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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 23:01

hebergeur imageThriller, lu aussi par Bad Chili.

Lu dans le cadre du défi Thriller.

 

Efficace et nerveux comme on aime. Tel est le climat qui caractérise "La Ville piège", un thriller bien frappé de l'écrivain américain Jason Starr, publié en 2005 par les éditions du Rocher dans une traduction signée Marie Ollivier-Caudray. Le lecteur ne pourra qu'être happé, irrémédiablement, par le récit de la descente aux enfers du personnage principal, le journaliste David Miller. Tout commence lorsqu'il veut récupérer son portefeuille volé...

 

Qui est David Miller? Au départ, on se dit que c'est un parfait looser, dragueur impénitent mais lourdaud; puis le roman impose une évolution à ce profil - viennent s'y ajouter l'astuce, la dissimulation, le mensonge, dans une grande cohérence comportementale: le bonhomme, un gars ordinaire et sans histoire qui aimerait qu'on lui fiche la paix, s'adapte à un environnement soudain hostile. Quitte à prendre de mauvaises décisions pour renforcer l'intérêt de "La Ville piège" ou à se révéler bagarreur. Tout cela, l'auteur le montre en montrant le personnage en action, à la manière d'un "show, don't tell" systématique et maîtrisé.

 

Il vit avec une Rebecca complètement foldingue et violente dont il n'arrive pas à se débarrasser - est-il besoin de préciser que c'est vaguement sa copine, mais qu'elle a un comportement de parasite? Les scènes de rupture impossibles deviennent un refrain récurrent et délicieux; le lecteur se délectera en effet des ressources de ce crampon nommé Rebecca, sans parler de la voisine, Carmen, qui a une fâcheuse tendance à se mêler des affaires de ses voisins. De ce côté-là, le ressort psychologique fonctionne à fond, sur la trame du chantage affectif.

 

Les méchants sont eux aussi du genre tenace et bien cinglés; l'auteur les fait intervenir tour à tour, créant une sorte de tourbillon qui entraîne le lecteur: d'un coup de théâtre à l'autre (souvent amenés par téléphone, l'objet devenant vite terrifiant), celui-ci se demande quelle tuile va encore tomber sur la tête du personnage principal. Comme péripéties, il y a de tout: chantage, combines louches, transport d'un cadavre, vol et arnaques, etc. Enfin, le fantôme de Barbara, soeur de David Miller, revient à la manière d'un contrepoint sentimental doux qui crée un contraste avec les scènes d'action et trouve une résolution en fin de roman. Résolution qui fait écho à la scène de bar du début...  

 

Le titre "La Ville piège" m'interpelle. Il suggère que la ville va aussi jouer un rôle dans ce roman; cette ambition n'est pas totalement réalisée, force est de le constater. Certes, on reconnaît New York, ses taxis qu'on appelle d'un geste de la main; bien sûr, certains quartiers sont décrits ou suggérés non sans précision, ce qui parlera avant tout aux connaisseurs et habitants de la Grosse Pomme; mais l'histoire aurait pu aussi bien se passer ailleurs. En revanche, c'est bien dans un piège que David Miller s'enferre - un peu comme une mouche sur une toile d'araignée. Sauf que là, le personnage principal a contribué à fabriquer le piège en question. 

 

Ces dernières considérations ne devraient empêcher personne de lire ce roman, redoutablement accrocheur, porté par un style nerveux et rapide qui privilégie l'efficacité et sait faire fonctionner les potentialités du rythme narratif pour jouer avec les nerfs du lecteur, dans une manière qui est, à plus d'une reprise, quasi cinématographique.

 

Jason Starr, La Ville piège, Monaco, Editions du Rocher, 2005, traduction de Marie Ollivier-Caudray.

