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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 06:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Anjelica, Ankya, Azilis, Bénédicte, Bookworm, Caro[line],Chrys, Emma, Fleur, George, Herisson08, Hilde, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, MyrtilleD, Séverine, Violette.

 

Plus qu’une chimère…

 

Alors que les cadeaux au ruban de carmin

S’entassent près de l’arbre en offrande polie,

On songe à ces instants que la mémoire allie

Aux actes perpétrés de délétère main.

 

Nous nous crûmes plongés en un temps inhumain !

Nous étions Bataclan, mais fûmes-nous Charlie ?

Devons-nous à présent céder à la folie ?

Faut-il la boule au cœur, envisager demain ?

 

Adieu deux mille quinze, elle s’est achevée !

De ses jours orageux, remuante cuvée,

Retenons la lueur et visons droit devant.

 

Oublions un moment sa flavescence amère !

Quand sonnent douze coups, souhaitons-nous bon vent ;

Qu’au monde le bonheur soit plus qu’une chimère !

 

Daniel Fattore (1974- ).

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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 22:21

Avit JeLu pa Bouquinovore, Cajou, Caroline Doudet, Clarabel, Emi, Emilie, Evenusia, Holly, Leiloona, Les reines de la nuit, Livres de filles, Lilitth, Lizouzou, Malicia, Marie, Marie-Claire, Marion Poidevin, Micmélo, Mind Of An Arrow, Oihana, Pampoune, Scarlett,

Défi Premier roman.

 

Une femme qui n'est plus qu'oreilles... que c'est captivant! Ou inquiétant? Clélie Avit s'est lancé dans un beau défi littéraire pour son premier roman, "Je suis là". Depuis sa parution dans le courant 2015, celui-ci connaît un succès certain et a fait l'objet de plusieurs traductions. Le titre rappelle les romans de Marc Lévy, et l'idée aussi: un homme tombe amoureux d'une femme plongée dans le coma. Une paternité assumée; mais l'auteure va bien plus loin que l'écrivain de "Et si c'était vrai...". Sans compter qu'en écrivant "Je suis là" sur la couverture de son premier roman, Clélie Avit s'approprie ces mots et montre qu'elle est bien déterminée à se forger sa place dans le monde des lettres.

 

Les oreilles d'Elsa

"Je suis là" est un roman à deux voix: celle d'Elsa et celle de Thibault. Celle d'Elsa est la moins évidente à construire, et l'auteure réussit plutôt bien à faire parler cette fille dans le coma, qui ne peut qu'entendre et comprendre les bruits autour d'elle. Souvent, elle imagine, ce que l'auteure rappelle souvent - quitte à jouer d'ellipses pour ne pas alourdir le propos plus que de raison.

 

Le lecteur découvre aussi, au fil des pages, tout ce que l'on peut faire lorsqu'on n'a plus qu'un seul sens pour aborder le monde: ce sens devient super-aigu et la moindre information ainsi reçue est enregistrée et exploitée. Et, surtout vers la fin, l'auteure installe une Elsa déterminée à lutter pour sortir de son coma, faisant des "exercices" mentaux pour progresser ("Je veux tourner la tête et ouvrir les yeux"), et redevenir consciente.

 

Ici, l'écriture, propre et simple, renvoie l'image d'une femme qui a la tête sur les épaules. Indispensable quand on est alpiniste... Le lecteur croit aussi à la forme de coma dans lequel Elsa est plongé, plus en tout cas que les médecins, qui paraissent fort désinvoltes.

 

Le coeur de Thibault

L'auteure donne à Thibault une voix de mec à laquelle on croit volontiers, sûre d'elle et bravache, pour ne pas dire macho par moments. Là encore, l'écriture, parfois canaille, colle au bonhomme.

 

Mais cela cache des failles. Les contraintes littéraires ne sont pas les mêmes ici: il s'agit de montrer un personnage complexe, un jeune adulte qui, derrière sa carapace, se montre tendre et n'a qu'une envie: se poser et fonder une famille. Thibault a un coeur pour la planète (il travaille dans l'écologie, élément peu exploité) et un autre pour les enfants. Il envie la famille de sa filleule Clara, que l'auteure présente comme un exemple de famille un peu trop parfait pour être crédible: un père passionné par sa paternité, une mère jolie et qui joue son rôle de mère, une fille adorable. Cela donne à "Je suis là" la couleur rose d'une "feel-good novel".

