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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 20:13

PhotobucketC'est à Bulle et à La Tour-de-Trême que l'artiste fribourgeois Jean-Pierre Humbert va poser sa valise de bois pour les deux semaines à venir, plus précisément du 12 au 26 septembre 2010. Créateur aux talents multiples, il invite tout le monde à découvrir ses dessins, peintures, gravures et estampes numériques en deux lieux: la Tour historique de La Tour-de-Trême et la Galerie TraceEcart de Bulle, rue de Gruyère 64.

 

L'exposition s'intitulera "Passé recomposé". C'est aussi le titre d'une série d'estampes. Il sera également possible d'admirer les oeuvres reproduites dans un calendrier 2011, créé conjointement par Jean-Pierre Humbert et une treizaine d'auteurs membres de la Société fribourgeoise des écrivains (dont votre humble serviteur...).

 

Jean-Pierre Humbert sera à la Galerie TraceEcart tous les samedis de l'exposition. Les lieux de l'exposition sont ouverts les jeudis et vendredis de 14 à 18 heures, les samedis et dimanches de 10 à 12 heures et de 14 à 18 heures.

 

Je vous recommande ce détour si vous passez par Bulle!

 

Illustration: Jean-Pierre Humbert, "Trois p'tit tours et..."

 

Le calendrier est disponible auprès de l'artiste, via son site (écrire un courriel), au prix de CHF 24.-, frais de port en sus - à moins que vous ne souhaitiez rendre visite à Jean-Pierre Humbert lui-même, le samedi de 10 à 12 heures à son atelier (Galerie Contraste, ruelle des Cordeliers 6, Fribourg).

 

 

 

 

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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 05:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, Ankya, Armande, Azilis, BookwormCagire, Caro[line], Celsmoon, Chrestomanci, Chrys, Claudialucia, Edelwe, Emma, Emmyne, Esmeraldae, FattoriusFerocias, Fleur, George, Hambre, Herisson08, Hilde, Julien, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Laurence, Lystig, Maggie, Mango, Marie, Mariel, Mathilde, MyrtilleD, Naolou, Restling, Roseau, Saphoo, Satya, Schlabaya, Sev, Séverine, Soie, Tinusia, Uhbnji, Violette, Yueyin, Zik

 

LE PAIN

 

La surface du pain est merveilleuse d'abord à cause de cette impression quasi panoramique qu'elle donne: comme si l'on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes.

Ainsi donc une masse amorphe en train d'éructer fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s'est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses... Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, - sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente.

Ce lâche et froid sous-sol que l'on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges: feuilles ou fleurs y sont comme des soeurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent: elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable...

Mais brisons-la: car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation.

 

Francis Ponge (1899-1988), Le Parti pris des choses, Paris, Gallimard, 1942.

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Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 20:08

Roman; lu par A propos, Claire, Mobylivres.

Lu dans le cadre du % de la rentrée littéraire et du défi Premier Roman; en partenariat avec Blog-O-Book et les éditions Gaïa, que je remercie ici. 

 

C'est à un grand voyage que l'écrivain Didier Desbrugères invite ses lecteurs dans le cadre de son premier roman, "Le Délégué". Grand voyage à travers un grand pays qui pourrait être la Russie ou quelque nation d'Europe orientale (on pense au pays de Franz Kafka), mais aussi grand voyage à travers l'existence de Josef Strauber, dit S., fonctionnaire intègre et d'âge mûr, nommé à un poste de province pour lequel il n'a jamais été préparé.

 

Un personnage qui se rend à un emploi convoité? Le lecteur est rapidement tenté de faire le parallèle avec "Le Désert des Tartares" de Dino Buzzati. Parallèle pertinent: il ne se passe finalement pas grand-chose au fond de la province où échoue S. Mais il convient de le nuancer, et de relever du même coup la richesse intrinsèque du dense récit que signe Didier Desbrugères.

