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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 22:29

hebergeur imageLu par Antoine, David, Emi Dreams Up, Géraldine, Jean-Luc Raymond, La Plume et la Page, Luocine, Mange-Lis-Aime.


 

Vous vous posez des questions? Rassurez-vous, vous n’êtes pas seuls. Mais dans son deuxième roman, « Oui, mais quelle est la question? », Bernard Pivot va jusqu’à ériger la manie des questions en maladie. Cela, au travers d’un personnage de fiction nommé Adam Hitch, qui pourrait bien être le double littéraire de Bernard Pivot lui-même: les biographies des deux entités ont des convergences troublantes.


 

Dans tout ce roman, il sera donc question de... questions. L’auteur fait largement le tour de son sujet. Au degré zéro, il met en scène un personnage qui ne peut s’empêcher de poser des questions à son entourage, y compris à ses nombreuses conquêtes féminines. Quitte à mettre les pieds dans le plat... Évidemment, quelques jeux de mots relatifs à la polysémie du mot « question » en français affleurent. Et sachant qu’il a affaire à un journaliste, le lecteur peut légitimement se demander ce que l’auteur, lui-même spécialiste de l’interview, a mis de lui-même dans ce personnage d’Adam Hitch. Question ultime, mais aussi question favorite adressée au lecteur par tout auteur d’autofiction qui se respecte.


 

Si l’auteur relate de nombreuses péripéties au gré de chapitres courts qu’on lit sans peine, il glisse aussi quelques commentaires personnels sur les questions. Il sera donc question du pouvoir que les questions donnent à celui qui les pose et, à ce titre, le chapitre mettant en scène le narrateur dans le confessionnal est emblématique – d’autant plus qu’il arrive au début du livre. Les journalistes goûteront par ailleurs les quelques mots que l’auteur consacre à leur métier, qui est aussi un peu le sien. Plus loin, l’apprenti intervieweur découvrira quelques utiles secrets du métier. Un métier qui n’est pas sans limites, le narrateur l’apprendra en interrogeant indûment les parents d’une amie, héritiers de collabos.


 

Enfin, le lecteur de « Oui, mais quelle est la question ? » va découvrir un ouvrage qui saura l’interpeller. Certes, il y a ce narrateur qui relate ses hauts et ses bas, de façon globalement fort linéaire. Il pourrait en résulter un certain ennui ; l’auteur y remédie en jouant la carte du plaisir des mots. Et là, c’est un festival : l’auteur pioche son vocabulaire dans tous les niveaux de langage, se montre accueillant. La musique qui émane de ce livre s’avère donc agréable à écouter ; elle roule d’une question à l’autre, doucement mais sans relâche. Ce que suggère l’abondance de points d’interrogation dans ce roman, dès l’incipit, comme il faut s’y attendre : « Comment aurais-je pu imaginer que poser des questions pour gagner ma vie allait me la compliquer, et même, souvent, me la rendre infernale ? »

 

Bernard Pivot, Oui, mais quelle est la question ? Paris, NiL, 2012.

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