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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 20:00

nullMes cogitations furent amples (illustration puisée ici); c'est pourquoi j'ai décidé de scinder mes réponses en deux épisodes. Voici le premier. Certains exemples pourront surprendre; j'espère qu'on ne m'en voudra pas. J'ai choisi de la jouer extrême, parfois, afin de frapper les esprits et de me montrer le plus clair possible, en jouant sur les contrastes. Alors voilà...  

 

Êtes-vous sensibles à ce débat ("bonne ou mauvaise littérature") ou vous indiffère-t-il? Sensible, forcément. Sans quoi ce billet n’existerait pas…

Avez-vous une opinion quant au sujet?

  •  
    • 1. Parler de bonne et de mauvaise littérature vous choque-t-il ou non?

Parler de bonne et de mauvaise littérature ne me choque nullement. Reste à savoir en fonction de quoi… Une œuvre d’art digne de ce nom (et une création littéraire en est une, en principe - on admettra qu'elle va plus loin que la simple production de l'esprit) devrait parler de manière équilibrée aux trois dimensions de la personne humaine : physique (les tripes), intellectuelle (le cerveau rationnel) et spirituelle (l’âme, l’esprit de finesse). Pour faire court, elle doit donc savoir à la fois émouvoir, donner à réfléchir, interpeller le lecteur au plus profond de lui-même, déranger, réconforter. Une création littéraire qui ne toucherait qu’aux tripes, par exemple en faisant larmoyer le lecteur avec une histoire d’amour convenue, avec des personnages stéréotypés, rédigée dans un style pauvre, aura forcément un handicap dès lors qu’on voudra la classer dans les rangs de la bonne littérature. A l’inverse, une littérature trop intellectuelle paraîtra froide, voire ennuyeuse, en dépit d’une posture intello qui, en fait, s’avérera vite artificielle et prétentieuse.

Ce qui amène la question des quatre éléments clés qui font un bon roman : une bonne idée, une bonne intrigue, de bons personnages et un bon style. Si tout cela est présent de manière harmonieuse, le résultat devrait être bon. Si trois éléments sur les quatre sont géniaux, on peut considérer que le résultat pourra rester bon même si le quatrième élément est faible (p. ex. le style). En revanche, si deux de ces ingrédients font défaut, le résultat va quand même s’avérer franchement boiteux.

On pourrait aussi ajouter qu’une « bonne » littérature devrait être novatrice, ne pas répéter ce qui s’est fait avant, oser prendre des risques. Enorme gageure, à une époque où l’on a l’impression que tout a été dit sur tous les tons ! On peut aussi avancer qu’une littérature sera meilleure si elle fait un usage pertinent et ciblé d’outils recherchés. Et pour en finir avec les aspects formels, je suis certain qu’il existe aujourd’hui des poètes géniaux qui écrivent en vers classiques, selon les règles de Malherbe et Boileau – simplement parce qu’ils auront prouvé qu’une forme immémoriale reste idéale, aujourd’hui encore, pour dire quelque chose de notre monde. Je pense ici à Claude Seydoux, ou à Aline Morzier - pour ne citer que deux noms de poètes suisses vivants.

  •  
    • 2. Que pensez-vous de la prétention de certains critiques littéraires à objectiver ce qui est bon et ce qui ne l’est pas?

C’est bon, c’est mauvais, OK – mais il faut quelques arguments à l’appui. Si un critique les a, ces arguments, il sera bon aussi (et – qu’on arrête de nous bassiner avec Philippe Destouches – la critique est un métier difficile !). En revanche, s’il démolit un livre pour le seul plaisir de faire un bon mot, c’est plus douteux. D’où la nécessité d’un bagage théorique – qui peut être le fruit d’études ou d’une solide expérience panoramique de lecteur.

Je distingue trois, voire quatre postures en ce qui me concerne. J’attends d’un journaliste critique littéraire qu’il aille plus loin que la simple dualité « j’aime/j’aime pas ». En tant que lecteur, mon goût seul décide en dernier ressort. En tant que blogueur, j’essaie à nouveau d’analyser mes propres impressions afin de les transcrire en mots. Et aussi de démontrer et de mettre en perspective certains éléments de fonctionnement du texte lu. Enfin, en rédigeant des critiques pour le journal "La Liberté", j'ajoute un supplément d'esprit de synthèse pour dire l'essentiel et donner envie de lire. J’espère y parvenir… et réaliser ainsi, à mon tour, la première posture.

