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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 19:43

Lasco GaranceDéfi Premier roman.

 

"Garance hier" est le premier roman de l'écrivaine Gabrielle Lasco, établie à Mandelieu-La Napoule. Paru pour la première fois en 1989 aux éditions Sedain, réédité vingt ans plus tard aux éditions des Presses du Midi, il s'agit d'un récit de l'apprentissage du désenchantement d'une jeune femme dont l'élan a été freiné net par les études et la vie. Certes traversé de quelques traits de lumière, c'est un roman aux ambiances amères, parfois tragiques. L'auteure y a mis un peu de son existence aussi.

 

J'ai trouvé cet ouvrage dans une vente de livres d'occasion à Guéret, et c'est cette ville que l'on trouve en ouverture de "Garance hier". L'auteur réalise alors un zoom avant réussi sur la ville. Elle plante ainsi le décor d'un Guéret d'après-guerre, assez semblable à la cité creusoise d'aujourd'hui: le lecteur s'y retrouvera sans peine. Cela, avant de donner à voir les premiers personnages qui animent ce récit, et en particulier Garance, la narratrice - abstraction faite de l'incipit, qui dit l'essentiel sur le monde dans lequel tout va se passer: "En province, nous habitions une succursale de la Banque de France, où mon père, en qualité de Caissier Principal, avait droit à un logement de fonction."

 

Garance se voit volontiers comme une racine creuse, renvoyant ainsi d'emblée l'image d'une personne perpétuellement en quête de quelque chose pour combler un vide intérieur. L'image est du reste récurrente, jusqu'à se présenter comme une définition du mot "Garance". L'école, les études devraient contribuer à combler ce vide vital, jusqu'à s'y abîmer. La dénonciation du monde des études universitaires pré-Mai 68 s'avère un morceau de bravoure de ce court roman: mandarinat, système de passe-droits (surnommé "le Système"), professeur qui propose la botte à son étudiante, rien n'y manque. Garance se présente ainsi en victime de ce "Système", stoppée net dans ses études de dentiste par un échec définitif.

 

L'introspection et l'observation psychologique sont les deux moteurs de ce roman. C'est avec finesse, avec des mots simples et en des phrases sans détours (au risque de paraître scolaire parfois), que l'auteure regarde ses personnages et leurs interactions. Les âmes évoluent au fil des pages, pas forcément vers le mieux (la mère de Garance, devenue haineuse, ou le mari de Garance, devenu avide d'argent). Autour de Garance, on retiendra en particulier la figure de sa belle-mère, qui ne l'accepte pas et ne manque jamais une occasion de se montrer viscéralement détestable avec sa belle-fille. Garance encaisse...

 

En dessinant le suicide de la narratrice au terme de ce qui se présente comme un long désenchantement que le voyage ne permet même plus d'oublier, la fin peut étonner le lecteur. Comme Garance est toujours là pour raconter sa destinée, il lui faut considérer qu'elle en a réchappé, alors que la manière de dire, certes d'une grande pudeur, ne laisse guère de doute quant au caractère fatal de cette ultime péripétie.

 

La narration est chronologique et sans surprise en cours de route. Le temps n'est pas vraiment marqué, si ce n'est pas l'évocation de quelques noms et événements liés aux époques traversées; une seule date est mentionnée. Il en résulte l'impression que le temps est une sorte de cocon immobile, suspendu, renforcée par la grande rareté des changements relevés dans le centre de Guéret. C'est dans ce cadre, mais aussi du côté de Paris, qu'évolue un récit au goût sombre, entre peines nombreuses et joies rares (il est permis de penser à la destinée de Jeanne dans "Une vie" de Guy de Maupassant, qui préserve cependant un soupçon d'optimisme), fruit d'une observation poussée des âmes et des psychologiques qui se frottent.

 

Gabrielle Lasco, Garance hier, Cannes, Sedain, 1989/réédition Toulon, Les Presses du Midi, 2009.

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17 juillet 2015 5 17 /07 /juillet /2015 21:16

Morelli HommeLu par Cappuccinette, Charlotte, Chiff, C Martine, Fan books,Frankie, Gwenlan, Isabelle, Jérôme, Karine!, Leiloona, Leo, Liliba, L'Irrégulière, Noukette, Paikanne, Papillon, Ptiteaurel, Sandrine, Sara, Sarah, Saxaoul, Stéphie, SVCath, Tinker, Vu de mes lunettes.

Le blog de l'auteure.

Défi Premier roman.

 

Il y a quelques années, l'été était la saison des Harlequinades... et c'est à Angela Morelli que la blogosphère le doit. C'était l'époque de "Happy Few"... Autant dire que lorsque j'ai vu "L'homme idéal (en mieux)" son premier roman, sur papier en librairie, j'ai sauté dessus. Et ma curiosité n'a pas été déçue!

