Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 20:42

hebergeur imageNouvelles, également commenté par Angélita.

Lu dans le cadre du défi "Nouvelles" de Des Livres Et Moi.

Merci à l'auteur (blog) pour l'envoi et pour les heures de lecture!

 

Un rayon de soleil qui vient du Midi, des nouvelles gorgées d'émotion: voici ce que le lecteur de "Méridionales" trouvera dans ce recueil signé Alba Kertz. Il y a, c'est certain, un mystère dans ces textes - quelque chose de difficile à cerner, qui donne cependant une bonne mine et peut, de manière subtile ou fougueuse, requinquer les âmes en demi-teinte. Essayons de cerner de quoi il s'agit...

 

L'une des constantes des nouvelles de ce livre est qu'elles se concentrent sur les êtres humains et les relations qui les lient - des relations où la nature, le plus souvent, prend le pas sur les conventions sociales pour associer ceux qui doivent l'être plus que ceux que les lois veulent à tout prix coller ensemble - ou éloigner. Un mécanisme à l'oeuvre dan les deux sens dans la nouvelle "La Chambre du Petit": soldats ennemis mortels en temps de guerre, les deux figures masculines de ce récit sauront trouver, après la Seconde guerre mondiale, les voies de l'amitié qui va les lier jusqu'à la mort.

 

Ecrites sur un ton qui prend le lecteur au sérieux et dans un style faussement simple qui fait, mine de rien, toute la place à un vocabulaire précis et choisi, les nouvelles de ce recueil occupent les années, sautent même des générations, et cela est aussi une constante. L'amour s'avère d'une patience d'ange, que ce soit dans "Le Charme du quadragénaire", nouvelle qui ouvre le recueil, ou "Expliquer les étoiles...", texte qui le conclut. Le lecteur s'interroge dès lors en permanence: le couple le plus évident va-t-il se constituer, à la fin? Et là, il devra être patient - en particulier sur "Expliquer les étoiles...", qui est aussi le plus long récit du recueil - et qui saute deux générations...

 

Dès lors, on pourrait croire que ce recueil fleure bon la nostalgie et les temps anciens. Pas faux, mais cela va beaucoup plus loin! Certes, les narrations plongent leurs racines dans les grands méandres du vingtième siècle, tels que les deux guerres mondiales qui l'ont déchiré. Mais l'auteur, oscillant entre traditions (ah, les costumes folkloriques et les cavaliers de "Expliquer les étoiles..."!) et modernité, sait aussi être de son temps. Ainsi la jeune fille qui attend son copain dans "En attendant Pascal" est-elle parfaitement en phase avec le début du vingt et unième siècle, avec son portable et les questions qui peuvent se poser à une jeune fille amoureuse d'un presque inconnu - le sida, entre autres. Ce qui n'empêche pas l'auteur d'offrir à cette nouvelle le substrat d'un sentiment de toujours: celui du lien qui lie une mère et une fille.

 

Il y a donc, dans les 116 pages de ce recueil aux couleurs du Sud, écrit en mode majeur, de quoi se remonter le moral: au travers de la peinture de liens si humains et si personnels que le lecteur s'y reconnaîtra immanquablement une fois ou l'autre, c'est à l'universel que l'auteur touche. Et cela fait du bien de savoir que même si la vie n'épargne pas ceux qui se sont donné pour défi de la vivre jusqu'au bout, elle sait aussi leur offrir des cadeaux inestimables qui sont autant de surprises, puisque personne ne sait quelle forme ils prendront: amour, expérience, amitié, soleil, instants de bonheur impromptus, soutiens inattendus...

 

Alba Kertz, Méridionales, Toulon, Les Presses du Midi, 2009, préface de Monique Pivot.

Repost 0
12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 20:16

hebergeur imageLe moins qu’on puisse dire, c’est que le petit ouvrage de Frédéric Palomino est d’une actualité permanente, tant il est vrai qu’on entend régulièrement parler, un million chassant l’autre, des excès en matière de rémunération des chefs d’entreprise. Cette brève synthèse expose brièvement la question des rétributions monétaires des grands cadres, ce qui permet au lecteur de mieux comprendre certains débordements. L’auteur donne par ailleurs quelques pistes pour optimiser la structure de rétribution des patrons.

