Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 05:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, Ankya, Armande, Azilis, BookwormCagire, Caro[line], Celsmoon, Chrestomanci, Chrys, Claudialucia, Edelwe, Emma, Emmyne, Esmeraldae, FattoriusFerocias, Fleur, George, Hambre, Herisson08, Hilde, Julien, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Laurence, Lystig, Maggie, Mango, Marie, Mariel, Mathilde, MyrtilleD, Naolou, Restling, Roseau, Saphoo, Satya, Schlabaya, Sev, Séverine, Soie, Tinusia, Uhbnji, Violette, Yueyin, Zik

 

LE PAIN

 

La surface du pain est merveilleuse d'abord à cause de cette impression quasi panoramique qu'elle donne: comme si l'on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes.

Ainsi donc une masse amorphe en train d'éructer fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s'est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses... Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, - sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente.

Ce lâche et froid sous-sol que l'on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges: feuilles ou fleurs y sont comme des soeurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent: elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable...

Mais brisons-la: car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation.

 

Francis Ponge (1899-1988), Le Parti pris des choses, Paris, Gallimard, 1942.

Repost 0
Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
commenter cet article
29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 05:00

Sur une idée de Celsmoon.

Avec Edelwe, Mango, Abeille, Emmyne, Chrestomanci, Mariel, Laurence , Ankya, Herisson08, Anjelica , George, Uhbnji , Fleur, FérociasEsmeraldae, Armande, Satya, Zik, Lystig, Amos, Bookworm, Emma, Julien, Marie, Yueyin , Soie , Alex , Hambre , Katell , Mathilde, Hilde, Saphoo, La plume et la page, Tinusia, Chrys, Roseau, MyrtilleD, Cagire, Caro[line], L'or des chambres, Violette, claudialucia, Séverine, Maggie, Sev, Naolou.

 

Le Départ

 

Je n'emporte avec moi sur la mer sans retour

Qu'une rose cueillie à notre long amour.

J'ai tout quitté; mon pas laisse encor sur la grève

Empreinte au sable insoucieux sa trace brève

Et la mer en montant aura vite effacé

Ce vestige incertain qu'y laissa mon passé.

Partons! que l'âpre vent en mes voiles tendues

Souffle et m'entraîne loin de la terre perdue

Là-bas. Qu'un autre pleure en fuite à l'horizon

La tuile rouge encore au toit de sa maison,

Là-bas, diminuée et déjà si lointaine!

Qu'il regrette le clos, le champ et la fontaine!

Moi je ferme la porte et je ne pleure pas.

Et puissent, si les dieux me mènent au trépas,

Les flots m'ensevelir en la tombe que creuse

Au voyageur la mer perfide et dangereuse!

Car je mourrai debout comme tu m'auras vu

Sur la proue, au départ, heureux et gai, pourvu

Que la rose à jamais de mon amour vivant

Embaume la tempête et parfume le vent.

 

Henri de Régnier (1864-1936), Les Médailles d'argile, Paris, Mercure de France, 1921.

Repost 0
Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
commenter cet article
22 août 2010 7 22 /08 /août /2010 05:00

Sur une idée de Celsmoon.

Avec Edelwe, Mango, Abeille, Emmyne, Chrestomanci, Mariel, Laurence , Ankya, Herisson08, Anjelica , George, Uhbnji , Fleur, Férocias, Esmeraldae, Armande, Satya, Zik, Lystig, Amos, Bookworm, Emma, Julien, Marie, Yueyin , Soie , Alex , Hambre , Katell , Mathilde, Schlabaya, Hilde, Saphoo, La plume et la page, Tinusia, Chrys, Roseau, MyrtilleD, Cagire, Caro[line], L'or des chambres, Violette, claudialucia, Séverine, Maggie, Sev, Naolou.

 

 

Au clair de lune

 

Cette nuit, j’ai pensé

que les étoiles chantaient

en m’éveillant aux accents

d’une douce musique.

 

Mais c’était un accordéon

qui se glissait de chambre en chambre

et dans la nuit coupante,

froide, semait l’angoisse.

 

Je songeai à la lutte perdue,

aux prières, aux imprécations,

et longtemps l’écoutai chanter,

longtemps encore éveillé.