 

L'intrigue? Emilie, trentenaire active dans l'enseignement, jongle entre son travail, sa fille, ses soucis domestiques et deux hommes: Samuel le traducteur, pour lequel elle a le coup de foudre, et Diego, journaliste sportif, qui cherche à se remettre avec elle après une rupture. Conformément au code du genre de la romance, deux personnages de sexe opposé vont finir par tomber dans les bras l'un de l'autre... et le couple qui va se former est prévisible très vite, même si le mec évincé a aussi ses atouts. Dès lors, tout l'intérêt réside dans les détours choisis par l'auteur.

 

Le choix d'une narration à la troisième personne du singulier peut désarçonner, en imposant une certaine distance entre le personnage principal, Emilie, et le lecteur. L'impression n'est que passagère, cependant: très vite, le récit trouve son allure de croisière, rythmée par de nombreux dialogues vivaces qui filent comme le vent.

 

Les sentiments d'Emilie sont décrits d'une manière certes attendue: le lecteur n'échappera pas aux classiques du genre, battements de coeur manqués, etc. L'auteure joue volontiers l'outrance, tout en veillant à ne jamais aller trop loin pour rester crédible. Il en résulte en permanence une ambiance cocasse. Emilie est par ailleurs enseignante, et les éléments les plus connus du monde des profs sont présents: corrections de copies qui n'en finissent pas, discussions autour de la machine à café, photocopieuse en panne - de quoi générer un humour de situation omniprésent lui aussi.

 

Le lecteur retiendra aussi les scènes sensuelles de ce roman, particulièrement soignées pour être délicieuses et originales: il s'attardera volontiers sur la scène du baiser (belle description, qui constitue un ralenti parfaitement à propos: on est invité à prendre le temps de savourer), ou sur les jeux érotiques qui commencent de façon enjouée au cinéma et s'achèvent à l'horizontale.

 

Enfin, en plus d'être une romance classique, "L'homme idéal (en mieux)" est un roman bourré de références culturelles et littéraires qui témoignent du goût de l'auteure pour les lectures - l'utilisation d'un personnage de libraire, la débonnaire Clara, est par ailleurs un clin d'oeil appuyé à la communauté des lecteurs, qui apprécient parfois qu'on parle de leurs lieux favoris. Ainsi, si chaque personnage a un côté stéréotypé assumé (et revisité de façon ludique), il revêt aussi une part d'originalité bienvenue dans le genre de la romance. Cet aspect intello est voulu, mais n'assomme jamais: c'est plutôt un gai savoir qui s'installe au fil de pages qu'on dévore avec une aisance déconcertante, le sourire aux lèvres.

 

Angela Morelli, L'homme idéal (en mieux), Paris, Harlequin &H, 2015 pour la version papier.

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 20:11

Marmet EpinglesLu par Alex, AleXa, Blog2Nice, Françoise, Iluze.

Défi Thrillers et polars

 

Tout commence en gare de Lyon, à Paris, où un jeune gars un peu paumé, un peu cabossé par la vie, balade ses airs de Peter Pan et suscite d'emblée l'empathie du lecteur. C'est sur cette scène fantasmagorique que Pascal Marmet ouvre son nouveau roman, "Tiré à quatre épingles", un polar à l'intrigue solide, voire originale et riche de quelques jolies trouvailles. Merci à lui pour l'envoi du livre et pour la dédicace!

 

Originalité dans le choix du sujet et de certains de ses aspects, d'abord: tout tourne autour d'une collection de statuettes africaines anciennes auxquelles on prête des pouvoirs occultes maléfiques. Ce substrat mystérieux permet à l'auteur d'injecter un soupçon de fantastique dans son récit (tel objet a-t-il vraiment les pouvoirs qu'on lui prête?) et d'offrir un regard sur le Musée du Quai Branly. Un lieu où un dieu amoureux malin paraît décocher ses flèches...

 

Originalité aussi dans le personnage du policier, Chanel, chargé de mener l'enquête autour de meurtres liés entre eux: amené à construire son puzzle petit à petit, il se voit obligé, à un certain moment, de ruser pour en savoir plus - et à cacher sa fonction de policier. Puisqu'il est question de police, l'auteur mentionne d'ailleurs, ne serait-ce que pour ancrer son roman dans une époque, le prochain déménagement des services installés au 36, Quai des Orfèvres. Peut-être aurait-il été piquant d'exploiter plus avant cette situation temporelle particulière, ainsi que les sous-effectifs chroniques évoqués, pour instiller un supplément de pression.