 

Cela dit, l'auteure ne va pas lâcher si facilement Thibault: c'est avec sa propre famille qu'il va devoir régler quelques comptes. L'auteure installe ici un dispositif complexe et tendu en partant de l'idée que Thibault ne se sent plus aucun lien avec son frère, hospitalisé après avoir tué deux adolescentes alors qu'il conduisait en état d'ivresse. Les conversations pas forcément évidentes qui en résultent sont recréées avec justesse, même si la famille de Thibault ne parvient pas, fondamentalement, à s'extraire d'une présence de second plan.

 

Une comédie romantique à l'américaine

"Tout le monde pensait que c'était impossible. Un imbécile est venu qui ne le savait pas, et qui l'a fait.": devenue un cliché, cette phrase de Marcel Pagnol est à l'origine du roman de Clélie Avit. Elle pourrait être une définition de la comédie romantique: rapprocher deux êtres entre lesquels tout rapprochement paraît impossible.

 

L'auteure utilise toutes les ficelles du genre. On se retrouve dès lors en présence d'un ami indéfectible, celui qui va soutenir Thibault et lui dire de faire attention - c'est Julien, homme accompli puisqu'il est mari et père comblé. Une autorité morale! Oscillant entre l'élan de l'amour et les gardes-fous que Julien indique, tenu par ailleurs par les conventions sociales, Thibault va aller jusqu'à douter, à se demander si ça vaut la peine. L'auteure va cependant lui confier le rôle de l'imbécile pagnolien... un imbécile qui va jusqu'au bout. Et en resserrant les échanges entre les deux voix d'Elsa et Thibault dans l'ultime chapitre, l'auteure suggère leur rapprochement définitif. Cela, tout en laissant une fin ouverte: certes, on se serait attendu à un "je t'aime" péremptoire, mais cela eût été trop facile... l'ultime échange de répliques le vaut bien, mais s'avère nettement plus fin.

 

Certes, "Je suis là" recèle quelques fausses pistes cocasses ou pathétiques (la fille intéressée qui veut s'installer près de Thibault au bar, Cindy l'ex-copine de Thibault qui veut remettre le couvert) dont la place dans le roman est discutable - si ce n'est en vue de donner un supplément d'épaisseur à Thibault, un jeune homme qui a les deux pieds dans le monde réel. Peu importe: d'une manière romanesque, suggérant avec un optimisme qui ne doute de rien que l'amour vrai vainc les obstacles les plus infranchissables, l'auteure réussit un premier roman crédible, servi par une écriture personnelle et décontractée qui suffit à bien installer chacun des personnages et à leur donner vie. Et justement, que ces personnages prennent vie, c'est ce qu'on leur demande...!

 

Clélie Avit, Je suis là, Paris, J.-C. Lattès, 2015.

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1 janvier 2016 5 01 /01 /janvier /2016 20:40

Sene CLu par Caroline Doudet, Micmelo.

Les sites de l'auteur: Lolita Sene et Juliette F.

 

Partager la face obscure de l'addiction. Tel est le propos de "C.", témoignage personnel signé de la jeune auteure Lolita Sene. Le titre fait référence à un produit qu'on ose à peine nommer: la cocaïne. On préfère lui trouver des surnoms... et l'ouvrage montre qu'être séduit, puis devenir accro, et enfin s'en sortir, n'a rien d'une sinécure.

 

Le lecteur sera frappé, d'entrée de jeu, par la facilité avec laquelle il est possible d'obtenir, parfois, une drogue chère et illégale - qu'on croirait donc difficile d'accès. Dès lors, l'auteure raconte les hauts et les bas de ce qui finit par devenir un engrenage néfaste: quelques moments planants, mais aussi une humeur qui devient aléatoire, une santé en panne, des amours gâchées, des parents perdus. Et, non moins graves, des alertes telles qu'un avortement ou une overdose. Autant de jalons glaçants d'un parcours présenté comme personnel.

