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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 00:00

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Bonne année à vous, visiteuses et visiteurs de ce blog! Il est des champagnes rares, des plus courants et des breuvages de marques rutilantes; mais en définitive, pourvu qu'on ait la douceur et l'ivresse! Que la douceur et l'ivresse du bonheur, du succès et de la bonne santé vous accompagnent tout au long de l'année 2014 - que je vous souhaite pétillante et riche en belles promesses... tenues avec brio, bien sûr!

 

Source de l'illustration.

 

 

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 19:30

hebergeur imageLu par Alfred Eibel, Ma petite bibliothèque, Sophie, Stalker.

 

C'est l'histoire d'un critique littéraire, Marius, auquel tout le monde fait sentir qu'il est un peu un acteur de seconde zone. Mais c'est aussi l'histoire d'un Marius aux tendances paranoïdes, se sentant snobé à la moindre réserve. Il faut dire qu'il est catholique et noble - lourde hérédité. Rédigé par Marin de Viry, chroniqueur à la Revue des deux mondes comme son personnage, "Mémoires d'un snobé" pratique l'ironie corrosive avec intensité tout au long des deux cents pages de ce roman, dont le côté satirique est renforcé par l'usage de la première personne du singulier, usuelle depuis un certain Mathurin de Régnier.

 

En peignant par exemple, et dès les premières pages, des rendez-vous hasardeux, l'auteur pose la question suivante: ne sommes-nous pas toutes et tous, à un moment ou à un autre, le snobé ou le snob de quelqu'un?

 

L'auteur joue avec les codes du roman à clés, tout en brouillant les pistes dès l'exergue. Cela se concrétise par la mise en scène de quelques personnages célèbres dûment nommés (Michel Houellebecq, Frédéric Beigbeder, Benoît Duteurtre, Lolita Pille, pour ne citer qu'eux), de quelques inconnus qui pourraient être inventés, d'autres encore qui ne sont que prénommés, et même d'anonymes que les plus sagaces reconnaîtront autrement - par exemple ce personnage qui pourrait devenir premier ministre, et qui fait écho à la démonstration d'autorité de Marius au Flore. Dans la zone floue ainsi créée entre le réel et l'espace du roman, l'auteur a toute la place pour fourrer de quoi intriguer: certaines personnalités du milieu germanopratin se reconnaîtront, peut-être à tort, dans les personnages mis en scène. Enfin, le narrateur ne serait-il pas l'auteur lui-même, à peine travesti?

 

Quant à la géographie, l'auteur affirme que s'il situe son action dans le sixième arrondissement de Paris, c'est par commodité. On le suit volontiers lorsqu'il affirme qu'"une usine d'abattage de poulets aurait aussi bien fait l'affaire"; en revanche, quel meilleur endroit que ce qui, pour plus d'un lecteur, demeure (à tort ou à raison) le coeur de la production littéraire parisienne, pour ne pas dire française? Avec les personnages mentionnés ci-dessus, le lecteur imagine sans peine qu'il va se retrouver au centre d'un certain milieu branché. Celui-ci est dépeint avec une verve abrasive et exubérante qui éclate avant tout dans les dialogues. Peint avec toutes les outrances, le personnage de Marius y joue son rôle de Calimero victime du snobisme, menant la satire. C'est cependant dans un milieu privé, face à un réfrigérateur de taille respectable, que le narrateur atteint des sommets, jouant à "kikalaplugrosse" avec un de ses amis: le snobisme irait-t-il se réfugier jusque dans la taille des frigidaires?

 

Et là-dessus, vient se greffer une histoire d'amour contrariée. Elle dévoile un autre aspect de Marius, son côté "pauvre type", veule, incapable d'assumer ses sentiments. Sa troisième dimension, pourrait-on dire. Marius a quand même un instant de courage lors d'une soirée (quelques pages d'anthologie avec Frédéric Beigbeder comme meneur de cérémonie...), et se dévoile à Caroline, aux rythmes successifs des tagada et des youhou qui ont caractérisé une vie professionnelle à la poursuite d'ombres. Cela, jusqu'à un constat ultime: "C'est l'aube, j'ai opéré ma métamorphose, et rien n'a changé." Est-ce le prélude d'un nouveau point de départ? Un avatar de la crise de milieu de vie? La fin de "Mémoires d'un snobé" reste ouverte, montrant un narrateur qui tire le bilan de son existence et de dix-sept années sans succès. C'est qu'après tout, ces "Mémoires", improprement nommés finalement, sont plutôt une tranche de vie ouverte sur l'avenir.

