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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 06:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Anjelica, Ankya, Azilis, Bénédicte, Bookworm, Caro[line],Chrys, Emma, Fleur, George, Herisson08, Hilde, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, MyrtilleD, Séverine, Violette.

 

Vos yeux...

 

Vos yeux sont comme un lac des hautes solitudes

où règne en la lumière un silence sacré:

les monts, ces dieux muets dont il est entouré,

veillent sur son mystère et sur sa quiétude.

 

Aux pentes de granit luit le mica doré,

le dur glacier descend jusques à son rivage;

blancheur, azur: il flotte un parfum de rosage,

- mais le lac reste noir, rien ne s'y peut mirer.

 

Je me penche et regarde, et songe à des légendes:

quel temple, en cet abîme où des cloches s'entendent,

s'est dans l'ombre englouti sous le froid firmament?

 

Ton immobilité m'épouvante, onde obscure:

moins de péril menace un héros d'aventure

sur l'océan sans bords et toujours écumant.

 

Gonzague de Reynold (1880-1970), Conquête du Nord, Paris, Gallimard, 1931.

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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 06:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Anjelica, Ankya, Azilis, Bénédicte, Bookworm, Caro[line],Chrys, Emma, Fleur, George, Herisson08, Hilde, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, MyrtilleD, Séverine, Violette.

 

 

XXVII

 

Quelle épée me partage l'âme, m'ouvre au milieu du coeur ce gouffre d'être séparé de toi et que tu meures de deuil et que je meure?

 

Les roses ont la chair qui se décompose et l'eau pourrit dans les mares mais je crois que je connais la haine.

 

Les uhlans, les famines et le trépas foulent ce chemin où tu pleurs doucement notre jour dont déjà penchait la tête sur les collines à sépulcres.

 

N'étais-tu pas ma longue lumière d'été au soir de qui, accablé par l'amour, je sombrais dans un rêve obsédé d'astres?

 

Quand le frémissement de ton approche me réveillait avant le chant du coq, n'aurai-je donc descellé mes paupières que pour me rendormir sur ma naissance?

 

La destruction nous profane et son prince nous marche sur les yeux mais c'est en vain que ses démons me raclent la mémoire sous le crâne où ton nom ne cesse guère.

 

De quel puits sont sortis sur le monde tant de dieux souterrains avec leur face de houille et leurs tenailles sans empêcher tes os phosphorescents de traverser ma nuit?

 

Certes je me tais mais les phrases en débris murmurent à la cime des trembles ton âme qu'elles cachaient.

 

Jean Grosjean (1912-2006), La Gloire, Paris, Poésie/Gallimard, 1969.

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6 décembre 2015 7 06 /12 /décembre /2015 06:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, Ankya, Azilis, Bénédicte, Bookworm, Cagire, Caro[line],Chrestomanci, Chrys, Edelwe, Emma, Esmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Herisson08, Hilde,Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, MyrtilleD, Saphoo,Séverine, Tinusia, Violette, Yueyin

 

CCCLXV

 

Je m'en vais en pleurant sur le temps révolu

Tout voué à l'amour d'une chose mortelle,

Sans m'élever d'un rien, tout en ayant les ailes

Qui eussent pu donner bon exemple de moi.

 

Toi qui vois de mes maux l'ampleur, l'indignité,

Roi du ciel immortel invisible à nos yeux,

Viens en secours à l'âme frêle et dévoyée

Et ta grâce supplée à son imperfection:

 

Qu'ainsi, ayant vécu la guerre et la tempête,

Je meure en paix touchant au port; et si je fus

En vain, au moins que soit honnête mon départ.

 

Pour ce peu de ma vie qui reste devant moi

Et à l'ultime instant, daigne tendre ta main:

Tu sais qu'en elle tient toute mon espérance.

 

François Pétrarque (1304-1374), La vertu et la grâce, Paris, Orphée/La Différence, 1990, traduction André Ughetto/Christian Guilleau.

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 06:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, Ankya, Azilis, Bénédicte, Bookworm, Cagire, Caro[line],Chrestomanci, Chrys, Edelwe, Emma, Esmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Herisson08, Hilde,Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, MyrtilleD, Saphoo,Séverine, Tinusia, Violette, Yueyin

 

Ses yeux

 

Ses yeux où se blottit comme un rêve frileux,
Ses grands yeux ont séduit mon âme émerveillée,
D'un bleu d'ancien pastel, d'un bleu de fleur mouillée,
Ils semblent regarder de loin, ses grands yeux bleus.

 

Ils sont grands comme un ciel tourmenté que parsème
- Par les couchants d'automne et les tragiques soirs -
Tout un vol douloureux de longs nuages noirs ;
Grands comme un ciel, toujours mouvant, toujours le même!

 

Et cependant des yeux, j'en connais de plus beaux
Qui voudraient sur mes pas promener leurs flambeaux,
Mais leur éclat répugne à ma mélancolie.

 

Les uns ont la chaleur d'un ciel oriental
D'autres le mol azur des lointains d'Italie
Mais les siens me sont chers ainsi qu'un ciel natal.

 

Georges Rodenbach (1855-1898). Source: Poésie.webnet.

 

 

 

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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 06:00

Idée de Celsmoon.

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Adeline

 

Accoudée au balcon, souriant à la brise,

Adeline est heureuse. Elle aspire à grands traits

Le charme doux et chaud d'un matin qui s'irise.

Elle pense à l'amour, en goûte les attraits.

 

Devant le bleu balcon s'étend la ville rose.

