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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 19:59

La question a été soulevée il y a quelque temps par La Lettrine, puis par Blandine Longre: le lectorat ne se sentirait-il pas quelque peu débordé par la quantité de livres qui sortent sans relâche? Blandine Longre se restreint à ce qu'elle a plaisir à découvrir ou à lire, tout en admettant quelques erreurs de casting. Anne-Sophie Demonchy, pour sa part, décide donc de prendre son temps: un livre ne sera pas moins bon en mai qu'en septembre, s'il a paru pendant la rentrée littéraire.

C'est aussi un peu ce que je fais, finalement, par nécessité. Les circonstances ont fait que ces dernières années, ma pile à lire a connu une extension fulgurante. Il y a là des lectures dont j'ai entendu dire le plus grand bien et que je me réjouis de lire un jour ou l'autre, mais aussi un stock assez important d'ouvrages acquis "pour le prix de la découverte": des auteurs inconnus dont le prière d'insérer m'a paru sympa, des éditeurs jeunes et dynamiques qu'on a envie de soutenir par un achat, une couverture attirante, une rencontre sympathique dans une fête du livre (à ce titre, celle de Saint-Etienne est un jardin pavé de tentations permanentes! Quel meilleur vendeur qu'un auteur parlant de son livre avec passion?), etc.: les voies de la pile à lire sont impénétrables.

Résultat: ma pile de livres à lire recèle de tout, du plus confidentiel au plus starissime. Et forcément, certains livres vont m'attirer davantage que d'autres, en fonction des périodes: un jour je serai curieux, un autre jour un peu moins. Chaque fois que je passe du temps (parfois beaucoup de temps) à choisir ma prochaine victime, la question qui se pose est souvent: "curiosité ou valeur sûre?" Viande rouge ou légume du jour? Les fidèles de ce blog savent que je varie volontiers les coups. Tout au plus vais-je privilégier un peu les livres qui commencent à attacher au fond de la pile à force d'y avoir trop longtemps traîné; mais cette règle s'est assouplie avec le temps. Le délai peut du reste être allongé encore si l'on compte le temps qu'un livre reste dans la liste à lire: il n'est pas toujours évident de le trouver, et cela peut être dû à un pur hasard. Enfin, même un thriller des années 1980 peut, après tout, parler au lecteur de 2009: quel bonheur de lire des histoires d'espions du KGB, ou des aventures non encore encombrées par les technologies actuelles... Des lecteurs comme
Le Fantasio ou Oggy se font visiblement plaisir avec de telles choses anciennes.

Quant à faire mon choix au moment des rentrées littéraires (celle de janvier devrait avoir trouvé ses lecteurs à présent), disons qu'expérience faite, l'achat est rarement conforme à ce que j'ai prévu: tel livre m'aura paru peu accrocheur dans une description sur Internet, et me fera tilt en librairie; ou alors, l'intérêt naîtra d'une discussion avec l'auteur. Cela ressemble aux plans drague: ça ne se passe jamais comme prévu... et quelque part, c'est tant mieux pour tous: cela ouvre l'horizon de lecture, et permet de belles découvertes.

Bref, la prise de distance avec l'actualité est consommée - c'est peut-être le privilège du lecteur-blogueur-non journaliste... Et vous, collez-vous à l'actualité littéraire ou prenez-vous vos distances, chez le libraire ou face à votre pile à lire?

Photos: Flickr/gadl/les.abattoirs
Sites mentionnés: http://www.lalettrine.com; http://blongre.hautetfort.com; http://www.lefantasio.com; http://bibliooggy.canalblog.com.  


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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 22:57

En parcourant la blogosphère, ou simplement par les hasards des liens qui pointent vers mon blog, je m'aperçois que certains blogueurs ont des projets fort ambitieux et intéressants. On se souvient par exemple du cas de la "Blogoboule de lecture", qui visait au recensement de tous les blogs qui parlent de livres - un projet immense qui a trouvé sa finalité dans sa blogroll, ou liste de blogs. J'ai pu y trouver mon bonheur à plus d'une reprise. Depuis, "l'oiselle s'est envolée", pour reprendre les termes de l'initiatrice.