 

En effet, l'auteure démontre, à l'exemple des Narcotiques Anonymes (qui ne lui ont pas réussi), que chaque parcours d'addiction est différent, et va dicter une issue différente aussi. Avec un point commun: c'est un combat, et l'auteure conclut son récit sur dix conseils pour s'en sortir. D'une manière qui n'est pas sans rappeler certaines pages de "Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée..." (le titre de son blog, mis en veille en octobre 2015, est d'ailleurs évocateur), l'auteure souligne l'importance du besoin d'appartenance à un réseau, à un groupe, dans l'entretien de l'addiction. Une aspect qui a son importance dans le chemin complexe, tissé de rechutes, qui permet de s'en sortir.

 

Mettant à nu un vécu grave, l'écriture de "C." est dépourvue de tout artifice. La narration est certes à la première personne du singulier, ce qui marque le caractère personnel du récit. Mais la sobriété stricte introduit une nuance de recul face à une période de vie marquée par les chimères nées de l'addiction, abordée avec courage par le moyen de l'écriture. Afin de dissuader d'autres jeunes de plonger.

 

Lolita Sene, C., Paris, Robert Laffont, 2015.

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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 23:59

Champagne plopDans une minute, l'année 2015 aura vécu. Le temps est venu de vous souhaiter, amis lecteurs de ce blog, une excellente nouvelle année 2016! Faites-la rimer avec ce que vous voulez, mais avant tout avec bonne santé, joie de vivre, succès et bonheurs en cascade.

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Publié par Daniel Fattore - dans Air du temps
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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 19:42

Safran VoyageMonter à Paris. Y glaner, peut-être, quelques éclats de succès. Laisser son amie loin de soi, vers Bordeaux. "Le voyage du poète à Paris" place en son coeur un personnage de poète qui n'a pas tout à fait les moyens de ses ambitions. Tant mieux: pour un écrivain, des figures aussi complexes sont les plus intéressantes à creuser. Connu avant tout comme éditeur, le romancier Serge Safran s'y emploie ici de manière crédible, usant d'une écriture sobre, au plus près du sujet évoqué, tantôt imagée, tantôt crue.

 

En partant pour Paris, le poète ariégeois Philippe Darcueil projette de se faire un réseau, de s'installer, de vivre de son art ou au moins de sa plume. Il se montre cependant mou dans sa quête, manque de pugnacité, semble attendre les occasions plutôt que les rechercher avec ténacité: on n'est pas loin, par moments, d'une figure flaubertienne à la Frédéric Moreau. Résultat: rien de stable n'émerge, si ce n'est de mystérie.

 

Le bal des instabilités

Cette instabilité professionnelle est le reflet de l'ambivalence de Philippe en matière sentimentale. Certes, la figure de Sandra se présente comme une constante qui rythme "Le voyage du poète à Paris", constante qui prend la forme d'une correspondance où les tensions affleurent derrière les mots d'amour. Mais il faut dire que Sandra est, si j'ose le dire ainsi, un terrain mouvant: mineure, lycéenne alors que Philippe aborde la trentaine, elle vit son éducation sentimentale entre les garçons qui l'entourent et de premières expériences saphiques.

 

A ces hésitations, répondent celles de Philippe, toujours en quête d'une aventure auprès de celles qui l'entourent, telles Unica ou Amandine. L'auteur cisèle ces personnages, donnant à Amandine un profil de femme-enfant aux réactions d'adolescente alors qu'Unica, mystérieuse, passe pour plus mûre et se dérobe. Ce qui importe cependant, au moment fatidique, c'est le fonctionnement de Philippe au moment fatidique: ce n'est pas pour rien que l'auteur insiste sur ses érections incomplètes, voire inexistantes. Tel est le noeud de l'intrigue, en effet: l'impuissance sexuelle de Philippe Darcueil n'est que le reflet de son impuissance à s'imposer comme poète, ou même comme homme de presse. Bref, à trouver sa place dans la vie.

 

Un contexte particulier

Tout cela trouve place dans le contexte particulier des années 1979/1980, l'ancrage temporel étant donné par les dates des lettres que s'échangent Sandra et Philippe et par l'annonce de l'élection de Ronald Reagan à la présidence des Etats-Unis. A travers le "Refuge", lieu ancien de vie de Philippe Darcueil, le lecteur trouvera ici les échos des communautés telles que celles des hippies, en vogue dans les années 1970. Lorsqu'il quitte les lieux, ses parents lui donnent de l'argent pour qu'il s'habille - une somme modique. A travers le changement de vêtements, et l'acceptation d'une garde-robe conventionnelle et étriquée, Philippe Darcueil paraît se résigner à faire dans une certaine mesure le deuil d'une vie où les idéaux chimériques dominent.

