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31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 05:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Anjelica, Ankya, Azilis, Bénédicte, Bookworm, Caro[line],Chrys, Emma, Fleur, George, Herisson08, Hilde, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, MyrtilleD, Séverine, Violette.

 

Verona Lovers

 

Sur les frais oreillers de marbre ciselé
Où fane un lourd feston de corolles savantes
Se confondent sans fin les amants aux amantes
Qui se sont fait mourir du verbe ensorcelé

 

Avares du vieillir ô vous enviez-les
D'avoir sur le tremplin des extases si lentes
Laissé ce million de minutes naissantes
Et bien royalement le monde tel qu'il est

 

Cette nuit-là comme il s'aimèrent sans mensonge
Quelque pouce géant dans sa toute bonté
A fait rouler leurs yeux hors des coffres du songe

 

Cependant que très loin sur les terres bénies
Les violons têtus enchantaient les Asies
Et riaient de tendresse leurs divinités

 

Albertine Sarrazin (1937-1967). Source.

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24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 05:00

Idée de Celsmoon.

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Sur le goût de Paris, en façon d'adieu

 

Eh! mon Dieu! ce goût-là ne me vient avec l'âge,

Mons bons amis, mieux vaut rentrer chez soi. Tant pis

Ma foi! Quand ma maison aura ses murs crépis,

Gageons qu'elle sera la mieux de mon village...

 

Et sa terrasse où sont les orangers.. ses roses

Qui faisaient sentir bon ma chambre, avec les lis!

Des fleurs grimpaient jusqu'à ma fenêtre, jadis...

Je ne puis oublier, vois-tu, les vieilles choses.

 

Je connais de Paris le bon et le mauvais;

Qu'attendrais-je de plus? Aussi bien, je m'en vais

Dans mon pays enterrer le célibataire...

 

Sur la croix je mettrai ma lyre de carton,

Puis planterai un chou dans l'humus de ma terre

Et j'attendrai l'enfant promis par le dicton.

 

Philippe Héritier, dans Moniteur du caveau stéphanois, Saint-Etienne, octobre 1984.

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 05:00

Idée de Celsmoon.

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Cette larme à votre oeil...

 

Oui, Madame, aujourd'hui je vous fixe

Comme un gosse aveuglé de soleil.

Et vos yeux vont me rendre prolixe;

Ils ont mis tout mon être en éveil...

 

Savez-vous qu'ils disent quelque chose

Qui subjugue et m'attire en plein ciel,

Doux pétale envolé d'une rose,

Où vibre un chant confidentiel...

 

Cette larme à votre oeil, émouvante,

Rappelant la rosée en satin,

M'éblouit et vous rend si charmant

Qu'elle entraîne ma plume au quatrain...

 

Claude Seydoux, dans "Renouveau", Petit-Lancy, Cercle romand de poésie classique, mai 2000.

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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 05:00

Idée de Celsmoon.

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Le clavecin du musée

 

Le clavecin ce berceau des amours,

Rêve des doigts qui libéraient son âme,

Son chant joyeux baignait au long des jours

Les beaux salons enivrés de son charme.

 

Rythmes secrets qui savaient embellir

La solitude indolente des femmes

Dans les boudoirs peuplés de souvenirs...

Et qui séchaient bien souvent quelques larmes.

 

Temps oubliés! Comme tout a changé,

Ses sons n'ont plus cette saveur d'eau vive,

Dans sa vitrine il est un étranger.

 

Le clavecin brillant dans son décor

Trône au milieu des étoffes festives.

Fleur de musée... il est à demi mort.

 

Robert Parron (1925- ), dans Le Moniteur du Caveau stéphanois n° 35, Saint-Etienne, octobre 2014.

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 05:00

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Juillet

 

Depuis les feux de l'aube aux feux du crépuscule,
Le soleil verse à flots ses torrides rayons ;
On voit pencher la fleur et jaunir les sillons
Voici les jours poudreux de l'âpre canicule.


 

Le chant des nids a fait place au chant des grillons ;
Un fluide énervant autour de nous circule ;
La nature, qui vit dans chaque animalcule,
Fait frissonner d'émoi tout ce que nous voyons.


 

Mais quand le boeuf qui broute à l'ombre des grands chênes
Se tourne haletant vers les sources prochaines,
Quel est donc, dites-vous, ce groupe échevelé


 

Qui frappe les échos de ses chansons rieuses ?
Hélas ! c'est la saison des vacances joyeuses...
Comme il est loin de nous ce beau temps envolé !

 

Louis-Honoré Fréchette (1839-1908). Source. Poésie.Webnet.

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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 05:00

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Le silence dans une église


Au levant de la nef, penchant son humide urne,
La nuit laisse tomber l'ombre triste du soir ;
Chasse insensiblement l'humble clarté diurne ;
Et la voûte s'endort sur le pilier tout noir ;


Le silence entre seul sous l'arceau taciturne,
L'ogive aux vitraux bruns ne se laisse plus voir ;
L'autel froid se revêt de sa robe nocturne ;
L'orgue s'éteint ; tout dort dans le sacré dortoir !