 

Force est de constater que l'auteur sait construire des personnages forts et typés, loin de toute complexité byzantine, auxquels on croit. Au coeur de l'intrigue, se pose la figure d'Albane Saint-Germain de Ray, croqueuse d'héritages odieuse au possible, jusqu'à en devenir fascinante. On aimera aussi Salomé, la fille paumée à grande gueule, et le côté finement psychologue de Chanel face à elle. Sans compter Alex/Laurent Bastos, alias Peter Pan, l'homme en vert, coupable ou sauveur...

 

L'auteur explore certains lieux de la ville de Paris avec adresse et précision, avec une petite préférence pour les lieux chics. On le suit avec plaisir dans les coulisses de la gare de Lyon, et surtout du mythique restaurant "Le Train Bleu", où déjeune un certain Vladimir Fédorovski (évoqué ici, d'ailleurs) et où l'auteur a sans doute fait quelques repérages. Cela, sans oublier un ou deux autres établissements parisiens.

 

Enfin, l'écrivain prête une attention constante aux odeurs et parfums - on n'en attend pas moins de l'auteur du "Roman du parfum" et de "Si tu savais..."! Cet aspect particulier s'intègre avec aisance et naturel au fil du récit. Il donne encore un supplément d'âme à un roman original et savoureux que l'on lit facilement et à toute vitesse.

 

Pascal Marmet, Tiré à quatre épingles, Paris, Michalon, 2015.

 

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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 23:01

Laclavetine NousLu par E. Altés, Nuages et vent, Wodka.

Défi Un mois, des titres.

 

Et si le cercueil du maréchal Pétain prenait un peu l'air? Jean-Marie Laclavetine s'est emparé d'un fait divers rocambolesque survenu en 1973: quelques nostalgiques de la Collaboration ont décidé d'exhumer la dépouille de l'homme de Vichy afin de la ramener à Douaumont, auprès des poilus qu'il a commandés à Verdun. Sur cette base authentique, l'auteur brode très librement un roman remarquable, d'une ironie cinglante et d'une belle inventivité, qui fait traverser quelques décennies d'histoire récente et met à nu les idées en vogue.

 

Le titre, déjà, suggère immanquablement la personne du maréchal Pétain, sans le nommer. Cela, avec le risque d'introduire dans la tête du lecteur le refrain d'André Montagnard et Charles Courtioux. Ce n'est pas l'essentiel, cependant: l'auteur développe, en contrepoint, une relation chaotique entre deux de ses personnages, Paul et Léna. Lorsque celle-ci revient vers lui, avec leur fils (mais est-il vraiment le fils de Paul?), on peut aussi être tenté de les entendre dire "Nous voilà" (p. 226).

 

L'histoire amoureuse qui constitue la trame de ce roman revendique clairement une parenté avec "L'Education sentimentale", roman de Gustave Flaubert. Le lecteur sera mis sur la piste au début du chapitre 23 (page 237), qui démarque, au féminin, l'une des dernières séquences du roman de Flaubert (III, 6). Paul, figure de "Nous voilà" ballottée par les vents de la vie, spectateur délibéré d'une existence faite de peu de chose, n'est pas sans rappeler par certains traits le Frédéric Moreau de "L'Education sentimentale". Enfin, avec "Nous voilà", l'écrivain signe une belle tentative d'intégration de la fiction au réel.

 

Ce réel est dépeint dans un sens marqué des flous artistiques. Les repères temporels sont bien là, on reconnaît les élections présidentielles successives de 1973 à 2007. Cela dit, de nombreuses figures politiques ne sont pas nommées, ou alors de manière elliptique. Il est cependant facile de reconnaître Jean-Louis Tixier-Vignancour ou Jean-Marie Le Pen - pour n'en citer que deux. Les repères temporels servent aussi d'élément rythmique: en les citant les uns à la suite des autres sans les approfondir, l'auteur donne au lecteur l'illusion que le film s'accélère. Un procédé un peu lourd peut-être, mais efficace: on ne voit littéralement pas le temps passer.

 

"Nous voilà", c'est aussi le portrait des idéologies à la mode dans l'après-Mai 68, entre fachos et gauchos. Difficile de dire vraiment de quel côté l'auteur penche: s'il étrille les tenants d'une certaine droite avide d'Ordre nouveau, il n'épargne nullement les travers des jeunes idéalistes vivant en communauté et désireux de changer le monde. Et cela, avec une ironie jouissive. Mieux: il excelle à montrer les trajectoires des personnages, de quelque bord qu'ils soient, à étudier leurs reniements. A ce titre, le chapitre 30 (scène de mariage) est une merveille, les valeurs proclamées naguère par chacune et chacun paraissant avoir volé en éclats au profit d'un pragmatisme plus profitable en termes d'honneurs et de lucre.

