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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 20:59

Les défis vont et viennent, et force m'est de constater que j'ai un peu oublié celui organisé par Grominou à l'enseigne de "Blog-o-Trésors".

Je me permettrai de taper dans mes réserves pour le mener à bien. C'est pourquoi je vais changer deux titres. Exit donc ces livres-ci:

- José Saramago, Tous les noms

- Philip Roth, J'ai épousé un communiste

Au profit des titres suivants:
 

 

- Christine Aventin, Le Coeur en poche, que j'ai fini par trouver à la librairie bernoise LibRomania... Il n'est pas certain que l'auteur appréciera: il paraît qu'elle a quelque réticence à être réduite à ce best-seller.

- Sarah Strohmeyer, Bubbles se lâche, qui fera double usage avec le défi "Chick Litt For Men"! Je serais par ailleurs curieux de savoir qui, lectrice ou lecteur, a proposé ce livre à la couverture stupéfiante (qui illustre le présent billet!) dans le cadre du challenge de Grominou...

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Publié par Daniel Fattore - dans Littératures
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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 19:15

Et hop! Cécile de Quoi de 9 m'a tagué il y a quelques jours, et c'est de bonne grâce que je me soumets à l'exercice qu'elle me propose, même si c'est un peu plus tordu que d'habitude.
Le principe? Répondre à quelques questions légèrement à l'ouest, ajouter la sienne (de question! sans limite à votre créativité!) et transmettre plus loin... sans oublier de glisser, sur votre blog, un lien vers celui de l'expéditeur. Plus de détails
ici.

Question 1
(jmd) : Qui a mis en relation la pensée de Pascal nous rappelant que la vie est misérablement courte et celle d’Einstein découvrant que plus on va vite, plus le temps est court ?
Aeuh… Michael Schumacher, non ? Il doit s’emmerder à crever, à tourner en rond sur des circuits de F1…


Question 2 (Idothée) : En quoi peut-on dire en s’appuyant sur les suites de Fibonacci que Don Juan était un fin théoricien de l’infini à travers sa relation avec les femmes ?
Don Juan a passé sa vie à essayer de démontrer qu’il s’est fait 1003 femmes en Espagne afin de donner raison à Lorenzo da Ponte et à Wolfgang Amadeus Mozart. Résultat : n’importe quelle suite pouvait lui convenir. A défaut d’une suite royale, bien sûr, il s’est rabattu sur celle de Fibonacci.


Question 3 (Thom) : Quel est selon toi le point commun secret entre la question 1 et la question 2 ?
Le grand complot mondial, sans aucun doute. Ou bien?


Question 4 (Alf) : Si tu devais impérativement choisir entre le cœur ou le cerveau pour apprécier la musique, quel organe choisis-tu de conserver… et pourquoi ?
Le cerveau, qui est capable de faire fonctionner un cœur, et même d’inventer un cœur de substitution pour assurer sa propre subsistance.

Question 5 (G.T.) : Si vous deviez vivre éternellement à l’intérieur d’un film… lequel, et pourquoi ?
You’ve Got Mail : c’est plein de beaux livres, et il y a des sentiments en prime – et certaines scènes sont même tournées dans de bons restaurants. Que rêver de mieux ?

Question 6 (Joe) : Quel est l’antécédent criminel (ou judiciaire) de l’amour ?
Le vol. Jusqu’au septième ciel si possible.

Question 7 (Dahlia) : On raconte que le corps ne peut enregistrer le souvenir de la douleur, que c’est notamment une ruse pour que les femmes continuent à enfanter au fil des siècles. Selon vous, y a-t-il une autre raison au fait qu’on ne puisse convoquer le souvenir de la douleur physique ?
Question posée sur des bases fausses… Je passe !

Question 8 (Mamz’elle pour vous servir) : La théorie de l’évolution a fait évoluer nos corps de mammifères pour qu’ils s’adaptent à l’environnement, nous avons donc ainsi perdu entre autres notre appendice caudal ou nos orteils aussi longs que des doigts. Pourquoi, selon vous, l’invention du vêtement et du chauffage ne nous ont pas débarrassé définitivement de nos poils ?
Non mais ça va les dents ? Que serait un monde où tous les mecs ressembleraient à Leonardo di Caprio ?

Question 9 (Lau/Lie Chien): Si les personnages de dessin animés à cause d’une transformation planétaires prenaient vie, est-ce que vous pensez qu’on arriverait à des croisements hum-animés dus à l’union d’être humain(e) et de toons ?
Oui. Un dramaturge anglophone nommé Alan Ayckbourn s’est même amusé à imaginer ce que pourrait donner l’amour naissant entre un humain de sexe masculin et un personnage de sexe féminin tout droit issu d’une telenovela brésilienne. Je vous laisse imaginer... La pièce s’appelle « Comic Potential ».