 

Ouverte sur l'avenir? La structure cyclique du roman (qui commence et finit par des offices de funérailles catholiques) pourrait entendre que le narrateur va retomber dans l'ornière. Elle peut être lue de façon optimiste aussi: si le premier office de funérailles fait figure, de manière utilitaire, de petite scène d'exposition, le dernier peut être vu comme la métaphore de la fin d'une tranche de vie de dix-sept ans, dont le narrateur s'apprête à faire le deuil après un intervalle de quelques jours qui lui ont ouvert les yeux. 

 

Marin de Viry, Mémoires d'un snobé, Paris, Pierre Guillaume de Roux, 2012.

 

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 18:42

Lu par Nietzsche Académie.

 

Il y a quelque temps, Olivier Mathieu a publié le dernier épisode du vaste cycle des aventures de Robert Pioche – poursuivant ainsi, avec une détermination qui force le respect, une promesse d’enfant. Ce nouvel opus s’intitule «Jouissive à Venise». Colorée, sa couverture engageante montre le pont du Rialto à Venise; le choix des polices de caractère invite à la lecture.

 

Tout commence, dans le premier chapitre, sur le ton d’un bavardage qui n’est pas sans rappeler, par certains aspects, celui qu’affectionne Jean d’Ormesson. L’auteur donne une certaine rondeur à cette exposition du projet littéraire de «Jouissive à Venise». Cultivé et pertinent, le propos rapproche la possibilité de la mort de l’auteur et l’image de l’horloge sise Place Saint-Marc de Venise, face à laquelle les condamnés étaient exécutés, dit-on, afin qu’ils sachent précisément quelle fut «leur» heure.

 

Puis la dureté s’invite. Dureté des outils du dentiste, certes. Celle-ci fait écho à la dureté des invectives de l’auteur à l’encontre de quelques figures qui ont traversé son existence – leurs noms sont parfois travestis, de façon assez transparente – mais aussi de certains anonymes, «petits verrats bourgeois et frileux» qui «clament leur amour pour Nietzsche ou Léon Bloy». Une attitude qui peut paraître lourde pour le lecteur, qui cherche avant tout, en ouvrant «Jouissive à Venise», «un roman érotique à Venise»: même si ce sont là les mots d’un auteur qui se déclare «en guerre», est-ce indispensable? Est-il bien nécessaire, par ailleurs, de traiter ses amis de «connards»? Cela laisse un goût déjà connu de «Publikumsbeschimpfung» à la Peter Handke, sans en avoir l’impitoyable systématique.

 

Fort heureusement, le projet de l’auteur a aussi des aspects plus agréables. Il propose un double hommage à la fellation et à Venise. La relation avec Jouissive (pseudonyme du personnage féminin de «Jouissive à Venise») est actuelle: le fil rouge de ce roman est constitué par la description des quelques jours que Jouissive et Robert Pioche ont passés ensemble à Venise, fellations comprises.

 

En préambule, l’auteur se souvient, et c’est original, des pipes les plus mémorables qu’on lui a taillées (chapitre deuxième, «Chapitre en fellations»). C’est aussi l’occasion, pour le lecteur qui découvre l’œuvre d’Olivier Mathieu avec «Jouissive à Venise», de se rappeler la biographie de Robert Pioche. Cette dernière est familière à ses lecteurs habitués; ceux-ci seront cependant comblés par l’aspect «fellation» de cette biographie récapitulative.

 

Venise est vue à travers le prisme de l’existence de Carlo Gozzi et des traces qu’il a laissées dans la Sérénissime, entre autres les fameuses «trois planches» qui relient deux bâtiments afin que le dramaturge vénitien puisse rejoindre discrètement son amante. L’auteur présente d’ailleurs Carlo Gozzi comme «l’homme qu’on avait toujours pris pour un autre», relevant l’écart qui existe entre sa perception de l’écrivain et celle qu’en ont les historiens. Une différence qui fait écho à l’écart qui existe entre ce que le grand public connaît d’Olivier Mathieu et ce qu’il est vraiment.