 

Partant d'un événement réel et un peu fou, Jean-Marie Laclavetine offre avec "Nous voilà" un roman épatant, qui assume par moments son côté grand-guignolesque et offre, à travers de jeunes gens comme vous et moi, le portrait franc et sans fard d'une certaine époque, partant des idéaux proclamés à leur trahison plus ou moins bien assumée.

 

Jean-Marie Laclavetine, Nous voilà, Paris, Gallimard 2009.

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 20:25

Ganneval SOS.Lu par Lorraine, Métaphore, Miss Bouquin Aix, Yv.

Défi Premier roman.

Le blog de l'auteur.

 

C'est au moment de sa parution que j'ai entendu parler de "SOS Flemmards", premier roman de Sandra Ganneval: c'était sur le regretté site des "Agents littéraires", me semble-t-il. Mon exemplaire papier m'est parvenu en même temps qu'une commande de mon "Noeud de l'intrigue". Il a eu le temps de découvrir, depuis, l'ambiance morne et attentiste de ma pile à lire. Et enfin, je l'ai lu... chouette découverte en vérité! Une de celles sur lesquelles il y a quelque chose à raconter.

 

Paru d'emblée en un format de poche commode à transporter mais aux marges trop petites, "SOS Flemmards" invite le lecteur à plonger dans les tribulations de deux amis noirs qui cherchent leur place dans la société parisienne de leur temps - qui est aussi le nôtre. Il est donc question des études, du premier emploi qui dure, des amitiés, des amours même. Bref, de l'insertion sociale de deux gars rigolos, pas forcément ambitieux, charriés par la vie. On pourrait même se reconnaître en eux, tiens!

hebergement d'image

Côté emploi, le lecteur retient la qualité de l'observation du fonctionnement d'une agence de Pôle Emploi. Le regard de l'auteur embrasse tous les points de vue. L'un de ses personnages y travaille comme conseiller, ce qui permet de donner un aperçu finement observé du désarroi lié à cette fonction - cela, sans pathos. Il n'est pas non plus question de tirer des larmes faciles au lecteur lorsqu'il faut esquisser le portrait de certains utilisateurs de ce service d'Etat français. A la caricature de certains cas sociaux qui hantent les bureaux de Pôle Emploi sans véritable volonté de trouver un travail, se mêle même une certaine tendresse. Sans esquisser de solution miraculeuse à ce problématique face-à-face, l'auteure met ainsi en présence l'impuissance des agents et le vécu des usagers. Elle met aussi en regard, mine de rien, la stabilité morne de la fonction publique et les boulots plus ou moins petits et limités dans le secteur privé. Et quid du titre du livre, enfin? Celui-ci fait référence à un épisode peu exploité du roman. Dommage: "SOS Flemmards", c'est accrocheur, mais pas idéal pour les personnages mis en scène, pleins de bonne volonté, ou en tout cas près jouer le jeu des adultes, serait-ce à leur manière.

 

Les amours? Le lecteur se souvient avant tout du lien peu évident qui unit Mélanie et Joseph. L'auteure aborde le thème rare de la manière dont on se sent, déstabilisante, dès lors qu'on se met en ménage, et la subtilité qu'elle y met fait mouche: une fille qui veut et fait le premier pas pour se mettre en ménage, un gars qui n'est pas prêt à cela mais accepte finalement de jouer le jeu, et puis la recherche de la bonne distance, de la bonne proximité... Dessinées de manière réussie, cette thématique occupe les dernières dizaines de pages de "SOS Flemmards".

 

Face à l'amour, il y a l'amitié... et celle-ci est le véritable moteur, la constante, du premier roman de Sandra Ganneval. L'auteur fait fonctionner le tandem d'amis pas toujours très matures qui fonctionne sur le mode de la complémentarité, quitte à oser mettre en évidence deux personnages fort différents, mais bien construits: un dragueur aux allures de sérieux, et un gars cool en ce qui concerne le métier. C'est dans ce contexte que l'auteure dévoile une force majeure: sa qualité à créer des dialogues alertes, drôles ou taquins, qui claquent quand il faut et savent ralentir le récit lorsque c'est nécessaire. Ce rythme tranche avec des descriptions qui, parfois, s'étalent en paragraphes longs qui, sans être difficiles, ralentissent un peu la lecture.

 

Enfin, la question du statut du Noir à Paris est présente, même si l'auteur ne l'impose jamais. Rien de lourd, en effet: le plus souvent, cet aspect est regardé d'une manière distante, gage d'humour de mots ou de situation. Pour l'auteure, c'est aussi l'occasion de dépeindre, par-ci, par-là, des aperçus de la mentalité et du mode de ville antillais: cuisine, relations familiales, etc.