Question 10 (Epidemik) : Neige t-il dans l’espace ? Où dans l’espace ?
Ben sur Terre, quelle question !

 

Question 11 (Psestos) : Qu’est-il arrivé aux enfants perdus de la forge de Vulcain ?
Ils ont fini par crever la gueule ouverte.


Question 12 (bl0nde) : Dans l’optique d’une troisième guerre mondiale imminente ou d’un tremblement de terre gigantesque emportant avec lui toute vie humaine, dans quel sens pensez-vous qu’on met un suppositoire ?
"Et le grand vicaire,

Toujours par derrière,

N’a jamais pu l’enfoncer, (bis)

C’est ce qui l’emmerde… (bis)."

Question 13 (Eve) : Considérant qu’une tartine tombe toujours côté beurré contre le sol, comment tombera la tartine si je la beurre des deux côtés ?

Demandez à Cécile, elle est spécialiste ès tartines beurrées. Ou au blaireau, beurré par nature.

Question 14 (
Nahimage) : Des quatre points cardinaux, quel est ton préféré et pourquoi ?
L’ouest ! parce que je suis un peu à l’ouest…

Question 15 (
Yueyin) : Quel personnage de Jane Austen aimeriez-vous être ?
Rhett Butler, pourquoi ? Ah, c’est pas ça la question ?...


Question subsidiaire (parce que tel est le bon plaisir de Miss Yueyin) : Combien de temps, à la minute près, avez-vous mis pour répondre à cette tag ?
Un bon petit quart d’heure. La mise en blog risque d’être un poil plus longue.

 

Question 16 (de moi, Cécile de Quoide9) Où m'offririez-vous des waouhcances de rêve et quel en serait le programme (sans tout dévoiler toutefois afin que j'ai encore quelques surprises sur place !) ?

Casa… nova, bien sûr ! Blanca, c'est un peu convenu...


Question 17 (par mes soins - Fattorius) Sachant les étapes de montagne remportées par l'un d'entre eux, faut-il élire des Suisses à l'Académie française, et pourquoi?

Et je passe le défi aux blogueurs suivants:
Phélie, Océane, Chiffonnette et Tiphanya.

 

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Publié par Daniel Fattore - dans Tags
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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 22:25

... non pas ce blog, mais bien les parcs, en Occident et particulièrement du côté des Jardins du Luxembourg, à Paris, où tout commence et tout finit. C'est du moins ce que suggère l'énigmatique titre du roman "L'heure de la fermeture dans les jardins d'Occident", signé Bruno de Cessole, Prix des Deux Magots 2008. Enigmatique? Force m'est d'avouer qu'un titre pareil ne pouvait que susciter ma curiosité. Et celle-ci, en dépit de deux ou trois bémols, ne fut pas déçue.

Fort classique (peut-être même l'avez-vous vécue), l'histoire tient en peu de mots: un étudiant de niveau universitaire, Philippe Montclar, trébuche sur une personnalité oubliée du monde des idées, Frédéric Stauff. Cela, tout en se fixant peu à peu du côté du coeur, en entretenant une liaison avec une certaine Ariane.

Orienté vers le passé? Nostalgique? Ce roman l'assume dès le départ, avec une scène d'ouverture qui évoque le tourisme en Grèce et met en scène Philippe Montclar. Celui-ci regrette que le touriste de base pollue, par sa simple présence, les lieux magnifiés par son éducation classique. Quelques clichés sont balancés au sujet de la Grèce moderne, par exemple celui qui veut que ce pays soit un paradis pour les homosexuels et ce, de toute éternité. Choisir la Grèce, berceau de la culture occidentale, comme point de départ reste toutefois une évidence: c'est de culture, d'idées, de philosophie même qu'il sera question tout au long des presque 400 pages de ce livre.

Face à cela, l'auteur se pose en critique de la modernité et de l'approche moderne des arts. Ou n'est-ce pas ses personnages qu'il fait réagir ainsi? Les grandes librairies sont ainsi comparées à des supermarchés, voire à des boucheries (savoureuse comparaison p. 88). Quant au narrateur, qui a un petit côté réac et poseur (il tient à faire des phrases quand il parle), il se trouve comblé par Frédéric Stauff, qui le gave de présentations d'auteurs d'autrefois: Boèce, Nietzsche, Robert Walser, Senancour, Emmanuel Kant - une véritable nef des fous, ceux-ci étant considérés comme plus sages que les personnes raisonnables qui occupent la scène. L'ombre d'Erasme plane... Ces anciens sont présentés de manière biographique, au risque d'ennuyer par un jeu répétitif de biographies - toujours narrées, avec faconde, par Frédéric Stauff.