  •  
    • 3. Inversement, comment jugez-vous le relativisme du lecteur lambda? La subjectivité se suffit-elle à elle-même pour évaluer la qualité d’un roman?

Euh, ben face au critique (qui nourrit les listes à lire, ou LAL), le lecteur reste libre de ses choix, et ceux-ci sont éminemment subjectifs. Je ne lis pas un livre parce que Pierre Assouline m’a dit qu’il était génial, mais parce que je suis certain, au moment de l’achat en librairie, que ça va me plaire. Quitte à m’en mordre les doigts au moment de la lecture, mais l’erreur de casting est un risque à accepter, surtout si l’on aime la découverte.

  •  
    • 4. « Science de l’art » : réalité ou aberration?

A partir du moment où l’on développe une argumentation pour dire que telle ou telle littérature est « bonne ou mauvaise », cela va déboucher sur une forme de théorisation scientifique, ne serait-ce que pour dégager les tendances d'une époque. La recherche d’arguments de bon aloi, si possible en utilisant un vocabulaire précis, est pertinente et ne saurait être assimilée à de la pédanterie, à moins qu’elle ne devienne un simple jeu sur les mots, esthétiquement stupéfiant mais vide de sens (et certains critiques, de niveau universitaire entre autres, sont doués à ce petit jeu-là, jouant avec un public qui se dit: "Je ne comprends rien, ça doit être génial!").

Après, la science mène à tout… à condition d’en sortir, de s’en détacher, de trouver la voie qui nous est propre en utilisant ses outils et en s’en forgeant d’autres au besoin.

  •  
    • 5. Quels critères objectivables concourent selon vous à la qualité d’un roman?

Voir question 1.

Il est possible d’ajouter ici une approche en termes de finalité – à savoir se demander si tel ouvrage littéraire atteint l’objectif qu’il s’est fixé. Pour prendre un exemple choc qui parlera à tout le monde, un roman érotique qui ne fait pas bander son lecteur manque sa cible, et ne saurait donc être considéré comme bon. De même, dépeindre la franc-maçonnerie ou l’église catholique comme le fait Dan Brown est un échec et une tromperie, en ce sens que ces institutions ne sauraient se résumer honnêtement au « Code perdu », ni au « Da Vinci Code ». Sans quoi elles (lesdites institutions) n’auraient pas eu le succès séculaire et mondial que l’on sait ! Echec d’autant moins pardonnable que, paraît-il, Dan Brown ne travaille pas tout seul sur ses livres.

Après, évidemment, les buts des écrivains sont parfois plus subtils : divertir, témoigner de leur époque, critiquer un régime politique, révéler un aspect insoupçonné de l’histoire ou de la société, célébrer un terroir, expérimenter de nouvelles voies stylistiques, offrir un regard neuf sur un sujet ancien, etc. Bien sûr, l’un n’empêche pas forcément l’autre… Tout cela va créer des échos organiques, allant plus loin que l’application mécanique de recettes apprises, à l’intérieur du livre, et entrer, ou non, en résonance avec le lecteur, dans tout son être.

  •  
    • 6. Si un livre/auteur est « mauvais », comment comprendre le succès qu’il emporte auprès d’un certain lectorat?

Cela pose la question de tout ce qu’il y a autour du livre/auteur en question. Lire des romans américains donne un style au lecteur, c’est une des raisons qui font que ça peut marcher: lire Paul Auster, ça vous donne tout de suite une aura appréciable d'intello! Le simple scandale peut offrir le succès à des livres bons ou faibles – qu’on pense à Michel Houellebecq, qui polarise les opinions mais est au moins aussi connu pour son ses propos sulfureux (en interview, par exemple) que pour la qualité de ses romans. Il y a le marketing, les prescripteurs, le réseau, la capacité de l’éditeur à occuper l’espace, les avis des libraires en librairie (sont-ils sincères ?), etc.  Le succès d’un film adapté d’un livre peut faire son succès par effet boomerang – je pense au roman « La Moustache » d’Emmanuel Carrère, adapté pour le cinéma longtemps après sa première édition: cela a dû relancer les ventes.

On peut aussi se demander si un auteur perçu comme « mauvais » pour des raisons extralittéraires ne peut pas avoir lui aussi produit de la « bonne » littérature, ou considérée comme telle. Est-ce forcément malin, de la part du lecteur, de rejeter tel livre parce que son auteur a, dans sa personnalité, une caractéristique qui lui déplaît ?