 

Robert Walser, Au bureau, poèmes de 1909, Genève, Zoé, 2009, trad. Marion Graf.

 

Repost 0
Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
commenter cet article
15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 05:00

Sur une idée de Celsmoon.

Avec Edelwe, Mango, Abeille, Emmyne, Chrestomanci, Mariel, Laurence , Ankya, Herisson08, Anjelica , George, Uhbnji , Fleur, Férocias, Esmeraldae, Armande, Satya, Zik, Lystig, Amos, Bookworm, Emma, Julien, Marie, Yueyin , Soie , Alex , Hambre , Katell , Mathilde, Schlabaya, Hilde, Saphoo, La plume et la page, Tinusia, Chrys, Roseau, MyrtilleD, Cagire, Caro[line], L'or des chambres, Violette, claudialucia, Séverine, Maggie, Sev, Naolou.

 

RIRE

 

Si vous dites que j'ai versé

Des pleurs de douce repentance, 

Si vous dites que j'ai bercé

Mon coeur d'une prière intense, 

 

Si vous dites que j'ai trahi

Les musiques de ma luxure

Bénie, et que j'ai...

Le vin de ma vendange impure, 

 

Si vous dites que j'ai brisé

Mon orgueil au pied du Calvaire, 

(O Maître) et que j'ai renié

L'oeillet de ma folie amère, 

 

Si vous dites ces choses saintes! 

Divins élans! sanglots divins!

Soupirs de femme ardente aussi, 

Ha! si vous dites ces choses saintes!

 

Vous mentez, ô nid chaud de mes lèvres, 

Vierges folles: ce soir d'été

Ah! nul frisson, ce soir funeste: 

Rien qu'un rire égaré - dans le soir...

 

Zurich, juin 1918. 

 

Edmond-Henri Crisinel, Oeuvres, Plaisir de lire, 1980.  

Repost 0
Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
commenter cet article
8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 05:00

Sur une idée de Celsmoon.

Avec Edelwe, Mango, Abeille, Emmyne, Chrestomanci, Mariel, Laurence , Ankya, Herisson08, Anjelica , George, Uhbnji , Fleur, FérociasEsmeraldae, Armande, Satya, Zik, Lystig, Amos, Bookworm, Emma, Julien, Marie, Yueyin , Soie , Alex , Hambre , Katell , Mathilde, Schlabaya, Hilde, Saphoo, La plume et la page, Tinusia, Chrys, Roseau, MyrtilleD, Cagire, Caro[line], L'or des chambres, Violette, claudialucia, Séverine, Maggie, Sev, Naolou.

  

Si l'on gardait... (1905)

  

Si l'on gardait, depuis des temps, des temps,

Si l'on gardait, souples et odorants,

Tous les cheveux des femmes qui sont mortes,

Tous les cheveux blonds, tous les cheveux blancs,

Crinières de nuit, toisons de safran,

Et les cheveux couleur de feuilles mortes,

Si on les gardait depuis bien longtemps,

Noués bout à bout pour tisser les voiles

Qui vont à la mer,

  

Il y aurait tant et tant sur la mer,

Tant de cheveux roux, tant de cheveux clairs,

Et tant de cheveux de nuit sans étoiles,

Il y aurait tant de soyeuses voiles

Luisant au soleil, bombant sous le vent

Que les oiseaux gris qui vont sur la mer,

Que ces grands oiseaux sentiraient souvent

Se poser sur eux,

Les baisers partis de tous ces cheveux,

Baisers qu'on sema sur tous ces cheveux,

Et puis en allés parmi le grand vent...

 

Si l'on gardait, depuis des temps, des temps,

Si l'on gardait, souples et odorants,

Tous les cheveux des femmes qui sont mortes,

Tous les cheveux blonds, tous les cheveux blancs,

Crinières de nuit, toisons de safran,

Et les cheveux couleur de feuilles mortes,

 

Si l'on gardait depuis bien longtemps,

Noués bout à bout pour tordre des cordes,

Afin d'attacher

A de gros anneaux tous les prisonniers

Et qu'on leur permît de se promener

Au bout de leur corde,



Les liens de cheveux seraient longs, si longs,

Qu'en les déroulant du seuil des prisons,

Tous les prisonniers, tous les prisonniers

Pourraient s'en aller

Jusqu'à leur maison...

