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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 05:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, Ankya, Azilis, Bénédicte, Bookworm, Cagire, Caro[line], Chrestomanci, Chrys, Edelwe, Emma, Esmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Herisson08, Hilde, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, MyrtilleD, Saphoo, Séverine, Tinusia, Violette, Yueyin

 

Images d'automne

 

Lorsque revient le doux automne,

Soulignant d'or les châtaigniers,

La brume s'installe et moutonne;

Lorsque revient le doux automne,

A la maison l'âtre chantonne...

Les foins embaument les greniers

Lorsque revient le doux automne,

Soulignant d'or les châtaigniers.

 

Le temps s'endort à la campagne,

L'oiseau déserte le jardin

Où l'ombre frileuse témoigne:

Le temps s'endort à la campagne;

Mais l'heure tiède l'accompagne

Et cueille un dernier grenadin!

Le temps s'endort à la campagne,

L'oiseau déserte le jardin.

 

Les bois sont de dentelle rousse

Et l'azur s'accroche aux roseaux

Qu'un vent malicieux retrousse.

Les bois sont de dentelle rousse,

Un pan de lumière éclabousse

Le soir où danse un vol d'oiseaux...

Les bois sont de dentelle rousse,

Et l'azur s'accroche aux roseaux.

 

Aline Morzier, dans Mélodies, Petit-Lancy, Cercle romand de poésie classique, 2002.

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Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
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13 septembre 2015 7 13 /09 /septembre /2015 14:31

Urech Valets"Les Valets de nuit" a valu à Marie-Jeanne Urech le Prix Rambert 2013. Récompense méritée! Présent à sa remise organisée à Lausanne par la section locale de la société d'étudiants de Zofingue, j'avoue avoir été intimidé par la présentation érudite qui a été faite de ce roman. Il m'a fallu du temps pour oser enfin m'y plonger... et retrouver enfin, avec bonheur, les mondes nocturnes et oniriques chers à la romancière et cinéaste vaudoise. C'est que chacun de ses romans est un univers en soi, si bref qu'il soit.

 

Le lecteur des "Valets de nuit" sera séduit par un univers proche du sien. Proche, mais pas égal: l'auteure a le chic pour y introduire un décalage qui suffit à le rendre rêvé, plus séduisant que la réalité dans laquelle nous vivons. Ainsi, dans "Les Valets de nuit", le manteau de neige qui recouvre la ville où se tient l'action (et qui pourrait être Cleveland) lui donne-t-il une allure faussement rassurante.

 

Les apparences sont trompeuses, en effet. Baigné d'atmosphères nocturnes, "Les Valets de nuit" se construit sur des rapports de force. Il y a d'un côté des nantis sans visage dont le palais est un building éclairé artificiellement, et de l'autre des gens ordinaires, pris à la gorge, contraints de travailler 24 heures sur 24 pour faire face à des échéances financières de plus en plus problématiques. Le lecteur est en droit de penser à l'actualité: "Les Valets de nuit" a paru dans le sillage des crises qui se sont succédé depuis 2008, subprimes, crédit, etc.

 

Les personnages du roman sont attachants, quels qu'ils soient. Figure emblématique de ces "valets de nuit" qui finissent par vous réclamer les clés de votre logement, le commissionnaire devenu huissier puis commissaire-priseur constitue une belle construction littéraire. Sa bosse est constituée des centaines de documents que les débiteurs sont obligés de signer pour obtenir une paix pour le moins provisoire. Cette bosse augmente, jusqu'à ce que le bonhomme ne puisse plus la supporter. On peut voir là l'image d'une responsabilité qui devient trop lourde, inhumaine: celle d'annoncer sans relâche et sans merci les mauvaises nouvelles, de mettre les gens à la rue, etc.