 

La fête est finie, donc... et le virage n'est pas facile à négocier; la musique elle-même fait figure de leurre qui ne trompe guère que Philippe Darcueil. L'écrivain Serge Safran signe avec "Le voyage du poète à Paris" un roman doux-amer, riche en résonances, sur la fin d'une tranche de vie, et aussi d'une époque. Cela, au travers de personnages qui se voudraient extraordinaires (surtout Philippe Darcueil) et s'avèrent ordinaires, humains en somme. Et à ce titre, détestables, attachants et passionnants à la fois.

 

Serge Safran, Le voyage du poète à Paris, Paris, Leo Scheer, 2011.

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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 21:14

Dujany Ecorcheresses"Il était extatiquement évident que j'allais devenir écrivain." Tout un programme que cet incipit, qui fait également office de prière d'insérer du livre "Les Ecorcheresses" de Patrick Dujany. Est-ce un roman? L'ouvrage est sous-titré "Romans", au pluriel, comme le fut en son temps "La Vie mode d'emploi" de Georges Perec. Mais la démarche est toute différente...

 

Connu des auditeurs de la radio suisse Couleur 3 sous le pseudonyme de Duja, Patrick Dujany se lance avec "Les Ecorcheresses" dans un étonnant ouvrage littéraire qui tient du coq-à-l'âne, forme littéraire ancienne, ou des miscellanées. Les affres et interrogations de l'écrivain face à son métier s'y côtoient, laissant une impression de déjà-lu, tout comme le récit des gueules de bois et descentes de trip du narrateur. Le lecteur trouvera plus de sel aux histoires tirées de la vie de tous les jours, ainsi qu'aux récits complets, sortes de nouvelles tenant de la science-fiction ou de la politique-fiction. Celles-ci sont centrée sur la Suisse, voire sur le canton de Vaud - ce que souligne un ton typiquement suisse où aucun helvétisme ne saurait manquer.

 

Tout cela, au gré de chapitres qui assument l'absence d'une structure consciemment construite: l'auteur saute d'un sujet à l'autre, sans véritable lien apparent, donnant au lecteur l'impression d'un écrivain qui se cherche et assume la modestie de son projet.

 

Une telle démarche paraîtra déconcertante. Une fois dans le bain, toutefois, le lecteur découvre un ouvrage rythmé et drôle. Rythmé, parce que les chapitres sont courts: si l'auteur se regarde parfois dans le miroir, il ne le fait jamais longtemps. Drôle, parce que l'écrivain jongle avec les mots, s'amuse, se montre à l'aise dans les calembours, les néologismes et les à-peu-près. Ses piques, il les adresse souvent aux Suisses alémaniques, parfois à l'UDC et à ceux qui votent pour ce parti, et aussi aux Suisses en général, dont il égratigne quelques travers mine de rien. Enfin, certains chapitres montrent une inventivité incroyable dans le genre déconnant ou loufoque.

 

Du coup, et même s'il pèse 435 pages et souffre de coquilles en excès, "Les Ecorcheresses" se lit aisément, voire se dévore. C'est une belle tentative d'entrer dans le monde des lettres. Elle prend la forme d'un OVNI littéraire qui saura surprendre dans le monde des lettres romandes.

 

Patrick Dujany, Les Ecorcheresses, Vevey, Hélice Hélas, 2015. Préface d'André Ourednik.

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27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 20:16

Zola PoilsLu par Dup.

Le site de l'éditeur.

 

"Les poils mystérieux" est le sixième tome de la série parodique des "Aventures de Saint-Tin et son ami Lou", conçue par l'écrivain et éditeur Gordon Zola. C'est d'ailleurs bien lui qui signe ce roman, jusque dans ses moindres gags, tout en puisant quelques idées dans l'album "L'étoile mystérieuse" de Tintin. Celles-ci ont cependant été remises au goût du jour.