Dans le silence, un pas résonne sur la dalle ;
Tout s'éveille, et le son élargit sa spirale,
L'orgue gémit, l'autel tressaille de ce bruit ;

 

Le pilier le répète en sa cavité sombre ;
La voûte le redit, et s'agite dans l'ombre...
Puis tout s'éteint, tout meurt, et retombe en la nuit !

 

Jules Verne (1828-1905). Source: Poésie.Webnet.

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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 05:00

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Puisque tout passe...

 

Puisque tout passe, faisons
la mélodie passagère;
celle qui nous désaltère,
aura de nous raison.

 

Chantons ce qui nous quitte
avec amour et art;
soyons plus vite
que le rapide départ.

 

Rainer Maria Rilke (1875-1926). Source: Poésie.Webnet.

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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 05:00

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Rococo japonais

 

Ô toi dont l'oeil est noir, les tresses noires, les chairs
blondes, écoute-moi, ô ma folâtre louve !

 

J'aime tes yeux fantasques, tes yeux qui se retroussent
sur les tempes ; j'aime ta bouche rouge comme une baie
de sorbier, tes joues rondes et jaunes ; j'aime tes pieds
tors, ta gorge roide, tes grands ongles lancéolés, brillants comme
des valves de nacre.

 

J'aime, ô mignarde louve, ton énervant nonchaloir, ton
sourire alangui, ton attitude indolente, tes gestes mièvres.

 

J'aime, ô louve câline, les miaulements de ta voix, j'aime
ses tons ululants et rauques, mais j'aime par-dessus tout,
j'aime à en mourir, ton nez, ton petit nez qui s'échappe
des vagues de ta chevelure, comme une rose jaune éclose
d'ans un feuillage noir.

 

Joris-Karl Huysmans (1848-1907). Source.

 

 

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5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 05:00

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Lioba

 

D’où nous vient-il, ce vieux refrain,
Qui fait pleurer, qui fait sourire ?
D’où nous vient-il, que veut-il dire,
Ce ranz naïf, grave et serein,
Lioba, lioba ?

 

Voix des bergers, voix des abîmes,
Voix des torrents, des rocs déserts,
Il vient à nous du haut des airs,
Comme un écho des blanches cimes.
Lioba, lioba !

 

Sur l’Alpe aux flancs vertigineux
Il flotte dans l’air qu’on respire ;
Aux forêts le vent le soupire,
Et les monts se disent entre eux
Lioba, lioba !

 

Dans cette idylle douce et fière
La Liberté nous a souri.
Combien de fois le cor d’Uri
A-t-il sonné sur la frontière
Lioba, lioba !

 

Exilés sous d’autres climats,
Regrettons-nous l’Alpe fleurie ?
Ce vieux refrain, c’est la patrie
Qui nous suit, chantant sur nos pas :
Lioba, lioba !

 

Dans les douleurs de l’agonie,
De Sempach le héros vainqueur
L’écoutait au fond de son cœur
Eclater en flots d’harmonie
Lioba, lioba !

 

Voix de courage, voix d’amour,
Au timbre fort, joyeux et tendre,
Nos fils aussi sauront l’entendre
Et l’accompagner à leur tour.
Lioba ! lioba !

 

Laissons à d’autres les chimères,
Gloires, grandeurs, tristes appas !
Le seul bien qui ne lasse pas,
Nous l’avons reçu de nos pères.
Lioba, lioba !

 

La liberté simple et sans fard,
Suisse, voilà ton apanage !
Garde-la pure d’âge en âge,
La liberté du montagnard.
Lioba, lioba !

 

Pour dominer l’orchestre immense
Dans le concert des nations,
Il faut des hautes régions
Qu’au ciel toujours ce chant s’élance :
Lioba, lioba !

 

Eugène Rambert (1830-1886). Source.

 

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 05:00

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Victoire

 

Il a voulu que je brûle, - je brûlerai!

Non pas dans ses flammes noires et douloureuses

Mais dans le feu de cette fleur bienheureuse...

- Le Destin a bien réalisé mon souhait.

 

Je vous le Diable pleurer, s'en allant bredouille,

Trimballant son sac vide qu'il voulait remplir

De mon âme qu'il a cherché à avilir;

S'apprêtant à danser, joyeux, sur ma dépouille.

 

Mais la chaleur de cette fleur lui a fait peur

Si intense qu'elle avalerait tout l'enfer

Si lumineuse qu'elle ferait fuir les pleurs.

- Ma douce fleur diablesse, ange de mes prières...

 

Benjamin Jichlinski (1990- ), En mal de fleurs, Paris, Société des écrivains, 2012.

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