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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 20:45

I can't believe I translated the WHOLE thing par banlon1964Je m'étais arrêté sur un article que Laurent Wolf a fait paraître dans "Le Temps" du 30 août dernier, sous le titre "La vie de toute la planète en direct des librairies". Il y aborde la question des traductions publiées dans le contexte de la rentrée littéraire, et commence presque par s'excuser: si la rentrée propose 210 traductions contre 466 livres écrits directement en français, le cahier culturel du jour commente 13 traductions et huit livres en français... soit une proportion non respectée.

Non respectée? L'homme considère que l'option retenue consistant à parler davantage des traductions que des romans en français se justifie parfaitement. Son argumentation est double: d'une part, l'édition en français produit pas mal de "déchets", donc de romans d'auteurs sans avenir, créateurs d'un, deux, trois textes, ainsi que de textes plus faibles d'auteurs reconnus, que l'éditeur n'aura pas suffisamment soignés. D'autre part, le texte traduit a en quelque sorte été sélectionné deux fois, la première par l'éditeur en langue originale, la seconde par l'éditeur qui défend sa traduction. Cela, pour le bénéfice d'un lecteur devenu voyageur en chambre.

A cela, cependant, j'aimerais répliquer, sur deux fronts.

Le premier tient au caractère "traître" du traducteur - un cliché qui a la vie dure, mais qu'on pourrait opposer à l'auteur du papier. Certes, le traducteur littéraire est tenu d'aller chercher les doubles, triples, quadruples fonds des textes sur lesquels il travaille. Mais est-il toujours en mesure de le faire? Le fait-il vraiment sur des textes a priori plus superficiels? Aborde-t-il "Le Journal de Bridget Jones" dans le même état d'esprit que "Siddharta"? "Le Journal" pourrait d'ailleurs lui poser un autre problème, celui de la transposition d'un humour pas toujours traduisible. Doit-on remplacer un gag plat étranger par un gag plat national? Rit-on des mêmes choses ici et ailleurs? Faut-il laisser perdre certains éléments, façon "Lost In Translation"? Afin de retrouver tout le sel qu'un auteur est capable de mettre dans un texte, certains lecteurs avertis et polyglottes préfèrent s'attaquer aux versions originales. D'autres, par déformation professionnelle, décèlent les faiblesses des livres traduits, ce qui les rend rebutants à leurs yeux.

Et ce qui est irremplaçable dans le texte d'origine, c'est justement... la plume de l'auteur, pure, non filtrée par un truchement, un intermédiaire qui, finalement, fait des choix à la place du lecteur. Or, pour reprendre un cliché, le style de l'auteur, "c'est l'homme". Pour tout auteur à ambitions littéraires, francophone ou autre, le style est crucial; on dit même que l'écrivain en français lui accorde une importance supérieure à la moyenne. Sera-t-il respecté ou recréé par le traducteur, dans toute la mesure souhaitable? Sans compter que le style, élément formel clé, constitue le complément indissociable du fond, l'un servant l'autre, le portant littéralement.

Pour le critique littéraire (puisqu'on parle de choix d'un responsable culturel dans un journal), cela revient à parler d'un livre dont il ignore l'un des éléments constitutifs majeurs... Il se retrouve obligé, souvent, soit de se rabattre sur des impressions, soit d'évoquer les thèmes abordés par l'ouvrage, voire de faire dans la paraphrase. Bref, de devoir changer d'angle, au risque de quitter le domaine littéraire le plus strict.

Faut-il donc vraiment se priver de cela? Je ne proposerai pas de publier, dans une presse francophone s'adressant à un public francophone, des critiques d'ouvrages écrites sur la base des versions originales. Mais pourquoi ne pas rétablir un peu l'équilibre vers davantage de textes produits en français, qu'ils soient édités par le plus grand des éditeurs germanopratins ou par le plus discret des artisans de Suisse? Ceux-ci recèlent de nombreuses perles et découvertes aussi.

Article disponible sur
http://www.letemps.ch... contre paiement, hélas!  
Photo: flickr.com/banlon1964

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6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 21:14

... quand on est un lecteur tout à fait ordinaire, qui se tient au courant mais n'est jamais sûr de son coup. On sait pertinemment que chaque rentrée littéraire est un événement majeur de la vie du livre francophone; on oublie rarement que du coup, il s'agit d'un moment essentiel pour le lecteur désireux de nourrir sa pile à lire (PAL) de la meilleure manière possible. De manière parfaitement subjective, voici quelques ficelles pour ne pas vous perdre dans ces forêts vierges infranchissables qu'on appelle les libraires.