 

Et s'il peut regretter certains paragraphes un peu longs, le lecteur goûtera, d'une manière générale, l'esprit léger, jeune et frais de "SOS Flemmards". Et sans doute qu'il aura, à la fin de sa lecture, le sourire du bonhomme qui illustre la page de couverture...

 

Sandra Ganneval, SOS Flemmards, Sandra Ganneval Editions, 2011.

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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 21:04

Hirsch LibertaliaLe site de l'auteur.

 

Le Second Empire s'effondre, la Commune est réprimée. C'est dans le contexte de la fin du XIXe siècle que Mikaël Hirsch a choisi d'installer son dernier roman. Il y est question de deux jeunes gens qui se construisent au fil des ans, dans une France et une Europe soudain changeantes. Chacun a ses convictions: l'un est juif, l'autre est nourri d'idées libertaires, et l'utopie de Libertalia les fait rêver et avancer. Quittant une Alsace passée sous le joug allemand, tous deux entendent monter à Paris. Et alors que Bartholdi l'Alsacien construit sa Statue de la Liberté, ces deux personnages, Baruch dit Bernard et Alphonse dit Fons, cherchent et trouvent leur place dans la société.

 

La question des fluctuations d'identité est centrale dans "Libertalia". Celle-ci est portée en particulier par le personnage de Baruch. L'auteur expose avec précision la tension que peut ressentir un jeune homme à la fois juif et alsacien: pour au moins l'un de ces traits, la société de son temps va le rejeter - et la superposition de ces deux caractères s'avère douloureuse, à moins d'en masquer une. Ce que souligne le changement de prénom. L'auteur suggère que le nom de famille pourrait aussi évoluer, de "Lehmann" en "Léman", du fond de l'Alsace à Paris.

 

Moins centrée sur elle-même, la figure de Fons n'en est pas moins captivante aussi: elle suit les idéologies de son époque. On verra ainsi passer les frères Reclus, ainsi que quelques idées de liberté bien dans l'air du temps. Libertalia, utopie ancienne instaurée à Madagascar et dont il ne reste rien, fait ainsi figure de mythe, de terre promise mythique qui fait avancer le bonhomme. Cela, non sans la possibilité d'une désillusion, illustrée de manière tranchante par la scène où Fons est initié aux mystères de la franc-maçonnerie.

 

La soif de liberté, l'ambition d'échapper à un déterminisme social pour être enfin soi-même irrigue ce roman, qui met en scène un voyage fluvial qui a tout d'une exploration. L'auteur la relate du reste dans le cadre d'un chapitre intitulé "Mississipi", comme si ce voyage sur la Marne, de l'Alsace à Paris, était une expédition dans le Nouveau monde. Echappe-t-on à ce déterminisme social? Pas sûr, si l'on en croit les vicissitudes sentimentales de Bernard, obligé de redevenir Baruch à certaines occasions. Et l'amertume n'épargne pas Fons, embarqué dans des aventures hasardeuses par-delà les océans, à l'instar du percement du canal de Panama: la liberté, le détachement, n'est-ce que cela?

 

Le sujet abordé par l'auteur est important, et celui-ci apprécie de le développer en des paragraphes compacts qui demandent au lecteur d'avoir du souffle. Il l'aide cependant en évoquant des éléments historiques détaillés et pas forcément connus, parfaitement intégrés à un propos qui dépasse la petite personne de ses personnages. "Libertalia", cette contrée rêvée et lointaine, c'est la métaphore d'un tournant historique, marquée par l'aspiration à une liberté qui paraît encore possible. Mais, conçue par un certain Bartholdi pour porter son flambeau bien haut, cette liberté n'est-elle pas déjà un leurre, un objet creux? En montrant les visiteurs payants du chantier de la Statue de la Liberté, idole monstrueuse, l'auteur de "Libertalia" le suggère...

 

Mikaël Hirsch, Libertalia, Paris, Intervalles, 2015.

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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 22:19

Testa BalsUne jeunesse vers la fin des trente glorieuses, version Forez. C'est le sujet du roman "Les Bals" de Bruno Testa, paru au début de l'été 2014 chez Utopia. Roman, vraiment? Pas au sens convenu du terme: l'auteur n'a guère d'intrigue à proposer. Il brosse le tableau d'une société particulière, celle du monde ouvrier et des jeunes gens qui travaillent dans une entreprise de mise en bouteilles d'eau minérale et de limonade.

 

Dès lors, ce qui tient lieu d'intrigue a tout du rituel cyclique. Les bals du week-end, ceux qui donnent leur nom à ce roman, ce sont ceux que l'on attend toute la semaine, à l'usine, lorsque le travail est monotone: "plus que cinq jours!", entend-on régulièrement. Dès lors, l'auteur dessine ce cycle en alternant scènes de vie et scènes de bal. Et pour ponctuer les récurrences de manière amusante, il amène les bonnes phrases  d'Archibaldo, le philosophe des Cités. Toute vie mise en scène dans "Les bals" est tendue vers ces bals, seul rempart contre un nihilisme certain.