La suite demain...

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 21:25

nullC'est en effet Reka, qui tient l'excellent blog "Marécages" et anime le défi "Littérature belge", qui a lancé le débat il y a quelques jours:  bonne littérature, mauvaise littérature - la distinction est-elle pertinente? Oui, non, pourquoi? Les arguments d'autorité suffisent-ils à conférer à une personne un caractère de prescripteur qu'on ne peut contredire? Pour lancer le débat, Reka a élaboré quatorze questions. Chacune d'elles mériterait un billet de blog à elle seule... les voici:

 

  • Êtes-vous sensibles à ce débat ("bonne ou mauvaise littérature") ou vous indiffère-t-il? 
  • Avez-vous une opinion quant au sujet?
  • 1. Parler de bonne et de mauvaise littérature vous choque-t-il ou non?
  • 2. Que pensez-vous de la prétention de certains critiques littéraires à objectiver ce qui est bon et ce qui ne l’est pas?
  • 3. Inversement, comment jugez-vous le relativisme du lecteur lambda? La subjectivité se suffit-elle à elle-même pour évaluer la qualité d’un roman?
  • 4. « Science de l’art » : réalité ou aberration?
  • 5. Quels critères objectivables concourent selon vous à la qualité d’un roman?
  • 6. Si un livre/auteur est « mauvais », comment comprendre le succès qu’il emporte auprès d’un certain lectorat?
  • 7. Les romans à gros tirages et gros succès (romans populaires) peuvent-ils être considérés comme de l’art? Pourquoi?
  • 8. Avez-vous déjà apprécié un mauvais livre? Lequel et pourquoi? – En avez vous éprouvé de la gêne?
  • 9. Avez-vous déjà déprécié un mauvais livre? Lequel et pourquoi?
  • 10. Avez-vous déjà apprécié un bon livre ? Lequel et pourquoi? – En avez-vous éprouvé de la satisfaction?
  • 11. Avez-vous déjà déprécié un bon livre? Lequel et pourquoi?
  • 12. Les prix littéraires récompensent-ils vraiment de bons livres?
  • 13. Seriez-vous disposé à catégoriser la littérature en d’autres termes que bonne/mauvaise? Que vous évoque cette distinction : Littérature de l’esprit et littérature du cœur? La trouvez-vous préférable/juste?
  • 14. Théoriciens vs opinion publique : si l’un des deux à tort, cela signifie-t-il que l’autre a raison?

Et j'ajoute que j'ai pris le temps d'y répondre, avec beaucoup de plaisir. C'est que le sujet est parfaitement pertinent, et suscite un débat passionné sur le blog de Reka. De mon côté, comme mes cogitations ont pris de l'ampleur, j'ai choisi de les formuler sur mon blog plutôt que d'encombrer les commentaires de Reka. Je vous les ferai connaître dès demain...

 

Et vous, qu'en pensez-vous? Je vous invite à affûter vos arguments, puis à les partager - par exemple dans le cadre d'un billet de blog.

 

Source photo: ici.

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 22:36

hebergeur imageLa notion de "PAL" (ou "pile à lire") est sans doute une des constantes de la blogosphère du livre. La mienne étant plutôt envahissante, j'ai décidé, par le présent billet, de dire quelques mots sur sa genèse, sa croissance et sa situation actuelle - que j'ai établie il y a moins d'une heure, enfin,après avoir toléré une certaine anarchie. Amis lectrices et lecteurs, je vous invite donc à une balade qui a commencé dans les années 1990, alors que je vivais encore chez mes parents...

 

... j'y avais une chambre à moi, avec un bout de bibliothèque, comme beaucoup d'enfants et de jeunes de ma génération. Comme tout le monde, je posais mes nouvelles acquisitions l'une derrière l'autre dans une bibliothèque, en ayant le souci esthétique de regrouper les livres d'une même collection. Lus, pas lus? Je pensais pouvoir m'en sortir facilement: un livre lu, même léger, ça marque un lecteur. Ainsi se constituèrent un petit groupe avec les livres du Masque (dos jaune! Agatha Christie first!), du Livre de Poche (l'un des premiers livres fut "La machine infernale" de Jean Cocteau; un autre fut "Papa Poule" de Daniel Goldenberg - kot kot!) ou de Folio (ah! "Mon Oncle Oswald", relu dix et douze fois!). Mes finances m'obligeaient alors à taper dans des collections de poche usagées, d'occasion. C'est ainsi que j'ai découvert, avec délices, des auteurs tels que Paul Guth (et son "Naïf") ou Henri de Montherlant.