Stauff? Parlons-en, le personnage est complexe! Il s'agit d'un Suisse débarqué à Paris pour tenter la carrière de la philosophie à l'époque de l'existentialisme. Trop libre par rapport à la doxa germanopratine dominante, il se fait dégommer par l'équipe de Jean-Paul Sartre... Du côté des idées, il se pose en "
raté", pétri de culture générale, défenseur de ceux qu'il est convenu de vilipender - à l'instar de Calliclès, adversaire sophiste de Socrate, universellement honni, dont il a écrit une apologie. Frédéric Stauff est aussi un joueur, vivant en solitaire mais appréciant la compagnie d'Ariane et de Philippe Montclar, qu'il teste, par exemple en concédant une attitude ambivalente face à l'Académie française.

Mais Frédéric Stauff, c'est aussi un Suisse. Sur ce coup-ci, l'auteur est un  peu ambivalent: d'un côté, il démontre une connaissance indéniable du pays, citant des lieux, mentionnant des éléments tels que des noms de vins (citer le Neuchâtel, il faut oser, alors que ce sont les terrois vaudois et valaisan qui ont actuellement le vent en poupe) ou retraçant un portrait crédible d'une certaine suissitude. Mais la vision qu'a l'auteur de celle-ci est entachée de deux ou trois clichés... qui peuvent heurter le lecteur suisse. Stauff dit par exemple à tout bout de champ "Charrette!" et "Nom de bleu!", seuls helvétismes réels ou supposés qu'on trouve dans ce livre. Par ailleurs, un Vaudois (il l'est) comme lui commanderait-il spontanément un Fendant ou un Neuchâtel au café? La vie parisienne exige peut-être de tels accommodements, mais le monde romanesque autorise quand même l'entrée en scène d'un Mont-sur-Rolle, d'un Lavaux... surtout depuis que celui-ci relève du patrimoine de l'Unesco! En outre, Frédéric Stauff lit "La Tribune de Lausanne", journal qui, dans le pire des cas, a disparu - et, dans le meilleur des cas, est devenu "
Le Matin", journal de  boulevard qui n'a rien de philosophique - ça ne cadre pas, même si Stauff lit aussi "L'Equipe"! Enfin, l'apologie d'Eugène Rambert me laisse un peu de marbre: l'auteur choisit, pour le défendre et l'illustrer, le poème "Mon vieux Léman" - une rengaine que toutes les chorales ont trop chantée, sur une mélodie de Joseph Bovet, au risque de créer des nausées non contrôlées... L'auteur serait-il, sur ce coup-ci, le "demi-savant" que Frédéric Stauff dénonce à plaisir?

Stauff, au fond, serait-il le "McGuffin", le leurre de ce roman? Je me suis posé la question. L'auteur met en effet face à face, comme deux éléments irréconciliables (Philippe Montclar devra du reste choisir, et c'est là qu'est l'intrigue), Ariane et Stauff. Stauff, on le sait, représente le monde des idées. Ariane, elle, est pour Philippe un objet de satisfaction physique (et vice versa - on ne connaît même pas le nom de famille d'Ariane, pas plus qu'on connaît celui d'une prostituée). La relation Philippe/Ariane est entièrement placée sous le signe de la jouissance immédiate du corps, dès le début (rencontre dans une exposition de toiles de Boucher, puis retrouvailles à court terme organisées par téléphone pour qu'exulte la chair), et du jeu de masques où l'on dévoile à l'autre ce que l'on veut bien dévoiler. D'où la question: vaut-il mieux une jouissance physique ou mentale? Certes, Stauff occupe tout l'espace mental de Philippe Montclar; certes, Montclar se montre plus enclin à se confier sincèrement à Stauff qu'à Ariane; mais à la fin, Philippe finira bien par tuer son mentor, celui qui lui a piqué (vraiment?) Ariane...

... car il faut bien tuer le maître (on se croirait chez Freud, n'est-ce pas?), qui a du suicide une vision noble et antique: plutôt que la porte de sortie infamante de celui qui n'en a pas d'autre, Frédéric Stauff adopte le point de vue antique sur ce sujet, celui qui veut que le suicide est l'issuela plus noble du philosophe (sans doute selon l'idée qu'on devrait pouvoir choisir et assumer sa mort). Tuer le maître? Philippe Montclar le fait, au sens le plus littéral, puisqu'il assassine Frédéric Stauff. Mais la lettre qui constitue l'essentiel du chapitre 22 et dernier de ce roman éclaire toute l'affaire d'un jour inédit: même assassiné, même suicidé par procuration, le maître, fin connaisseur de l'âme humaine (il est vieux, il en a vu des gens!)  reste plus malin que le disciple... et quitte la scène avec élégance.

