Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 20:47

Ce matin, j'ai plaqué quelques accords à l'orgue dans le cadre d'un office religieux donné à la chapelle des Marches, à Broc, dans la verte Gruyère. L'édifice est charmant: une petite chapelle construite au début du dix-huitième siècle dans la plaine qui s'étend au pied du village. Et là-dedans, une faute de goût par rapport à l'époque de construction: un orgue électrique, planté à côté du maître-autel.

Cela laisse songeur. Pour l'animation musicale des liturgies, de nombreuses paroisses optent pour des instruments électriques ou électroniques, véritables orgues liturgiques ou instruments généralistes. L'argument est sans aucun doute financier: ce genre d'appareil requiert moins d'entretien qu'un orgue traditionnel, et coûte sans doute moins cher à l'achat. Séduisant, quand on sait que l'objet est finalement peu utilisé: une répétition de temps à autre, une messe parfois - et d'autant moins que de plus en plus, l'organiste n'est plus sur le pont tous les dimanches, voire plusieurs fois par week-end.

Mais les instruments électriques ne sont pas dépourvus d'inconvénients. Le premier qui vient à l'esprit est évidemment la qualité du son, qui (et je pèse mes mots) est généralement sujette à caution. Peut-être aura-t-on reproduit le meilleur orgue à tuyaux historique qui soit; mais à quoi bon, dans une église qui n'est pas prête à recevoir ces sons? Une petite église n'a pas besoin de tout cela, et, comme qui dirait, l'original est toujours préférable à la copie. Cela, sans oublier, bien sûr, qu'un orgue traditionnel est construit "sur mesure" pour chaque église, en fonction des souhaits du client, mais aussi des spécificités acoustiques du lieu, et en particulier de ses dimensions.

Autre inconvénient: l'orgue électrique a un mode de fonctionnement complexe auquel il faut s'habituer, ce qui peut stresser un instrumentiste de passage. Celui-ci doit régler le volume de l'instrument (alors que sur un orgue traditionnel, la question se pose peu, voire pas du tout), et retrouver les bonnes sonorités. L'instrument dispose parfois de propriétés de réverbération artificielle dont on se fiche dans une église. Naturellement, là aussi, chaque instrument a ses spécificités. On dira qu'un instrument traditionnel est aussi particulier; mais l'organiste apprend, dans sa formation, à distinguer et dompter les différents systèmes... d'un instrument traditionnel. En revanche, certains orgues électriques semblent littéralement hantés... manque d'une entretien ad hoc, peut-être? Un appareil électrique requiert également un minimum de soin.

Le choix d'un instrument électrique relève en outre d'une mauvaise stratégie de ressources humaines. Lors de l'entretien d'embauche, en effet, une paroisse qui dit: "Nous avons un orgue électrique" n'est pas très attrayante par rapport à celle qui propose un instrument à tuyaux, d'une personnalité plus riche et forcément plus individuelle. Alors que la disette des organistes fait rage, l'enjeu est loin d'être inexistant.

Electrique ou traditionnel, alors? Et s'il existait une troisième solution? Souvent, je me suis dit, en voyant certaines installations, qu'il vaudrait mieux opter pour... un piano. Certes, cela n'a rien de traditionnel dans une église; mais cet instrument peut, aussi bien que l'orgue, accompagner une chorale, et se faire entendre dans des édifices de taille petite ou moyenne. L'argument du recrutement du personnel musical retrouverait par ailleurs de l'intérêt: en optant pour un piano, une paroisse pourra engager un pianiste en le rassurant: pas besoin de faire le pas de l'orgue (pédalier, gestion des jeux, etc.), il lui suffira de faire ce qu'il sait au moment de jouer des pièces en solo. Cela, sans pour autant rebuter les organistes dûment formés. Un piano requiert certes un accordage régulier; mais c'est aussi le cas d'un orgue à tuyaux, et un orgue électrique a aussi tendance à se déglinguer si on le néglige. Alors, pourquoi pas?