Divers arbres gonflés de feuillages épais

S'étirent vers l'azur et le lac se repose.

Adeline est sensible à cette jeune paix.

 

Dans la chambre apparaît un savoureux bien-être.

Du soleil ascendant s'éclairent les reflets

Qui s'étalent partout où la clarté pénètre

Avec des rayons d'or dansant sur les objets.

 

Accoudée au balcon devant la chambre heureuse,

Adeline sourit à la vie, au bonheur.

La brise lui répond, légère promeneuse;

Le matin s'attendrit et fredonne en mineur.

 

Claude Schmidt (1910-1999), dans Mélodies, Petit-Lancy, Cercle romand de poésie classique, 2002.

 

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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 06:00

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Matinale

 

Allons réveiller

la Muse endormie

à l'ombre indécise

d'un genévrier.

 

Allons nous blottir

sans souci de l'heure

en ces lieux qu'enchante

l'églantier sauvage.

 

Déjà tant de fois

nous avons connu

aux heures de rêve

des tendres matins

 

l'impression suave

d'être assise au bois

tout près d'une source

claire qui chantait.

 

Ce jour qui s'éveille

pur et virginal

effeuille des rêves

sur les mousses fines.

 

Anne Serre (1960- ), Sonnets sornettes etc..., Saint-Etienne, 1981.

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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 06:00

Idée de Celsmoon.

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Vieille ferme à la Toussaint

 

La ferme aux longs murs blancs, sous les grands arbres jaunes,
Regarde, avec les yeux de ses carreaux éteints,
Tomber très lentement, en ce jour de Toussaint,
Les feuillages fanés des frênes et des aunes.

Elle songe et resonge à ceux qui sont ailleurs,
Et qui, de père en fils, longuement s’éreintèrent,
Du pied bêchant le sol, des mains fouillant la terre,
A secouer la plaine à grands coups de labeur.

Puis elle songe encor qu’elle est finie et seule,
Et que ses murs épais et lourds, mais crevassés,
Laissent filtrer la pluie et les brouillards tassés,
Même jusqu’au foyer où s’abrite l’aïeule.

Elle regarde aux horizons bouder les bourgs ;
Des nuages compacts plombent le ciel de Flandre ;
Et tristement, et lourdement se font entendre,
Là-bas, des bonds de glas sautant de tour en tour.

Et quand la chute en or des feuillage effleure,
Larmes ! ses murs flétris et ses pignons usés,
La ferme croit sentir ses lointains trépassés
Qui doucement se rapprochent d’elle, à cette heure,
Et pleurent.

Emile Verhaeren (1855-1916), Toute la Flandre

Source: Poetica.

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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 06:00

Idée de Celsmoon.

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Ce soir le grand vent d'octobre ondoie et court dans la vallée

Et tout mon corps se joint à cet étrange accord de feuillages rouillés

 

ô mon crâne ô mes os

je songe au jour de ma mort

je sens l'instant rugueux sur ma nuque

comme une main certaine

 

la tombe neuve brillera dans la lumière comme un trésor

mon nom pèsera entre les bruyères et les lierres

dans l'automne sans odeur

 

Claire Genoux (1971- ), Poésies 1997-2004, Orbe, Bernard Campiche, 2010.

 

 

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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 05:00

Idée de Celsmoon.

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Veillée d'antan

 

L'homme s'est fait prier, accusant sa mémoire

D'être trop infidèle. Il fronce les sourcils,

Puis il annonce, abrupt: "Greneyon lo sorci".

L'âpre voix du conteur fait frémir l'auditoire.

 

Un récit de sorcier... Comment ne pas y croire

Lorsque le burle souffle à Courreau, près d'ici?

Les gamins n'osent plus, près de l'âtre obscurci,

Entretenir la flamme. Elle fait peur, l'histoire!

 

La châtaignée, au fond du grand chaudron, tiédit.

Et le vin des coteaux, que l'on avait brandi,

Entre rires et chants, il reste dans les verres.

 

Deux petits amoureux se serrent de plus près.

Cet homme qui raconte en patois, sans apprêt,

Devient plus écouté que ne le fut trouvère.

 

Serge Granjon, dans Moniteur du Caveau stéphanois, n° 132/Saint-Etienne, octobre 1984.

 

 

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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 05:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, Ankya, Azilis, Bénédicte, Bookworm, Cagire, Caro[line],Chrestomanci, Chrys, Edelwe, Emma, Esmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Herisson08, Hilde,Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, MyrtilleD, Saphoo,Séverine, Tinusia, Violette, Yueyin

 

La cigarette

 

Oui, ce monde est bien plat; quant à l'autre, sornettes.

Moi, je vais résigné, sans espoir, à mon sort,

Et pour tuer le temps, en attendant la mort,

Je fume au nez des dieux de fines cigarettes.

 

Allez, vivants, luttez, pauvres futurs squelettes.

Moi, le méandre bleu qui vers le ciel se tord

Me plonge en une extase infinie et m'endort

Comme aux parfums mourants de mille cassolettes.

 

Et j'entre au paradis, fleuri de rêves clairs

Où on l'on voit se mêler en valses fantastiques

Des éléphants en rut à des choeurs de moustiques.

 

Et puis, quand je m'éveille en songeant à mes vers,

Je contemple, le coeur plein d'une douce joie,

Mon cher pouce rôti comme une cuisse d'oie.

 

Jules Laforgue (1860-1887), Les Complaintes et les premiers poèmes, Paris, Poésie/Gallimard, 1993.

 

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