Tout ce récit repose sur l'immense culture de l'auteur. Une culture classique, tournée vers le passé, qui fait la part belle à des auteurs qu'on évoque plus volontiers dans des milieux réactionnaires que chez les progressistes: Charles Maurras et Maurice Barrès, bien sûr, mais aussi Donoso Cortès, Gonzague de Reynold (tiens, un Suisse!), Léon Bloy, Charles-Albert Cingria même. On se serait même attendu à voir débarquer les
Hussards, mais l'auteur ne va pas jusque-là. Peut-être les considère-t-il comme des épigones sans valeur? Ce serait sévère pour Paul Morand, Jacques Chardonne, Antoine Blondin et les autres...

Et il y a le titre, enfin. On peut le lire à plusieurs degrés. Il y a certes le niveau de base: ces jardins qui ferment trop tôt ou trop tard, à l'instar du Jardin du Luxembourg, terrain de jeux de nos personnages. Il y a aussi l'heure où l'existence s'achève - celle de Frédéric Stauff, présentée comme une heure de fermeture. L'explication est d'autant plus acceptable que c'est justement Frédéric Stauff qui utilise cette expression d'"heure de fermeture...". Et, au-delà, on peut se demander si cette "heure de fermeture" n'est pas, d'un point de vue plus crépusculaire, une métaphore de la décadence, de la chute même, de la civilisation occidentale d'aujourd'hui, volontiers présentée, dans cet ouvrage, comme arrivant en bout de course. Le lecteur y trouvera ce qu'il voudra, au niveau qui est le sien, en fonction de son vécu... et c'est ce qui fait la force de ce magistral récit.

Bruno de Cessole, L'heure de la fermeture dans les jardins d'Occident, Paris, La Différence, 2008.

A titre de complément, sur les "ratés magnifiques", je renvoie à l'excellent article d'Olivier Mathieu: "
Réflexions sur les ratés", qui constitue l'avant-propos de l'anthologie poétique d'Emile Boissier publiée par Jean-Pierre Fleury aux Editions des Petits Bonheurs (Nantes/Cluj-Napocaj, 2009).

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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 21:01

Avec "Kitsune", l'écrivain suisse Amélie Ardiot offre un premier roman qui la positionne d'emblée comme une artiste du genre fantastique. Paru en septembre 2007, ce roman a été sélectionné pour le Prix des Lecteurs de la RSR l'année suivante. Pas mal! Il faut dire que ce roman, s'il est bref, est dense et se balance, de bout en bout, sur la corde raide de l'incertitude qui caractérise le fantastique.

Amitiés et complémentarités
De quoi s'agit-il ici? L'auteur met en scène Christophe, Vaudois bien suisse, biologiste de son état, qui vit à Lausanne et est ami, à la vie à la mort, avec Hugo, un Ecossais, également biologiste. L'amitié est certes fondée sur une cuite prise ensemble (et décrite dès le début du roman - un début nourri de mots anglais pour évoquer l'Ecosse, anglicité qui s'estompe par la suite - ouf!); mais surtout, elle repose sur des complémentarités. Le Lausannois est ainsi présenté comme quelqu'un de réaliste, de pragmatique, de terre-à-terre même, peu attiré par les manifestations culturelles auxquelles Madeleine cherche un peu trop souvent à l'emmener. Le côté terre-à-terre du personnage est encore souligné par le fait qu'il est un spécialiste renommé des musaraignes. Cela s'oppose à la spécialité de l'Ecossais: les chauves-souris.

Et c'est là qu'on bascule dans l'imaginaire. La musaraigne ne fait rêver personne (la Suisse non plus, d'ailleurs), au contraire de la chauve-souris, animal nocturne méconnu qui éveille tout de suite des images inquiétantes, de vampires par exemple - ce que l'auteur ne manque pas de relever. Etudiées par un Ecossais... donc un familier des manoirs hantés! De cela, Hugo parvient encore à rire.

Le Japon s'invite
Bon, jusqu'ici, ça va: les bases sont en place. L'auteur balance à présent une femme dans l'histoire. Elle s'appelle Ai, elle est Japonaise, elle a les yeux verts et est d'une beauté envoûtante. Hugo l'épouse... et du coup, il n'est plus le même - pour être précis, ce bon vivant plein de projets semble mentalement exsangue quand Christophe vient le trouver en Ecosse, quelque temps après la fin de leurs études respectives. Signe particulier d'Ai? Entre elle et son beau-père, le courant ne passe pas. Et pour cause: il chasse le renard...

... "renard", ou "kitsune" en japonais. L'animal semble avoir, au Pays du Soleil Levant, un côté fantastique. C'est ce que découvre Christophe, après sa balade en écosse, à l'occasion d'une représentation théâtrale au Théâtre de Vidy. Un personnage lui raconte en effet l'affaire de ces sortes de "renards-garous" féminins envoûtants qui parasitent l'homme. Christophe en a-t-il aussi été victime?