 

Trois étapes marquent ce récit, qui sont autant de chapitres. La première se concentre sur le voyage. C'est la plus dense, peut-être aussi la plus difficile à lire tant la narration est lente. Cette lenteur est le reflet parfait de la lenteur du train qui achemine S. vers sa destination - vers son destin: nous n'avons pas affaire à un TGV, et le pays est grand. L'auteur prend par ailleurs le temps de présenter le contexte et, déjà, de peindre les premiers traits de caractère du personnage complexe de Josef Strauber - qui baigne encore dans l'illusion du poste de délégué qu'il va reprendre. Cette illusion reflète l'ignorance qu'ont les passagers du train de leur propre pays: ils ne savent guère où ils se trouvent.

 

La deuxième partie révèle sa prise de fonction. Non attendu, le nouveau Délégué ne parviendra jamais à asseoir son autorité. Sorte de Candide au pays des petits arrangements, il se crée vite une réputation qui l'éloigne de la population. Monarque sans royaume, il se réfugie dans une nouvelle illusion en se mettant en couple avec sa bonne et en étudiant la botanique et l'entomologie (ce que suggère la couverture). Et lorsqu'il faut quand même aborder le coeur du métier (troisième partie), il est trop tard. Et c'est seul que S. livrera sa dernière bataille, montera son dernier projet, jusqu'à la mort peut-être.

 

Le flou qui entoure la géographie du récit se retrouve dans celui qui touche la temporalité. L'auteur plonge son lecteur dans une époque mal définie mais dont les traits sont archaïques - comme si le temps s'était arrêté dans cette république où l'on voyage dans des trains qui ont conservé la troisième classe et où se déroule tout un petit commerce fait de débrouillardise. Pas d'ordinateur bien sûr, et les distances rendent les communications difficiles, en particulier entre la capitale et la province. L'argent lui-même n'arrive jamais; d'ailleurs, quelle valeur a-t-il dans ce récit? Enfin, les distances se comptent en verstes, ce qui nous renvoie à nouveau à l'idée d'un pays inspiré de l'Europe orientale.

 

Sombre et tragique destinée que celle de Josef Strauber, qui doit attendre le soir de sa vie pour se lancer, seul et dérisoire, dans un grand projet! Mais n'est-ce pas là la métaphore de toute existence, souvent triste et diluée? A l'instar du chef-d'oeuvre de Dino Buzzati, le premier roman de Didier Desbrugères peint avec art l'ennui de la vie et suggère différentes manières de le tromper ou de fuir un réel qu'il est devenu, par notre propre faute, trop difficile d'envisager. Dense, d'une grande unité de ton, "Le Délégué" est un roman lent et magnifique - une démarche littéraire réussie qui donne envie d'en découvrir, à l'avenir, d'autres du même auteur.

 

Didier Desbrugères, Le Délégué, Montfort-en-Chalosse, Gaïa, 2010. 

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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 05:00

PhotobucketLa chose est partie chez Homer, a trouvé un rebond chez Romain Blachier et chez 100'000 V:

 

Interpellé par cette pub (photo à gauche...) lors d'un surf sur un site de tourisme local, je vous invite à vous poser la question: et après? et à inventer la suite... Qu'en est-il de l'idylle de Sonia et Vincent aujourd'hui?

 

Aimant tapoter des histoires et nouvelles, je me suis dit que la réponse à cette question de recherche pourrait s'intégrer à la philosophie du présent blog. C'est pourquoi je vais m'amuser à y répondre, en mettant en scène un élément de vie quotidienne. C'est parti: 

 

Un sourire enjôleur aux lèvres, Sonia déboule dans le salon de l'appartement, porteuse d'un plateau-repas richement fourni en finger foods et autres délices. Avec un soupçon de brillant dans la voix, elle claironne à son Vincent, qui l'attend devant la télévision: 

- Vinçounet chéri, devine ce que je t'ai préparé: ma mythique salade grecque à la féta! 

- Ah, ma petite Soniette, je sens que je vais aimer! 

 

Et comme la cuisine peut désormais aussi être le royaume des hommes (et la télé le plaisir des femmes), voici ce que ça pourrait donner si l'on inversait les rôles: 

 

Arborant sa tête de garçon espiègle qui va faire un mauvais coup que tout le monde va goûter à sa juste valeur, Vincent déboule dans le salon de l'appartement, porteur d'un plateau-repas. De sa voix de baryton-basse chaude et graillonneuse, il feule à Sonia, qui l'attend face à "Desperate Housewives": 

- Soniette, mon amoureet, je sens que tu vais aimer mon sushi d'aubergines au faux thon rouge du Japon!