 

 

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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 05:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, AnkyaAzilis, BénédicteBookwormCagire, Caro[line]Chrestomanci, ChrysEdelwe, EmmaEsmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Hambre, Herisson08, Hilde, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, MyrtilleD, Saphoo, Schlabaya, Séverine, Sophie57, Tinusia, Violette, Yueyin, Zik

 

Les grands fonds

 

Les longs chemins du lac ont leurs lèvres gercées

Et cheveux dénoués, ceux d'une fille au vent

Dont la jupe affolée est là, se soulevant

Sous la fraîcheur du soir aux senteurs enlacées.

 

Mais au fond du Léman, pas de vagues bercées,

Un silence éternel sur le sable mouvant,

Une plaine immobile en l'espace rêvant

D'où l'on croit percevoir quelques voix effacées.

 

C'est comme une sonate aux refrains continus

Qui monte des bateaux pour toujours retenus

Dans les immensités fragiles des abîmes.

 

Car la nuit impassible en son lit de torpeur

Ne saurait point troubler les heures anonymes

Et descend, éternelle, en rythme enveloppeur.

 

Gilbert Rochat (1920-1999), dans Cercle romand de poésie classique, Mélodies, Petit-Lancy, Cercle romand de poésie classique, 2002.


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Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 19:40

hebergeur image

Le Défi Littérature suisse court toujours, même s'il reste assez confidentiel et cherche encore ses candidats. Il n'en faut pas moins pour que je m'interroge sur la contribution helvétique à la cuvée 2012 de la rentrée littéraire (source de l'image). Et force est de constater que les livres écrits par des auteurs suisses sont bien présents dans la vague de publications de ce début d'automne - ou de fin d'été. Petit survol non exhaustif et parfaitement partial, avec la complicité de L'Hebdo, tout en admettant que je n'ai pas encore tout lu. Et si vous décidez de lire l'un de ces ouvrages, pensez au Défi...

 

Il paraît qu'Alex Capus, écrivain alémanique, fait son entrée dans le domaine franco-français par la grande porte. Celui qu'on surnomme d'ores et déjà "Le Roi d'Olten" (du titre d'un de ses livres, paru chez Campiche) intègre en effet l'écurie d'Actes Sud cet automne, avec "Léon et Louise", traduit par Emanuel Güntzburger. Ce roman narre une relation extraconjugale inspirée de la vie de ses propres aïeux. Et pour ceux qui aiment allier bons livres et bonne chère, on me souffle dans l'oreillette qu'Alex Capus est copropriétaire d'un bistrot à Olten, à l'enseigne du "Flügelrad" - un nom très ferroviaire, comme il se doit à Olten (il faudra que j'y aille); et d'ailleurs, le chemin de fer va bien à Alex Capus puisqu'il a signé une nouvelle pour illustrer le dernier rapport de gestion des CFF.

 

Prix Interallié 2010 pour "L'Amour nègre", blogueur impénitent, Jean-Michel Olivier revient cette année avec une suite à son roman primé, intitulée "Après l'orgie". Le thème de la tyrannie de l'image persiste, les personnages reviennent, et l'auteur confirme le talent de satiriste qu'on lui connaît. Le présent blog a déjà eu l'occasion de parler de lui, au sujet des excellents romans "La Vie mécène" et de "L'Amour fantôme". Ah - et chez les mêmes éditeurs, l'ample roman "La vérité sur l'affaire Harry Québert" de l'écrivain genevois Joël Dicker est actuellement en lice pour le prix Goncourt. La Tribune de Genève en parle... c'est une jolie consécration pour le premier roman d'un auteur qui n'a même pas trente ans.

 

Benoît Damon? Cet auteur genevois est édité par une petite maison de France voisine, mais ses "Trois visites à Charenton" constituent un extraordinaire exercice de style, mariant le côté rationnel, tracé au cordeau, du français classique (qui peut certes paraître un peu sage au début du roman), et les envolées lyriques soudain échevelées d'un monomaniaque de la guillotine. Les lecteurs les plus visuels verront même, dans ce roman, l'angle et le tranchant de la lame de la Veuve... Et visuel, il faut l'être un peu, puisque l'interlocuteur du narrateur n'est autre que le peintre Théodore Géricault.