 

Le lecteur relève aussi les figures familières de Zibeline et Yapaklou, les enfants. Leur rôle dans le récit est significatif, suggérant que les enfants sont la promesse d'un monde meilleur, ou en tout cas pas pire: ce sont eux qui parviennent à trouver une cachette pour leurs propres affaires, éventuellement ouverte à leur famille, dans le cadre d'un distributeur de frites. Jolie trouvaille que ce distributeur, d'apparence minuscule mais immense à l'intérieur, et tenu par un géant débonnaire et plutôt souple. A contrario, les enfants reproduisent à petite échelle ce que font les adultes, pour le plus difficile et le plus beau: la musique du violon de Zibeline fait écho au chant de Philanthropie, la cantatrice obèse et obsédante qui occupe le sofa du salon. Tout cela pour obtenir un sou, peut-être: c'est le début de l'asservissement par le travail.

 

La justice saura-t-elle naître dans le monde créé dans "Les Valets de nuit", caractérisé par la désindustrialisation, les inégalités et les rapports de force? Les Eglises sauront-elles manoeuvrer dans ce sens? S'il présente un monde impossible, onirique et un peu fou, le roman de Marie-Jeanne Urech pose des questions sur le monde tel qu'il va, en recourant volontiers au décalage, à la caricature fine ou vigoureuse. Volontiers visuel, riche en couleurs, "Les Valets de nuit" sait à la fois séduire et déranger.

 

Il était temps de lire "Les Valets de nuit", d'ailleurs. Dans le cadre de la rentrée littéraire suisse romande, Marie-Jeanne Urech publie ces jours-ci son prochain roman, "L'ordonnance respectueuse du vide", toujours aux éditions de L'Aire.

 

Marie-Jeanne Urech, Les Valets de nuit, Vevey, L'Aire, 2013. Préface de Pierre-Yves Lador.

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13 septembre 2015 7 13 /09 /septembre /2015 05:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, Ankya, Azilis, Bénédicte, Bookworm, Cagire, Caro[line], Chrestomanci, Chrys, Edelwe, Emma, Esmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Herisson08, Hilde, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, MyrtilleD, Saphoo, Séverine, Tinusia, Violette, Yueyin

 

L'été au coeur

 

L'été, tard venant, a installé ses batteries,

a tiré du canon, allumé ses fournaises,

remué ses braises;

longuement il a réchauffé ses bassins,

brassé ses boissons,

allumant de ses feux les matins et les soirs.

L'été au coeur du monde,

au coeur des gens s'est installé

pour n'en plus déloger.

 

Bertrand Baumann (1941- ), Avec mon destin bras-dessus, bras-dessous, Vevey, L'Aire, 2015.

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Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
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9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 21:01

Bueno Bonsai.Lu par Atasi, Mélopée, Mr K, Pativore, Tanuki.

 

"Parce que grandir est un combat quotidien", telle est la dédicace qu'Antoine Buéno a inscrite dans mon exemplaire de son roman "Le Maître Bonsaï", comme il l'a écrite pour d'autres. Dédicace répétée donc, mais astucieuse, puisqu'il est question de bonsaïs, arbres réputés petits, à la croissance strictement contrôlée. Mais aussi de deux personnages qui ont besoin d'évoluer, de grandir, chacun à sa manière, sans contrainte. Avec "Le Maître Bonsaï", Antoine Buéno, qui s'est déjà intéressé à de petites créatures (c'était les Schtroumpfs) dans "Le Triptyque de l'asphyxie" puis dans "Le Petit livre bleu", fait montre d'un beau talent de conteur.

 

Ce talent utilise un art simple et habile du style. Cela saisit le lecteur dès les premières phrases. Placées dans la bouche du maître bonsaï, elles sont courtes et ressassent ce dont il est question, donnant l'impression d'avancer lentement, de façon austère. Il suffit à l'auteur de donner ainsi la parole à son personnage pour que le lecteur découvre un homme isolé, peu habitué aux méandres et loopings de la conversation. Adepte des petits arbres, le maître bonsaï s'exprime en petites phrases. Et l'on veut croire que l'une ou l'autre de ces phrases recèle un brin de philosophie derrière tant de concision, voire d'austérité hypercontrôlée.

 

En face du vieux maître bonsaï, l'auteur place une jeunette un peu écervelée qui veut en savoir plus sur l'art du bonsaï. Il en retrace le caquetage bondissant, fait de phrases plus longues et plus familières, virevoltantes aussi. Si ce personnage peut énerver, sa voix constitue un contraste maximal, pour ne pas dire brutal: l'auteur construit entre ses deux personnages un duo qui détonne. L'irruption de la jeune femme a par ailleurs des allures de désacralisation de l'exigeant métier de maître bonsaï, ne serait-ce que par le surnom de "petit bonzi" qu'elle donne à l'homme.