 

Le titre cerne d’emblée de quoi il s’agira. Le choix du verbe « payer » intervient en effet à dessein pour limiter le propos aux rétributions strictement liées à l’argent (cash et valeurs boursières), à l’exclusion d’éventuels avantages en nature, conditions de travail ou arrangements commodes favorisant le transfert d’un cadre.

 

Dès lors, l’auteur commence son exposé par un rappel des objectifs qu’une entreprise peut poursuivre, soit selon un point de vue typiquement anglo-saxon (satisfaire ses actionnaires), soit selon un point de vue plus « continental » qui englobe des objectifs sociaux. Plus riche, donc plus détaillée, c’est cette approche qui sert de socle principal à la réflexion de l’auteur.

 

Celui-ci expose ensuite les principaux éléments de la structure des salaires des cadres dirigeants : salaire fixe, stock-options, actions, indemnités de départ. Il en cerne les enjeux et les risques, par exemple ceux liés aux fluctuations boursières indépendante de l’action du patron ; le fonctionnement des stock-options et de leur effet plus ou moins incitateur est également abordé. Le paradoxe lié aux indemnités de départ (versées même si le patron partant n’a pas atteint les objectifs) est également levé.

 

Les modalités d’intervention des conseils d’administration sont également abordées, de même que leur rôle général. En particulier, la question de l’indépendance de leurs membres est analysée de manière assez approfondie, l’enjeu étant d’éviter une prise d’ascendant de la part du chef exécutif de l’entreprise.

 

On le voit, les outils ne manquent pas pour rétribuer le chef d’une grande entreprise. L’auteur esquisse également quelques pistes pour le dosage de chaque élément, par exemple en fonction de l’âge de la personne engagée. Un tel ouvrage paraîtra peut-être succinct à un spécialiste des hautes rétributions, mais il constitue une bonne introduction, claire et bien structurée, fondée sur des enquêtes, statistiques et ouvrages de référence, pour toute personne qui s’intéresse aux ressources humaines – sans compter, bien sûr, le simple salarié qui se demande comment et pourquoi les salaires des patrons s’envolent.

 

Frédéric Palomino, Comment faut-il payer les patrons?, Paris, Ed. Rue d'Ulm, 2011.

Repost 0
Publié par Daniel Fattore - dans Livres - essais
commenter cet article
11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 19:41

nullJ'ai été tagué par Lolobobo! Insigne honneur! Merci! Sa Revue de Stress me propose de suggérer une musique pour constituer, avec d'autres blogueuses et blogueurs (dont vous, fidèle lectrice ou lecteur d'occasion!?) une bande musicale de l'été 2011. Autant dire que l'été risque d'être chaud, chaud, chaud, musicalement parlant!

 

Telles que proposées par le maître de cérémonie, les règles du jeu sont les suivantes : 

  • Vous proposez votre tube de l'été à Lolobobo (ça peut être la chanson que vous écoutez cet été, une chanson qui a marqué l'un de vos étés précédents, ou une chanson que vous aimez et qui ne vous quitte jamais et qui vous accompagne partout même en été).

  • Vous publiez un billet sur votre blog avec cette chanson (en video ou avec un lien deezer, spotify ou grouve shark ou quoi que ce soit d'autre)

  • Vous faites un lien sur ce billet ou vous laissez un commentaire ici (ça lui permettra de retrouver vos sélections plus facilement)

  • et d'ici une dizaine de jour Lolobobo publiera sur son blog une playlist (sur plusieurs plateformes) reprenant les sélections des blogueurs participants.

  • Bien sur vous pouvez à votre tour tagger d'autres blogueurs histoire d'élargir nos horizons musicaux


Voici ce que je propose, en toute liberté et même si ça change des autres propositions vues çà et là:

 

 

 

 

... à savoir la Toccata de la Cinquième symphonie pour orgue de Charles-Marie Widor, un incontournable de la Fête-Dieu de Fribourg. A défaut de tube, c'est une musique qui requiert pas mal de tubes, plus précisément de tuyaux.