Photo: Flickr/groenling

Partager cet article
Repost0
26 décembre 2008 5 26 /12 /décembre /2008 21:08

"Minuit Chrétiens" est un hymne religieux fameux composé au cours du dix-neuvième siècle par Adolphe Adam (à qui l'on doit également le ballet "Giselle") et Placide Cappeau, négociant en vins à Roquemaure (Côtes-du-Rhône) dont la postérité est un peu moins évidente - on dit même qu'il était farouchement républicain et anticlérical. Mais enfin, passons: ce n'est pas pour cela que l'histoire a retenu son nom, mais bien pour le texte de "Minuit Chrétiens".

Ce tube religieux a connu une popularité jamais démentie, finissant par échapper à ses créateurs. La critique s'en est mêlée, en dénonçant le mauvais goût: "Le succès de Minuit chrétiens ! est, d’un certain point de vue, quelque chose de plus affligeant et de plus grave que le fait de l’avoir composé (...). Il semble qu’un minimum de décence devait s’opposer à ce qu’on honore un homme qui a positivement traîné la musique dans la boue, qui a fait pis que flatter le mauvais goût de la foule, car il l’a abaissé, avili, dégradé (...). Pour qui aime la musique, l’enfer, c’est peut-être de devoir écouter ses œuvres à perpétuité", déclare par exemple le compositeur et pianiste Robert Bernard (1900-1971) au sujet du compositeur, dans son "Histoire de la musique", aujourd'hui bien oubliée. Le pape lui-même s'en mêle: par un motu proprio, Pie X recommande de ne pas interpréter cette pièce dans les églises, en raison de son caractère trop théâtral et trop peu religieux.

Une approche discutable. D'un côté, certes, la pièce est propice à l'emphase grossière, voire à des cris qui ressemblent davantage aux chants de sortie de bistrot qu'aux accents recueillis d'une oeuvre religieuse. D'un autre, le "Minuit Chrétiens" d'Adolphe Adam n'est certainement ni la première, ni la dernière oeuvre religieuse à avoir un arrière-goût d'opéra plus ou moins appuyé, voire d'opérette. Autres temps, autres moeurs, même si parfois, le mélange est mieux (ou moins mal) réussi - pensons aux messes de Mozart, par exemple, mais aussi à la "Petite messe solennelle" de Rossini - dont la vocation n'a, soit dit en passant, jamais été de nourrir quelque liturgie.

Et c'est là que j'interviens... puisque la chorale "L'Avenir" de la paroisse de Morlon, où je joue de l'orgue, m'a prié de tenir le solo de "Minuit Chrétiens" à l'occasion de la messe de minuit - célébrée à 18 h 00, faute de personnel à l'heure fatidique. Que faire avec cela? Naturellement, la tentation est forte de "montrer sa belle voix", et de jouer dans le registre bruyant à défaut d'être fin. Piège gluant que celui-là! La musique d'Adolphe Adam est bien fichue, mais elle a une lenteur et une majesté intrinsèque qui rend difficiles les longues tenues sur des notes aiguës, toujours sportives pour une basse. De plus, le côté "sortie de bistrot" déjà évoqué n'est jamais loin si l'on oublie la finesse. Que faire, alors?

Eh bien... prendre le contre-pied d'une tradition trop braillarde! J'ai choisi de la jouer intimiste, privilégiant l'articulation du texte (couplets 1 et 3), renonçant à toute martialité, à tout style d'opéra, d'entente avec la directrice de la chorale. La société de chant opte également pour une reprise des refrains sotto voce des mieux venues. Ajoutez à cela un accompagnement d'orgue discret et une exécution au moment de la communion et vous obtiendrez les ingrédients d'une interprétation tout sauf clinquante de cette oeuvre. Et puis, pour les cordes vocales, c'est tellement plus reposant!