 

On peut dès lors se demander ce que peuvent avoir à se dire une jeune fille évaporée et un vieil homme complètement absorbé par son art. Chacun, en tout cas, va apprendre l'un de l'autre, à partir d'une première rencontre suivie de beaucoup d'autres. La fille découvre une technique qu'elle se réapproprie; quand au maître bonsaï éponyme, il va être amené à renouer avec son passé, présenté au début du roman comme une mystérieuse tache aveugle. Parce que les arbres parlent, murmurent, racontent leur histoire, mais qu'il faut peut-être quelqu'un pour le rappeler de temps en temps...

 

L'auteur du "Maître bonsaï" use toutes les ressources d'un style absolument maîtrisé pour se mettre au service de la représentation de deux personnages que tout éloigne a priori, et que la vie rapproche pourtant. A côté, l'économie de moyens est remarquable: peu de lieux, peu d'accessoires, ce qui laisse toute sa force à un conte oriental inséré ainsi qu'au flash-back qui émerge en fin de roman. "Le Maître bonsaï" est un roman dépouillé et strict aux allures de conte, ordonné autour d'un sujet original pour donner à penser.

 

Antoine Buéno, Le Maître bonsaï, Paris, Albin Michel, 2014.

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9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 20:46

hebergement d'imageDeux livres, un qui lui a plu, l'autre moins: Sharon demeure fidèle au Défi Premier roman! Merci à elle. Je vous laisse découvrir ses billets, dont voici les coordonnées:

 

Inger Wolf, Noir septembre

Angie Sage, Magyk tome 1

 

A votre tour de les découvrir!

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Publié par Daniel Fattore - dans Défi Premier roman
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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 20:12

Mosquit CoinMosquit 18Une lecture publique assortie de musiques, ça vous tente? Sous l'égide de la Société fribourgeoise des écrivains, le nouvelliste, chroniqueur et romancier Hervé Mosquit lira des extraits de ses oeuvres vendredi 11 septembre 2015 à 20 heures à la Salle de la Tuffière à Corpataux, au coeur du canton de Fribourg (Suisse). Ses textes sont le reflet d'une existence bien remplie d'enseignant et de voyageur, et lui ont valu le Prix littéraire de la Ville de Gruyères en 2014 (nouvelle primée à découvrir ici). Ils mettent volontiers en scène des gens ordinaires, placés face à l'angoisse, et invitent à réfléchir.

Comme à l'accoutumée, il y aura un accompagnement musical, assuré par le musicien
Epheire, alias Frédéric Rody - qui va publier un CD au mois de novembre et oscille entre les voies du classique et du rock.

 

Bienvenue à toute personne intéressée à ces découvertes, d'autant plus que l'entrée est libre!

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Publié par Daniel Fattore - dans Littératures
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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 05:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, Ankya, Azilis, Bénédicte, Bookworm, Cagire, Caro[line], Chrestomanci, Chrys, Edelwe, Emma, Esmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Herisson08, Hilde, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, MyrtilleD, Saphoo, Séverine, Tinusia, Violette, Yueyin

 

L'amitié en fleur
 
Au jardin du bonheur, au coeur des sentiments
Je te vois en beauté, sereine d'espérance.
En noblesse croissant, ignorant l'ingérence
Toi, la fleur amitié, mérites compliments.
 
Charme frais et discret est tohn bel ornement
Offrant la pureté de ton inflorescence,
Le bouquet éclatant de ta magnificence.
Arc-en-ciel de couleurs, tu surprends gentiment.
 
Louange donc à toi que je garnis d'émois:
Belle de l'univers, jamais ne me déçois,
Calice des vertus, quintessence de l'homme.
 
Ainsi je t'inscrirai sur la page du jour.
Je pressens plus encore, à dessein je te nomme
Reine des sentiments, mieux, essence d'amour.
 