 

 



Charles Vildrac (1882-1971), Livre d'amour, Paris, Seghers, 1959/2005.

 

 

Repost 0
Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
commenter cet article
1 août 2010 7 01 /08 /août /2010 05:00

Sur une idée de Celsmoon.

 

Avec Edelwe, Mango, Abeille, Emmyne, Chrestomanci, Mariel, Laurence , Ankya, Herisson08, Anjelica , George, Uhbnji , Fleur, Esmeraldae, Armande, Satya, Zik, Lystig, Amos, Bookworm, Emma, Julien, Marie, Yueyin , Soie , Alex , Hambre , Katell , Mathilde, Schlabaya, Hilde, Saphoo, La plume et la page, Tinusia, Chrys, Roseau, MyrtilleD, Cagire, Caro[line], L'or des chambres, Violette, claudialucia, Séverine, Maggie, Sev, Naolou.

 

Qu'il fasse clair
Ou qu’il fasse nuit
Sur les prairies,

Un jour il faudra
Prendre avec les mains
De l’eau d’un fossé.

Pour qu’en tombe une goutte
Au hasard du vent,
Sur un mur perdu
Entre bois et prés.

– Parce que c’est la pierre,
Parce que c’est l’eau,
Parce que c’est nous.

 

Eugène Guillevic (1907-1997), Terraqué, Paris, Gallimard, 1942.

Repost 0
Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
commenter cet article
25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 05:00

Sur une idée de Celsmoon.

Avec Edelwe, Mango, Abeille, Emmyne, Chrestomanci, Mariel, Laurence , Ankya, Herisson08, Anjelica , George, Uhbnji , Fleur, Esmeraldae, Armande, Satya, Zik, Lystig, Amos, Bookworm, Emma, Julien, Marie, Yueyin , Soie , Alex , Hambre , Katell , Mathilde, Schlabaya, Hilde, Saphoo, La plume et la page, Tinusia, Chrys, Roseau, MyrtilleD, Cagire, Caro[line], L'or des chambres, Violette, claudialucia, Séverine, Maggie, Sev, Naolou.

 

Complainte de l'organiste de Notre-Dame de Nice

 

Voici que les corbeaux hivernaux

Ont psalmodié parmi nos cloches,

Les aversesd 'automne sont proches,

Adieu les bosquets des casinos.

 

Hier, elle était encor plus blême,

Et son corps frissonnait tout transi,

cette église est glaciale aussi!

Ah! nul ici-bas que moi ne l'aime.

 

Moi! Je m'entaillerai bien le coeur,

Pour un sourire si triste d'elle!

Et je lui en resterai fidèle

A jamais, dans ce monde vainqueur.

 

Le jour qu'elle quittera ce monde,

Je vais jouer un Miserere

Si cosmiquement désespéré

Qu'il faudra bien que Dieu me réponde!

Non, je resterai seul, ici-bas,

Tout à la chère morte phtisique,

Berçant mon coeur trop hypertrophique

Aux éternelles fugues de Bach.

 

Et tous les ans, à l'anniversaire,

Pour nous, sans qu'on se doute de rien,

Je déchaînerai ce Requiem

Que j'ai fait pour la mort de la Terre!

 

Jules Laforgue (1860-1887), Les Complaintes et les premiers poèmes, Paris, Poésie/Gallimard, 1993, éd. Pascal Pia.

 

Je me lance dans les dimanches poétiques avec un poème de circonstance, puisque je joue aussi un peu d'orgue dans une paroisse non loin de chez moi...

Repost 0
Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Daniel Fattore
  • Le blog de Daniel Fattore
  • : Notes de lectures, notes de musique, notes sur l'air du temps qui passe. Bienvenue.
  • Contact

Les lectures maison

Pour commander mon recueil de nouvelles "Le Noeud de l'intrigue", cliquer sur la couverture ci-dessous:

partage photo gratuit

Pour commander mon mémoire de mastère en administration publique "Minorités linguistiques, où êtes-vous?", cliquer ici.

 

Recherche

 

 

"Parler avec exigence, c'est offrir à l'autre le meilleur de ce que peut un esprit."
Marc BONNANT.

 

 

"Nous devons être des indignés linguistiques!"
Abdou DIOUF.