Et depuis, je suis tombé sur deux initiatives pas moins ambitieuses, portées l'une et l'autre par plusieurs personnes. La première est le "
Blog-o-Book". Il s'agit d'un lieu de recensement des livres dont les blogueurs parlent - et, naturellement, d'une recension des liens vers les billets correspondants. J'ai eu l'agréable surprise de trouver un lien pointant vers mon papier sur "Entre les murs", en inspectant mes statistiques. Modeste, le projet? Gageons que même s'ils se restreignent aux ouvrages les plus commentés, les auteurs vont découvrir très vite que la curiosité du blogueur ne connaît guère de limite. Les personnes intéressées sont appelées à contribuer, ce qui permettra d'enrichir le site sans épuiser ses fondateurs.

Thriller Writer 2 par Nick_TurpinL'autre est plus spécialisé: il s'agit d'un blog consacré au roman policier et à ses avatars, intitulé "
Fiches auteurs/livres". Mais ses ambitions sont également... ambitieuses, si j'ose ainsi m'exprimer: l'idée est ici de créer des fiches biographiques des auteurs de polars, ainsi que des fiches de lecture sur leurs ouvrages. Le travail prend ici un tour systématique, avec un suivi des ouvrages par année de publication et une recherche tous azimuts (écrivains de tous pays, etc.). J'ai par ailleurs constaté que les responsables du blog ont déjà déniché quelques écrivains méconnus ou ayant une oeuvre restreinte et confidentielle dans le genre du polar; c'est ici que j'ai découvert, par exemple, que les éditions du Madrier, basées à Pailly (Suisse), faisaient autre chose que de la poésie... Là aussi, je pense que toute contribution est la bienvenue; un forum est du reste prévu pour échanger sur le sujet.

... encore des idées pour passer du temps dans la blogosphère... et surtout, espérons-le, dans les bouquins!

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11 janvier 2009 7 11 /01 /janvier /2009 22:20

Rappel des faits: je me suis déclaré volontaire pour le défi dit "Blog-o-Trésors" lancé par Grominou sur son blog. L'idée semble avoir eu un succès absolument délirant, à telle enseigne que la liste produite dans le cadre du défi est auss longue qu'un jour sans pain... mais bien plus agréable! J'ai eu l'embarras du choix lorsqu'il s'est agi de trancher et de piocher quatre livres à lire durant l'année. Finalement, j'ai choisi de retenir des ouvrages qui sont dans ma PAL, en tout cas en ce qui concerne les premières priorités, celles qui serviront à réaliser le défi. Les voici:

 

- Frédéric Beigbeder, Windows On The World

- Christopher Priest, Le Monde Inverti

- José Saramago, Tous les noms

- Philip Roth, J'ai épousé un communiste

 

Je me réjouis d'attaquer ces quatre titres, qui commencent à s'encroûter dans mon Manhattan de bouquins...

En seconde priorité, ou en réserve, j'ai également noté les titres suivants - recalés parce que je ne les avais pas chez moi, mais intéressants dans l'absolu, à des titres divers:

- Christine Aventin, Le Coeur en poche
- Jean Raspail, Le Camp des Saints
- Sarah Strohmeyer, Bubbles se lâche
- Pierre Daninos, Les Carnets du Major Thomson (je l'ai chez moi, j'ai essayé de le lire, mais j'ai décroché... mais c'était il y a longtemps)

Nombreux furent les titres qui m'auraient attiré sinon - désolé si j'oublie des choses intéressantes! J'ai aussi lorgné du côté de Serge de Beketch, mais l'un de ses livres, dûment mentionné dans la liste, semble hors commerce à présent.

Dans le même état d'esprit (ah, les livres épuisés!), je conseille aux plus fouineurs d'entre vous l'ouvrage d'Olivier Mathieu "Une nuit d'été", actuellement épuisé: je l'ai mentionné parmi mes oeuvres dignes de figurer dans la grande liste parce qu'il m'a rappelé, l'été dernier, tout ce que la littérature peut receler de profond si l'on veut bien aller voir plus loin que la simple intrigue. A vos bouquinistes donc, bonne lecture aux participants au défi... et aussi aux autres!

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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 21:31

Tout a commencé il y a une ou deux semaines par le défi lancé par Calepin à la communauté masculine des blogueurs littéraires: lire un roman de chick lit pendant l'année 2009. Il propose de s'inscrire sur son blog, en mentionnant le titre retenu. Bien sûr, je me suis déclaré volontaire... Restait à trouver un bon livre, ou du moins un titre qui ait l'air prometteur. C'est là qu'il faut faire preuve de méthode dans ses recherches...