 

Le meilleur ouvrage de l’auteur, alors? Certes, les pages d’invectives ont quelque chose de peu agréable à entendre, et ne sont pas les plus enchanteresses de ce roman. Pour le reste, les habitués retrouveront dans « Jouissive à Venise » certains épisodes et obsessions récurrents dans la geste de Robert Pioche, et n’en seront donc guère surpris. Les nouveaux lecteurs, quant à eux, y découvriront une synthèse et la narration d’une intense tranche de vie. Le propos est clair voire explicite, et le rythme est maîtrisé, ce qui rend ce roman accrocheur. Quant à la personne de Jouissive, le lecteur captivé la retrouvera comme préfacière de «Châteaux de sable», le dernier roman d’Olivier Mathieu, qui paraît justement ces jours-ci.

 

Olivier Mathieu, Jouissive à Venise, Cluj-Napoca, Casa Cărţii de Ştiinţă, 2013.

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 06:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, Ankya, Azilis, Bénédicte, Bookworm, Cagire, Caro[line], Chrestomanci, Chrys, Edelwe, Emma, Esmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Herisson08, Hilde, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, MyrtilleD, Saphoo, Séverine, Tinusia, Violette, Yueyin.

 

Libertaire

 

Vomir l'infini des manipulations

Voir où et comment l'on vit

 

Il faut prendre une décision

 

Etre conforme à leurs envies

Ou vivre en opposition

 

Juste un verbe au coeur: aime

 

Mourir d'être privé de soi-même

ou

Etre soi-même et en mourir

 

Voilà ce qu'il faut choisir.

 

Pascal Scheidegger, 19 poèmes industriels, World Crisis Crew, 2013.

 

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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 18:26

hebergeur imageLu par Anne Sophie, Elodie G., Mélusine, Mylou.

Le site de Julien Fonck, préfacier. Celui de l'éditeur.

 

Pour reprendre les mots de son préfacier Julien Fonck, le poète suisse Pascal Scheidegger se mue, l'espace d'un recueil de poésies à la couverture noire, en "scruteur de scrutin" qui s'interroge sur une époque, la nôtre, d'une manière volontiers engagée. Diplômé de la HEV (Haute Ecole de la Vie), l'auteur dépeint ces aspects sombres et dérangeants de notre temps.

 

A chaque poème son sujet! L'auteur laisse éclater sa colère, par exemple au terme d'un poème consacré à une démocratie creuse, "Lobby": "Démocratie! Je suis en pétard!" D'une manière générale, les mots sont forts, efficaces et sans masques, ce qui fait claquer les vers libres du recueil. Des vers à la ponctuation rare, comme pour ne pas arrêter le flux des pensées, des mots. Les points d'exclamation n'en prennent que plus de poids.

 

Les impasses et les révoltes existentielles se succèdent donc: difficulté à s'exprimer librement (intéressant soulignement du titre du poème "Libertaire", dernier poème du recueil, rappelant que dans "Libertaire", il y a "taire"), bruit et stress, presse manipulatrice, vacuité des élections. Il part de choses vues en Suisse, d'impressions...

 

Le lecteur en ressort secoué, peut-être plombé par les accents lucides voire pessimistes des 19 poèmes. Il sera en tout cas frappé par une plume aux accents libertaires livrés cash, brut de décoffrage - industriels, urbains en somme. Comme le sont d'ailleurs les illustrations du recueil, vivement colorées, où domine souvent un rouge violent.

 

Pascal Scheidegger, 19 poèmes industriels, World Crisis Crew, 2013.

 

 

 

 

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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 18:59

hebergeur imageLu par Evy, Fiona, Johanne, Marinette, Melwasul, Ninie, Saefiel, Tribulations.

Le blog de l'auteur.

 

Avouez-le, amies lectrices, amis lecteurs: il y a un peu trop longtemps que je ne vous ai pas parlé de chick lit. Il est bien révolu, le temps des fabuleuses Harlequinades et du regretté défi de l'ami Calepin!

 

Alors quand j'ai vu qu'une auteure lausannoise, Cléo Buchheim, a publié son deuxième roman, "Paillettes et gros dossiers", chez Harlequin, avec une couverture bien tape-à-l'oeil, je me suis dit qu'il était temps que je m'y remette. Et les fêtes de fin d'année sont une période propice à des lectures plus légères. Alors, pourquoi pas?

 

Un univers et des personnages familiers

L'univers dépeint par l'auteur correspond en tous points aux canons du genre. Le lecteur suit Jacqueline Meridier, une jeune femme qui se cherche: elle enchaîne les stages éphémères et hétéroclites. Là, elle effectue, faute de mieux, un stage dans une agence de presse spécialisée dans le monde artistique. Et les scènes de travail sentent le vécu: horaires impossibles, ordres abstrus donnés par une hiérarchie débordée, etc.