1. Souvenez-vous des anciens. Il est plus que probable que ceux-ci, tout d'un coup, soient balancés en pâture au public à la période où les écoles reprennent leur activité. Peut-être les a-t-on ménagés autrefois? Mais une fois ou l'autre, il leur faudra bien entrer dans l'arène au moment le plus couru de la saison... au risque de passer parfaitement inaperçu dans la foule des combattants que vous avez découverts et appréciés. Cet inaperçu, ami lecteur, c'est à vous de le retrouver.

2. Interrogez votre libraire. Celui-ci n'a certes pas tout lu. Mais peut-être peut-il vous mettre sur la voie du livre indispensable que vous avez depuis longtemps dans le collimateur. Un exemple? Cela fait un petit moment que je recherche "Qui comme Ulysse", le dernier opus de Georges Flipo - et, seul, je ne suis pas parvenu à mettre le grappin dessus. J'interroge donc le libraire. Celui-ci ne trouve rien au rayon littéraire, va donc se renseigner au rayon voyages... ce qui lui permet de déposer, entre mes mains ravies, l'ouvrage en question. Dans la foulée, je recommande à la libraire un autre titre de l'auteur, en lui souhaitant une bonne lecture.  Il convient de ne jamais oublier qu'un ouvrage non exposé n'est pas forcément un ouvrage absent du stock. De mon côté, reste à lire le livre de Georges Flipo...

3. Passez commande. Vous avez repéré un ouvrage absolument fabuleux de la rentrée, par exemple dans la liste fort nourrie et commentée que produit Evene, année après année? Votre librairie ignore jusqu'à l'existence de ce truc? Secouez le cocotier. Pour peu que vous lui donniez des coordonnées précises, l'auteur vous en sera reconnaissant, le libraire aussi (avec les marges qu'il prend! Sans parler du distributeur...) et, avec un peu de chance et de flair, vous serez le plus heureux des lecteurs. Après tout, un livre qui n'est pas en stock, ce n'est pas un livre inexistant. Il me faudra procéder ainsi, en ce qui me concerne, pour un des opus de Rufus, sorti lors d'une des rentrées littéraires passées, et dont la thématique repose sur le téléphone portable et ses nuisances.

4. Contactez l'auteur. Les libraires sont costauds, et ils sont parfois susceptibles de miracles. Reste qu'ils n'ont pas forcément de pouvoir face à ce monde difficilement chiffrable et cernable qu'on appelle l'auto-édition et la micro-édition. Il paraît qu'il recèle des perles. A vous de gratter! L'Internet peut s'avérer un auxiliaire précieux pour dénicher les émules de Joseph Ouaknine.

5. Préparez-vous au printemps. C'est à cette saison que naissent les buzz, tout petits, tout discrets. Ce faisant, vous aurez l'honneur absolument insignifiant et essentiel de pouvoir dire, à la Toussaint: "Ce bouquin, je l'avais repéré à Pâques!". Peut-être vous sentirez-vous un peu comme le confiseur qui prépare les lapins de Pâques en chocolat en juillet de l'année précédente; qu'importe! Votre plaisir de lecture peut être à ce prix.

6. Préparez-vous à l'été. C'est à cette saison que le buzz devient audible, débarrassé des scories qu'il véhicule au printemps: l'été, c'est bien connu, tout le monde est en vacances. Les infos qui circulent en juillet et en août sont donc essentielles à votre rentrée, d'autant plus que personne n'est là pour les recueillir. Et puis, vous avez alors le temps de découvrir tranquillement les bonnes feuilles et de faire votre choix sur pièces.

7. Achetez, louez, empruntez. Lapalissade? Oui: il faut se procurer l'ouvrage de vos rêves avant de le...

8. Lire. Là, vous êtes arrivé au moment où l'écrémage produit sa quintessence. Ne laissez à personne d'autre que vous le plaisir de faire le tri. Certains blogueurs soutiennent que 90% de ce qu'on produit à la rentrée littéraire relève de la "bouse"; si l'on admet que c'est vrai (ce qu'à Dieu ne plaise!), reste qu'avec les 10% restants, il y a encore de quoi lire pendant toute une année, et largement! A ce moment, pour paraphraser Pepsi-Cola, que votre goût décide - seul celui-là, éminemment subjectif, permettra de faire le tri. La rentrée offre un choix suffisant pour que tout le monde y trouve son compte.