 

Les lecteurs de ce blog (et une personne habituée des Dîners Livres Echanges) connaissent le talent poétique de Bastien Fournier, auteur de "Le Cri de Riehmers Hofgarten". Ce jeune écrivain valaisan récidive cet automne aux éditions de l'Aire avec "Phloé", un roman qui relate la quête sexuelle et mélancolique d'une adolescente - à Berlin, comme par hasard: l'auteur paraît revenir ainsi à d'anciens décors. Aux éditions de l'Aire toujours, Amélie Ardiot remonte une boîte à musique énigmatique: c'est "Malinconia", un roman aux allures fantastiques, bien ample après le court mais savoureux "Kitsune", dont il a été question ici aussi. J'ai hâte de découvrir!

 

Les éditions Mon Village publient les dernières oeuvres de deux écrivains vaudois dans le cadre de cette rentrée littéraire. J'ai déjà eu l'occasion de parler ici même de "Full sentimental" de Sabine Dormond, un recueil de nouvelles que j'ai dévoré. L'autre auteur est Gilles de Montmollin, écrivain d'Yverdon, qui poursuit une oeuvre romanesque axée sur la navigation (il avait donné "La Passagère de Stingray", dont j'avais parlé sur ce blog il y a quelque temps) en proposant à son lectorat "Latitude 58", roman historique se déroulant du côté de la Nouvelle-Zélande, à une époque où ces terres étaient pour ainsi dire inconnues. J'aurai l'occasion d'en reparler.

 

D'autres encore? Il semble que Quentin Mouron, révélation de la rentrée de janvier avec l'hallucinant récit de voyage "Au point d'effusion des égouts", confirme son talent cet automne avec "Notre-Dame-de-la-Merci"; je vous renvoie ici à l'article de Francis Richard et relève, incidemment, que son éditeur, un nouveau venu, paraît avoir plus d'un atout littéraire dans son catalogue. Daniel Fazan, dont j'avais évoqué en son temps "Morose foncé", revient avec "Millésime", son quatrième roman qui, sur fond de vignoble, met en scène deux hommes mariés - de quoi intriguer! 

 

Et parmi les auteurs suisses publiés chez les grands éditeurs français ou les maisons facilement disponibles en France, on notera encore "Prince d'orchestre" de Metin Arditi, devenu l'un des piliers de la maison d'édition Actes Sud. Je relève encore "Les lignes de ta paume" de Douna Loup, que les blogueuses et blogueurs connaissent parce qu'elle a décroché le Prix Biblioblog en 2011 avec "L'Embrasure". Il y a aussi "Le mineur et le canari" de Catherine Safonoff et "Le rêve des naturels" de l'helléniste Marie Gaulis chez Zoé. Quant à l'écrivain et journaliste Anne-Sylvie Sprenger, enfin, elle poursuit cet automne sa carrière d'écrivain avec "Autoportrait givré et dégradant", publié par Fayard.

 

Alors... bonne lecture, bonnes découvertes, la Suisse est avec vous! Il va de soi que la liste n'est pas complète. Pour aller plus loin, songez à Jan Marejko, Antonio Albanese, Jacques Guyonnet, Léonard Crot, Cédric Pignat, Dominique de Rivaz, Frédéric Pajak, Corinne Page...

 

Récapitulatif des ouvrages mentionnés:

 

Amélie Ardiot, Malinconia, Lausanne, L'Aire.

Metin Arditi, Prince d'orchestre, Arles, Actes Sud.

Alex Capus, Léon et Louise, Arles, Actes Sud.

Benoît Damon, Trois visites à Charenton, Seyssel, Champ-Vallon. 

Joël Dicker, La vérité sur l'affaire Harry Québert, Lausanne/Paris, L'Age d'homme/de Fallois.

Marie Gaulis, Le rêve des naturels, Genève, Zoé.