- Ah, mon Vinçounet chéri, ta recette est absolument mythique!

 

Point commun: vu le thème du récit, j'imagine que tout cela sera arrosé d'un bon verre de "Cuvée Mythique"!

 

Tag, chaîne, Harlequinade déguisée? Si le sujet vous interpelle, à vous de jouer, sur vos blogs ou en commentaire!

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Publié par Daniel Fattore - dans Tags
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3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 18:12

En avant-première, voici le classement Wikio "Culture" (top 20) du mois de septembre! 

 

 

 

 

 

 

 

 

1 Fubiz
2 Blog-O-Book
3 Ufunk - gadgets japonais et arts
4 Le blog de Herisson08
5 Les lectures de Pimprenelle
6 Moi, Clara et les mots
7 Le blog de Celsmoon
8 LIRATOUVA
9 Le Terrier de Chiffonnette
10 en lisant en voyageant
11 Mille et une pages
12 Bric à Book
13 Cynthia et ses contes défaits
14 TrendsNow
15 Mon coin lecture
16 Graphisme & interactivité
17 Les Lectures De Liyah
18 Les Peuples du Soleil
19 Le goût des livres
20 Les livres de George Sand et moi

 

Classement réalisé par Wikio

 

Je n'y figure pas, snif... mais ça fera des petits liens pour tous les blogs mentionnés! N'hésitez pas à les visiter, je vois qu'il y a du beau et du bon. Je vous souhaite un bon surf!

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Publié par Daniel Fattore - dans Air du temps
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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 23:10

PhotobucketIl arrive qu’une entreprise se trouve dans l’obligation de se séparer d’une partie de son personnel. Problème : quand on est déjà un peu serré, un plan social peut s’avérer ruineux. Alors, pourquoi ne pas recourir à des méthodes plus, disons, euh, expéditives ? Telle est l’idée qui vient à Emile Delcourt, patron d’une entreprise familiale dont il est l’héritier. Et tel est le propos de « Plan social », deuxième roman de François Marchand, publié au Cherche-Midi.

 

Tout les éloigne, tout les rapproche pourtant…

Le lecteur est d’emblée saisi par un climat d’humour noir qui décape tout ce qui se présente, sans ménagement. Les consultants externes sont les premières cibles de ce roman – ces gens que l’auteur présente comme des êtres fades, vaguement méprisants, qui coûtent un saladier et se gargarisent de termes abscons comme teambuilding outdoor, management par projets, etc. L’auteur crée ici une petite musique, chant du consultant que le chef de l’entreprise apprend à imiter pour mieux le mener en bateau.

 

N’allons pas croire, cependant, que le consultant externe du roman, affublé du nom de Walfard (anglais ? français ?), est l’allié d’Emile Delcourt. L’auteur oppose ici le Parisien aux idées sophistiquées et le chef d’entreprise familiale provinciale (nous sommes dans une fabrique d’ancres de marine du département du Nord), présenté comme gardant les pieds à peu près sur Terre. A ses côtés, un autre personnage garde lui aussi les pieds sur Terre : le leader syndical de l’entreprise, Burnier.

 

L’actualité en embuscade

Paradoxalement, le syndicaliste Burnier et le patron Delcourt se retrouvent alliés d’un dégraissage des plus musclés. L’auteur met ici en évidence, avec beaucoup d’habileté, ce qui rapproche ces deux personnages que tout éloigne dans la vraie vie. Au fond, ce sont tous deux des conservateurs pur jus, tenants d’une approche à l’ancienne de leurs rôles respectifs. Et, pour ne pas verser dans un manichéisme convenu, tous deux sont pourris, le lecteur le découvre assez vite – je le laisse découvrir pour quoi roule le syndicaliste. Deux âmes grises ? Oui, mais gris foncé. Capables de tirer leur épingle d’un jeu délirant qui va loin. Et délicieusement odieuses, ce que le lecteur appréciera à sa juste valeur.