9. Ne pas prendre tout cela au sérieux. Après tout, vous êtes maître de votre PAL, et je n'ai de conseils à donner à personne... en revanche, peut-être en avez-vous à donner au modeste blogueur que je suis? En tout cas, bonne lecture et bien du plaisir.

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1 septembre 2008 1 01 /09 /septembre /2008 21:23

2004_lectureNombreuses sont les discussions qui portent sur l'édition à compte d'auteur, sur les forums et autres supports virtuels de débat. Régulièrement, ce genre se fait vilipender pour son manque de professionnalisme, sa cherté, l'absence de structures de diffusion solides, et j'en passe. L'une des conclusions à laquelle était arrivé un tel débat, sur un forum, était que cela était bon pour le tirage d'un témoignage personnel, à un nombre d'exemplaires très limité, destiné à la famille. Qui cela intéresse-t-il? Peu de monde, a priori.

Et pourtant... Dans son édition de samedi, "La Liberté" consacre toute la première page de son cahier culturel aux autobiographies de gens ordinaires. Constat de départ: les éditeurs à compte d'éditeur ne s'intéressent guère à ce genre de texte; ceux qui s'intéressent à de tels témoignages et en font leur fond de commerce privilégient, dans de tels textes, ceux qui reflètent une époque à travers une personnalité - pas forcément connue, mais susceptible d'être représentative. Dans le genre, on peut penser à "Grosse et bête", de Rosmarie Burri, qui est devenu un best-seller en Suisse, bien qu'écrit par une personne de modeste extraction. Après ce témoignage, l'auteur s'est du reste pris au jeu de l'écriture et a achevé un deuxième texte - un roman cette fois - avant de s'éteindre peu après. On peut aussi penser au récit d'une Mauricienne venue en Suisse épouser un agriculteur - destin de tant d'autres de ses compatriotes, dans les années 1980.

Mais qu'en est-il des personnes ordinaires, désireuses de laisser une trace à l'usage de leur famille, mais dont le récit n'intéressera pas grand-monde au-delà d'un tel cercle? C'est là qu'interviennent le compte d'auteur et l'impression à la demande. Catherine Schmutz, enseignante à l'université de Fribourg, a même écrit une thèse de doctorat sur ces récits de vie, qu'elle nomme "oraliture", une valise qui mêle littérature et oralité, traits caractéristiques du genre. Elle souligne la fierté de leurs auteurs, même si tout cela ne touche qu'un cercle restreint de lecteurs. Selon l'enseignante, la tendance à écrire de tels récits s'est accentuée il y a trente ans environ, portée par la démocratisation de moyens de publication tels que l'impression à la demande.

Le journal note même la naissance d'une association "Histoires d'ici", fondée en 2008 à Fribourg afin de collecter les récits familiaux de cet acabit dans la région. Ceux-ci, en effet, échappent le plus souvent à la Bibliothèque cantonale et universitaire, auquel tout auteur soumet certes ses ouvrages - pour autant qu'il soit au courant, et que le tirage soit suffisant et commercial. Les critères sont encore en cours d'établissement, mais des demandes ont déjà été soumises à l'association, qui va former dès l'an prochain des "recueilleurs d'histoires", qui joueront, si j'ose ainsi dire, le rôle de nègre auprès des personnes qui auraient besoin d'aide pour écrire leur histoire.

Pour en savoir plus:
http://www.histoiresdici.ch

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12 août 2008 2 12 /08 /août /2008 19:24

... qu'un ouvrage intitulé "Ecrire un roman et se faire publier" vient de paraître aux éditions Eyrolles. Ce volume de 226 pages est signé Bob Mayer et explique, selon le communiqué, de nombreuses techniques d'écriture. Il décrypte également le monde de l'édition (les pièges à éviter, comment rédiger une lettre d'accompagnement efficace, etc.).

Le site Internet de l'éditeur propose une présentation plus complète de cet ouvrage,
ici; celle-ci est agrémentée de deux extraits (table des matières, introduction). A noter, du reste, qu'Eyrolles propose d'autres guides d'écriture, entre autres à l'usage de ceux qui doivent écrire des discours. Ce qui pourrait arriver à plus d'un écrivain ou lecteur compulsif, pourquoi pas?