 

Longtemps, les acquisitions et les lectures ont été assez égales, d'autant plus que j'ai lancé une opération de vente de livres d'occasion dans les années 1990, rameutant même mes collègues d'université. Mais au fond, si l'on fait des études, c'est aussi pour avoir, à terme, un revenu qui permet de s'offrir une bibliothèque de belle apparence, au métrage plus conséquent...

 

... il est vrai que chez mes parents, les livres étaient étalés un peu partout, en deux couches horizontales, ou alors les uns par-dessus les autres. Pas idéal... et pas pratique non plus pour le lecteur.

 

C'est qu'à un moment donné, dans les années 1990, je me suis dit que je devrais "mettre à part" les livres à lire, ceux-ci ayant tendance à se perdre dans la bibliothèque visuellement agréable que je m'étais constituée peu à peu. C'est ainsi que se fonda ma pile à lire, sur une table de nuit constituée d'un bête carton, puis d'un coin de bureau. Des titres? Je vous mets ça pêle-même: les deux volumes des mémoires de Margaret Thatcher (en deux tomes - j'ai lu le tome 1 en 2002, le tome 2 est toujours sur ma pile à lire), les aventures de Tristram Shandy, "Service de presse" d'Angelo Rinaldi. Ces livres, je les cite parce qu'ils restent toujours à lire... ils constituent donc le groupe des membres fondateurs de ma pile à lire.

 

Celle-ci a pris de l'ampleur; en 2003, j'acquis trois tables gigognes qui auraient dû faire l'affaire - mais alors, déjà, elles étaient un peu limites. Elles m'ont cependant servi, quitte à effrayer les visiteurs: dès lors, je savais que j'avais d'un côté les livres à lire et, de l'autre, ceux que j'avais lus. Pratique, hiérarchique... en sachant que les hiérarchies de lecture dépendent de critères rationnels et affectifs pas toujours faciles à expliquer en deux mots. Gros avantage du dispositif de la pile à lire? Cela permet de structure les lectures...

 

Et en primeur, je suis en mesure de vous donner à présent quelques chiffres concernant ma pile à lire. Agée d'une quinzaine d'années, celle-ci compte à présent 489 livres à lire (ça y est, j'ai un chiffre, gosh!), d'épaisseurs diverses, selon le comptage que je viens d'effectuer. Ceux-ci sont répartis en neuf piles verticales disposées à la façon de Manhattan, auxquelles j'ai unilatéralement, aujourd'hui, décidé de donner des prénoms de femmes, de manière purement aléatoire, en suivant l'ordre alphabétique:

 

1. Ariane

2. Brigitte

3. Corinne

4. Danielle

5. Ernestine

6. Françoise

7. Ghislaine

8. Henriette

9. Irène

 

Géographie, logistique: gérer une pile à lire, se souvenir de l'histoire de chacun des ingrédients (savoir précisément comment un livre y est arrivé, par exemple), c'est un sport. Et vous, comment avez-vous démarré votre pile à lire? A-t-elle un petit nom, ou plusieurs? Quels sont les titres de ses "livres fondateurs", qui attendent une lecture depuis un nombre vénérable d'années? Certains d'entre ces livres sont-ils encore présents dans votre pile à lire? En un ou en plusieurs lieux de votre logis, comment gérez-vous votre pile à lire? A vous d'en parler sur vos blogs, amis lectrices et lecteurs compulsifs, si le coeur vous en dit!!

 

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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 19:01

hebergeur image

Il y a eu la très sympathique soirée avec Alex, Didi et Dup à la pizzeria "Le Stromboli - L'Annexe". Il y a eu des auteurs à la pelle. Et bien sûr, il y a eu la dictée de Michel Courot. Tels furent les éléments clés de mon passage à la Fête du Livre de Saint-Etienne, vingt-sixième du nom, dont je suis rentré, comblé et lourdement chargé (livres, vins, cadeaux... et même de nouvelles chaussures!), lundi en début de soirée.