 

La plume de l'auteur se fait verte, crue pour dépeindre une certaine société des années 1973, qui n'a pas encore tout le confort moderne mais sait se débrouiller. Le lecteur savourera les jeux des surnoms - des surnoms qui prennent le pas sur les vrais noms des personnages jusqu'à les faire oublier, et permettent au lecteur de se faire une image de ces quasi-anonymes, fût-elle sommaire: il n'en faut pas plus.

 

L'alcool irrigue ce bref ouvrage, qu'il s'agisse de vin rouge minable ou de pastis. Il est présenté, non sans un brin de mauvaise foi ou d'ironie, de manière héroïque. Sa consommation effrénée fait naître des légendes, des épopées - des drames aussi, parfois, quelques bagarres entre groupes de Français et/ou d'immigrés (Italiens et Algériens avant tout), mais elle n'est jamais vraiment condamnée.

 

Et puis il y a les jeux de séduction, qui traversent aussi "Les bals" et sont annoncés dès les premières lignes, de manière abrupte: "En ce temps-là on n'avait pas de pétrole, comme disait le gouvernement, mais on avait des idées. Et nos idées, c'était de baiser les gonzesses." L'auteur dépeint les approches, rappelle qu'avoir des sentiments, c'est déchoir, évoque aussi les fanfaronnades de garçons qui, peut-être, en racontent plus que ce qu'ils ont vraiment vécu. Cela, sans oublier, par exemple, les tenues soignées qui comportent des pantalons moulants: "Alors, on a sorti les couilles!", décrète l'éternel Archibaldo...

 

Il y a de la verve dans "Les Bals". Le lecteur goûtera le bonheur d'une langue cash, franche et directe, qui n'a pas peur des mots mais ne se la pète pas pour autant: c'est la recréation sincère et crédible de la voix d'un ouvrier qui remplit des bouteilles d'eau minérale durant la semaine et passe ses week-ends au bal, ces bals dont on revient "encore humide du grand lessivage du vendredi après-midi, flottants, à peine sortis du sommeil, pas lavés ou à peine, les oreilles engourdies, les yeux gonflés, le foie pas frais..." C'est brillant, c'est une sociologie pas du tout orthodoxe, une vision non conformiste d'une certaine société, et ça se dévore!

 

Bruno Testa, Les Bals, Lyon, Utopia Editions, 2014.

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 15:54

Delaume TélévisionLu par Arnaud Maïsetti, Audrey Chèvrefeuille, Cynthia van Lauwe, George Sand, Miss Orchidée, Myriam Gallot, Pétrus, Sylvie.

Les sites de l'auteur et de l'éditeur.

 

Cela fait déjà pas mal d'années que le nom de Chloé Delaume me tourne autour, comme celui d'une artiste que j'ai fini par considérer comme atypique dans le monde des lettres. Assez en tout cas pour titiller ma curiosité. Ecrivaine et performeuse, Chloé Delaume a offert en 2006 un ouvrage atypique intitulé "J'habite dans la télévision". Ce n'est certes pas un roman, plutôt un compte rendu personnel aux allures expérimentales, d'ailleurs introduit et conclu comme tel. C'est celui d'un vécu de l'auteure: celle-ci a choisi de regarder la télévision du matin au soir, durant 22 mois, et d'évoquer cette tranche de vie. Enfin j'ai pu m'y plonger...

 

Le résultat, ce sont 27 séquences. Tels les chapitres de "J'habite dans la télévision". Le premier interpelle, comme le téléviseur peut interpeller le spectateur potentiel: l'auteure exploite là toute la force du "vous" afin d'intégrer le lecteur à sa démarche, quitte à le placer face à ses contradictions: est-on plus pur parce que, non sans un certain snobisme, on refuse de regarder la télévision? Ou qu'on prétend savoir la regarder avec mesure? A partir de là, le "vous" se fait moins présent; mais les 27 séquences de "J'habite dans la télévision" adoptent des tons divers qui ont l'allure du collage, ou simplement du zapping: de même que chaque canal a sa manière de voir le monde, chaque chapitre a sa voix.