Bob Mayer, Ecrire un roman et se faire publier, Paris, Eyrolles, 2008, 226 p., 20 euros.

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31 juillet 2008 4 31 /07 /juillet /2008 21:22

HomèreVous voulez devenir éternel? Survivre à vous-même? La littérature vous offre une occasion unique d'y parvenir. Certes, ce scenic railway se caractérise par la quantité énorme des appelés et par la rareté de ses élus; mais considérant qu'à l'instar de la Loterie, cent pour cent des gagnants ont tenté leur chance. pourquoi pas vous?

L'un de mes vieux professeurs, spécialiste d'André Malraux, disait que l'art n'est jamais immortel ou éternel. Il avait bien raison: qu'une météorite s'éclate sur la Terre, et au revoir les génies dits "universels" que sont Homère, Machu Picchu et Guillaume Musso. Mais j'ajoute que si l'art n'a certes rien d'impérissable, il constitue à chaque fois un défi lancé à ce qui est appelé à se dessécher, à disparaître. Et une manière, pour une personne, de survivre à soi-même.

Alors, pourquoi ne pas donner corps à votre idée de belle histoire? Le degré zéro, et la grosse erreur des esprits timorés, serait de garder tous leurs trésors dans leur tête ou dans leur coeur. Ceux-ci sont périssables, nous le savons... et en plus, les idées qui s'y trouvent, éminemment privées, ne sont pas protégées par le droit d'auteur. Résultat: si quelqu'un publie votre idée avant vous, vous devez en trouver une autre. Pas difficile, mais ennuyeux pour votre ticket pour l'éternité.

Alors, que faire? Ecrivez. A partir du moment où vous avez donné une forme concrète à votre idée, elle sera protégée par le droit d'auteur, ce qui vous arrange bien. Et elle aura le mérite d'exister aux yeux du monde. A partir de là, il ne reste qu'à publier... de manière à vous offrir un haut-parleur de bonne taille, qu'on appelle "éditeur" quand on parle de production artistique en quantité.

De vos deux cents pages d'idées, l'éditeur va produire un chouette bouquin. Là, déjà, vous avez décroché une option pour survivre à vous-même. Avec un peu de chance, on va même parler de vous dans la presse, et celle-ci est dûment archivée dans les bibliothèques et dans les caves des journaux. Reste le problème de la longévité du papier... je me demande en effet quelle peut être la tronche du jeune auteur prodige qui, publiant son premier roman à dix-huit ans, voit le papier de l'édition princeps de l'ouvrage se dégrader à mesure qu'il prend de l'âge. Une question qu'on est en droit de se poser, vu la qualité et la longévité du papier qu'on trouve actuellement.

Résultat? Arrangez-vous pour être réédité. Anna Gavalda le fait bien, Marc Lévy aussi, pourquoi pas vous? Cela, même si l'on ne prête qu'aux riches, et encore: seuls les succès de librairie sont repris en poche, et je soupçonne les éditeurs de ne pas reprendre tout de suite les succès d'exception genre Harry Potter ou "Bridget Jones, l'âge de raison". Mais cela relance votre livre, lui donne encore quelques années de longévité supplémentaire.

Puis faites en sorte qu'on en parle sur les blogs: les ventes vont se poursuivre à un rythme de croisière, votre nom sera colporté, et vous aurez encore gagné une manche contre l'oubli. A force, peut-être allez-vous entrer à l'Académie française, voire dans le Petit Robert. Là encore, une manche d'acquise! Plus solide certes, mais pas encore inébranlable. Vous devrez subir encore des périodes d'éclipses, des années de purgatoire où les écoles refuseront d'intégrer votre oeuvre à leurs programmes, parce qu'elles la jugeront trop ceci ou trop cela. A ce moment, vous serez sans doute déjà assis sur un nuage, au Paradis; attendez de voir venir, soyez confiant. Si vous avez su y faire, vous allez redevenir à la mode. Pour cela, il suffit parfois d'un ministre, voire moins.

Et si vous doutez encore des possibilités de pérénnisation de votre oeuvre, pensez au succès actuel des auteurs antiques - ceux que le temps a jugé utiles de retenir. Ceux-ci ont joui de soutiens occultes, de faveurs tenant de l'idéologie des temps passés: copistes bienveillants, princes attachés à l'Antiquité, etc. A ce moment-là, votre ouvrage vous aura vraiment échappé. Et l'humanité saura qu'à défaut d'avoir vaincu la météorite évoquée au début de ce billet, vous aurez suffisamment traversé les ans pour prétendre au titre de génie universel. Bonne chance!