 

La dictée? Elle a eu un parfum de nostalgie, puisqu'il s'agissait de la dernière écrite par l'ami Michel Courot, ancien Dico d'Or, pour cette compétition devenue familière. Octogénaire, il a choisi de se consacrer à d'autres activités littéraires - la nouvelle peut-être, ou la poésie? Pour cette ultime finale, le dicteur ligérien a choisi de rendre hommage, sous la forme d'une lettre imaginaire, au chanteur Georges Brassens. Tout le monde (soit 153 candidats, toutes catégories confondues) s'est accordé à dire que le texte ne présentait guère de difficulté particulière - et de fait, nombreuses furent les personnes à avoir fait une seule faute (presque partout la même - un participe passé à l'accord un chouïa litigieux, perdu au milieu d'une fort longue phrase vers la fin du texte), parmi les seniors et anciens champions (dont j'étais, ce qui m'a valu un très beau prix, mais hors concours), et même zéro faute chez les juniors (qui ont échappé audit participe). En revanche, chacun l'a aussi trouvée fort poétique, cette dictée: parsemée de citations et de détournements des textes des chansons de Georges Brassens. Gageons que plus d'un candidat a dû, au terme de l'épreuve, entendre résonner dans sa tête, lancinant, le refrain du "p'tit coin de parapluie"... Merci à l'équipe de Lire à Saint-Etienne pour son accueil amical, et à Michel Courot pour ses textes, toujours attrayants!

 

Côté pizza, comme évoqué en début de billet, l'occasion a été belle de faire plus ample connaissance entre blogueuses et blogueurs! Ont été évoqués, pêle-mêle, les petites facéties de Blogspot, les auteurs présents à la Fête du Livre (et quelques absents) et la vie réelle ou virtuelle des convives - le tout, autour d'une pizza (j'ai pris le modèle atomique géant, de quoi tenir un siège) ou d'un plat de pâtes dans un cadre convivial. A refaire!

 

Et puis, la Fête du Livre de Saint-Etienne ne serait pas ce qu'elle est sans ses écrivains. J'ai certes renoncé à faire la queue pour obtenir une dédicace de Douglas Kennedy; en revanche, je suis fort heureux d'avoir pu voir Michel Butor de près, de l'entendre parler (on l'écouterait des heures: il a un ton et une attitude de bon grand-papa et argumente de manière simple et structurée sur des sujets essentiels de philosophie des arts...) à la Cité du Design et même de le chronométrer: dépourvus de montre, les organisateurs m'ont aimablement prié de leur prêter mon garde-temps... Pour en revenir aux livres, j'ai passé pas mal de temps avec les auteurs locaux - je pense à Carole Dailly, dont j'ai écouté les nouvelles avec bonheur à l'Atelier du Coin, ou à Sébastien Bouchery (des éditions Eastern), ou encore à Alain Chassagneux, également conquis par Michel Butor. J'ai aussi eu l'occasion d'échanger quelques mots avec Michel Schneider, dont j'avais apprécié "Marilyn dernières séances" et "Big Mother", avec Nora Khennouf (l'organisatrice, qui a publié un témoignage de lectrice chez Laura Mare) ou avec Jean-Christophe Rufin, parrain de la fête.

 

Bilan fort positif donc pour cette nouvelle visite de la Fête du Livre de Saint-Etienne, où je fais désormais figure de fidèle...

 

 

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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 19:14

Alors que la rentrée littéraire déploie ses fastes, j'aimerais signaler la sortie, demain 8 septembre, de deux ouvrages auxquels j'ai contribué à des titres divers. Les voici:

 

1. "Best-seller" d'Isabelle Flükiger.

Quatrième opus de la romancière fribourgeoise, il s'agit d'une tranche de vie un peu folle, débordante d'esprit, dont le fil rouge est un petit chien "qui pourrait être un ange", recueilli par deux jeunes adultes. Ils auraient mieux fait de fuir... Ce livre a paru aux éditions Faim de Siècle, à Fribourg, et j'ai passé du temps à y débusquer les ultimes coquilles.

 

Je vous laisse découvrir le petit film promotionnel énigmatique sur Youtube. Pour commander, passer par le site de l'éditeur.

  

2. "Strip-tease", recueil collectif, paru chez Luce Strip-teaseWilquin.