Douna Loup, Les lignes de ta paume, Paris, Mercure de France.

Gilles de Montmollin, Latitude 58, Sainte-Croix, Mon Village.

Sabine Dormond, Full sentimental, Sainte-Croix, Mon Village.

Bastien Fournier, Phloé, Lausanne, L'Aire.

Quentin Mouron, Notre-Dame-de-la-Merci, La Chaux-de-Fonds, Olivier Morattel.

Jean-Michel Olivier, Après l'orgie, Lausanne/Paris, L'Age d'homme/de Fallois.

Catherine Safonoff, Le mineur et le canari, Genève, Zoé.

Anne-Sylvie Sprenger, Autoportrait givré et dégradant, Paris, Fayard.

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Publié par Daniel Fattore - dans Défi Littérature suisse
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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 20:26

hebergeur imageRecueil de nouvelles, également lu par Francis Richard.

 

Une pleine brassée, même: pas moins de dix-sept textes de son cru sont réunis dans le joli petit recueil "Full sentimental" que Sabine Dormond vient de publier aux éditions Mon Village. Présidente de l'Association vaudoise des écrivains, l'auteure offre ici un aperçu d'un talent empreint de fraîcheur, au fil de nouvelles diverses, volontiers brèves, que le lecteur pourrait par exemple goûter à l'occasion d'un voyage à bord des transports publics urbains. Quitte à réfléchir un peu, parfois: si le style de l'auteur se caractérise par une décontraction assumée, le propos recèle parfois quelques vérités sociales qu'on ne veut plus trop voir.

 

Les deux premières nouvelles plongent dans le domaine des dépendances vécues à deux; elles sont observées de manière diverse. "Full sentimental" est la première nouvelle du récit; elle donne un regard particulier sur le Yatzy, un jeu de dés particulièrement addictif apparemment... et où il y a effectivement des "full", comme au poker. Sur quelques pages, l'auteur dépeint, avec les mots et situations d'aujourd'hui, l'évolution de la dépendance: on joue au bistrot, puis on s'achète le jeu mine de rien, et dès lors, la vie de couple est marquée par l'addiction au jeu. Et la nouvelle s'achève sur la négation de la maladie par la narratrice, pourtant internée... Il y a aussi l'addiction subie avec "Embouteillage", qui développe, du point de vue de l'épouse qui a quitté son conjoint bien que toujours aimante, le thème classique de l'homme qui s'enferre dans l'alcoolisme. Quelques éléments concrets suffisent à donner de l'épaisseur à cette nouvelle: aller chercher l'homme au poste de police, négocier des arrangements avec les débiteurs, conduire l'homme au pub pour éviter qu'il ne prenne le volant...

 

L'auteure tâte aussi de l'anticipation, dans des démarches originales et inattendues - à la manière d'un Philip K. Dick, l'auteure invite à réfléchir à ce que pourrait être l'avenir de nos travers actuels, mais à la différence de l'écrivain américain, elle se passe aisément de tout futurisme agressif. "L'heure de gloire" imagine par exemple ce que pourrait être le métier d'écrivain lorsqu'il sera possible de créer des histoires à partir des rêves de chacun, de manière industrielle; en filigrane de cette nouvelle, transparaît aussi la critique d'une télévision où tout va trop vite pour celui qui y passe et n'a pas l'habitude. Et alors que "Les ravisseurs de butin" pouvait laisser croire, par son titre, à une histoire de voleurs, cette nouvelle imagine quel serait le métier d'humains chargés de remplacer les abeilles, en voie de disparition. Quant à "Y'a pas de lézard", par sa manière toute personnelle d'expliquer un fait dinosaurien lu dans la presse, elle a tout de la légende urbaine en puissance...