Naturellement, l'auteur ne balance pas cette affirmation comme si c'était une parole d'Evangile. Bien plutôt, c'est le metteur en scène de la pièce vue qui le lui explique. Lui faire confiance? Cette histoire de renards envoûteurs est-elle réelle? Christophe peut aussi se demander si les regards changeants du renard empaillé qui se trouve chez Hugo sont davantage qu'un simple effet de son imagination. Et jusqu'à la fin, ouverte, le doute persistera: le lecteur peut soit croire le conteur et considérer que les renards montrés en fin de récit sont des mutants... soit considérer que les émotions suscitées par Ai sont, ni plus ni moins, l'effet de l'éternel féminin sur l'homme.

Amélie Ardiot, Kitsune, Genève, Encre Fraîche, 2007.

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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 20:14

Les plus assidus de mes lecteurs se souviennent de mon passage à la dictée organisée en été 2008 à La Garde en Oisans par Jean Chalvin, ancien Dico d'Or... eh bien, cette année, j'ai remis ça, reprenant pour la seconde fois consécutive la route escarpée de l'Alpe d'Huez, non pas les fesses sur un vélo, mais une plume dans ma serviette. Et même plusieurs: c'est parfois lent au démarrage, ces trucs-là. Cela ne m'a pas empêché de signer là, en ne trébuchant que deux fois, un deuxième succès consécutif sur cette épreuve...

Après le coq sachant côcher (?) de l'église de La Garde en Oisans, c'est le monde des publicistes friands de montres de luxe que Jean Chalvin s'est avisé d'égratigner dans un texte amicalement dédié à Pierre Gandit, maire de La Garde en Oisans et tout jeune quinquagénaire. Et pour être fort spirituel et pétillant, le texte dicté lors de la joute amicale de dimanche n'en était pas moins corsé, un peu plus même que l'an dernier, à mon avis. Savoir écrire "Rolex" peut certes sembler à la portée de tout un chacun: mais quand les Gardillons "arborent leur Cartier", doit-on écrire "leurs quartiers"? Question pertinente, puisque deux phrases plus loin, c'est bien de noblesse qu'il s'agit. Cela, sans compter que ce petit piège apparaissant dans la partie "juniors" du texte. Mais, goûtant fort la Pasha et bien plongé dans les méandres horlogers du récit (qui parlait d'oignons, de cadrans et de boîtiers), j'ai tranché pour le jeu de mots horloger, et bien m'en a pris.

D'une manière générale, du reste, les jeux de mots de l'auteur ne m'ont guère échappé. Il a été question, en vrac, du sillage de la Royal (Ségolène, bien sûr: a-t-on vu un publiciste sur un navire de guerre?), d'Arturo Ui (oui, oui! d'où l'intérêt de lire Bertolt Brecht quand on fait des dictées) et de quelques autres menus brimborions (y compris les 2 R de François Mitterrand) qui ont désarçonné quelques candidats. Le dernier paragraphe fut du reste une admirable variation sur les homonymes et paronymes de "heure". J'ai quant à moi trébuché sur des éléments de langue pure: un H de trop dans "emphytéotique" - que je saurai à présent écrire, pour le restant de mes jours - et un singulier mal à propos dans "sans heurts". Vérification faite, Robert suggère qu'on mette le singulier ("sans heurt") lorsqu'on parle du heurt au sens concret de "choc", et le pluriel dès qu'on utilise le mot dans un sens abstrait. Ce qui était le cas ici, hélas pour moi...

A noter que cette étape de montagne, disputée au café-restaurant "Les Gorges de Sarenne", s'est ainsi tenue à proximité immédiate de la route de l'Alpe d'Huez, connue de tous les cyclistes. Les 34 participants, dont deux juniors, ont donc bien pédalé pendant toute l'après-midi, sous un soleil de plomb - certains à l'intérieur et à l'ombre, ouf, d'autres dehors, sur la terrasse. Reste à savoir qui, du soleil ou de Jean Chalvin, a fait le plus transpirer les participants...

Classement seniors: 1. Daniel Fattore; 2. Nicole Destenave; 3. Pierre Wehrlé.

Photo:
http://www.bike-oisans.com/randonnees-cyclotourisme-itineraires-229.html
Le café-restaurant des "Gorges de Sarenne" se trouve à la sortie du virage, à côté de l'église qu'on peut voir sur l'illustration. On y mange bien, en toute simplicité, dans une ambiance familière.  