 

Ainsi, ce n'est plus une météorite qui génère de hautes températures sur Terre en début de récit, mais tout simplement le réchauffement climatique. L'auteur ose un lyrisme de pacotille, trop emphatique pour n'être pas parodique, afin de dramatiser une entrée en matière haletante, riche en points d'exclamation et de suspension. Déjà, les jeux de mots abondent, sans pour autant être envahissants: la lecture demeure fluide. Et le roman ne donnera guère d'explication sur ce réchauffement subit: son utilité n'excède pas celle d'un point de départ.

 

L'auteur sait ménager le contraste: ainsi, si le climat chauffe en début de roman, cette idée disparaît totalement dès lors que Saint-Tin et son équipe partent pour l'Arctique: le froid sera dès lors le lot des "Poils mystérieux", jusqu'au bout. Evidemment, cela donne lieu à des jeux de mots et à des gags en cascade.

 

Les références à l'album "L'Etoile mystérieuse" sont évidemment majoritaires, et l'action est assez largement traitée comme dans un livre de Tintin: il y a de l'aventure, un peu de bagarre, un animal de compagnie sentencieux et un Saint-Tin qui se montre presque abstinent. Si les références et allusions à l'ouvrage d'Hergé dominent et pourront faire sourire les tintinophiles (et elles se cachent partout, jusque dans l'onomastique, il faut être attentif ou astucieux pour ne rien manquer... Un petit regret? Les Fribourgeois n'y retrouveront pas Paul Cantonneau!), l'auteur ne manque pas de glisser des clins d'oeil à d'autres maîtres et monuments du gag, tels Franquin ("Gaffes, bévues et boulettes") ou "Les Tontons Flingueurs" ("éparpillés façon puzzle").

 

Enfin, l'auteur use d'une astuce classique, celle du McGuffin. Celle-ci fonctionne à fond dans "Les poils mystérieux": le lecteur est amené à tourner les pages vaille que vaille pour savoir, enfin, quelle est cette mystérieuse araignée qui terrifie les explorateurs polaires et fait avancer le professeur Margarine.

 

Quelques aspects éditoriaux, enfin: ce livre a deux titres, ce qui ne gâche rien: l'auteur assume pleinement le fait qu'au dos de ce roman, il est écrit "Les toiles mystérieuses", un titre tout aussi pertinent que l'autre. Et pour les collectionneurs, il existe une version à la couverture noire, censurée.

 

En définitive, le lecteur profite d'un ouvrage accrocheur et rigolo, court qui plus est. Autant de raisons pour dire qu'il constitue une pause sourire idéale entre deux lectures plus graves...

 

Gordon Zola, Les poils mystérieux, Paris, Le Léopard Masqué, 2009.

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27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 06:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Anjelica, Ankya, Azilis, Bénédicte, Bookworm, Caro[line],Chrys, Emma, Fleur, George, Herisson08, Hilde, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, MyrtilleD, Séverine, Violette.

 

Promesse d'avenir

 

Hommes et femmes

de brûlante sève

ouvrez pour nous

en ce troisième millénaire

une civilisation du sens.

 

Nous ne voulons plus

de contrats de guerre et de haine

ni de pactes d'indifférence et d'absurdité.

 

Les bras fleuris

venez à nous

riches de hautes convictions

porteurs de messages éclairés.

 

Sous les frondaisons généreuses de votre engagement

nous entrerons avec vous

dans une apocalypse de joie.

 

En écoutant l'Allegro non troppo et molto maestoso en si bémol mineur Op. 23 du Concerto de piano n° 1 de P. I. Tchaïkovsky.

 

Amalita Hess, Au clair de ta joie, Fribourg, Editions du Cassetin, 2002.

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Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 23:44

Nair BangaloreLu par Atasi, Cassiopée, Fantastikindia, Jostein, Laurent, Lecture-Ecriture, Sibylle.

Défi Polars et thrillers.

Le site de l'auteur.

 

Un policier atypique pour un cadre qui ne l'est pas moins. Borei Gowda mène l'enquête à sa manière. On sait qu'il aime le rhum. Qu'il fait des erreurs. On dit aussi qu'il a un sixième sens. Celui-ci sera mis à rude épreuve dans "L'inconnue de Bangalore", roman policier de l'écrivaine indienne Anita Nair.