 

Autour d'elle, évolue un univers familier. Il y a la bande de copines bouffées par leur travail, et qui cherchent aussi leur place dans la société. L'auteure y intègre Stanislas, un garçon qui drague, et que Jacqueline adore mais n'aime pas: c'est le type du copain d'enfance avec lequel il ne se passera jamais rien de sexuel. La présence d'un patron tyrannique, Tartt, rappelle ici, sans en avoir tout l'éclat hégémonique, une certaine Miranda Priestly, vue dans "Le Diable s'habille en Prada" de Lauren Weisberger.

 

Enfin, pas de chick lit sans bellâtre! Ici, il s'appelle Arnaud et fait figure de requin dont la virilité, fort urbaine au demeurant, cache un coeur tendre. Comme il se doit dans un livre de chez Harlequin, il a la voix rauque et un physique athlétique plutôt avenant. Ah, et détail qui tue: il porte des chemises monogrammées. Classe, non? Enfin bon, je dis ça, je dis rien, c'est juste pour situer le bonhomme, hein...

 

Priorité à l'humour de situation

L'humour est essentiellement de situation: comme de bien entendu, Jacqueline Meridier vit toutes sortes de quiproquos à caractère plus ou moins sentimental qui vont faire d'elle la vedette de la presse à potins (d'où les paillettes du titre, les gros dossiers étant ceux du travail, toujours à boucler pour hier, on l'aura compris).

 

L'épisode du speed dating à l'italienne se présente ici comme une figure imposée, menée avec rythme et esprit. C'est l'occasion rêvée de donner en pâture au lectorat, en quelques pages rapides, un panel de sept mecs caricaturaux - le plus épousable d'entre eux étant, comme il se doit, un homosexuel mal assumé. Le lecteur goûtera aussi ce moment où les filles, lâchées dans un bar où des serveurs hommes travaillent à demi nus, se comportent comme des hommes face aux serveuses dénudées d'un bar à champagne un peu louche...

 

Le nom de la narratrice offre l'occasion de quelques jeux de mots: une seule lettre manque au nom de famille, et tout est, euh, dépeuplé, pour ne pas dire pis! Enfin, si l'art comique du jeu de mots est limité dans "Paillettes et gros dossiers", l'auteur fait quand même preuve d'un sens consommé de la formule et de l'autodérision.

 

Un roman hors sol?

On peut s'interroger sur l'ancrage de ce roman. Il est double, du moins en théorie. Le premier est celui de son époque, et là, on est vraiment dans le cas d'une littérature pour citadines branchées, à l'aise sur Google et Facebook, buvant des cocktails dans des bars à la mode et familières des grandes marques internationales - ce qui donne l'occasion de les citer, dans un exercice de namedropping attendu, mais qui interroge: comment une stagiaire au revenu modeste peut-elle avoir tant d'accessoires griffés?

 

Le second est géographique: l'action est située dans le pays de Vaud. Cela dit, la narratrice paraît craindre d'en dire trop: côté suissitude, elle se contentera de payer en francs suisses, de lâcher quelques helvétismes convenus et explicités (septante, huitante, nonante) et de se dire que les Bernois sont lents, surtout s'ils conduisent des taxis. Dès lors, le contexte paraît plutôt international et hors sol, à l'instar des noms des personnages, peu typés. L'auteure évoque par ailleurs une presse people bien peu helvétique et cite un restaurant suisse réputé, "Le Chat botté"; mais celui-ci est à Genève... tout cela finit de brouiller les pistes en matière de géographie.

 

Et question langue? Le premier chapitre est un peu lent, et il faut noter que l'auteur a une tendance un peu lourde à expliciter certaines choses a priori évidentes, à l'aide de parenthèses qui font perdre en nervosité. Mais au fil des pages, au fur et à mesure que les personnages se frottent les uns aux autres (euh, pas seulement au sens physique du terme, vous m'avez bien compris, hein!), le lecteur finit par goûter avec plaisir une plume alerte et qui sait (s')amuser. Et qui, me semble-t-il, est tenue par la première Suissesse à avoir publié un roman dans la collection Red Dress Ink.

 

Cléo Buchheim, Paillettes et gros dossiers, Paris, Harlequin/Red Dress Ink, 2013.

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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 21:27

hebergeur imageAnne l'avait annoncé sur son blog, je le confirme ce soir: le 1er janvier 2014, je reprends de ses mains le flambeau du défi Premier roman pour l'année qui vient!