Photo:
http://www.nimausensis.com/Gard/NoelAdam.jpg

Partager cet article
Repost0
26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 20:30

Jeudi dernier, Philippe Beaussant a prononcé son discours de réception à l'Académie française, dans le cadre des réunions ordinaires de la vénérable assemblée. Un discours que j'ai survolé, et où se croisent Corneille et Jean-François Deniau, prédécesseur de ce musicologue et écrivain distingué, titulaire du Prix de la langue française pour l'ensemble de son oeuvre.

Prix de la langue française? J'ai envie de dire que c'est mérité. L'homme m'a en effet accompagné, si j'ose ainsi dire, pendant tout le printemps 2002, alors que je potassais mes examens finaux de musicologie à l'université de Fribourg. J'avais alors choisi de présenter à mon professeur de musicologie, Luigi Ferdinando Tagliavini, l'opéra français au dix-septième siècle. Une période dominée par la figure de Jean-Baptiste Lully, compositeur sur lequel Philippe Beaussant s'est penché l'espace de tout un volume, imposant par la taille, magistral par le contenu, que j'ai dû lire deux ou trois fois durant cette période afin d'asseoir ma science (?).

Et je me souviens qu'il y a de bien pires manières de préparer un examen oral: l'homme écrit fort bien; s'il passe par ici, qu'il soit remercié pour ces fort agréables moments de formation. Son livre raconte la vie de Lully, son irrésistible ascension et sa prise de pouvoir progressive sur le monde musical parisien de l'époque classique. Mais Philippe Beaussant enrichit également son propos d'exemples musicaux choisis, illustrés par des extraits commentés de partitions. Ainsi, on travaille en musique... ou presque. Et l'on apprend l'essentiel sur la période qui vit l'opéra, venu d'Italie, s'acclimater en France - rien d'évident pour un peuple qui, à l'époque, peinait à admettre qu'on puisse s'entretuer en musique. Peut-être avez-vous vu vu le film "Le Roi Danse"? C'est de ce livre que Gérard Corbiau s'est inspiré pour ce film.

Et depuis, j'ai eu la chance de lire également son "Stradella" - une autre époque, d'autres ambiances, pour un roman qui se veut sans cesse en construction. L'auteur, Philippe Beaussant toujours, montre ses personnages et les relations qu'il entretient avec eux, tout en narrant les aventures du compositeur Stradella, à la fois musicien et aventurier. Moins analytique que "Lully", ce titre-ci se dévore réellement... comme un roman.

P. S. : depuis Jean Dutourd, on sait que l'habit vert sied très bien à la pipe, et vice versa!

Photo:
http://www.littoralinfo.fr

Partager cet article
Repost0
18 juillet 2008 5 18 /07 /juillet /2008 20:45

Si je vous dis que des compositeurs ont écrit de la musique dans les camps de concentration nazis, peut-être vous récrierez-vous: sans doute n'avaient-ils pas la tête à cela, ou étaient-ils occupés à d'autres activités beaucoup moins agréables. Et pourtant... une dépêche de l'Agence France Presse m'a fait tilt aujourd'hui à ce sujet. Un Italien Juif nommé Francesco Lotoro est en effet sur la piste des partitions produites par des compositeurs déportés par les nazis pendant la Seconde guerre mondiale.

Un exemple viendra cependant à l'esprit de pas mal de monde si l'on évoque ces pages de l'Histoire: celle du "Quatuor pour la fin des temps", écrit par Olivier Messiaen au Stalag VIII-A de Görlitz. Une oeuvre formellement atypique, en particulier du fait de sa distribution: violoncelle, violon, clarinette, piano. La pièce a pourtant été créée au stalag en 1941, et elle est sans doute la pièce la plus célèbre de ce type de production.