En effet, je connais les grands classiques du genre, ceux qui lui ont donné ses lettres de noblesse, si j'ose ainsi m'exprimer: "Les Tribulations de Tiffany Trott" d'Isabel Wolff, les deux "Bridget Jones" de Helen Fielding, un certain "Dîner" d'Anna Davis, et même "Le Diable s'habille en Prada", roman de Lauren Weisberger, que j'ai
abondamment commenté il y a quelques mois.

Mis à part cela, j'avais bien le nom de Sophie Kinsella quelque part dans mes souvenirs, mais je voulais quand même trouver un truc plus original. A noter par ailleurs que dans ma LAL, j'ai deux ou trois titres plus anciens: "Le dernier macho man" de Sparkle Hayter, "Déshabillez-moi" de Roberta Corradin, ou "A la poursuite du dernier homme sauvage" d'Angela Vallvey. Si ces titres disent quelque chose à quelqu'un, merci de me glisser un commentaire...

... et après une rapide exploration du sujet de la chick lit sur Wikipedia afin de savoir qui fait quoi, je me suis mis à écumer les librairies qui se trouvaient sur mon chemin. Et j'ai pu constater que la chick lit, c'est un peu comme votre passeport: vous l'avez tout le temps sous les yeux quand vous n'en avez pas besoin, mais si vous le cherchez, comme par hasard, il n'est plus là... Reste que j'ai pu trébucher sur les volumes de Cecelia Ahern, sur les aventures apparemment olé-olé d'une coiffeuse-journaliste-détective-lolita prénommée Bubbles (il paraît que c'est drôle!) signées Sarah Strohmeyer, sur un roman de Sophie Kinsella datant d'avant qu'elle ne s'appelle Sophie Kinsella, sur les couvertures racoleuses des "Gossip Girl" et des romans à robes rouges (Red Dress Ink) publiés par Harlequin. Mais je ne me suis pas retrouvé face à une déferlante de couvertures rose bonbon: il m'a vraiment fallu inspecter les rayonnages des librairies pour trouver quelque chose, entre Victor Hugo et Eliette Abécassis (en rappelant du reste qu'Agnès Abécassis signe de la chick lit - des histoires de brunes et de blondes, si je me souviens bien).

Finalement, je me suis retrouvé à choisir entre trois titres qui m'avaient l'air sympa: un roman où Bubbles se déguise en amish (cela m'aurait permis de faire un joli papier là-dessus...), "Les petits secrets d'Emma" de Sophie Kinsella, et "Je vous aime" de Catherine Siguret. J'ai laissé tombé Bubbles (la couverture est quand même trop olé-olé!) et Sophie Kinsella (que tout le monde a lue), pour finalement acquérir Catherine Siguret, qui a en outre le double mérite de se passer dans le milieu des écrivains et d'avoir été écrit d'emblée en français. 

J'ai fait ma Bridget Jones à la caisse, démolissant mon porte-monnaie pour retrouver une carte de fidélité face à une libraire vraiment patiente (si, par impossible, elle passe par là, elle se reconnaîtra!) qui m'a même proposé d'emballer le volume. J'ai décliné la proposition, mais je n'ai quand même pas poussé le vice jusqu'à dire que c'était pour consommer tout de suite... 

Messieurs, osez la chick lit! Un clic sur le poulet qui illustre cet article vous conduira directement au règlement. 

Références citées: 
Roberta Corradin, Déshabillez-moi
Sparkle Hayter, Le dernier macho man
Sophie Kinsella, Les petits secrets d'Emma
Catherine Siguret, Je vous aime
Angela Vallvey, A la poursuite du dernier homme sauvage

A garder sous le coude, dans un genre connexe: 
Audrey Parily, Passionnément givrée (à paraître début 2009) -
son blog

 

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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 21:28

the library par antonious (www.anthonyaphoto.com)Toujours désireux d'explorer de nouvelles pistes de lecture, je ne pouvais qu'être attiré par la proposition lancée par la blogueuse (ou le blogueur) Grominou. Je cite in extenso les règles du jeu:

 

Marche à suivre:
 

1. Faites une liste de 10 livres que vous avez adorés ou qui vous ont marqués, et publiez-la sur votre blogue. Tous les styles littéraires sont permis. Seule restriction, si un livre fait partie d'une série, il doit pouvoir se lire de façon indépendante. (Si vous n'avez pas de blogue, vous pouvez participer en inscrivant votre liste dans les commentaires ci-dessous.)