Et n'oubliez jamais, vous qui êtes ambitieux: tout cela commence par une ligne rédigée, par un vers écrit.

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30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 20:36

Les lecteurs attentifs du blog de Quichottine connaissent sans doute l'écrivain italien Gianni Rodari. A quel genre d'athlète avons-nous affaire? J'aimerais vous faire part, brièvement, des contacts que j'ai eus avec cet auteurs. Contacts purement littéraires, s'entend... puisque je j'ai pas eu la chance de le rencontrer dans une quelconque fête du livre.

J'ai dû faire la connaissance de ses "Favole al telefono" alors que j'avais, quoi... dix ans. De quoi s'agit-il? Régulièrement en voyage, Gianni Rodari racontait littéralement des histoires à sa fille par téléphone, afin qu'elle s'endorme. Joli coup d'inspiration! Ces histoires sont devenues des textes, qui ont fini par constituer un recueil. Et j'ai justement reçu celui-ci à l'époque où je me levais tous les samedis matin pour apprendre l'italien à l'occasion de cours organisés par le Consulat.

Qu'inventait Gianni Rodari, pour divertir sa fille? De nombreuses histoires, toujours très brèves (à peine deux ou trois pages, parfois moins d'une seule) qui prennent à contre-pied les choses qui paraissent évidentes à nous autres, adultes formatés par X années d'écoles, d'études et de contact avec ce qu'il est usuel d'appeler la normalité. On trouve ainsi l'histoire d'une classe du futur qui va vister un musée où se trouve le verbe "pleurer", puisque les hommes du futur auront éradiqué les pleurs; il y a aussi l'histoire de cet enfant trompé par le chiffre 9 dans le cadre d'une division (ah, les divisions! difficiles entre toutes!) dans "abbasso il nove": "Comment, tu veux me descendre, moi le chiffre 9? Va te faire voir!". Ou celle d'un Etat qui mettrait à disposition des enfants, prompts à casser tout ce qui bouge, tout un palais à démolir; ou encore celle d'une route qui ne mène nulle part (alors qu'en principe, les routes vont toujours quelque part...) J'en oublie certainement. Ces histoires, je les ai lues et relues, avant même de constituer des PAL et autres LAL montant jusqu'au plafond. C'était unepériode où je préférais relire à lire...

... j'ai donc découvert cet auteur par son versant pratique. Mais comme c'est un artiste complet, l'homme a également posé la théorie de ces histoires. C'est l'objet de son livre "Grammaire de l'imagination", une pure merveille qui vous invite, justement, à interroger le réel et à vous demander ce qui se passerait si telle situation qui vous paraît normale ne l'était, en fait, pas tant que ça. Comment se comporterait, par exemple, un personnage qui aurait plusieurs bouches, etc. Et celui-là, je l'ai lu quand j'étais grand... au début 2003, pour être précis.

A présent, reste à aborder le reste!

Site officiel de l'écrivain, en italien: http://www.giannirodari.it.
Photo: http://www.sindacatoscrittori.net.

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15 juillet 2008 2 15 /07 /juillet /2008 20:54

Celle-là, je sais que plus d'un lecteur en rêve... Il paraît que ces pièces de mobilier nommées "bibliochaise" (avec bibliopouf) renferment l'équivalent de cinq mètres de bibliothèque. De quoi ranger un bon bout de votre pile à lire*! L'objet a été créé par Nobodyandco, entreprise de design italienne. Sur un certain blog, un lecteur malicieux demande, l'esprit fort à propos, comment faire pour aller chercher un ouvrage dans un rayon du bas sans paraître irrévérencieux si le fauteuil est occupé par une dame.

Plus techniquement, il paraît que cet objet design est disponible en noir, en blanc, en aubergine ou en d'autres couleurs sur demande. Le siège est en coton (en cuir pour le modèle "plus"), également disponible en diverses exécutions. Reste la question que tout le monde se pose: est-ce vraiment confortable pour bouquiner pendant de longues heures? Prix articulé sur un blog: 4200 euros... Qui dit mieux?

Pour en savoir plus:
http://www.nobodyandco.it/, suivre "Products", puis "Bibliochaise". A noter que ce label propose aussi une étagère à bouquins "Piola" qui n'est pas mal non plus. La rubrique "Nobody At Work", enfin, lève un coin du voile sur la production de ce fauteuil hors normes. Je vous laisse découvrir...