Mais il n'y a pas que ça. Francesco Lotoro cherche depuis 1991, inlassablement, depuis qu'il a corrigé une partition signée de Gideon Klein, emprisonné à Theresienstadt et décédé au camp de concentration de Fürstengrube en 1945, reçue des mains de la propre soeur du compositeur. Ce qui a frappé le musicien, c'est la difficulté de l'oeuvre. Un peu de recherche lui a permis de comprendre que les musiciens internés à Theresienstadt avaient droit à une demi-heure de piano par jour. Pas mal? Insuffisant pour un vrai travail technique. Mais les compositeurs allaient à l'essentiel pendant cette demi-heure, concevant les partitions dans leur tête, loin des contingences matérielles liées à l'instrument. "Permettre aux musiciens de continuer à travailler était aussi un moyen de mieux les contrôler. Dans le camp d'Auschwitz, il y avait sept orchestres. Quand j'ai commencé, je pensais retrouver tout au plus quelques centaines d'oeuvres", expose Francesco Lotoro en guise d'explication à la possibilité laissée aux musiciens de pratiquer leur art.

Depuis, Francesco Lotoro a retrouvé quatre mille partitions écrites dans ces difficiles conditions. L'homme les archive, à l'exemple d'une pièce en cinq actes écrite sur du papier hygiénique, signée Rudolf Karel, disciple d'Antonín Dvorák, compositeur tchèque bien connu. Il ratisse large, recueillant certes la musique classique, mais aussi des oeuvres légères ou de variété, européennes ou venant d'horizons plus lointains. Pour s'en convaincre, il suffit d'observer les titres des pièces: on trouve là des sonates, des fugues, des chansons de cabaret, des cadences destinées aux concertos pour piano de Beethoven, des symphonies, et d'autres choses encore. Le musicologue précise que cette production n'était pas forcément triste: les oeuvres parlent de foi, de famille, de patrie, etc.

Certain de jouer un "contre la montre" et d'accomplir une forme de devoir de mémoire, Francesco Lotoro sait d'ores et déjà que certaines pièces sont irrémédiablement perdues, soixante ans après les faits. Son devoir de mémoirei prend peu à peu la forme d'une série de disques, dont six ont déjà paru, sous le label KZ Musik. Une visite du site du label permet de constater que certains compositeurs ont survécu aux camps, et que d'autres y ont laissé leur vie. L'objectif? Finir le travail en 2012, avec la collaboration d'orchestres si nécessaire.

Source: AFP; photos d'Olivier Messiaen (britannica.com), de Gideon Klein (fondation G. Klein) et de Francesco Lotoro (Tribune de Genève).
Site du projet de M. Lotoro:
http://www.kz-musik.de

Partager cet article
Repost0
6 juillet 2008 7 06 /07 /juillet /2008 19:32

Je suis allé ce soir rédiger une pige pour le journal "La Liberté", après un concert de musique baroque donné dans le cadre du Festival international de musiques sacrées de Fribourg. Je passe mon texte à réviser à un collaborateur régulier, qui me demande ce qu'est un "cornet à bouquin". Je lui réponds que c'est un sac dans lequel on met des livres...

De quoi s'agit-il, en réalité? Il s'agit d'un instrument à musique de la famille des cuivres, évolution de la simple corne d'appel rendue célèbre par un certain Roland à Roncevaux. Sa forme définitive se fixe à la Renaissance, mais il est attesté dès le Haut Moyen Age déjà (VIIIe siècle). Parent du serpent, sa configuration et sa sonorité brillante lui offrent une virtuosité qui lui permet de rivaliser avec le violon ou avec la flûte. 

Pourquoi bouquin, alors? Il s'agit certes d'un cuivre, mais à l'origine, il était fabriqué à partir d'une corne de bouc qu'on perçait de trous à la manière d'une flûte. Le bois (poirier, merisier), gougé en forme conique, de section ronde ou octogonale, est venu remplacer la corne. L'instrument est constitué de deux morceaux réunis par du cuir afin d'en garantir l'étanchéité. L'embouchure, enfin, fait aussi partie de l'objet; elle peut être en corne, en bois d'ébène ou en métal. Si son embouchure est intérieure, l'instrument devient un cornet muet, de sonorité plus douce.