Pierrette Kirchner-Zufferey (1941- ), dans Renouveau, revue du cercle romand de poésie classique, Petit-Lancy, Cercle romand de poésie classique, 2000.
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Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 22:39

hebergement d'imageAlphonsine revient avec une nouvelle participation qui fleure bon la rentrée littéraire. Il s'agit d'un billet sur "La Maladroite" d'Alexandre Seurat. Vous pouvez le découvrir ici:

 

Alexandre Seurat, La Maladroite.

 

Merci pour cette participation! Et à bientôt...

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Publié par Daniel Fattore - dans Défi Premier roman
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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 23:15

Ansermoz AuroreDéfi Un mot, des titres.

Le site de l'auteur.

 

Une lecture rapide, agréable et moins légère qu'il n'y paraît, en dépit de sa brièveté. Voilà en quelques mots ce que l'on retient de "Aurore après l'amour", court et beau roman de l'écrivain suisse Jean-Pascal Ansermoz.

 

"Aurore après l'amour" met donc en scène un homme, Philippe, qui perd la voix alors qu'il observe des oiseaux. Cela, après qu'Aurore la quitté. Les pas de Philippe vont cependant la ramener vers elle, et lui permettre d'en savoir plus sur ce qu'elle a vécu depuis son départ. Jusqu'en Bretagne et au bout du monde (le Finistère), le déplacement de Philippe va s'apparenter à une quête constituée de rencontres: marginaux, figures particulières, chacune des personnes avec lesquelles Philippe entre en contact a quelque chose à lui dire, une pensée énigmatique.

 

Perdre la voix, qu'est-ce? On peut voir dans cet élément clé l'image de l'homme incomplet s'il n'est pas avec une compagne. On peut aussi y lire l'idée d'une nouvelle disponibilité: puisque Philippe ne peut guère parler, si ce n'est par le truchement malcommode de l'écrit, il va se mettre à l'écoute de personnes auxquelles il n'aurait jamais prêté attention autrement.

 

Et puis il y a le prologue, énigmatique et poétique, écrit dans un ton radicalement différent de la narration proprement dite de la destinée de Philippe. De quoi bloquer, de quoi intriguer? On suit volontiers l'auteur dans ce premier morceau aux airs un peu obscurs. La substance de celui-ci reviendra à la fin du roman, et celle-ci, éclairée par les pages lues, deviendra évidente.

 

On aurait certes pu s'attendre à ce que le chemin soit plus tortueux pour Philippe, à ce que certaines pages soient plus développées, plus creusées, et aient un peu moins l'air d'une belle esquisse. Mais le lecteur est toujours invité à repenser aux étapes de la quête de Philippe et, peut-être, à rechercher les résonances qu'elles peuvent susciter en lui et à leur donner toute leur place, à partir d'un texte fort dépouillé.

 

Jean-Pascal Ansermoz, Aurore après l'amour, Paris, Le Chat qui lit/Books on Demand, 2006/2012.

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 05:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, Ankya, Azilis, Bénédicte, Bookworm, Cagire, Caro[line], Chrestomanci, Chrys, Edelwe, Emma, Esmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Herisson08, Hilde, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, MyrtilleD, Saphoo, Séverine, Tinusia, Violette, Yueyin

 

Pluie et cauchemar

 

Dans un cliquetis sec d'aiguilles travailleuses,

A petits points précis, minutieux, têtus,

La pluie aux mille doigts de larmes revêtus,

Tisse autour du matin ses mailles ennuyeuses.

 

Désemparé, le ciel pleure ses orpailleuses

Fuyant la ville morte où les bruits se sont tus.

Sur ce désert brumeux, seuls, les faîtes pointus

D'une église engloutie émergent des veilleuses.

 

La paroisse fantôme, avec ses toits absents,

Célébrant quelque culte et rites angoissants

Gît, tel un naufragé foudroyé par l'orage.

 

Mais voici qu'à travers le ruisselant tricot

Le soleil se faufile et, miracle ou mirage,

Devant mon lit défait, rit un coquelicot.

 

Marie-Rose Courtieu, dans Renouveau, Genève, Cercle romand de poésie classique, novembre 1999.

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Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
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