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Publié par Daniel Fattore - dans Langue française
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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 22:46

L'autre jour, j'ai pondu un billet sur le roman "Héritière malgré moi" de Lynn Messina, paru, dans le monde francophone, dans la collection Red Dress Ink, dépendant des éditions Harlequin. Sans concertation, je venais de rédiger quelque chose qui répondait peu ou prou aux critères du défi "Harlequinades 2009", lancé la semaine dernière par deux blogueuses:

Chiffonnette (dont j'ai découvert le blog à cette occasion - bonsoir!)

et

Happy Few (dont j'ai AUSSI découvert le blog à cette occasion - bonsoir également)

L'idée? Lire un Harlequin d'ici à la fin de l'année, et rédiger un commentaire sur son blog. Dans la foulée,
In Cold Blog  a produit un logo très parlant... qui illustre le présent billet.

L'éditeur Harlequin s'adresse certes aux femmes, mais le défi est, ai-je supposé, également ouvert à l'autre moitié de l'humanité. C'est pourquoi je me suis inscrit, sans vergogne, d'autant plus que j'ai encore, sur ma PAL, un Betsy Burke cent pour cent adapté. Autant dire que ça va harlequiner encore un peu sur ce blog, avant de passer à autre chose... à la rentrée littéraire, par exemple!

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Publié par Daniel Fattore - dans Littératures
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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 20:54

... je ne parle naturellement pas des bêtes politiques qui nous gouvernent, mais bien des animaux de nos contrées, quadrupèdes ou bipèdes aux comportements parfois étonnants, gênants, humains, bestiaux, insolites souvent! Il y a eu de quoi rigoler ces derniers temps. En voici quelques exemples, pour un billet un peu plus léger que d'habitude:

Blaireau bourré: l'histoire se passe en Allemagne. Un automobiliste a interpellé la police de Goslar pour ramasser un cadavre de blaireau sur la route. Or, l'animal était bien vivant... et cuvait tranquillement sa biture sur le bitume. Biture? Il s'agissait plutôt d'une orgie de cerises trop mûres qui ont fini par fermenter. Les policiers ont poussé le blaireau dans le caniveau afin qu'il reprenne tranquillement ses esprits... "Il n'a pas été possible immédiatement d'établir si son état avait été provoqué par des problèmes conjugaux", conclut le communiqué de presse de la police, qui s'est un peu laissée aller sur ce coup-ci, mais rappelle qu'on trouve facilement, en été, des animaux ivres après avoir ingéré trop de fruits. Non distillés, bien sûr.

Les dents de la mer... version suisse: qu'on se rassure: il n'y a pas encore de requins dans les lacs suisses, et tout le monde sait que les sandres ne s'attaquent pas à l'homme. Le problème, c'est que les sandres, eux, ne le savent pas - ou du moins l'un d'entre eux, qui a dû faire l'école buissonnière le jour où il était supposé découvrir son régime alimentaire. Résultat: six baigneurs du Lac Majeur se sont fait agresser par un de ces poissons, long de 70 centimètres, pesant huit kilos. Deux baigneurs ont même fini aux urgences, terrassés par les morsures... Une fois de plus, c'est la police qui s'est occupée du cas; elle soupçonne un dérèglement comportemental d'origine hormonale. Les touristes ont, comme de bien entendu, fait un sort à l'animal. Avec du citron, dans une assiette. 

Traducteur pour chiens: les Japonais auraient mis au point un système permettant de traduire en mots humains ce qu'aboie un chien, en mettant l'accent sur les émotions. L'appareil prévoit un micro qui se fixe sur le collier du chien et d'un talkie-walkie pour le propriétaire. Quelques phrases sont préenregistrées. Prix? 140 euros. Il paraît que ce modèle est plus perfectionné qu'un objet antérieur, vieux de sept ans. Gageons que ceux qui connaissent bien leur Médor à eux n'ont pas besoin d'un tel gadget pour le comprendre.

Jeu de l'avion: la compagnie aérienne américaine domestique Pet Airways a effectué son premier vol le 17 juillet dernier. Particularité? Elle transporte les animaux de compagnie, pris en charge par le personnel de bord. Des lounges au sol sont également prévus pour ces compagnons. L'histoire ne dit pas, cependant, si les oiseaux sont admis à bord. Et elle ne dit pas non plus si ces vols ont été retardés pour cause de tortues sur les pistes de l'aéroport JFK, à New York.

Sources:
http://www.geocities.com/infomali/info/insolite.htm
http://news.autoplus.fr/news/1220289/Blaireau-Allemagne-police-alcoolemie-incident-routier
et d'autres...