 

Avec un thème comme celui du « plan social » nouvelle mouture, l’auteur ne saurait faire abstraction de l’actualité, ni de quelques grands thèmes de l’économie. La concurrence chinoise est évoquée, de même que certaine crise dont on ne finit pas de sortir. Dans un registre tragique revu sur un ton ironique, l’entreprise restructurée connaîtra « sa » tentative de suicide. Comme à France Télécom.

 

Il y a dans ce roman de cent vingt pages un côté « il n’y a personne pour racheter l’autre » savoureux et jouissif qui n’est pas sans rappeler d’excellentes pages de Tom Sharpe. En outre, il rapproche ce qui, en principe, se repousse, parce qu’on est tous égaux dès qu’on met les doigts dans la crasse. Acérée, précise, la plume de l’auteur égratigne tout ce qu’elle touche, et fait mouche à tout coup, ne reculant ni devant l’outrance, ni devant le burlesque. Un roman un poil court ? Tant mieux : François Marchand sait aussi partir avant de lasser… et réussit ainsi sa sortie.

 

04_chronique_de_la_rentree_litteraireFrançois Marchand, Plan social, Paris, Le Cherche-Midi, 2010, 120 pages.

 

Ce livre a été chroniqué dans le cadre d’un partenariat avec le site Chroniquesdelarentreelitteraire.com et dans le cadre de l’organisation du Grand Prix Littéraire du Web Cultura. Merci à l'éditeur, Le Cherche-Midi, et aux partenaires!

 

Lu dans le cadre du défi "1% littéraire 2010" (3/7) 

 

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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 20:55

PhotobucketD'abord, j'annonce qu'une lectrice a pris un peu d'avance sur la lecture commune de "La Vieille qui marchait dans la mer" en le commentant dimanche! Je vous invite à découvrir son billet:

 

http://imagimots.blogspot.com/2010/08/le-defi-san-antonio.html

 

Alléchant, non? Il ne tient qu'à vous, alors, de participer à la lecture commune sur "La Vieille qui marchait dans la mer" de Frédéric Dard. Toutes les informations utiles sont ici.

 

Sont déjà inscrites:

 

Alex de Mot-à-Mots

Liliba (s'il se trouve sur sa PAL)

Mazel

Tilly

 

Bonne lecture à toutes! Et j'ajoute que d'une manière générale, le Défi Frédéric Dard court toujours!

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Publié par Daniel Fattore - dans Littératures
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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 20:52

... mais ce n'est pas moi, hélas!

 

Concernant la finale du championnat suisse d'orthographe, disputée samedi à Saint-Pierre-de-Clages (photo, source ici) par une soixantaine de valeureux de tous âges, je pourrais vous dire que vous n'aviez qu'à regarder la télé hier soir, mais ce serait liquider le sujet avec une désinvolture que je n'apprécie guère. C'est pourquoi je préfère vous narrer l'événement par le menu, d'autant plus qu'il va compter dans les annales des championnats suisses d'orthographe.

 

Comme je l'ai dit, un candidat a signé une dictée sans la moindre faute. Il s'agit de Guillaume Terrien, de Grenoble, animateur du club d'orthographe de Grenoble et patron du site Internet Orthodidacte, qui vous permet de tester et d'optimiser vos connaissances sur abonnement. Zéro faute, cela signifie pour lui qu'il confirme son titre de l'an passé. Et pour les championnats suisses d'orthographe, c'est une page d'histoire qui se tourne: c'est la première fois, en vingt et un ans d'existence, qu'une dictée sans faute est rendue au terme de l'épreuve. Cela pourrait donner à Francis Klotz, âme de ces joutes, l'envie de rédiger des textes avec encore plus de pièges...

 

Intitulé "Une dictée d'enfer", le texte de la dictée était peut-être un poil plus facile que les précédents, loin des feux d'artifices de majuscules qui ont caractérisé "Intrigant, non?" (2008) ou du délire romantico-lexico-biographique de "Biographie" (2005) - reste qu'il y a toujours de quoi faire trébucher les candidats non avertis! J'ai personnellement commis trois fautes: un trait d'union manquant sur "court-vêtues", une faute d'orthographe sur "lapées" (savez-vous ce que c'est?) et une majuscule mal à propos sur "ex-harpagons". Le texte n'en était pas moins infernal, puisqu'il évoquait les punitions des êtres qui se sont rendus coupables de l'un ou l'autre des sept péchés capitaux.