A noter qu'une autre étymologie moins animale fait remonter le fameux "bouquin" à l'italien "bocca", qui signifie "bouche" et fait référence à son embouchure (comme une trompette), qui le rapproche des cuivres en dépit de sa fabrication en bois.

Giovanni Gabrieli a contribué à son répertoire, qui est du reste fort étendu quoiqu'un peu oublié aujourd'hui. D'autres compositeurs, vénitiens entre autres, ont écrit pour cet instrument: Monteverdi, Rognoni, Palestrina, etc. Sa période faste se situe au XVIe siècle, à Venise; on l'abandonne dès la seconde moitié du siècle suivant. Son usage se prolonge jusqu'en 1700 en Allemagne ou en Autriche, voire au-delà dans les pays nordiques, mais on n'en parlera plus au-delà de 1750, supplanté qu'il est alors par le violon, par la trompette (plus bruyante pour un niveau de virtuosité voisin) et par le hautbois, de sonorité voisine.

Pour en savoir plus: priez Saint Google...
Photo:
http://membres.lycos.fr/orguever/le_cornet_a_bouquin.html - où vous pourrez par ailleurs entendre le "cornet à bouquin" et en apprendre davantage.

Partager cet article
Repost0
25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 21:00

Récemment, mon père m'a ramené d'Italie la mégacompilation de Gianni Morandi... chouette! Trois cédés (soit quarante-huit chansons!) du chanteur italien, qui tient la scène depuis environ 42 ans. Un dinosaure, mais aussi une voix qui n'a pas pris une ride, et un chanteur qui a su traverser les modes, en prendre le meilleur sans se renier, des violons des années 1960/70 aux synthés de plus tard. C'est parfois très, très sentimental, parfois cocasse, parfois sucré, parfois même vachement engagé ("C'era un ragazzo che come me amava i Beatles e i Rolling Stones", sur la guerre du Viêt-Nam)... Le pire, c'est qu'on aime ça. L'Italie recèle quand même de sacrées voix...

Cela doit faire plus de vingt ans que mon père m'a ramené une première compilation, à l'époque où les cassettes tournaient encore dans les enregistreurs. Je n'ai pas tout de suite piqué au truc: c'était du nouveau, et j'étais alors plus porté vers d'autres combines. Mais bon: Gianni Morandi, on se la passe une fois, puis deux, puis on l'adopte. La cassette a donc dû faire des milliers de tours dans des appareils fort divers, du petit enregistreur que j'avais chez moi à l'autoradio du véhicule, quel qu'il soit, qui me déplaçait de critique musicale en direction chorale, à travers le canton de Fribourg et la Suisse romande.

Alors, cette dernière compilation? Trois cédés, quarante-huit chansons, je l'ai déjà dit - tout cela sous le titre "Grazie a tutti". Il y a aussi deux inédits: la chanson "Stringimi le mani", ainsi qu'une reprise (pas forcément heureuse à mon goût) de "Un mondo d'amore". Pour le reste, on traverse les époques: les premières chansons du premier disque sont de bons gros rock'n'rolls qui dépotent les géranium - en particulier le second, "Fatti mandare dalla mamma". Il y a des pelletées de slows, des sentiments par brouettes entières. Là, j'écoute justement un truc un rien mélancolique qui s'appelle "Solo all'ultimo piano" - bien, bien! Naturellement, le succès "Grazie perchè", interprété en duo avec Amii Steward, ne manque pas à l'appel.

Vous aimez ce qui dégouline un peu? Vous appréciez les chanteurs à voix? Alors goûtez-y.