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Publié par Daniel Fattore - dans Air du temps
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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 20:17

Il faut bien donner un cadre à un roman, fût-il de chick lit; c'est ce que l'écrivain américaine Lynn Messina n'a pas manqué de faire avec "Héritière malgré moi", paru dans la collection Red Dress Ink, c'est-à-dire chez... Harlequin - une maison d'édition boudée par la blogosphère des livres, allez savoir pourquoi... Et comme quelques paillettes ne peuvent pas faire de mal, c'est dans le monde du design new-yorkais que les tribulations de Tallulah West, jeune créatrice de 29 ans au caractère quelque peu timoré, se déroulent.

Héritière, donc... la traduction du titre n'est pas très heureuse, puisque l'épisode de l'héritage est finalement assez bref dans ce récit, même s'il est lourd de conséquences - et que Tallulah, la narratrice, se trouve fort aise de revendre cet héritage (un terrain en Caroline du Nord) à prix d'or. Le titre original, "Tallulahland", était plus pertinent, puisqu'il évoquait à la fois ce terrain, présenté comme une terre promise où même les sentiments sont exacerbés, et la petite entreprise de design que l'héritière West met sur pied dans la troisième partie de ce roman. Tout cela vous guide une lecture...

... et puisqu'on parle de traductions, les romans publiés par Harlequin sont souvent plus courts en versions traduites qu'en version originale (anglais, toujours - primo-romanciers francophones, passez votre chemin!). La consigne est en effet d'écarter de la version publiée toutes les allusions trop pointues à la vie américaine, ainsi que les gags et traits d'esprit impossibles à rendre.

Cela conditionne le texte proposé au public francophone: le début semble peiner à décoller, comme si l'on avait éliminé quelques détails de trop (y compris les noms de célébrités - pas de name dropping, ou si peu). Originalité: pour une fois, le roman commence par un mariage, celui du père de Tallulah, designer richissime et respecté dans sa branche. Quelques péripéties surviennent, bien sûr, à l'instar du discours improvisé que la fille du "jeune" marié doit prononcer; mais on ne trouve pas d'emblée le pétillement que le lecteur peut percevoir, par exemple, dans le début tourbillonnant de "
Le Diable s'habille en Prada".

Il y a naturellement un homme dans toute cette histoire, et il s'appelle Nick. Tallulah l'aime-t-elle? "C'est compliqué", comme dit le fameux statut de Facebook. Officiellement, ce n'est que de l'amitié, les choses sont claires et la narratrice ne manque pas de le rappeler. Mais un roman publié par Harlequin ne serait pas tout à fait fidèle à lui-même s'il n'y avait pas un petit parfum de romance... et c'est dans la seconde partie du roman, bucolique à souhait (elle aboutit sur un terrain vierge où poussent les herbes folles), que l'auteur fait donner les violons, s'excusant parfois d'user de clichés pour mieux y recourir: battements de coeur, embrassades, vie sauvage à deux, rêve de cabane en rondins, etc. L'ellipse permet par ailleurs à l'auteur de tout laisser deviner sans rien expliciter...

... et après? L'affaire suit son cours, sur un ton finalement léger, un rien spirituel à défaut d'être toujours franchement hilarant, maniant le deuxième degré avec modération. Les péripéties sont dopées par la présence de Hannah, personnage tourbillonnant et mythomane, actrice autoproclamée de cinéma - l'élément pittoresque du récit, tout à fait capable de jouer les fous du roi au besoin, révélant la narratrice à elle-même en usant de franc-parler, usant et abusant d'une bonté un peu lourde. Le final, cependant, laisse le lecteur un peu sur sa faim: le roman se termine sur une affaire de plagiat de design dans laquelle Tallulah est la victime désignée; le père prend fugacement la défense de sa fille, ce qui est rare - mais on ignore si ça va se confirmer; et, enfin, l'idylle entre Nick et Tallulah reste un peu en rade. Cela, sans compter une sorte de contradiction: en fin de récit, Tallulah se dit toujours propriétaire terrienne (sa phrase à elle!), alors qu'elle a vendu son terrain à une riveraine pour le prix de 90000 dollars.

Alors, bilan? Une fois de plus, inutile de bouder son plaisir: ce petit livre recèle de bonnes pages qui sont parfaites pour l'été. Mais on a quand même envie de demander "la suite" à l'auteur.

Lynn Messina, Héritière malgré moi, Red Dress Ink, 2008.

Texte rédigé dans le cadre du challenge "Chick Litt For Men", organisé par
Calepin.
Le site de l'auteur:
http://www.lynnmessina.com/

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15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 20:59

Rentrée littéraire avant terme: l'éditeur genevois Cousu Mouche a à nouveau publié une de mes nouvelles, intitulée "Grain d'encens". Je vous invite à la lire, en vous rendant sur son site (lien direct): http://www.cousumouche.com/textes/nouvelles/2009/2009-07.html . Une fois votre lecture faite, rien ne vous empêche de vous balader sur le site, plein de beaux textes et de trucs amusants, à l'instar de Bébert (tournée individuelle!) ou des feuilletons.