 

Les habitués des dictées ont cependant reconnu quelques pièges et dadas de l'auteur. Ainsi, le verbe "mignoter" avait déjà été utilisé dans "Biographie"; Francis Klotz affectionne en effet ces verbes en "-oter" où l'on se demande toujours s'il faut un ou deux T à la fin. "Une source inépuisable de pièges", a-t-il commenté un jour, ponctuant un test qui disait: "Qu'il pleuviote ou qu'il neigeote, mes cheveux frisottent". Les "ziggourats akkadiennes" étaient également connues des participants réguliers, de même que la bilharziose (présente dans les tests de départage, déjà vue en 2005 dans "Une perte très momentanée") ou les "petits maîtres", déjà vus il y a deux ans dans "Alimentaire, mon cher Watson!" et qu'il ne faut pas confondre avec les petits-maîtres: les premiers sont des artistes mineurs de la Renaissance, les seconds sont des tâcherons qui se la jouent...

 

Passée l'épreuve, l'ambiance fut sympathique à Saint-Pierre-de-Clages, où j'ai pu, à la faveur de la fête du livre, nourrir quelque peu ma pile à lire, m'entretenir avec l'écrivain Valérie Gilliard, auteur de "Le Canular divin", et découvrir les plumes artisanales en bois de Léo. Et puis, après l'effort vient le réconfort: le vin d'honneur offert par la commune fut savoureux, entre un Johannisberg fruité à souhait et une dôle des plus typiques.

 

Palmarès seniors: 1. Guillaume Terrien. 2. Guy Deschamps. 3. Olivier Dami. 4. Benoît Delafontaine. 5. Daniel Fattore.

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Publié par Daniel Fattore - dans Langue française
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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 05:00

Sur une idée de Celsmoon.

Avec Edelwe, Mango, Abeille, Emmyne, Chrestomanci, Mariel, Laurence , Ankya, Herisson08, Anjelica , George, Uhbnji , Fleur, FérociasEsmeraldae, Armande, Satya, Zik, Lystig, Amos, Bookworm, Emma, Julien, Marie, Yueyin , Soie , Alex , Hambre , Katell , Mathilde, Hilde, Saphoo, La plume et la page, Tinusia, Chrys, Roseau, MyrtilleD, Cagire, Caro[line], L'or des chambres, Violette, claudialucia, Séverine, Maggie, Sev, Naolou.

 

Le Départ

 

Je n'emporte avec moi sur la mer sans retour

Qu'une rose cueillie à notre long amour.

J'ai tout quitté; mon pas laisse encor sur la grève

Empreinte au sable insoucieux sa trace brève

Et la mer en montant aura vite effacé

Ce vestige incertain qu'y laissa mon passé.

Partons! que l'âpre vent en mes voiles tendues

Souffle et m'entraîne loin de la terre perdue

Là-bas. Qu'un autre pleure en fuite à l'horizon

La tuile rouge encore au toit de sa maison,

Là-bas, diminuée et déjà si lointaine!

Qu'il regrette le clos, le champ et la fontaine!

Moi je ferme la porte et je ne pleure pas.

Et puissent, si les dieux me mènent au trépas,

Les flots m'ensevelir en la tombe que creuse

Au voyageur la mer perfide et dangereuse!

Car je mourrai debout comme tu m'auras vu

Sur la proue, au départ, heureux et gai, pourvu

Que la rose à jamais de mon amour vivant

Embaume la tempête et parfume le vent.

 

Henri de Régnier (1864-1936), Les Médailles d'argile, Paris, Mercure de France, 1921.

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Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 19:29

PhotobucketRentrée littéraire - lu par Amanda, Antigone, Choco, Cinquième, Cynthia, George Sand, In Cold BlogTamaculture.

Lu dans le cadre des défis "Bienvenue en Inde" et "1% de la rentrée littéraire".  