 

2. Avertissez-moi (i. e. Grominou) dans les commentaires ci-dessous (chez Grominou, justement!), en incluant le lien vers votre billet.

 

3. Là c'est moi (i. e. Grominou) qui fais tout le travail: je ferai une méga-liste de tous les livres suggérés par les participants.

 

4. Dans la méga-liste, choisissez au moins 4 livres que vous lirez avant le 31 décembre 2009.

 

5. Optionnel: si vous écrivez une critique d'un de ces livres sur votre blogue, vous pourrez me transmettre le lien et je l'inclurai dans la liste.
 
Voici donc la partie 1 du travail, qui me revient: la fameuse liste de dix ouvrages:
 
Roberto Saviano, Gomorra
Olivier Mathieu, Une nuit d'été
Pierre Choderlos de Laclos, Les Liaisons dangereuses
Guillaume Apollinaire, Les onze mille verges
René Fallet, Le Beaujolais nouveau est arrivé
Roald Dahl, Mon oncle Oswald
Emile Zola, La Terre
Stefano Benni, Bar Sport
Albert Cohen, Mangeclous
Jean d'Ormesson, Histoire du Juif errant
 
De mon côté, je me réjouis à présent de découvrir la mégaliste de livres impressionnants - et d'y choisir quatre des ouvrages que je lirai (et commenterai, si Dieu le veut bien) l'an prochain.

Le jeu est ouvert à tous... à vous d'y participer, donc si le coeur vous en dit!

Photo: Flickr/antonious

 
 
 
 
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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 22:16

IMG00302 par bkrwAinsi donc, le prix Goncourt est revenu à l'Afghan Atiq Rahimi, et le prix Renaudot au Guinéen Tierno Monénembo, pour des ouvrages qui, n'en doutons pas une seconde, les ont amplement mérités. Les noms des lauréats annoncent la couleur: les deux grands prix de novembre sont allés à des voix venues de loin, donc supposées originales. Il faudra que le lise ces messieurs (je vois circuler le nom énigmatique du roman de M. Rahimi depuis la fin de l'été!) afin de me faire une idée - une véritable bonne résolution d'automne, comme il y a des résolutions pour la nouvelle année.

Et c'est dans ce contexte que je tombe sur l'éditorial proposé en ce jour par la Tribune de Genève, sous la plume de Pascale Zimmermann. Il s'ouvre sur quelques questions que le milieu littéraire pourrait se poser à l'occasion, en particulier en ce qui concerne l'origine de la véritable richesse des lettres francophones: issue de France ou d'ailleurs? Les noms de Yasmina Khadra, Tahar Ben Jelloun, Amin Maalouf sont prononcés, et l'on imagine que l'éditorialiste en a mille autres en tête - à commencer, sans doute, par Jacques Chessex, prix Goncourt suisse. Venant de Genève, c'est de bonne guerre.

Je suis l'éditorialiste dans son raisonnement, mais me refuse à adhérer à ses conclusions, ou du moins au titre de l'éditorial, fortement réducteur: "Un Goncourt qui s'éloigne du parisianisme". Le dernier paragraphe du texte fait en effet référence au parisianisme de la production littéraire française, en lui prêtant comme trait de caractère principal "l'autofiction, l'écriture qui tourne sans se lasser autour du nombril de l'auteur" - peu intéressant le plus souvent.

Tout cela appelle quelques précisions, à deux niveaux, voire trois. Le premier concerne le choix des sujets. Utiliser sa propre personne comme objet littéraire est un choix qui a une longue tradition, y compris en Suisse (un domaine qui privilégiait l'introspection avant même qu'il en soit question à Saint-Germain-des-Prés, il n'est qu'à penser au journal d'Amiel). Nous sommes bien conscients que la vie d'un écrivain présente rarement un intérêt plus poussé que celle des lecteurs. L'intérêt réside plutôt dans la manière d'en parler - l'emballage, l'apparence, me diront certains; le "comment", me diront d'autres, et ils auront tous raison. Mais au fond, les tragédiens de l'époque classique ne faisaient-ils pas de même? Ils prenaient des sujets connus de tous (donc peu intéressants en soi) et les accommodaient à leur propre manière - il y a tant de "Phèdre", par exemple, toujours la même histoire, et jamais la même grâce au style, à la manière, seuls éléments qui comptent.