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Publié par Daniel Fattore - dans Textes originaux
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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 21:31

Et s'il fallait admettre que des entités surnaturelles, anges ou quelles qu'elles soient, veillent sur l'humanité et ses grands enjeux pour le meilleur et pour le pire? Et s'il y avait un responsable transcendant de l'amour, de la mort, de la folie, de la douleur? C'est à ce jeu à la fois sérieux et ludique que s'est livrée la jeune écrivain genevoise Magali Bossi, avec talent qui plus est, dans son livre "Les Inchangés".

Livre? Difficile en effet de lui octroyer un genre de manière univoque. Les éditeurs eux-mêmes ne se mouillent pas trop, en présentant l'ouvrage en ces termes: "Ceci est presque un roman". Roman en trois parties, ou recueil de trois nouvelles? On hésite. Chacune des parties fonctionne en effet comme un tout parfaitement autonome. Mais l'auteur joue de manière balzacienne le jeu de la récurrence des personnages afin de créer de la cohésion dans son propos. Et les personnages évoluent dans le même milieu, se trouvent confrontés aux mêmes difficultés, dont la principale est la suivante: quand on est une entité surnaturelle, jusqu'à quel point peut-on fricoter avec les mortels?

Il y a un côté Wim Wenders (celui des "Ailes du Désir" ou de "In weiter Ferne so nah") dans ce livre. Les personnages surnaturels doivent en effet respecter des règles bien précises dans leurs contacts avec les humains, et gare à eux s'ils les transgressent (c'est du reste ce qui fait tout le sel des deux dernières parties, la première relatant, en des pages souvent fortes et inquiétantes, la réalisation réussie (parce que distante) d'un double "contrat", conjuguant douleur et folie). En cas de transgression (tomber amoureux d'un mortel, par exemple), la sanction est terrible, mais humaine, prosaïquement humaine, puisqu'elle est administrative: nos "anges" sont convoqués au bureau du directeur... un directeur dont, à l'instar de Dieu, personne ne connaît le visage - mais dont chacun sait qu'il fume le cigare. Après tout, comme le chante Serge Gainsbourg, "Dieu est un fumeur de havanes"...  

Dieu, les anges, les mots sont lâchés. Ce roman a-t-il l'ambition de montrer l'au-delà? Il semble l'humaniser afin de le rendre plus perceptible aux lecteurs, mortels par définition, et répond en passant à une question qui déchire la chrétienté depuis la nuit des temps en dépit de son apparence byzantine: celle du sexe des anges. Chez l'auteur, les anges sont de l'un ou l'autre sexe, comme n'importe quel être humain; ils sont en proie aux mêmes passions, nous l'avons dit, et doivent rendre des comptes à leur patron, comme tout le monde. Administrer la mort? C'est un contrat comme un autre, à remplir sans état d'âme, comme d'autres vissent des boulons.

En passant, Magali Bossi attribue à la mort un genre masculin (mais comme il/elle s'appelle Dominique, ça crée des quiproquos) et à l'amour un genre féminin - les femmes seraient-elles plus aimantes? Et pour faire bon poids, ces (presque) purs esprits portent des noms évocateurs... mais dans différentes langues - on a un Octav Schmerz, une Irrène Irrsinn, un Dominique La Mort, une Emma Comida responsable de l'alimentation, etc. Tout cela donne à ce récit un parfum d'universalité - oserait-on dire "catholicité", au sens étymologique? D'un autre côté, la transgression du règlement de l'"administration des anges" prend chez l'auteur la forme d'un péché d'hybris, satisfaisant l'espace d'une nuit (Mina emmène la mort voir les étoiles comme elle le faisait avec son père, et Elska, responsable de l'amour, conclut avec Mme Shinsetsu en pleine nuit) mais, nous l'avons dit, sanctionné de manière terrible pour l'humain et pour l'ange qui a failli.

La diversité reste présente dans la forme du récit. La première partie est divisée en chapitres et sous-chapitres brefs, coiffés d'en-têtes faussement sentencieuses qui donnent à réfléchir ou prêtent à sourire. La deuxième et la troisième, en revanche, font se succéder les numéros des chapitres, toujours très courts. Fil conducteur? Le discours à la première personne. De quoi étonner? Le "je" n'est jamais le même...  

Habile construction, donc! Le lecteur goûtera par ailleurs la voix de l'auteur, parfois fort travaillée, parfois savamment orale, toujours cohérente. De quoi se faire plaisir avec un véritable roman en miniature!

Magali Bossi, Les Inchangés, Genève, Faim de siècle, 2009.

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