Merci à Babelio et aux Editions des Deux Terres pour ce partenariat!

 

Entre gravité et esprit, entre liberté de moeurs et implacabilité d'une justice corrompue, "Les derniers flamants de Bombay", deuxième roman de Siddharth Dhanvant Shanghvi traduit en français (par les soins de Bernard Turle), a des côtés déconcertants. Difficile à lire en raison de son rythme particulier et de son caractère (trop) copieux, il peut offrir, à qui sait être réceptif, des moments de pur sourire et d'étonnement. Essayons d'y voir plus clair...

 

Centré sur le relationnel

Quatre personnages constituent le coeur de ce vaste roman. Le premier rôle est tenu par Karan, photographe venu de sa lointaine province pour tenter sa chance à Bombay/Mumbai. Dans ses proches, on trouve Samar le pianiste, Rhea la potière et Zaira l'actrice. Toute la première partie est consacrée à planter le décor, à décrire les relations qui s'installent peu à peu entre eux, entre attractions et répulsions - et surtout à dépeindre trois artistes qui ont abandonné leur art en cours de route, pour des raisons généralement amoureuses.

 

Il y a là, certes, quelques pages qui prêtent à sourire - en particulier, les dialogues claquent comme des répliques de cinéma bien assénées quoique parfois d'une ironie outrée; mais globalement, on finit par trouver longuette cette mise en place des décors, trop axée sur les relations, donnant trop peu à voir de l'Inde dans ce qu'elle peut avoir de coloré, de beau même. On me répliquera que l'auteur n'a pas voulu écrire un guide touristique, et j'en conviens (d'ailleurs, Karan refuse le côté touristique que peut avoir son art, préférant la vérité à la beauté); dommage, cependant, que l'aspect visuel soit si peu exploité alors que tout tourne autour d'un apprenti photographe.

 

Les arcanes du monde politique

L'auteur dévoile en revanche pas mal d'éléments intéressants du microcosme politique indien: on découvre par exemple les raisons qui ont poussé Bombay à changer de nom (la faute aux conservateurs avides d'identité authentique; l'option retenue par l'auteur d'utiliser le nom de Bombay tout au long du roman prend ainsi une couleur politique engagée).

 

Mais c'est surtout la corruption omniprésente que l'auteur dévoile en mettant en scène un ministre, Prasad, affublé d'un fils turbulent. L'histoire prend des allures de thriller judiciaire dès la deuxième partie, avec de belles descriptions des méthodes de corruption. Là aussi, l'auteur sait se faire lent lorsqu'il détaille les débats des tribunaux. C'est que là-bas, les procès durent des années, suggère l'auteur.

 

Un goût d'éducation sentimentale 

La troisième partie, quant à elle, met en scène le délitement des relations et leur évolution vers un équilibre nouveau. Karan lui-même renonce à sa carrière de photographe pour exercer des métiers plus nourrissants. Il voyage. Et c'est ainsi que l'on découvre encore une autre facette de ce roman: celui d'une forme d'éducation sentimentale dessinée autour de l'exemple de Karan, "chaste fol" ("reiner Tor" à la Parsifal) lâché dans un milieu particulièrement libre qui lui permettra d'avoir un aperçu de ce qu'aimer peut vouloir dire: amitié, homosexualité, vie maritale, adultère, pureté des sentiments mais aussi séparations et mort d'êtres devenus proches au fil des hasards de l'existence. Les clins d'oeil à la "chose" sont nombreux - on pense à l'énigmatique "fornicateur de Bombay"...

 

Au final, c'est donc un roman très riche que "Les derniers flamants de Bombay". Peut-être trop même, à force de vouloir goûter à la fois à la peinture de moeurs, à la dénonciation sociale et à l'éducation sentimentale. On en sort un peu comme après avoir abusé du buffet tandoori longuement mastiqué d'un restaurant indien: certes, les plats furent bons et divers... mais juste trop copieux.

 

Merci à Babelio et aux Editions des Deux Terres pour ce partenariat!

 

Siddharth Dhanvant Shanghvi, Les derniers flamants de Bombay, Paris, Les Deux Terres, 2010. Traduction de l'anglais par Bernard Turle. 

  

 

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