 

Et dans la foulée (article 5 du règlement), j'invite toute personne intéressée à proposer son tube de l'été à s'annoncer directement sur le blog de la Revue de Stress, conformément aux règles du jeu. Amis blogueurs, vous êtes tagués! Hé hé... ou tra-la-la!

 

Photo: orgue de Notre-Dame d'Auteuil, par Cavaillé-Coll et Debierre; photo de Ch.-M. Frommen. Source

 

Repost 0
Publié par Daniel Fattore - dans Tags
commenter cet article
10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 05:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, Ankya, Armande, Azilis, BénédicteBookwormCagire, Caro[line], Celsmoon, Chrestomanci, Chrys, ClaudiaEdelwe, Emma, Emmyne, Esmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Hambre, Herisson08, Hilde, Julien, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, Mariel, MyrtilleD, Naolou, Restling, Roseau, Saphoo, Schlabaya, Séverine, Soie, Sophie57, Tinusia, Violette, Yueyin, Zik

 

IX.

 

Amour peut à son gré me tenir oppressé,

Et m'estre - helas à tort! - rigoureux et contraire:

Je veux demeurer ferme, et ne faut qu'i espere

Qu'en adorant vos yeux je sois jamais lassé.

 

Je voy bien mon erreur, et que j'ay commencé -

Nouveau frere d'Icare - un vol trop temeraire,

Mais je le voy trop tard, et ne m'en puis distraire,

Par la mort seulement il peut m'estre laissé.

 

Raison, arriere donc: Ta remonstrance est vaine,

Si je meurs en chemin je seray hors de paine,

Et par mon haut desir j'honore mon trespas.

 

Il faut continuer, quoy que j'en doive attendre:

Ce fut temerité de l'oser entreprendre,

Ce seroit lascheté de ne poursuivre pas.

 

Philippe Desportes (1546-1606), Les Amours d'Hippolyte, Paris, Gallimard/Pléiade, 1953.

 

 

Repost 0
Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
commenter cet article
8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 19:54

hebergeur imageDans son roman "Les Maux du Prophète", Mark Levental explore à sa manière un sujet qu'on a sûrement déjà abordé à de multiples reprises au coin d'un bar, à savoir les modalités d'un retour du Christ sur Terre. Paru il y a quelques semaines aux éditions Cousu Mouche, ce roman privilégie le mode loufoque et dépeint un univers décalé, pour ne pas dire déjanté. Ce qui ne l'empêche pas de toucher juste, à l'occasion!

 

A l'occasion? Je commencerai par les bémols: à force de toucher à tout (le lecteur découvrira ici une brasserie Lipp, un requin bleu, un conteneur, un mec grassouillet et alcoolique et le leader improbable d'un groupe nommé Aptamil Superstar, nommé Fulgence Jacquet), l'auteur prend le risque de construire un labyrinthe où le lecteur pourrait se perdre - et, pour lui-même, de commettre quelques péchés véniels: difficile de voir, par exemple, un curé en soutane en plein Genève, puisque ce type de costume y est interdit depuis plus ou moins un siècle, comme du reste au Kremlin-Bicêtre. Et puis, à force de mettre l'accent sur les miracles du Christ et leur aspect supposément spectaculaire mais en réalité dérisoires (de l'eau transformée en vin, pensez! Et quid de la résurrection d'un chat, surtout s'il faut le tuer immédiatement après), l'auteur n'oublie-t-il pas l'essentiel du message d'amour chrétien?

 

Oublions cependant un instant les discours moralisateurs et concentrons-nous sur ce que propose l'auteur. On pourrait certes le taxer de superficialité, mais on ne saurait lui reprocher de s'être intéressé à son sujet. Preuve en est tout le début du roman, où s'étend, dans un débat entre les archanges Michel et Gabriel, l'argumentation qui a présidé au choix de réincarner le Christ en la personne de Gérard Cruchon, personnalité anonyme domiciliée à Genève. Le lieu est bien choisi, politiquement pas trop gênant, suffisamment aisé pour permettre à un être humain de grandir sans risque de s'éteindre en bas âge, suffisamment discret pour ne pas donner l'impression qu'une fois de plus, c'est l'Amérique qui sauve le monde. 