Le deuxième? Il me semble que le Prix Goncourt, justement, s'est régulièrement refusé à primer des ouvrages se limitant à une visite guidée du nombril de l'auteur - et je me souviens que François Nourrissier, ancien de la maison Goncourt, rappelait justement qu'un ouvrage introspectif n'était guère goncourable. Une brève réflexion permet de sortir des titres d'ouvrages primés qui, au contraire, regardent notre monde avec un regard réaliste. Ces dernières années ont été marquées par "Les Bienveillantes" de Jonathan Littell; l'an passé, c'est une évocation de Francis Scott Fitzgerald, "Alabama Song" de Gilles Leroy, qui a emporté le morceau. Mentionnons en outre "Ronge Brésil" de Jean-Christophe Rufin, "Le Chasseur Zéro" de Pascale Roze, ou "La Bataille" de Patrick Rambaud, qui sont des romans de facture classique et solide, fondés sur l'histoire. A cette aune, François Weyergans, introspectif paraît-il, me paraît faire figure d'exception avec "Trois jours chez ma mère".

Enfin, troisième élément, ramener le parisianisme à l'introspection ombilicale me semble singulièrement réducteur. Certes, le lecteur peut admettre que celle-ci est l'un des ressorts principaux de la production littéraire germanopratine. Mais elle n'est de loin pas seule! Le roman historique, les récits de société façon Faïza Guène ou Stéphanie Janicot, les polars, les ouvrages expérimentaux, les textes écrits par ceux qui se veulent des "témoins de leur époque", les romans grand public même, ne manquent pas. A ce régime, j'ai plutôt envie de dire que Saint-Germain-des-Prés offre finalement tout ce dont un lecteur peut rêver, à sa manière, mais sans lacune.

L'éditorial est ici:
http://www.tdg.ch/actu/culture/goncourt-eloigne-parisianisme-2008-11-10
Article lié: http://www.tdg.ch/actu/culture/atiq-rahimi-goncourt-afghan-2008-11-10
Photo, source: Flickr - apparemment quelques petits plats de chez Drouant. Appétissant, non?

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2 novembre 2008 7 02 /11 /novembre /2008 21:55



... ne connaît pas la galère!

L'éditeur genevois "Cousu Mouche" a publié vendredi ma nouvelle "Portrait de bar avec bières" sur son site, en qualité de "nouvelle du mois". De quoi être fier, pour moi, et de quoi sourire, peut-être, pour vous! Il vous est possible de la parcourir ici:

http://www.cousumouche.ch/textes/nouvelles/2008/2008-10.html

ou:

http://www.cousumouche.ch/textes/nouvelles/index.html , puis cliquer sur la nouvelle d'octobre 2008.

ou encore là:

http://www.cousumouche.ch/index_frame.html

Bonne lecture! Et n'hésitez pas à me faire part de votre avis.

Enfin, je vous invite, dans la foulée, à explorer le site de l'éditeur (
http://www.cousumouche.ch), fort cocasse dans le genre; divertissez-vous avec Bébert et ses tournées individuelles ou avec les feuilletons du site.

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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 20:52

... un regret que je suis en train de réparer. Ce nom me poursuit en effet depuis les années 1988/89. Et cela me permettra de vous parler des débuts de Lecteur Compulsif pas si Anonyme que ça. OK, j'y vais.

Mon aveu majeur est donc que les circonstances ont fait qu'à ce jour, je n'ai rien lu de celui qui a décroché hier un prix Nobel sans doute mérité. Pourtant, son nom occupe, depuis les années mentionnées plus haut, une petite place dans ma mémoire. Rappelons les faits: l'enseignant Jacques Boschung (auquel je rends ici hommage - Marie-Christine Buffat, si tu passes par là, tu le connais également!) a été mon professeur de français au cours des années 1988/89, qui ont été ma dernière saison à l'école obligatoire.

L'homme a mis à la disposition de ses élèves une bibliothèque de pas moins de 427 livres, et instauré un système de prêts où l'un des élèves jouait le rôle de bibliothécaire, gérant cette masse de volumes d'hier et d'aujourd'hui. Avant cela, je lisais peu, et souvent les mêmes choses; cette offre, plus le défi consistant à battre le records de lectures en une année et la lecture, par l'enseignant, de textes choisis (en particulier tirés des Exercices de style de Queneau) m'ont décidé à me lancer, moi aussi, dans la carrière exaltante et exigeante de lecteur en série. Ce qui, au début, a constitué un défi quantitatif a finalement débouché sur un plaisir réel et permanent, voire sur une passion - celle du livre. Celui qu'on lit, celui qu'on écrit.