Il s'agit du fruit d'un concours de nouvelles organisé par la police municipale de Liège sur le thème a priori sulfureux de l'effeuillage, réunissant 19 textes de candidats - dont l'un est de ma plume. Avis aux curieux! Un autre est d'Isabelle Baldacchino, dont je vous laisse visiter le blog

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 20:58

Wrath en parlait, Anne-Sophie et Pierre Assouline aussi, et c'est sur l'article d'Isabelle Falconnier dans "L'Hebdo" que je rebondis. Son papier postule en effet rien de moins que la mort de Joseph Macé-Scaron, plagiaire avéré depuis que, dans son roman "Ticket d'entrée", sorti au printemps dernier, des lecteurs avertis ont reconnu de vrais morceaux de Bill Bryson, Rachel Cusk ou Jay McInerney. Que les choses soient claires: je rejette avec la dernière énergie l'idée de plagier, et si un roman doit sortir un jour de mon PC, il sera un produit maison à 200%. On peut toujours dire que ça fait vendre (j'ai vu ça sur Fluctuat), que ça fait chauffer le buzz; mais si, pour vendre, il faut en arriver à copier les copains et à faire en sorte que ça se sache pour générer le scandale, c'est qu'on est tombé bien bas...

 

Reste qu'indépendamment du péché de plagiat, l'article d'Isabelle Falconnier a de quoi interroger ses lecteurs avertis - il m'a, de fait, interpellé à plus d'un titre.

 

L'article est en effet sous-tendu par la question de la mort de Joseph Macé-Scaron - une mort qui n'a rien de physique, bien entendu: la journaliste considère simplement qu'à présent que le pot aux roses (ou à la confiture de roses, en l'espèce) est découvert, Joseph Macé-Scaron devrait disparaître de la scène médiatique (où il occupe des positions enviables, à Marianne ou au Magazine littéraire) et se retrouver avec, pour seule consolation, "l'amour de son mec et de son chien". Si tout va bien...  

 

Vrai? Une telle affirmation me paraît bien péremptoire. Elle fait en effet bon marché du pouvoir inouï d'amnésie de l'opinion publique et de ceux qui la forgent. Certes, cet écrivain a été surpris les doigts dans le pot de confiture; mais il n'est certainement pas le premier à avoir été attrapé de la sorte. Or, qui s'en souvient aujourd'hui? Quelques lecteurs sourcilleux et attentifs, peut-être. Les autres, en revanche, considèrent que l'essentiel, c'est le plaisir de lire qu'offre l'écrivain - peu importe qu'il ait fait le travail tout seul ou avec des collaborations involontaires ou savamment camouflées.

 

Dans son billet, Isabelle Falconnier suggère que Joseph Macé-Scaron aurait pu envoyer paître les esprits chagrins par "un vigoureux "je vous emmerde" à la Houellebecq". L'idée est séduisante - mais on a envie de répliquer: "Facile à dire!" Force est de constater, en effet, que Houellebecq et Macé-Scaron occupent des situations foncièrement différentes dans le petit monde des lettres. Alors que Houellebecq adopte une posture de spécialiste ès vannes qui n'a strictement rien à perdre, Joseph Macé-Scaron, responsable de rubriques culturelles, ne peut s'exprimer de la sorte sans flétrir sa fonction. Il se perd en explications touffues; mais a-t-il vraiment un autre choix que celui de se poser en professeur cherchant à se justifier par des arguments rationnels face à ses accusateurs? Qui, au fond, a encore la possibilité de dire "Merde!" au monde entier, au-delà d'un certain âge et à un certain niveau de responsabilité?

 

Isabelle Falconnier se montre aussi bien péremptoire lorsqu'elle suggère que personne n'a entendu parler des auteurs plagiés par Joseph Macé-Scaron. De mon côté, et pour la contrer de façon très frontale, je suis prêt à parier que parmi vous, lecteurs de ce blog, il se trouvera plus d'une lectrice, plus d'un lecteur de Bill Bryson, de Jay McInerney ou de Rachel Cusk. A titre personnel, je me suis fendu la malle en lisant "American Rigolos" du premier, et du deuxième, j'ai chroniqué "Le dernier des Savage" pour le journal "La Gruyère". C'était certes perfectible, je m'en souviens, mais j'avais une excuse: j'étais jeune. Quant à Joseph Macé-Scaron lui-même, il s'était fait un nom dans le domaine des lettres avant cette regrettable affaire. Tout cela pour dire que les lecteurs de rubriques culturelles savent lire, parfois - et qu'il leur arrive d'être curieux.