 

Tout part avec la formule devenue fameuse de Patrick Le Lay: "Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible." Face à la télévision, le cerveau de l'auteure reste en veille, attentif à lui-même. Chloé Delaume n'hésite pas, dès lors, à aborder les rivages de la neurologie du marketing. Son discours vertigineux est parasité, par moments, par des slogans, éléments de langage et phrases toutes faites intégrés inconsciemment à force de regarder la télévision, ou à tout le moins de l'avoir en bruit de fond. Les personnes qu'on voit à la télévision, Nicolas Sarkozy entre autres, sont même en passe de devenir des personnages de "J'habite dans la télévision". Enfin, certaines références culturelles dûment citées sont presque attendues: on pense à Andy Warhol et à son quart d'heure de célébrité, mais aussi à Guy Debord ou Gilles Deleuze, auquel l'auteur écrit une lettre posthume.

 

En particulier, l'auteure se montre attentive au phénomène encore neuf de la téléréalité sous toutes ses formes (certes moins nombreuses en 2006 qu'actuellement). Le regard jeté sur ce type d'émission se fait tantôt personnel, reflet d'un ressenti, tantôt plus distant et analytique, revisitant Vladimir Propp de manière cocasse. C'est que l'analyse quasi chirurgicale du ressenti d'une téléspectatrice au long cours (le bilan, séquence 16, est emblématique) n'exclut pas un brin d'humour.

 

L'écrivaine offre une approche personnelle d'une démarche d'immersion totale a priori affolante et excessive, qui ne saurait laisser indifférent. Littéraire, la démarche l'est dans le sens où l'auteure parvient à restituer un ressenti avec acuité, en allant au-delà du rapport clinique. Poétique, sans cesse changeante, la musique créée par "J'habite dans la télévision" sait accrocher le lecteur, au fil d'épisodes courts comme peuvent l'être les séquences qu'on voit à la télévision: à tout prix, plus que tout, il faut garder le rythme...

 

Chloé Delaume, J'habite dans la télévision, Paris, Verticales, 2006.

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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 20:58

Talvaz SommesLu par Ronald Klapka.

 

Avec Laurent Binet et "HHhH", Reinhard Heydrich a son roman depuis 2010. Plus discrètement, l'écrivaine d'origine belge Anne Talvaz s'est intéressée à la figure de l'épouse de la "bête blonde", Lina Heydrich. Cela donne "Ce que nous sommes", un court récit où l'expérience de l'auteure se mêle à la vie recréée du couple Heydrich. Cela, dans l'idée d'une impossible empathie, énoncée d'emblée en italiques au début de l'ouvrage: "Mais quelque chose nous sépare pour de bon. Entre nous, il y a une différence d'âge de plus de cinquante ans, lourde de conséquences dans la région du monde que nous avons habitée. Lina a participé à la grande Histoire, et joué un rôle dans la création du lieu qu'en touriste je suis sur le point de visiter."

 

Ce lieu, c'est le camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau. L'auteure décrit son expérience de touriste, une expérience marquée par une distance qui peut mettre le lecteur mal à l'aise: faut-il tout visiter, tout regarder? Comment approcher ce lieu chargé d'histoire? Cela, d'autant plus que le visiteur est seul à devoir chercher une réponse à cette question. Ce que suggère une mise en scène qui écarte progressivement les gens et laisse la narratrice seule, désenchantée aussi, alors qu'elle était plutôt entourée au début: une rencontre dans le train, des routards sac au dos, etc.

 

Suit une étonnante évocation de la vie quotidienne du couple, entre 1925 et 1945. L'auteure parvient à faire oublier, au gré d'anecdotes banales, voire cocasses (l'épisode des allumettes explosives), à qui l'on a affaire. Malaise encore... et exploration de la face humaine de Heydrich, épuisé par un travail dont il ne peut guère parler - ce qui installe un espace de non-dit entre lui et son épouse, présentée comme une femme qui, jeune et avec ses propres outils, a su tracer sa voie et s'imposer et, surtout, qui endure.

 

Heydrich? Le nom n'est indiqué qu'une fois dans "Ce que nous sommes", Lina et Reinhard étant le plus souvent désignés par leurs prénoms et éventuellement l'initiale de leur nom, comme la plupart des figures historiques qui les entourent. Est-ce une manière de les déshumaniser, ou au contraire de leur donner une aura qui dépasse la tragédie du régime nazi et tend vers l'universalité? Lina, c'est sans doute la femme qui vit avec un mari déclaré criminel, mort innocent en 1942: elle doit gérer l'encombrant héritage de celui qui pensa la "Solution finale", dont - et l'aura de secret qui nimbe "Ce que nous sommes le confirme" - elle n'a pas su grand-chose: "Lina H. a survécu, vécu, vit et vivra peut-être encore, comme nous tous; comme une innocente", interpelle la fin de "Ce que nous sommes".