 

Je renonce à créer des catégories en fonction du nombre de chroniques: ayant participé à ce captivant défi au cours des années écoulées, j'ai fini par renoncer à compter... et quand on aime les livres, fussent-ils des premiers romans, on ne compte pas! Je continuerai, pour ma part, à lire des premiers romans: ce sont toujours d'intéressantes découvertes.

 

J'annoncerai au coup par coup les billets publiés, dans un billet spécifique sur ce blog. Cela, comme je le fais pour le Défi des Mille (qui vit toujours!). Réciproquement, je vous serais reconnaissant de glisser un lien de votre blog vers le mien, voire vers le présent billet, si vous participez à ce défi Premier roman. Merci d'avance! hebergeur image

 

Par ailleurs, je tiendrai un récapitulatif sur une page de mon annexe de blog, qui se trouve ici. Cette page est encore un peu vide, vous en conviendrez; à nous tous de la remplir!

 

Enfin, comme il se doit, j'ai bricolé un logo pour ce défi, à partir d'une image libre de droits. Il se trouve en haut à gauche du présent billet. Si vous le trouvez chouette, libre à vous de l'utiliser pour signaler les billets et lectures faits dans le cadre de ce défi! Si vous avez un souci pour le copier chez vous, n'hésitez pas à m'envoyer un courriel. Je vous enverrai le fichier sans autre forme de procès.

 

Pour sourire, enfin, j'ai aussi créé, à partir d'un machin controversé, une image "prescripteur" avec Martine en guest star... j'espère qu'elle ne m'en voudra pas.

 

Alors? Je vous invite à vous joindre à ce défi, nombreuses et nombreux, et vous souhaite de merveilleuses découvertes dans le cadre de ce défi Premier roman!

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25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 20:48

hebergeur imageLu pour le défi "Premier roman".

 

"Cosplay", c'est, pour le commun des mortels, un certain art japonais de se déguiser. Pour Laurent Ladouari, auteur du roman "Cosplay" (justement!), c'est une méthode managériale comme une autre, mise en scène dans un roman d'anticipation. "Cela n'a aucun sens", suggère le prière d'insérer... voire! En l'occurrence, le lecteur va être happé dans un jeu de masques tourbillonnant et non exempt de coups de théâtre - comme il se doit.

 

Précisons le contexte: vers la fin du vingt et unième siècle, l'entreprise 1T, vieille gloire de la production de processeurs, est au bord de la faillite. Son repreneur, Zoran Adamas, lance un grand jeu de rôles massivement multijoueurs, "Cosplay", dans cette entreprise. Les joueurs? C'est le personnel. Comme son nom l'indique, ce jeu se déroule masqué, ce qui permet tous les coups. Et si le début ressemble à un joyeux chaos, l'issue pourrait être fructueuse... ou pas. Là-dedans, l'auteur lâche une petite nouvelle, Katie...

 

La mascarade de tous les paradoxes

Ainsi naît une foisonnante comédie du management et des restructurations. A priori, le sujet aurait pu être tragique, sur fond de détresse sociale. L'auteur choisit un tout autre point de vue. Le Cosplay pousse au départ les personnes à la motivation chancelante et galvanise ceux qui sont passionnés. La narration suit une série de collaborateurs masqués, de tous niveaux hiérarchiques, bons et méchants. Le jeu de masques autorise tous les décalages: on trouve ainsi un Robespierre au discours un peu mou, et aussi un Gandhi armé d'un bazooka, qui a une "vision pour le moins musclée du pacifisme" (p. 394).

 

Chaque personnage réel est d'ailleurs invité à choisir son avatar dans un catalogue de personnages historiques réels ou mythiques, ce qui donne lieu à des présentations parfois cocasses. Qui se cache, par exemple, derrière la présentation "Vedette des guérillas, vendeur de T-shirts" (1)? Il va de soi que ces avatars puisent à toutes les époques, ce qui génère des rencontres pour le moins improbables entre figures du présent et du passé - un anachronisme organisé, donc.

 

Erudition et vision du management

Derrière l'esprit joyeusement carnavalesque de ce vaste roman, porté par l'énervante ritournelle "Mexico" de Luis Mariano, se cache une solide érudition. Les nombreuses références à l'Antiquité, à son histoire et à ses mythes rappellent certaines pages d'"Ilium" de Dan Simmons, en nettement moins ennuyeux malgré quelques longueurs: se croiseront ici Jules César et Cléopâtre, mais aussi Cincinnatus et d'autres. Les références à Alexandre Dumas sont aussi présentes. En particulier, le lien entre Katie Dûma (Dumas) et Athos (ce dernier étant une créature de Dumas) ne saurait échapper au lecteur. Cela, sans parler d'allusions répétées au comte de Monte-Cristo. Enfin, plus d'un personnage lit beaucoup, de Thomas Hobbes à Hector Malot en passant par Ayn Rand et quelques autres.

