit vin blanc qui se bat vaillamment, tel Astérix, contre la grande Champagne française, qui produit du vin mousseux et a fait en sorte que le nom du village suisse n'apparaisse plus sur les bouteilles de blanc qui en sortent. Aux dernières informations, les vins produits dans cette localité s'étaient rebaptisés "Libre Champ" en 2004, ce qui leur a coûté cher en termes de ventes: cette nouvelle appellation ne dit rien à personne.

Et ce soir, recherchant quelque bon blanc pour accompagner la fondue au fromage moitié-moitié qui, c'est connu, crée la bonne humeur depuis les années 1930, je tombe sur une étiquette assez curieuse puisqu'elle arbore l'appellation "C-AMPAGNE" - tout cela, dans les vins vaudois. A la première seconde, je me dis: "C'est quoi, ce vin campagnard? Une curiosité?"... et à la seconde, je comprens qu'il s'agit d'un nouvel avatar du "Champagne" suisse, vin blanc sec de Bonvillars, près de Grandson, issu d'un petit village dont le nom de Champagne est attesté depuis bien plus longtemps que la naissance de Dom Pérignon.

A l'arrière de la bouteille (si j'ose ainsi dire), l'étiquette explicative ne se disperse pas en conseils d'accompagnement et de température: on sait qu'un chasselas se boit frais, si possible sous la tonnelle, sinon avec des plats au fromage ou des filets de perche! Les vignerons de Champagne préfèrent y présenter leur combat. Je ne peux que les citer in extenso:

"Depuis plus de 800 ans, ce village existe. Ce Chasselas vaudois de Champagne près de Grand son, dérange la grande et puissante Champagne française qui, au travers des accords bilatéraux, en a fait interdire la commercialisation. Les vignerons de Champagne, en se défendant devant le Justice européenne, dénoncent avec force et courage, la privation de liberté et d'identié qu'on cherche à leur imposer. En achetant cette bouteille, vous les soutenez."

Une telle bouteille a même été remise à Doris Leuthard, ministre suisse de l'économie. Bref, en clair, "buvez engagé!"

Et boire engagé, est-ce que ça en vaut la peine? En l'occurrence, ma réponse sera affirmative. Indépendamment du différend entre Champagne et Champagne, en effet, force est de constater que le chasselas de Bonvillars vaut le détour. On dit que le chasselas, en tant que cépage, n'apporte pas beaucoup de goût au vin; reste que les vignerons de Champagne ont su en tirer tout son caractère - sans doute avec la complicité des sols, comme c'est le cas en Valais. Au final, nous avons affaire ici à un vin fruité, avec de petites notes salées et un goût ferrugineux qui reste longtemps en bouche. Du caractère, quoi, et ce côté franc, un peu rentre-dedans et haut en couleur qu'on peut trouver dans les vins les plus séduisants du canton de Vaud.

Qui a dit que cela avait quelque chose à voir avec les produits des barons d'Epernay?


Post-scriptum: Bonvillars produit également un vin mousseux. Par respect pour l'illustre appellation française, celui-ci est commercialisé sous le nom de ... Bonvillars Brut!

Pour boire engagé, vous aussi: http://www.cavedebonvillars.ch/

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