 

De ce point de vue, l'auteur tape très juste. Rappel des faits: lorsque Jésus (le vrai, hein!) est né, il n'avait aucun attribut permettant d'identifier en lui le Christ, chargé de racheter l'humanité et de délivrer un message de paix au monde entier; sa majesté n'a éclaté que dans la mesure où lui-même et d'autres (les disciples, puis les fidèles, emmenés par le clergé) ont donné un sens à ses faits et gestes. Vingt et un siècles plus tard, l'auteur donne au Christ réincarné une enveloppe corporelle repoussante à plus d'un titre: Cruchon est gros, alcoolique et cynique. Autant dire que même s'il affirmant haut et fort qu'il était le Christ réincarné, personne n'y croirait - sauf quelques illuminés, comme ce fut le cas il y a deux mille ans. Résultat: le bonhomme est condamné à faire ses miracles tout seul dans son coin, surprenant quelques amis isolés dans le meilleur des cas, se plantant magistralement dans les pires circonstances. Le miracle serait-il donc un simple talent de société? Serait-il suffisant dans une société largement sécularisée? Ces questions, on les devine en filigrane dans ce récit.

 

Faut-il dès lors considérer que Dieu, face à une société moderne largement déchristianisée, a lamentablement échoué? A lire la dernière phrase du roman (que je vous laisse découvrir), on est en droit de se poser la question. Cela dit, les 209 pages de ce roman constituent aussi un duel entre Lucifer (ah, ce cher Docteur Lulu!) et les anges, suspectés de glander, assis sur leurs nuages ergonomiques, alors que le Diable est montré comme un principe actif. Ce duel n'est pas sans rappeler les personnages de "De beaux présages" de Neil Gaiman et Terry Pratchett: déchus ou actifs, les anges joutent verbalement et manoeuvrent les humains comme des pions sur un échiquier (ce qui est faire très bon marché du libre arbitre et de la liberté de l'homme, acquise au moment du péché originel, mais c'est là un autre débat), mais leurs coups sont toujours de bonne guerre.

 

Dans cet esprit, l'épisode des "Trois Petits Cruchons" s'avère, dans un registre farcesque, une métaphore plutôt réussie de la Sainte Trinité. Selon le catholique, un égale trois, dans la mesure où Dieu revêt trois formes qui n'en font qu'une: Père, Fils et Saint-Esprit. Cette métaphore s'exprime ici dans le fait que Cruchon s'incarne soudain en trois corps distincts mais qui communiquent: ainsi, si l'un boit, l'autre est ivre; et si l'un urine, l'autre est soulagé. Habile métaphore pour dire que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont la même personne!

 

Le catholique moyen peinera cependant à suivre l'auteur lorsqu'il montre ses différents avatars en train de se transformer en bec-en-sabot ou en mouche: certes, cela permet des miracles délirants et, d'un point de vue romanesque, d'intéressantes escarmouches entre insectes, mais là, on touche plutôt à la science-fiction et aux histoires de super-héros...

 

D'apparence loufoque, ce roman se lit avec agrément; il a même, par moments, le goût de l'épopée. Un lecteur chrétien capable d'humour y trouvera son compte et sourira même à plus d'une reprise face au sens de la formule qui caractérise l'auteur; mais il est certain qu'il aura envie de rencontrer ce dernier afin de lui poser quelques questions. Certes, l'auteur est parfois superficiel ou étranger à son sujet; mais force est de constater qu'en d'autres cas, il est d'une pertinence aiguë. Pour un premier roman, sur un sujet aussi riche et épineux, c'est plutôt bien joué!

 

Mark Levental, Les Maux du Prophète, Fribourg/Genève, Cousu Mouche, 2011.

 

 

 

 

Repost 0
6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 20:06

nullSoleil de plomb et bonne ambiance: telles ont été les conditions qui ont présidé au week-end de la Fête du livre et du papier de Gruyères, tenue le week-end dernier et que j'ai hanté en qualité d'auteur signant "Le Noeud de l'intrigue" (pour commander, cliquer sur le titre, hi hi!), inlassablement, jusqu'à comptabiliser vingt exemplaires sortis des cartons... et vingt litres de sueur également écoulés!