 

Cette phrase termine le dernier chapitre de ce récit, un chapitre qui lui donne une allure cyclique: si "Ce que nous sommes" commence sur la narration d'un voyage de l'auteure, il s'achève de la même manière, sur les traces des personnages mis en scène. "Ce que nous sommes" est un ouvrage qui, de façon sobre, offre des regards multiples sur une femme plongée malgré elle dans l'Histoire. Ce petit livre dérange le lecteur et l'invite, mine de rien, à "chercher l'homme" comme, en d'autres circonstances, on serait invité à "chercher la femme".

 

Anne Talvaz, Ce que nous sommes, Chambéry, L'Act Mem, 2009.

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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 21:21

hebergement d'imageLu par 25e heure, Chroniques assidues, Clara, Eva Sherlev, Eveyeshe, Mailys, Margotte, Mes miscellanées, Nanou, Rouge Velours.

 

"Je m'installe en elle, comme je m'installe dans des appartements que l'on me prête ces jours-ci. Emprunter des chaussures à mon amie Catherine. M'asperger du parfum d'Esther dans sa salle de bains. Enfiler la pensée de Françoise Sagan comme des bas de soie - me revêtir de sa vie pour oublier la mienne." Quel programme dans ce paragraphe! Il résume à la perfection l'état d'esprit de l'écrivaine française Anne Berest lorsqu'elle se lance, sur suggestion des ayants droit, dans la rédaction de "Sagan 1954". L'idée? Etre un peu moins soi pour faire toute la place au sujet de ce roman: Françoise Sagan. Plus particulièrement, le dernier roman d'Anne Berest aborde les premiers mois de l'année 1954, celle qui a vu paraître "Bonjour tristesse".

 

Trois axes marquent ce petit livre: c'est à la fois un roman, une biographie et une autofiction. Roman parce qu'à tant d'années de distance, l'auteure est obligée de combler certaines lacunes et de recréer certaines anecdotes. Ainsi l'écrivaine utilise-t-elle le mouvement de solidarité lancé par l'Abbé Pierre pour illustrer un trait de caractère de Françoise Sagan. Lui a-t-elle apporté des vêtements pour secourir les plus démunis? L'auteure l'ignore et assume cette ignorance, mais considère que cela colle avec sa vision du caractère de Françoise Sagan - si ce n'est pas vrai, ça aurait pu l'être. C'est ainsi, sur la base d'aspects porteurs et évocateurs, que naît la force de "Sagan 1954".

 

Biographie? L'auteure ne fait pas qu'inventer! Le lecteur découvre aussi les premiers mois de l'année 1954, ceux qui ont scellé le destin de Françoise Sagan à partir de la publication de "Bonjour tristesse". L'auteure retrace avec exactitude ce que tout le monde sait, allant jusqu'à ébaucher quelques aspects de ce qu'était la condition féminine en 1954. Le lecteur retrouve avec plaisir la posture de Françoise Sagan face à l'écriture, les anecdotes qui entourent l'édition de son premier roman, et son penchant pour une vie vécue à cent à l'heure, éventuellement au volant d'une bagnole. Recréant ce que l'on sait de Françoise Sagan, bouchant les taches aveugles de sa biographie par les mots et par l'image, l'auteure reconstruit de manière crédible un personnage de roman qui aurait, c'est sûr, pu être Françoise Sagan. Elle va jusqu'à donner envie de lire ses ouvrages - et de se (re)plonger dans "Bonjour tristesse".

 

Enfin, se faisant autofictive, l'auteure choisit de montrer la manière dont son ouvrage a été rédigé, entre interrogations et questionnements, et de se dévoiler à son tour, mêlant son destin à celui de Françoise Sagan - comme la couleur noire des vêtements de Françoise Sagan et d'Anne Berest se mêlent sur le dessin de Stéphane Manel qui orne le bandeau du livre. Cela, jusqu'à trouver des résonances entre leurs deux vies... désireuse de se rapprocher de son sujet, l'auteure met ses pas dans ceux de Françoise Sagan, en faisant par exemple l'expérience de l'ivresse du casino, en compagnie d'un jeune homme. Dès lors, si les ambiances parisiennes d'époque sont recréées avec justesse, il sera aussi question, au fil des pages de "Sagan 1954", du Saint-Tropez et du Deauville d'aujourd'hui. Enfin, l'auteure de "Sagan 1954" se penchera sur l'éternelle question de savoir pourquoi l'on écrit.

 

"Sagan 1954" est un roman succinct qui se présente comme un journal, le journal d'une redécouverte de soi autant que de Françoise Sagan. Variant les points de vue et les focales afin de créer un rythme, la romancière choisit pertinemment une approche diversifiée, tous azimuts, qui lui permet de donner chair à son sujet et, ce faisant, d'attirer son lectorat, même s'il n'est pas familier de Françoise Sagan.

 

Anne Berest, Sagan 1954, Paris, Stock, 2014.

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