 

Et puis il y a des choses peut-être vues, des scènes embarrassantes peintes avec une certaine cruauté comme dans "Une attention si délicate", un titre dont tout le côté ironique et "galère" n'apparaîtra qu'en fin de nouvelle au lecteur, ou dans "Ecologiste du troisième type", qui relate l'histoire d'un automobiliste cynique doté d'une conception très personnelle de la sauvegarde de la nature. Et en parlant de nature, c'est une enfant qui, dans la dernière nouvelle du recueil, "Fraises des sous-bois", rappelle à un personnage adulte sa responsabilité de consommatrice. Puis disparaît - laissant le lecteur, à la dernière page, sur la phrase "Ce parc est interdit aux enfants.", un rien étonnante, par sa connotation négative et restrictive, pour boucler un recueil de nouvelles.

 

Le style est décontracté, ai-je dit; quelques tours de langage typiquement suisses romands y affleurent sans complexe. L'auteure ose des traits d'oralité pour créer une proximité avec le lecteur, qui aura rapidement l'impression qu'on lui raconte des histoires courtes, simplement structurées, issues de la vie de (presque) tous les jours, au fil des pages. Du point de vue stylistique, la nouvelle "Pris en flagrant délire" va surprendre par sa musique particulière, qui n'est pas sans faire penser au rap ou au slam - une bonne manière de délirer en mots, ce que suggère déjà le titre du recueil, qui rappelle de manière assumée un tube signé Alain Souchon. 

 

Sabine Dormond, Full sentimental, Sainte-Croix, Editions Mon Village, 2012. Couverture de Monsieur O.

Lu dans le cadre du défi Littérature suisse et du défi de la Rentrée Littéraire.

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 05:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, AnkyaAzilis, BénédicteBookwormCagire, Caro[line]Chrestomanci, ChrysEdelwe, EmmaEsmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Hambre, Herisson08, Hilde, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, MyrtilleD, Saphoo, Schlabaya, Séverine, Sophie57, Tinusia, Violette, Yueyin, Zik

 

L'éternelle histoire


Ils avaient dit bonsoir aux femmes
En train de coucher les petits;
Et, sur le dos mouvant des lames,
A la brune, ils étaient partis.

Ils étaient partis, à mer haute,
Pour conquérir le pain amer
Qu'il faut gagner loin de la côte,
Au péril de la haute mer.

Dans la nuit, la nuit sans étoiles,
Ils disparurent... A Dieu vat!
Le Guilvinec pleure cinq voiles,
Et cinq autres Leskiagat.

Pêle-mêle, mousses imberbes,
Patrons chenus, fiers matelots
Roulent, fauchés comme des herbes
Par le vent, ce faucheur des flots.

Oh! la triste chanson d'automne,
Et qu'il fera froid, cet hiver,
Dans le coeur dolent des Bretonnes,
Veuves tragiques de la mer!

 

Anatole Le Braz (1859-1926). Source.

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Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 19:05

hebergeur imageBeaucoup de courage pour Katia, qui a lu "Les Frères Karamazov" dans le double cadre du Défi des Mille et de la lecture commune que j'avais proposée. Bravo et merci pour cette participation! Vous trouverez ses impressions de lecture ici:

 

http://quelques.pages.cowblog.fr/les-freres-karamazov-3203767.html

 

A propos, y a-t-il un roman de plus de mille pages dans la rentrée littéraire 2012? A bientôt pour de nouvelles lectures de longue haleine!

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Publié par Daniel Fattore - dans Défi des Mille
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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 21:35

hebergeur imageOn reprend le podium de l'an passé et on recommence: ainsi peut-on résumer le résultat du championnat suisse d'orthographe 2012, dont la finale a été disputée samedi à Chamoson. Avec une troisième place (et premier suisse du classement seniors), j'ai donc eu le plaisir de défendre avec succès mon titre de champion suisse d'orthographe, récolté l'an dernier: à nouveau, c'est du bronze qui vaut de l'or!