 

En conclusion, je trouve Isabelle Falconnier pour le moins audacieuse lorsqu'elle annonce la mort de l'auteur. Le plagiat est-il, comme le suggère également Pierre Assouline, le péché mortel par excellence? On peut concéder à Isabelle Falconnier que Joseph Macé-Scaron est grillé pour la saison des prix littéraires 2011, en dépit des qualités de son oeuvre. Mais, joueur également, je suis prêt à parier avec elle que Joseph Macé-Scaron décrochera un prix littéraire quelque part, dans moins de cinq ans. Et en tout état de cause, il restera vivant, au-delà de son décès (mais au fond, on pourrait aussi gloser sur le fait qu'un bon écrivain est un écrivain mort...), dans le coeur de ceux qui l'ont lu et ont vibré à sa prose - une prose que certains de ses contempteurs tardent à produire. Son honneur est sali par cette affaire? Qu'on s'en désole ou qu'on s'en réjouisse, il faudra bien considérer que le temps et l'oubli sont ici le meilleur produit de nettoyage...

 

Illustration: reprise ici, chez Erby Kezako.

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 20:06

nullSoleil de plomb et bonne ambiance: telles ont été les conditions qui ont présidé au week-end de la Fête du livre et du papier de Gruyères, tenue le week-end dernier et que j'ai hanté en qualité d'auteur signant "Le Noeud de l'intrigue" (pour commander, cliquer sur le titre, hi hi!), inlassablement, jusqu'à comptabiliser vingt exemplaires sortis des cartons... et vingt litres de sueur également écoulés!

 

C'est donc au stand de la Société fribourgeoise des écrivains que je signais. Au-delà du chiffre de vente, l'expérience fut enrichissante au point de vue humain. Hors de l'assemblée générale, en effet, les rencontres entre écrivains n'ont rien d'évident et il n'est pas facile de faire plus ample connaissance, si ce n'est, pour certains fidèles, lors des agapes qui suivent les lectures organisées en cours d'année. Le stand de la SFE était donc un lieu idéal de conversation entre auteurs les plus divers.

 

Aussi assidu que moi, il y avait Claude Maier, auteur de deux romans, l'un très exotique puisqu'il se passe à Policarpa (Colombie), l'autre plus régional, et d'un recueil mariant nouvelle et poésie; merci à lui pour toute l'organisation de cette présence dans la Cité des comtes! Des poètes, il y en eut aussi, en particulier Danielle Risse. Cela, sans oublier les historiens, à savoir Alain-Jacques Tornare (qui n'avait plus d'exemplaires de "La Révolution française pour les nuls", hélas!) et Eveline Maradan. Côté philosophie, François Gachoud signait aussi - retraité actif, il a publié récemment des ouvrages divers aux éditions du Cerf à Paris. Je n'oublie pas non plus Tiffany Schneuwly, auteure de fantasy, ni Mélanie Richoz (avec qui j'ai fait un disque... ou presque!) Enfin, la blogosphère se souvient de Marie-Christine Buffat; elle vient de publier "La Toupie", récit relatant la vie avec un enfant hyperactif, disponible chez Xenia (autant dire partout!).

 

Au-delà de ce cercle, étaient présents quelques très jeunes auteurs régionaux, qui tracent leur sillon d'une manière originale et décomplexée, puisant son inspiration davantage chez Rowling que Chessex, qu'il sera captivant de suivre. Je pense à Marc-Antoine Schibler, créateur du personnage de Tony Forkins, ou à Y. C. Moser, auteur du "Cercle des Treize" - un concept puisqu'elle arborait, au cou, un pendentif à l'image du motif qui orne la couverture de son roman. Dans ce cadre, nombreux furent les échanges sur l'écriture, les éditeurs, les collègues auteurs, la société... et plein d'autres sujets. De quoi galvaniser la motivation de l'écrivain!

 

Mais la Fête du livre de Gruyères, c'est aussi la part belle faite au papier, de préférence ancien, donc à l'omniprésence des bouquinistes. La profession disparaît, force est de le reconnaître, et la fête de Gruyères ne voit plus guère, par ailleurs, de vendeurs "sauvages" proposant, à la manière d'un vide-grenier, quelques trésors soudain retrouvés dans leurs bibliothèques. La fête pourrait compenser en renforçant l'espace offert aux auteurs et éditeurs de la région. Un mouvement déjà amorcé, puisque les organisateurs ont pu compter sur la présence de Laurent Coos, écrivain et patron des éditions La Plume Noire (son parasol "La Semeuse" était très repérable!), et de l'écrivain bilingue Jean-Pascal Ansermoz. Jean-Philippe Ayer, des éditions de l'Hèbe, était aussi présent...