 

Qui est l'homme qui se maquille en début de roman? L'auteure installe un climat de mystère extrême autour de ce bonhomme, qu'elle présente pour ainsi dire en gros plan, en ayant soin d'en dire assez, ou assez peu, pour intriguer. Intéressant! Mais le lecteur devra faire l'effort de rentrer dans le monde mis en place par l'écrivaine. S'y côtoient cet homme qui se travestit, un gaillard qui tient à respecter le jeûne du ramadan et quelques eunuques. Certes, c'est l'Inde dans toute sa diversité; mais il faut un moment pour que le lecteur comprenne le lien, certes indiscutable, entre tous ces personnages.

 

Trouble dans le genre

Quelques eunuques, ai-je dit. Partie prenante de la société indienne, ils occupent dans "L'inconnue de Bangalore" une place particulière: ils/elles troublent la frontière entre les genres. Un trouble grammatical d'abord, puisqu'on en parle généralement au féminin, sauf quelques exceptions. C'est un choix assumé et argumenté de la traductrice, Dominique Vitalyos; pour un lecteur francophone, c'est aussi le signe d'une zone grise entre hommes et femmes. Le roman en joue, d'ailleurs, en dépeignant les conditions de vie de ces personnes.

 

Trouble dans les genres également avec le titre de ce roman, dans sa traduction française: "L'inconnue de Bangalore" est-elle une femme, un homme ou autre chose? La traductrice installe ici, et c'est bien joué de sa part, un élément supplémentaire, troublant, de suspens.

 

Une certaine vision de Bangalore...

Quelle vision de Bangalore l'auteure renvoie-t-elle? Le lecteur va se retrouver dans un monde de contrastes, présentés comme naturels: d'un côté, il y a la promesse d'un avenir dans l'informatique pour certains personnages; de l'autre, l'auteure met en scène les particularités de plusieurs religions qui se côtoient à Bangalore, d'une manière qui peut surprendre - en particulier pour ce qui concerne la procession chrétienne, toute colorée de safran, qui intervient en fin de roman.

 

Il y a aussi la corruption, et la valeur donnée à une vie humaine enlevée de manière criminelle, qui impose aux policiers du roman, Gowda en tête, de justifier leur volonté d'enquêter. "L'inconnue de Bangalore" glisse par ailleurs un ou deux aspects liés au système de castes, même si ce n'est pas un élément clé de l'intrigue. Enfin, la nourriture est très présente. Pour le meilleur, elle contribue à la note sensuelle appuyée qui baigne "L'Inconnue de Bangalore"; pour le pire, l'auteure révèle que le biriyani peut être un vrai supplice. Tout cela est dit de manière factuelle, distante presque, à la manière de choses vues, sans jamais tomber dans le jugement.

 

... et de la police

L'image de la police est particulière, enfin, éloignée de ce à quoi nous ont habitués les polars à l'américaine et les séries télévisées. L'auteure en est consciente et trouve plus d'une manière de souligner cet écart: par exemple, certains personnages visionnent les séries à la télévision et croient que la police indienne fonctionne comme sur le petit écran.

 

L'enquête s'achève de manière tragique. Cela, au terme d'une intrigue organique que l'auteure fait évoluer avec souplesse, avec des détours inattendus dictés par le contexte de Bangalore. Il y a certes de quoi être désarçonné par un démarrage lent qui privilégie les gros plans plutôt que les liens entre éléments d'intrigue. Peu à peu, cependant, le puzzle se met en place. Et si le début est lent, la fin ralentit de la même manière... avec un effet saisissant: on finit par en redemander.

 

Anita Nair, L'Inconnue de Bangalore, Paris, Albin Michel, 2013, traduction de Dominique Vitalyos.

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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 20:09

hebergement d'imageVoici la dernière participation de Sharon pour le millésime 2015 du Défi Premier roman. Elle évoque "La maladroite" d'Alexandre Seurat. C'est ici que ça se passe:

 

Alexandre Seurat, La Maladroite.

 

Merci pour cette contribution! Et vous, avez-vous un premier roman à défendre dans le cadre du Défi Premier roman? Pour 2015, il reste encore cinq jours. Pour après, je n'ai encore rien décidé... ;-)

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Publié par Daniel Fattore - dans Défi Premier roman
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