 

Impression familière à la première lecture du texte, mais qui me terrasse toujours dans un premier temps: le texte de Francis Klotz me paraît affreusement difficile, plus tordu que d'habitude, long et piégeux à souhait et au-delà. "Pas pour cette fois!", me dis-je, comme souvent. Et puis la dictée proprement dite commence. Très helvétiquement intitulée "Nonante-trois", elle portait sur "Quatrevingt-Treize", roman fameux de Victor Hugo: l'auteur s'est amusé à raconter les tribulations d'un exemplaire de ce livre, tantôt captivant ses lecteurs, tantôt les ennuyant, voire transformant leur vie (à propos, j'ai un tuyau pour le tiercé: jouez le quatre, le vingt et le treize. Puisqu'on vous le dit!) - avec une fin en apothéose en Seine-Saint-Denis, comme il se doit. Et en écrivant, tout s'enchaîne: des hésitations sont résolues, d'autres se font jour... Trois fautes ont sanctionné mon parcours - un in-dix-huit mal orthographié (a-t-on idée d'écrire le chiffre en toutes lettres dans ce cas, aussi? Dire que j'ai hésité...), une majuscule mal à propos à l'internet (déformation professionnelle) et une bourde de compréhension due à un défaut de sono - que trois autres candidats ont aussi commise, d'ailleurs. Nous devrions fonder un club.

 

Cette dictée est aussi une occasion de se retrouver entre amis passionnés, et de refaire la langue française et le monde des jeux en tous genres: il y a là aussi de brillants scrabbleurs et un ou deux candidats à "Questions pour un champion" qui racontent les coulisses de l'émission: modalités de sélection, distribution et sélection des candidats de manière à avoir un équilibre sur le plateau, etc. Cela, autour d'un verre de dôle et d'une assiette valaisanne, comme il se doit: nous avons nos habitudes...

 

Les organisateurs de l'épreuve notent du reste que la petite soixantaine de candidats réunis samedi matin pour la dictée étaient en grande partie des habitués de longue date. On y compte des gens de toutes générations. Les juniors étaient également bien présents, et ont assuré un supplément de suspens au moment de la remise des prix, puisqu'un test supplémentaire a dû leur être dicté sur le gaz (comme une ambiance de tirs aux penalties, tout d'un coup...) pour départager les deux premiers - et c'est Viviane Hirt, de Ferney-Voltaire, qui a décroché le pompon.

 

Et comme chaque année, la dictée est l'occasion pour moi de traîner mes basques à la Fête du Livre de Saint-Pierre-de-Clages (vingtième du nom) en attendant la remise des prix, et de nourrir ma pile à lire - modérément cette fois: je suis revenu avec un livre de Georges Haldas, un autre de Léon Savary (j'ai hâte de le lire!) et un troisième de Samuel Brussel, qui sera une pure découverte pour moi. Tout cela, sur le stand des éditions L'Age d'Homme, ce qui m'a permis de confirmer que la maison continue son bonhomme de chemin, son fondateur Vladimir Dimitrijevic veillant sur elle depuis l'au-delà.

 

Bref... de l'orthographe, de bons livres, de l'amitié et de bons vins (mention spéciale à la Cave du Liquidambar): la manifestation est recommandable; que demander de plus?

 

Palmarès de la catégorie seniors: 1. Guillaume Terrien (Grenoble, France); 2. Guy Deschamps (Saint-Martin-des-Besaces, France); 3. Daniel Fattore (Fribourg, Suisse)

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Publié par Daniel Fattore - dans Langue française
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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 19:31

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Romont, sa tour du Sauvage, son Vitromusée, sa collégiale, et sa dictée... Je m'étais déjà fait l'écho de ces joutes orthographiques en 2010 et 2011: Estelle Perritaz, libraire à l'enseigne de "La Rumeur" depuis quatre ans, organise chaque été une dictée à l'attention de toute personne intéressée et désireuse de se confronter aux difficultés d'un texte en langue française. Jusqu'à présent, j'y participais en qualité de candidat. Et une petite nouveauté, déjà annoncée ici même, est venue marquer la cuvée 2012: c'est votre serviteur qui a écrit le texte de l'épreuve.