 

Et puis, il y a aussi une certaine conception du fonctionnement des entreprises qui transpire de ce roman. Une conception idéalisée et un poil manichéenne, opposant les entreprises à l'ancienne, pourries par le copinage et les malversations (voire, avec le personnage de Jenna Briggs, les progressions de carrière basées sur l'opulence d'une poitrine), et un nouveau système purement démocratique et méritocratique. Cela peut aller, entre les lignes, jusqu'à suggérer au lecteur qu'il peut aussi arriver, dans son entreprise, rien que par son talent - et ce, de manière fulgurante. Un point de vue qui mérite d'être nuancé...

 

Un roman d'aventures costaud

Si cette vision peut faire débat, force est quand même de constater qu'en bon écrivain de romans d'aventures, l'auteur sait faire rebondir son intrigue de façon captivante et efficace, après un début lent qui prend le temps de se mettre en place et, mine de rien, d'intriguer le lecteur. La fin met en scène ceux qui tirent les ficelles, jouant aux échecs. Elle laisse aussi le lecteur... sur sa faim, concernant un ou deux éléments: qu'advient-il de l'idylle entre Hélène et Tancrède? Que va-t-il advenir du projet de cerveau artificiel qui devrait faire renaître 1T de ses cendres (comme un phénix - tiens, c'est comme par hasard le nom du groupe auquel 1T appartient...)? Que sont les "volutions", en définitive? Ce roman se présente comme la première de celles-ci. Il devrait y en avoir d'autres, qui devraient apporter des réponses à ces questions au fil de romans successifs.

 

"Cosplay" laisse donc l'impression d'un récit aux fondements solides, qui pourraient être plus subtils parfois; c'est aussi un roman d'anticipation captivant, exubérant voire baroque dans le propos sinon dans le style, et qui se dévore. L'anticipation s'avère essentiellement géographique et technologique; elle donne à voir une ville qui pourrait être Paris, séparée du reste du monde par un mur de 12 mètres de haut. Et elle est contrebalancée par une playlist qui fait la part belle aux chansons que tout le monde connaît - et qui, pour une bonne part, ont été des succès du vingtième siècle ("Money" de Pink Floyd, "Like A Virgin" de Madonna, "Revolution" des Beatles, etc.). Sans rien perdre d'un rythme qui fait écho à l'écriture rapide et alerte de l'auteur, elles seront donc devenues, pour ainsi dire, de la banale musique classique ou d'ascenseur à la fin du vingt et unième siècle...

 

(1) C'est Che Guevara (p. 123).

 

Laurent Ladouari, Cosplay, Paris, HC Editions, 2014.

 

Merci aux éditions HC et à Babelio pour le partenariat et l'envoi.

 

tous les livres sur Babelio.com

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25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 00:00

hebergeur imageAmies et amis fidèles de ce blog, visiteurs de passage, géographiquement proches ou venus de loin, je vous souhaite à toutes et à tous une belle et sainte fête de Noël! Tous mes voeux vont également à celles et ceux qui vous sont chers.

 

Au plaisir de vous retrouver prochainement, en pleine forme!

 

Illustration: nativité de Michel-Ange. Source.

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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 06:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, Ankya, Azilis, Bénédicte, Bookworm, Cagire, Caro[line], Chrestomanci, Chrys, Edelwe, Emma, Esmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Herisson08, Hilde, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, MyrtilleD, Saphoo, Séverine, Tinusia, Violette, Yueyin.

 

La Naissance

 

Il a débarqué dans cet endroit

Avec son air de maladroit

Il n'y avait pas l'ombre d'un chat

C'était l'hiver, il faisait froid.

 

Il a trouvé une chaumière

Où il a croisé cette fermière

Par un beau soir, c'était Noël!

Alors, il s'est approché d'elle.

 

Elle avait posé contre son sein

Un enfant qui tenait sa main

D'une main tremblante a murmuré

Je vous offre l'hospitalité

 

Elle avait tout de suite compris

Qu'avec son air de démuni

Il s'était perdu dans la brise

Là où le vent est de mise

 

Raphaël Meneghelli, Pèlerinage de vie, Fribourg, 2012.

 

 

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