Le site officiel de Gianni Morandi et de la compil:
http://www.morandimania.it
Gianni Morandi sur Wikipedia, en italien:
http://it.wikipedia.org/wiki/Gianni_Morandi (la version française de sa bio est vraiment maigrelette)
Source de la photo: www.ciao.it

Partager cet article
Repost0
16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 09:23

UPDATE: il y a apparemment une possibilité de commander le disque "Nos retrouvailles futures", ici:

http://www.fodge.ch/fodge-music/francais/shopping/shopping.html


Bien du plaisir, et merci de vos visites!

Partager cet article
Repost0
1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 10:32

Update: comme c'est aujourd'hui l'Ascension et que toutes les boutiques sont fermées, les enfants vont venir chanter le 2 mai. Ah - et comme il y a en plus le Tour de Romandie à Fribourg aujourd'hui, certains enfants ont déjà commencé le travail hier... Tout l'art de respecter la tradition tout en se faisant quelques sous!...

Partager cet article
Repost0
30 avril 2008 3 30 /04 /avril /2008 21:21

Image Ref: 1087-20-56 - Bag Pipes and Piper, Viewed 706 times... serait-ce nous? Jacques Brel les évoquait dans sa chanson "Voir un ami pleurer", et je ne peux m'empêcher d'y penser quand j'entends des gens d'ici interpréter des tubes qui, finalement, ne sont pas les leurs. Les chansons populaires, celles du terroir, des racines sont en effet en train de céder le pas, lentement mais sûrement, à celles qu'on entend à la radio et à la télévision. Dur matraquage, dure loi du commerce! A l'occasion du Premier mai, où les enfants de ma région vont chanter dans les familles et les bistrots, il est temps d'en parler un peu.

Le canton de Fribourg a eu la chance de connaître, dans son histoire, un certain abbé Joseph Bovet, également compositeur et arrangeur, décédé en 1951. Homme de son temps, il est allé dans les campagnes (déjà qu'il habitait à la campagne!) recueillir les pièces traditionnelles afin de les harmoniser, de les faire connaître et surtout de les préserver. Tout cela, combiné à une politique active de création de chorales d'église, a permis de chanter tout cela dans les circonstances les plus diverses, religieuses ou profanes (j'abrège, c'est plus long que ça, et ça s'inscrit dans un contexte catho assez strict dont Joseph Bovet peut être considéré comme le barde officiel). D'autres l'ont fait avant et après lui; pensons par exemple à B. Bartók en Hongrie, à un autre niveau.

En revitalisant ce patrimoine et en le sortant de son contexte usuel, l'abbé l'a peut-être paradoxalement tué en lui adaptant des harmonisations bien solides qui tiennent essentiellement de Bach et de Schubert, dira-t-on. Je répliquerai qu'à la réflexion, il l'a plutôt transformé. Certes, on ne chante plus guère dans les chaumières; mais les pièces d'antan continuent de vivre, au moins, dans de nombreuses chorales. Défenseur et illustrateur de la musique du pays fribourgeois, humble et prolixe artisan, Joseph Bovet a en outre composé plein d'oeuvres abordables pour les sociétés de chant amateur; d'autres lui ont emboîté le pas et, encore aujourd'hui, il y a des gens qui s'y mettent, conjuguant âme populaire et esprit d'aujourd'hui. La musique populaire est devenue plus savante, mais elle voit naître des perles.

Mais tout cela se perd petit à petit, et l'état d'avancement de l'érosion de la musique du terroir est bien avancée dans certains lieux. Je pense par exemple à telle chorale "populaire" d'un département français, entendue récemment près de Guéret, qui n'a interprété que des pièces issues du répertoire des chansonniers parisiens que sont Piaf, Trenet, Bécaud, etc. Autant de choses qu'on aurait pu entendre ailleurs (donc zéro effet de découverte, fatal pour un curieux!), et le plus souvent mieux: rarissimes sont les chorales qui excellent vraiment dans la musique de variétés, et ont un vrai groove. On a volontiers bazardé les oeuvres écrites pour choeur au profit d'une telle musique parce qu'elles étaient considérées comme ringardes; peut-être aussi qu'il n'y a jamais eu personne pour recueillir les pièces traditionnelles que chantaient les anciens. Mais la musique à la mode se démode aussi, et bien plus rapidement! Alors qu'il y a toujours quelque chose à prendre dans la sagesse populaire. Or, le résultat du choix de répertoire, c'est que la région représentée par la chorale à laquelle je pense donne l'impression de ne plus avoir de musique propre - donc d'être amputée d'une partie de son génie. Et malgré la vivacité d'une tradition, le canton de Fribourg n'est nullement à l'abri d'un tel glissement.