 

Une quarantaine de personnes est donc venue écrire "Une partie de pêche", un petit texte sympa de mon cru (et dûment révisé par Guillaume Terrien, patron de l'excellent site Orthodidacte - merci à lui pour sa sagacité), à la salle Saint-Charles de Romont. On a reconnu qu'elle était un peu plus difficile que lors des deux éditions précédentes. Cela dit, on en a également apprécié l'esprit et la clarté: il était possible de comprendre ce qui était juste, ce qui était faux et ce qui pouvait être toléré, d'autant plus que ces indications figuraient en bas du corrigé. "Une dictée sans quiproquo!", a dit quelqu'un au moment de l'apéritif conclusif. 

 

Après une première lecture par mes soins, le texte a été dicté avec soin et rapidité par Jean-Luc Devaud, avec qui j'ai pris le temps de régler quelques détails avant la dictée, en particulier les liaisons à faire et à ne pas faire, cela, en vue d'aider (ou pas, de manière intentionnelle et coordonnée) les candidats. Les corrections ont suivi, de manière collective; elles m'ont permis de donner quelques explications au sujet du texte, en plus de celles qui étaient jointes au corrigé remis à chacun. Une ultime relecture a permis de dégager le podium - bravo encore à tous les candidats, s'ils passent par ici!

 

Le tout s'est passé dans une ambiance bon enfant, poursuivie à l'occasion d'une verrée amicale qui a constitué l'occasion de refaire la langue française. Et rendez-vous est pris pour l'été prochain! D'ici là, des photos devraient paraître prochainement sur le site de la librairie, si celle-ci procède comme les années précédentes...

 

Photo: la ville de Romont. Source: Loisiris.ch

 

 

 

 

 

 

 

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Publié par Daniel Fattore - dans Langue française
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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 05:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, AnkyaAzilis, BénédicteBookwormCagire, Caro[line]Chrestomanci, ChrysEdelwe, EmmaEsmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Hambre, Herisson08, Hilde, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, MyrtilleD, Saphoo, Schlabaya, Séverine, Sophie57, Tinusia, Violette, Yueyin, Zik

 

Errances

 

Quand le soir, sybarite, erre au bleu des roseaux,

Poursuit l'horizon d'une brise frôleuse,

Séléné s'abandonne à ses voiles, frileuse;

La source, de cristal, frémit en blancs réseaux...

 

Il me souvient d'amours, d'attendrissants oiseaux,

Dont le coeur assidu, sous l'aile ensorceleuse,

Contait, pour m'endormir, l'histoire fabuleuse

D'un prince de jadis, hantant le bord des eaux...

 

C'est la nuit que je pleure, étouffant de tendresse,

Implorant mes demains d'alléger ma détresse,

Mais nul écho, jamais, ne répond à mon cri!

 

La lune ignore, aux bois, mes sombres nonchalances,

Epouse vainement mon jardin défleuri!

L'astre emporte son miel... et mes brûlants silences!

 

Aline Morzier, cité dans Claude Seydoux, Règles élémentaires de prosodie.

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Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 20:10

hebergeur imageC'est Lystig qui s'y colle, avec le roman "YXSOS ou le Songe d'Eve" de Pierre de Grandi, un écrivain qui fut directeur du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) de Lausanne. Elle en parle ici:

 

http://loiseaulyre.canalblog.com/archives/2012/08/21/23506744.html

 

Merci et bravo pour cette participation! A noter que cet ouvrage rare a déjà été évoqué sur ce blog, ainsi que chez Livrogne.

 

Il est toujours temps de participer au Défi Littérature suisse... la rentrée littéraire peut vous en donner l'occasion, entre autres avec Jean-François Haas, Jean-Michel Olivier (prix Interallié 2010) ou Anne-Sylvie Sprenger. Il faudrait que je fasse un billet spécifique...

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Publié par Daniel Fattore - dans Défi Littérature suisse
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