 

C'est donc au stand de la Société fribourgeoise des écrivains que je signais. Au-delà du chiffre de vente, l'expérience fut enrichissante au point de vue humain. Hors de l'assemblée générale, en effet, les rencontres entre écrivains n'ont rien d'évident et il n'est pas facile de faire plus ample connaissance, si ce n'est, pour certains fidèles, lors des agapes qui suivent les lectures organisées en cours d'année. Le stand de la SFE était donc un lieu idéal de conversation entre auteurs les plus divers.

 

Aussi assidu que moi, il y avait Claude Maier, auteur de deux romans, l'un très exotique puisqu'il se passe à Policarpa (Colombie), l'autre plus régional, et d'un recueil mariant nouvelle et poésie; merci à lui pour toute l'organisation de cette présence dans la Cité des comtes! Des poètes, il y en eut aussi, en particulier Danielle Risse. Cela, sans oublier les historiens, à savoir Alain-Jacques Tornare (qui n'avait plus d'exemplaires de "La Révolution française pour les nuls", hélas!) et Eveline Maradan. Côté philosophie, François Gachoud signait aussi - retraité actif, il a publié récemment des ouvrages divers aux éditions du Cerf à Paris. Je n'oublie pas non plus Tiffany Schneuwly, auteure de fantasy, ni Mélanie Richoz (avec qui j'ai fait un disque... ou presque!) Enfin, la blogosphère se souvient de Marie-Christine Buffat; elle vient de publier "La Toupie", récit relatant la vie avec un enfant hyperactif, disponible chez Xenia (autant dire partout!).

 

Au-delà de ce cercle, étaient présents quelques très jeunes auteurs régionaux, qui tracent leur sillon d'une manière originale et décomplexée, puisant son inspiration davantage chez Rowling que Chessex, qu'il sera captivant de suivre. Je pense à Marc-Antoine Schibler, créateur du personnage de Tony Forkins, ou à Y. C. Moser, auteur du "Cercle des Treize" - un concept puisqu'elle arborait, au cou, un pendentif à l'image du motif qui orne la couverture de son roman. Dans ce cadre, nombreux furent les échanges sur l'écriture, les éditeurs, les collègues auteurs, la société... et plein d'autres sujets. De quoi galvaniser la motivation de l'écrivain!

 

Mais la Fête du livre de Gruyères, c'est aussi la part belle faite au papier, de préférence ancien, donc à l'omniprésence des bouquinistes. La profession disparaît, force est de le reconnaître, et la fête de Gruyères ne voit plus guère, par ailleurs, de vendeurs "sauvages" proposant, à la manière d'un vide-grenier, quelques trésors soudain retrouvés dans leurs bibliothèques. La fête pourrait compenser en renforçant l'espace offert aux auteurs et éditeurs de la région. Un mouvement déjà amorcé, puisque les organisateurs ont pu compter sur la présence de Laurent Coos, écrivain et patron des éditions La Plume Noire (son parasol "La Semeuse" était très repérable!), et de l'écrivain bilingue Jean-Pascal Ansermoz. Jean-Philippe Ayer, des éditions de l'Hèbe, était aussi présent...

 

Côté animations, j'ai participé à la dictée de Louis Vial - une institution! Et une fois de plus, j'ai décroché le pompon avec trois fautes dont j'ai amplement discuté avec l'organisateur au terme de l'exercice... à noter, sur ce coup-ci, une participation particulièrement forte (dix-neuf personnes, dont un journaliste de La Liberté, qui a décroché la médaille de bronze - bravo à lui) et la présence de deux candidats venus d'Orléans.

 

En matière de signatures du "Noeud de l'intrigue", enfin, je signale ici que je serai présent à Payerne, avec mes piles de livres à signer, dans le cadre de la "Dream Country Dance Night", en compagne de Laurent Coos. "Le noeud de l'intrigue" et "Vamp" trouveront cette fois place dans une ambiance résolument cow-boy, qui prévoit même des tentatives de records de danse country! Notre séance de dédicaces se passera de 13 h à 18 h. Avis aux amateurs!