Or, il se trouve que cet enseignant nous avait fait une dictée tirée de "Mondo" de J. M. G. Le Clézio. L'homme n'avait pas su nous dire avec certitude ce que signifiait le "G" de ses initiales; mais il nous a montré la couverture du livre, rappelant qu'il se trouvait dans les 427 ouvrages de son stock. Sur le moment, j'ai noté la référence, sans pour autant me ruer sur l'ouvrage - ce, d'autant plus que l'expérience m'avait démontré que les livres dont le professeur faisait une publicité appuyée partaient vite dans les mains d'autres lecteurs. Et ensuite, l'eau a coulé, Le Clézio est resté dans ma mémoire, et c'est tout. Pour de tels écrivains, on devrait créer une nouvelle abréviation: MAL (mémoire à lire), consacrant les auteurs "dont on a entendu parler, et qu'on se dit qu'on lira un jour, sans jamais se décider à passer à l'acte".

Et hier, annonce fracassante (mais non, pas tant que ça, les lecteurs du Figaro l'ont senti venir gros comme une maison!): les Suédois du Prix Nobel ont décidé de lui décerner leur prix. L'homme entre donc dans l'histoire de la littérature mondiale... et cela m'a décidé à ouvrir "Ourania", qui se trouvait depuis le début de l'année dans ma PAL (comme quoi je ne l'avais pas totalement oublié, le bonhomme...). Je lis, ça a l'air bien et riche, sous des dehors très naturels; je vous raconterai.

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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 19:54

Against Banned Books (Please Spread This Pic & The Text) par florian.bJ'ai eu l'occasion d'évoquer, il y a quelque temps, certains ouvrages interdits de diffusion en Suisse, pour des raisons diverses. Je me décide à vous en parler plus amplement. Naturellement, je n'aborderai pas les cas tombant sous le coup de l'art. 261bis du Code Pénal (réprimant le racisme), puisque c'est un peu partout pareil. Mais les circonstances ont fait qu'au moins deux ouvrages ont été touchés par des interdictions, provisoires ou non, pour des raisons intéressantes concernant des personnes.

1. "Ben Laden, la vérité interdite" de Jean-Charles Brisard et Guillaume Dasquié

Cet ouvrage fait partie de la kyrielle de livres d'actualité parus dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001. Tout d'un coup, la tête de Ben Laden était partout sur les présentoirs, ravissant la vedette à la rentrée littéraire, au moins jusqu'en janvier, si ce n'est au-delà. L'ouvrage permet de découvrir qu'Oussama Ben Laden a un frère, Yeslam Binladin, et que celui-ci vaque à ses affaires en Suisse - il est citoyen à l'époque des faits. Evoqué à mauvais escient, celui-ci fait bloquer la diffusion du livre en Suisse, en exigeant même l'interdiction pure et simple: bien que de la même famille, il n'a guère de contacts avec son frère et considère qu'il y a atteinte à la personnalité. Une négociation qualifiée d'âpre, assortie de passages par les tribunaux, entre Denoël, Yeslam Binladin, les diffuseurs et les avocats permet cependant à l'ouvrage de rejoindre les présentoirs des librairies suisses par intermittentes, au gré des jugements. L'affaire trouve son épilogue définitif en avril 2005, avec la levée de l'interdiction de vente.

2. "Contre-enquête" de Paul Grossrieder

Paul Grossrieder publie en 2004 un témoignage sur la police fribourgeoise - un ouvrage pas tendre avec cette institution, qui relate certains faits en maquillant des noms. Peu après sa parution, une personne dont le nom est mentionné (sous forme de nom d'emprunt non vérifié) dans l'ouvrage dépose une plainte pénale: elle est citée dans une posture peu flatteuse - et fausse, puisque pour la date en question, elle était en vacances, loin des histoires de police cantonale. Trop tard, hélas: les livres sont déjà en librairie... la décision tombe: dans un premier temps, on fera disparaître physiquement la phrase incriminée... en déchirant la page! Les livres sont alors vendus en l'état, et j'imagine que les exemplaires pré-déchirage doivent être des curiosités pour bibliophiles. Interdiction il y eut, également... Un nouveau tirage a ensuite été effectué, faisant sauter la phrase en question, remplacée par un blanc; enfin, le nom de la personne lésée a été remplacé par un anonyme "Tartempion".