J'avais dit "peuplade sans musique"...?


Au sujet de l'Abbé Joseph Bovet
Autres compositeurs

Partager cet article
Repost0
25 avril 2008 5 25 /04 /avril /2008 22:02

J'ai eu l'occasion plutôt rare d'assister, ce soir, à un concert entièrement consacré au compositeur français Jacques Duphly (1715-1789), afin d'en rédiger un compte rendu dans le journal "La Liberté", pour le début de la semaine prochaine. Les lecteurs de ce journal découvriront en temps et heure ce qui s'est passé ce soir aux Capucins; mais j'aimerais faire part d'un ou deux souvenirs qui me rendent particulièrement attachant ce compositeur, ssentiellement claveciniste, l'un des derniers illustrateurs de cet instrument avant le triomphe du piano au dix-neuvième siècle. 

Jacques Duphly est en effet l'un des tout premiers compositeurs dont j'ai pu trouver les partitions en téléchargement libre, sur Internet. J'ai depuis découvert d'autres ressources, mais on se souvient toujours de ses débuts... et ceux-ci étaient fracassants: un passionné avait scanné les quatre livres d'oeuvres pour clavecin (et parfois accompagnement de violon) du compositeur français. De quoi jouer de la musique pendant un moment! Qui plus est, le webmestre avait choisi de scanner les fac-similés du manuscrit autographe du compositeur. Je me suis donc longtemps amusé à déchiffrer sa notation musicale, qui est, Dieu merci, le plus souvent claire. A présent, les chanceux trouveront là des partitions éditées à l'aide d'un logiciel.

Les pièces composées par Jacques Duphly sont un véritable arc-en-ciel de sensations, de caractères, de portriats même. Le compositeur est décédé le lendemain de la prise de la Bastille, s'éteignant ainsi avec l'Ancien régime. Tout un programme qui m'a permis d'utiliser certaines de ses pièces, les plus sérieuses, lorsque j'ai eu l'occasion d'animer musicalement, à l'orgue, deux messes pour le repos de l'âme de Louis XVI et des martyrs, données à Fribourg. Je me souviens de l'orgue de la chapelle de l'université de Fribourg, au toucher particulièrement mou et invitant à un jeu rapide qui m'a vite déstabilisé, mais aussi de celui de l'église Saint-Michel qui, avec ses trois claviers, permettait d'intéressants jeux sur des notes répétées... d'un clavier à l'autre.

Retrouver ces oeuvres, ce soir, m'a permis de replonger dans cette période - merci aux interprètes, qui préparent du reste un disque consacré au compositeur.

Pour trouver vous aussi les partitions de Jacques Duphly, c'est
ici.




Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de Daniel Fattore
  • : Notes de lectures, notes de musique, notes sur l'air du temps qui passe. Bienvenue.
  • Contact

Les lectures maison

Pour commander mon recueil de nouvelles "Le Noeud de l'intrigue", cliquer sur la couverture ci-dessous:

partage photo gratuit

Pour commander mon mémoire de mastère en administration publique "Minorités linguistiques, où êtes-vous?", cliquer ici.

 

Recherche

 

 

"Parler avec exigence, c'est offrir à l'autre le meilleur de ce que peut un esprit."
Marc BONNANT.

 

 

"Nous devons être des indignés linguistiques!"
Abdou DIOUF.