 

Photo: http://www.moleson.ch

 

Repost 0
Publié par Daniel Fattore - dans Littératures
commenter cet article
4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 18:37

hebergeur imageRoman noir, lu par Catherine.

A commander ici (cliquer sur "ici").

Le blog de l'auteur, le site de l'éditeur.

 

Premier roman prometteur que "Il n'y a pas de requins dans la Loire", signé Bruno Chiron et publié en 2010 aux éditions La Plume Noire! L'auteur y instille des ambiances inquiétantes en faisant interagir toute une brochette de personnages moins sympathiques qu'il n'y paraît. C'est que parfois, quand on s'intéresse à ce qui est au-delà de la surface polie des choses, l'horreur naît, poussant aux gestes extrêmes.

 

L'incipit de ce roman dit magistralement l'essentiel: "Le naufrage et la disparition de la petite Eva furent une chance inespérée dans la carrière de Daniel Mouret." D'emblée, le lecteur sait donc qu'il y a un problème, celui de la noyade d'Eva; il va s'attendre à voir ce fantôme hanter tout le roman (l'idée de fantôme revient du reste plus tard, en écho, dans le cadre de la vie de couple de Daniel et de Sonia, sa femme). Le personnage de Mouret est d'emblée présenté; ce sera lui qui tiendra la scène tout au long du roman. Enfin, le terme de "chance" est ambigu: peut-on considérer que la disparition d'une fillette est vraiment une chance? Et quelle sera vraiment la destinée du clerc de notaire Daniel Mouret?

 

Au fil des pages, le lecteur va se retrouver confronté à pas mal d'éléments d'apparence étrange ou qui semblent ne pas coller, mais qui s'expliquent, chacun à leur manière, au fil du récit. Le premier constitue pour ainsi dire le noeud de l'intrigue: un jeune couple plein d'avenir quitte Paris pour la province - alors que dans l'imaginaire, on peut considérer que la dynamique est plutôt inverse, tendant à faire monter les provinciaux vers Paris. Par ailleurs, le jeune couple fréquente un restaurant à kebabs, ce qui cadre un peu mal avec le personnage de Sonia, qui semble ne pas apprécier de se complaire dans la médiocrité et aspire à un statut social moins étriqué. Enfin, comment imaginer un clerc de notaire jouant à des jeux vidéo après le travail?

 

C'est que Daniel, on l'apprend peu à peu, a un côté velléitaire mou. Son caractère le rend inapte à faire face à une quelconque adversité afin de la tourner à son avantage, au-delà d'un peu de colère. L'ultime épisode du récit en fera foi. Cela a deux implications: d'une part, nous avons affaire ici à un couple fort mal assorti que l'auteur radiographie avec acuité avant de le faire éclater. D'autre part, l'auteur a suffisamment d'ironie pour faire découvrir toute la vérité au seul Daniel (avec un habile épisode d'explications de texte au chapitre 13), un Daniel qui ne serait en aucun cas crédible et pourrait même se retrouver en situation délicate s'il allait raconter ce qu'il sait, ce qu'il a découvert, aux policiers. Le pauvre: nanti de la clé du livre, il est situé dans une impasse du fait de son tempérament. Cela, alors que Sonia a trouvé une issue honorable.

 

Enfin, honorable... son amant, Bernard, est un personnage riche qui présente une façade trop polie pour être vraiment honnête. A ce titre, le fait qu'il ait vendu sa maison à vil prix au jeune couple a quelque chose d'étrange aussi - le lecteur découvrira peu à peu, en suivant Daniel, la clé du mystère. Car tout se tient...

 

La construction de ce roman est donc astucieusement pensée, au-delà de quelques maladresses de plume. L'auteur sait à la fois aller à l'essentiel ("Il n'y a pas de requins dans la Loire" pèse 160 pages) et accrocher son lecteur en campant une ambiance omniprésente d'inquiétude, sur le rythme d'une chanson rare de Serge Gainsbourg, "La Noyée". Gien est-elle une ville tranquille? Oui, mais méfions-nous de l'eau qui dort - y compris celle de la Loire, qui traverse elle aussi ce roman, roulant ses eaux faussement dormantes.