Il semblerait que le livre "Révélation$" de Denis Robert et Ernest Backes ait également fait l'objet d'une interdiction, mais je n'arrive pas à retrouver les détails... si quelqu'un sait quelque chose, merci de m'en faire part! Et merci aussi pour les précisions éventuelles: j'ai travaillé d'après mes souvenirs et quelques sources éparses (dépêches, etc.) sur le Web.

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25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 22:20
Playmobile, en avant les histoires: Alcool le retour. par graeuh"Les écrivains recommencent à boire", affirme sans complexes Frédéric Beigbeder en titre de son éditorial du magazine "Lire" de septembre. Ah, le voilà qui remonte dans les sondages: j'avais détesté son roman "L'amour dure trois ans", et été contraint d'admettre que son "99 francs", à la fois énervant et brillant, était en tout cas pertinent. Et le voilà qui, le temps d'un billet, vante les vertus de l'alcool lorsque celui-ci est associé à l'écriture et annonce rien moins que le retour en force de ce liquide dans le monde littéraire.

L'homme évoque l'éclipse de l'alcool dans les années 1990/2000, soit dans la période comprise entre le décès de Charles Bukowski et l'avènement de Pierre Mérot, auteur de "Mammifères", auquel il impute le retour en grâce de l'agréable breuvage. Là, j'ai envie de dire qu'il n'en est rien, qu'il n'y a pas eu d'éclipse, loi Evin ou pas... et, surtout, qu'on ne l'a pas attendu, tant l'alcool est indissociable du processus de création chez certains auteurs - pour le meilleur et pour le pire. Frédéric Beigbeder évoque la disparition de Charles Bukowski et d'Antoine Blondin pour annoncer l'ouverture d'une ère d'abstinence encouragée par la Loi Evin. Bien, bien, même s'il oublie Serge Gainsbourg, décédé un peu plus tard, et Jacques Dutronc, toujours vivant - qui sont, à leur manière, des poètes. Et les années 1990 ne sont déjà plus les années René Fallet, oscillant entre Beaujolais nouveau et amer whisky.

L'alcool a peut-être quitté la table de travail des écrivains eux-mêmes, soit. Peut-être que certains s'en sont trouvés mieux, l'esprit plus clair, etc. Mais qu'en est-il des livres publiés? L'alcool est l'un des ressorts essentiels du roman "Les Tommyknockers" (1988, mais la traduction française est postérieure) de Stephen King, et c'est là le premier exemple qui me vient à l'esprit - cet auteur avoue du reste, dans "Ecriture", avoir été assez copain avec la bouteille pendant une certaine période, pour le pire hélas. Il joue également son rôle dans les romans de Philippe Jaenada, sans oublier "L'effacement progressif des consignes de sécurité" (2001), pavé de Vincent Ravalec ou "La Commedia des ratés" (1991) de Tonino Benacquista. En 1990, Larry Brown y noie sa nouvelle "92 jours", mettant en scène un écrivain avide de bière et croyant à son talent. Deux points communs avec Sylvain Vasseur, le personnage principal du "Vertige des auteurs" (2007) de Georges Flipo. En 2007 également, Dominique Martin publiait "L'invité en robe rouge", qui aborde l'alcoolisme au féminin. Enfin, que penser d'un titre aussi emblématique que "Plop!" (2005) de Pierre Charras, roman dont la couverture s'orne d'un tire-bouchon en très, très gros plan? Pour une fois, l'emballage n'est pas trompeur.

Quelques dates bien ponctuelles, peu nombreuses en apparence, ratissant large, mais je suis certain que vous, visiteurs, pourrez compléter sans peine cette liste d'auteurs qui ont donné à l'alcool un rôle prépondérant dans l'une ou l'autre de leurs oeuvres, entre la mort de Charles Bukowski (1994) et la publication de "Mammifères" de Pierre Mérot (2003). Tout allongement de la liste donnera un peu plus tort à Frédéric Beigbeder, qui veut croire à une éclipse du sujet durant cette décennie... alors, allez-y, notez vos préférences, idées et souvenirs de lectures avec alcool dans les commentaires! Et qu'on ne s'inquiète pas: dans les livres, on a toujours picolé sec... sans modération.

La chronique de Frédéric Beigbeder est ici.
Photo: Flickr/graeuh



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