*Qui a dit "Ma PAL, je m'assieds dessus"?

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8 juillet 2008 2 08 /07 /juillet /2008 19:28

Au vieux livres - 3Ca y est, c'est les vacances, on profite de la période chaude et reposante pour partir à la mer ou à la montagne et embarquer, dans la foulée, les pavés qu'on n'a pas pu lire pendant l'année - des pavés avec lesquels on pourrait reconstruire la Voie Appienne... Mais n'a-t-on pas oublié quelque chose?

Certes non. Pas nous, en tout cas. Là où ça se corse, c'est quand on ajoute à l'agréable divertissement de la lecture en vacances le paramètre de la rentrée littéraire. Là, on commence à rigoler. Je garde en mémoire un article que Frédéric Beigbeder avait écrit dans "Lire" il y a quelques années à ce sujet. Il y expliquait qu'alors que nous autres, simples mortels, passions nos vacances à combler quelque retard dans la PAL, lui les passait à prendre de l'avance sur la rentrée littéraire. Très "99 francs", il se la jouait privilégié de la lecture, allant jusqu'à lâcher: "Quand vous lirez Sang lié de David Bosc (Allia), je l'aurai fini depuis longtemps." Cela s'appelait "Nous lisons les romans avant leur sortie", un exercice répété à six cents exemplaires. Ce récit a paru dans le numéro de juillet/août 2005.

Cette année, l'auteur de "Au secours pardon" revient sur le sujet, décidant pour une fois de faire d'un pensum un plaisir... ce qui ne l'empêche pas, alors que les écoles viennent à peine de fermer leurs portes, de faire résonner aux oreilles du lecteur compulsif, les premiers et lointains carillons de la rentrée littéraire. Cela, non sans rappeler au préalable ce qu'il pense de la rentrée, en trois points bien sentis quoiqu'un brin convenus. On se rappelle du reste qu'"Au secours pardon" avait paru en juin 2007 - chouette pied de nez à l'incontournable barouf d'automne, ou intolérable extension du domaine de la rentrée. A vous de juger...  

Et puis il y a David Foenkinos qui prend une puissante avance dans son billet du 2 juin dernier. "Je commence déjà à recevoir des livres de la rentrée littéraire. Il y a comme une ambiance de septembre dans ma boîte aux lettres", écrit-il sans détour. Un peu comme dans les supermarchés, où le matériel scolaire est vendu avant même la clôture scolaire de la fin du printemps... David Foenkinos soulève cependant un problème tout à fait pratique: en débordant sur le printemps, la rentrée littéraire va finir par occulter les publications du mois de mai, qui risquent fort de passer inaperçues. Alors, la rentrée, on l'attend, on l'honnit, on l'adore, la fera-t-on toute l'année? De mon côté, j'ai encore des tas de rentrées à digérer dans ma PAL... ce qui ne m'empêche pas de vous inciter, chers visiteurs, à guigner ce que le libraire vous propose en ce début d'été, produits frais estivaux ou ouvrages printaniers aux atours - gageons-le - certains.

L'article de Frédéric Beigbeder (2005):
http://www.lire.fr/chronique.asp/idR=142/idTC=11/idC=48858
L'autre article de Frédéric Beigbeder (2008): http://www.lire.fr/chronique.asp/idR=142/idTC=11/idC=52563
Le blog de David Foenkinos: http://www.livreshebdo.fr/weblog/webLogText.aspx?id=18

Photo: Flickr/julie70

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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 21:39

Trouvé tout à l'heure dans le dictionnaire des proverbes et dictons de Florence Montreynaud, Agnès Pierron et François Suzzoni, publié par "Le Robert", la citation suivante:

"Les morts ont tort".

Cela a été dit en 1789 par un Monsieur ou une Madame nommé Tuet.

Mortel. Et ça ne s'invente pas.

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26 juin 2008 4 26 /06 /juin /2008 20:02

La Suisse honorée par l'Académie française: l'illustre institution vient de publier la liste de ses prix. Parmi les récipiendaires, on trouve l'écrivain suisse Corinne Desarzens et son roman "Tabac de Havane évoluant vers le chrysanthème", médaille de vermeil du Prix du rayonnement de la langue et de la littérature françaises.
Félicitations!


Corinne Desarzens, Tabac de Havane évoluant vers le chrysanthème, Jean-Paul Rocher, 2008.

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