 

Bruno Chiron, Il n'y a pas de requins dans la Loire, Broc, La Plume Noire, 2010.

 

 

 

 

Repost 0
3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 19:49

hebergeur imageJ'ai eu l'occasion, il y a quelques semaines, de vous parler du tome 1 de la série "Les Borgia" de Claude Mossé, publié aux éditions HC. Celles-ci ont fait paraître, le 16 juin dernier, le tome 2, sous-titré "La Chair et le Sang". Un sous-titre qui promet beaucoup... et tient ses promesses: porté par un style très écrit, soignant jusqu'aux concordances des temps et se caractérisant par des phrases bien balancées qui donnent du poids au propos, ce deuxième volume relate, à une rythme de croisière soutenu, les scandales plus ou moins discrets dont les Borgia furent les instigateurs dans la Rome de la fin du quinzième siècle et du début du seizième. Le parfum de scandale se confirme, s'impose même comme une constante dans ce tome 2.

 

Le récit se concentre sur Vicente Romero, Lucrèce et César Borgia, ainsi que le pape Alexandre VI, alias Rodrigue Borgia - ces deux derniers personnages constituant les moteurs de l'incessant scandale: meurtres, guerres indues, etc. César est ainsi présenté comme un personnage ambitieux mais pas vraiment courageux, recherchant les victoires faciles lors de batailles ou allant jusqu'à se donner en spectacle dans le cadre d'une corrida. Face à cela, l'auteur ne se montre pas dupe et ne considère pas comme une véritable démonstration de bravoure la mise à mort d'un taureau de toutes façons condamné. Alexandre VI, quant à lui, est présenté comme l'instigateur d'intrigues d'essence politique, n'hésitant pas à marier sa fille Lucrèce, plutôt trois fois qu'une et sans trop la consulter, afin de réaliser des unions politiquement avantageuses.

 

Lucrèce? L'auteur reprend ici une approche qui veut que Lucrèce Borgia est moins pire que la réputation qu'on lui fait; il la présente comme le jouet d'enjeux qu'elle comprend mais qui la dépassent. Veuve très jeune, elle est captivée par sa condition de mère. Pour étayer son propos, l'auteur évoque finalement assez peu d'éventuels épisodes scandaleux de Lucrèce Borgia, suggérant à l'occasion que des rumeurs peu flatteuses circulent à son sujet.

 

Le lecteur retrouvera avec plaisir le personnage de Vicente Romero, qu continue de graviter dans les parages des Borgia, en travaillant comme théologien et en jouant le rôle de confident auprès de Lucrèce Borgia, à laquelle il est très attaché - à plus d'un titre. Un rôle de coulisse qui permet à l'auteur d'offrir au lecteur un regard à la fois extérieur (il est en marge de l'histoire) et intérieur (il est quand même au coeur de l'action) de témoin susceptible de prendre du recul. Ce profil présente une petite faiblesse, intrinsèque: les abominations des Borgia le révoltent, mais il ne peut guère agir, ce qui fait de lui un homme  d'apparence velléitaire.

 

Les enjeux géopolitiques et la société de l'époque sont présents, peignant de manière instructive un certain air du temps, quitte parfois à secouer certaines certitudes. On voit ainsi Lucrèce Borgia affirmer sa certitude que la Terre est plate et que Copernic a tort; l'auteur signale par ailleurs que Léonard de Vinci a conçu des armes efficaces pour les Borgia. Jérôme Savonarole est également présent dans les pages de "La Chair et le Sang"; en le montrant à travers le regard que lui porte Vicente, il le peint en prédicateur fanatique un peu malsain.