 

Côté animations, j'ai participé à la dictée de Louis Vial - une institution! Et une fois de plus, j'ai décroché le pompon avec trois fautes dont j'ai amplement discuté avec l'organisateur au terme de l'exercice... à noter, sur ce coup-ci, une participation particulièrement forte (dix-neuf personnes, dont un journaliste de La Liberté, qui a décroché la médaille de bronze - bravo à lui) et la présence de deux candidats venus d'Orléans.

 

En matière de signatures du "Noeud de l'intrigue", enfin, je signale ici que je serai présent à Payerne, avec mes piles de livres à signer, dans le cadre de la "Dream Country Dance Night", en compagne de Laurent Coos. "Le noeud de l'intrigue" et "Vamp" trouveront cette fois place dans une ambiance résolument cow-boy, qui prévoit même des tentatives de records de danse country! Notre séance de dédicaces se passera de 13 h à 18 h. Avis aux amateurs!

 

Photo: http://www.moleson.ch

 

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 19:55

nullC'est pour bientôt! La Société fribourgeoise des écrivains tiendra un stand dans le cadre de la Fête du livre et du papier, devenue une tradition annuelle intervenant tous les premiers week-ends de juillet dans la citadelle médiévale de Gruyères.

 

Dans ce cadre idyllique là (espérons qu'il fera beau), je dédicacerai mon recueil "Le Noeud de l'intrigue", le samedi 2 juillet de 9 heures à 20 heures, avec une pause entre 13 et 14 heures pour aller dévorer une fondue XXL, et le dimanche 3 juillet de 9 heures à environ 14 heures - je quitterai mon poste pour aller participer à la dictée de Louis Vial.

 

D'autres écrivains seront présents sur le stand, à des horaires variables: Eveline Maradan, Marie-Christine Buffat, Danielle Risse, Marie Brulhart, Jacqueline Sudan, Christiane Baudin, Claude Maier, Alain-Jacques Tornare, Tiffany Schneuwly, Rosemarie Matzinger-Pasquier, Mélanie Richoz, François Gachoud et Françoise Kern. 

 

Et je profite de cet instant de publicité pour annoncer à celles et ceux qui aimeraient savoir ce qui mijote dans mes marmites que l'une de mes dernières nouvelles a paru sur le site Internet des éditions Cousu Mouche, à Genève. C'est ici que ça se passe - bonne lecture, et n'hésitez pas à commenter!

 

Source de la photo.

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 19:35

Le noeud de l'intrigueUn petit coup d'auto-publicité!

 

Les éditions La Plume Noire organisent une dédicace avec Claude Gonthier, dont l'"Alerte à la Comète" a flashé quelques lecteurs de ce blogue, Laurent Coos, également responsable de la maison d'édition (présent avec "Vamp"), et votre humble serviteur, qui signera ses exemplaires de son recueil de nouvelles "Le noeud de l'intrigue". Que du beau monde, donc!

 

La séance aura lieu à la FNAC de Fribourg (Suisse), demain après-midi, samedi 18 juin de 14 à 16 heures. Cela se trouve tout en bas des galeries commerciales "Le Centre", en face de la gare. Les feux rouges ont été supprimés l'an dernier entre la gare et le lieu de la séance, ce qui élimine un obstacle de taille... Alors, aucune excuse: n'hésitez pas à venir me faire un petit coucou, que vous soyez de la région ou que vous veniez de plus loin!

 

Avis, enfin, à celles et ceux qui ont la fibre historique: ce sera ma toute première séance de dédicaces. J'essaierai de ne pas oublier les livres.

 

Le site de la maison d'édition est ici.

Pour commander les livres sur Lulu.com, cliquer sur leurs titres dans le corps de l'article...  

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 20:12

hebergeur imageJ'ai évoqué il y a quelques jours le roman de Philippe Zaouati, "La fumée qui gronde", qui relate la destinée d'un trader entre le 11 septembre 2001 et la crise des subprimes... et l'auteur me suggère de vous faire passer ce message: il serait heureux de faire parvenir son roman à tout blogueur, toute blogueuse disposé à en parler sur son blog dans le cadre d'une chronique.

 

A cette fin, il est possible de le contacter directement, à l'adresse électronique suivante: philippezaouati@wanadoo.fr.

 

Bonne lecture! Perso, j'ai trouvé ce livre très bon, et ne peux que le recommander à toute personne intéressée dans la blogosphère du livre.

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