 

Enfin parus tous deux, ces romans constituent une visite captivante d'une certaine époque, sans doute pas la plus glorieuse de l'histoire de l'Eglise (et l'auteur ne l'épargne guère, mine de rien), mais ô combien riche de potentialités à explorer pour un écrivain. L'auteur ne s'y trompe pas, et exploite avec pertinence cette richesse, parvenant, pour le bonheur du lecteur, à peindre toute une époque, entre la France, l'Espagne, l'Italie et les Etats pontificaux.

 

Claude Mossé, Les Borgia, tome 2: La Chair et le Sang, Paris, HC Editions, 2011.  

Repost 0
3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 05:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, Ankya, Armande, Azilis, BénédicteBookwormCagire, Caro[line], Celsmoon, Chrestomanci, Chrys, ClaudiaEdelwe, Emma, Emmyne, Esmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Hambre, Herisson08, Hilde, Julien, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, Mariel, MyrtilleD, Naolou, Restling, Roseau, Saphoo, Schlabaya, Séverine, Soie, Sophie57, Tinusia, Violette, Yueyin, Zik

 

Mon chat est fou

 

Mon chat est fou depuis longtemps

Il n'a pas l'air con pour autant

 

De son état sait se complaire

Il est heureux comme un notaire

 

Il se prend pour un potentat

Ne fréquente aucun autre chat

 

Il quitta l'an dernier sa chatte

Elle lui griffait trop la patte

 

Elle ronchonnait sans arrêt

Le déjeuner point n'apprêtait

 

C'est une chatte archi-belle

Elle avait une caravelle

 

Mon chat paraissait doctrinal

Original et marginal

 

Il rédigea son testament

Mais ne sut ni quand ni comment

 

Je l'ai conduit chez un psychiatre

Il m'a dit, c'est un vieil emplâtre

 

IL se pavane dans la grange

Devient de plus en plus étrange

 

Depuis qu'il est carrément fou

Il est content, un point c'est tout

 

Paul Farquet, Les êtres et les choses, Sierre, Ed. Arts Graphiques W. Schoelchli.

 

 

Repost 0
Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
commenter cet article
29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 19:55

nullC'est pour bientôt! La Société fribourgeoise des écrivains tiendra un stand dans le cadre de la Fête du livre et du papier, devenue une tradition annuelle intervenant tous les premiers week-ends de juillet dans la citadelle médiévale de Gruyères.

 

Dans ce cadre idyllique là (espérons qu'il fera beau), je dédicacerai mon recueil "Le Noeud de l'intrigue", le samedi 2 juillet de 9 heures à 20 heures, avec une pause entre 13 et 14 heures pour aller dévorer une fondue XXL, et le dimanche 3 juillet de 9 heures à environ 14 heures - je quitterai mon poste pour aller participer à la dictée de Louis Vial.

 

D'autres écrivains seront présents sur le stand, à des horaires variables: Eveline Maradan, Marie-Christine Buffat, Danielle Risse, Marie Brulhart, Jacqueline Sudan, Christiane Baudin, Claude Maier, Alain-Jacques Tornare, Tiffany Schneuwly, Rosemarie Matzinger-Pasquier, Mélanie Richoz, François Gachoud et Françoise Kern. 

 

Et je profite de cet instant de publicité pour annoncer à celles et ceux qui aimeraient savoir ce qui mijote dans mes marmites que l'une de mes dernières nouvelles a paru sur le site Internet des éditions Cousu Mouche, à Genève. C'est ici que ça se passe - bonne lecture, et n'hésitez pas à commenter!

 

Source de la photo.

Repost 0
Publié par Daniel Fattore - dans Littératures
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Daniel Fattore
  • Le blog de Daniel Fattore
  • : Notes de lectures, notes de musique, notes sur l'air du temps qui passe. Bienvenue.
  • Contact

Les lectures maison

Pour commander mon recueil de nouvelles "Le Noeud de l'intrigue", cliquer sur la couverture ci-dessous:

partage photo gratuit

Pour commander mon mémoire de mastère en administration publique "Minorités linguistiques, où êtes-vous?", cliquer ici.

 

Recherche

 

 

"Parler avec exigence, c'est offrir à l'autre le meilleur de ce que peut un esprit."
Marc BONNANT.

 

 

"Nous devons être des indignés linguistiques!"
Abdou DIOUF.