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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 19:05

hebergeur imageAu tour de Hérisson de participer au Défi des Mille!  

 

C'est ici que ça se passe: http://delivrer-des-livres.fr/dome-de-stephen-king/.

 

Elle propose une lecture de "Dôme" de Stephen King, un roman décliné en deux tomes totalisant plus de mille pages qui se dévorent - même en période de ruée rentrée littéraire.

 

Bravo et merci!

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Publié par Daniel Fattore - dans Défi des Mille
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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 19:55

hebergeur imageTrois livres, un éditeur (Claude Bussy, à Feurs), et trois genres littéraires: après s'être adonnée à la poésie avec "A la lumière des mots" (extrait ici) et à la nouvelle avec "Vous aimez les histoires?", l'écrivain stéphanoise Peggy Chabanole (en photo, à droite) signe un recueil de libres pensées, développées en chapitres brefs dans "Et toi qu'en penses-tu?". Un titre qui interpelle le lecteur, avec pertinence.

 

Chaque chapitre aborde en quelques lignes un thème actuel, un rêve, l'envie d'un meilleur impossible... mais désirable, car plus fraternel, à l'instar de "Rébellion" - titre presque antithétique, tant les images qui y sont dépeintes respirent l'harmonie entre les humains. C'est que ces images ne peuvent naître, selon l'auteur, que du refus d'un système dont les cadres sont vaniteux, arrivistes et manipulateurs. Révolutionnaire? On peut le penser lorsqu'on songe que l'auteur de la citation placée en exergue du livre est signée Che Guevara.

 

Des rêves, il en sera question un peu partout dans ce livre, par exemple dans "Sensibilité du bonheur", une brève réflexion sur la forme que peut prendre, pour chacun, la notion de bonheur. Face à ces quelques lignes, le lecteur ne peut que se trouver amené à réfléchir à sa propre définition du bonheur - matériel, humain, sentimental, etc.

 

Cela, d'autant que le style de ces textes est généralement simple, parfois naïf; l'allure d'ébauche un rien schématique de certains propos invite le lecteur à amener sa pierre à l'édifice, conformément à l'invitation du titre. Deux textes se montrent plus astucieux en fonctionnant à la manière d'une nouvelle à chute révélant, uniquement en fin de propos, de quoi il s'agit. Au lecteur de deviner - ce qui n'est pas forcément compliqué...

 

Le respect, l'accueil de l'autre sont aussi des thématiques de "Et toi qu'en penses-tu?"; la question du divin, de la transcendance, est également présente, éparse dans tout le recueil, sans faire cependant l'objet d'un développement suivi. C'est cependant bien à un clin d'oeil au monde religieux (et plus précisément aux moines du Lot-et-Garonne) que s'achève le livre - sur une nouvelle, "Frère Pruneau", qui prête à sourire. Etrange, après un livre de réflexions qui n'ont rien de narratif? Le lecteur pourra aussi prendre ce texte concis, primé dans le cadre du concours de nouvelles organisé par Lire à Saint-Etienne, comme un apologue invitant chacun à ne pas s'arrêter aux apparences et à trouver sans cesse de nouvelles idées.

 

Une lecture à méditer, donc, en goûtant à chaque chapitre... ce que permet leur brièveté.

 

Peggy Chabanole, Et toi qu'en penses-tu?, Feurs, Claude Bussy, 2009.  

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Publié par Daniel Fattore - dans Livres - essais
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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 05:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, Ankya, Armande, Azilis, BénédicteBookwormCagire, Caro[line], Celsmoon, Chrestomanci, Chrys, ClaudiaEdelwe, Emma, Emmyne, Esmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Hambre, Herisson08, Hilde, Julien, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, Mariel, MyrtilleD, Naolou, Restling, Roseau, Saphoo, Schlabaya, Séverine, Soie, Sophie57, Tinusia, Violette, Yueyin, Zik

 

Avoir et être

 

Loin des vieux livres de grammaire,

Écoutez comment un beau soir,

Ma mère m'enseigna les mystères

Du verbe être et du verbe avoir.

 

Parmi mes meilleurs auxiliaires,

Il est deux verbes originaux.

Avoir et Être étaient deux frères

Que j'ai connus dès le berceau.

 

Bien qu'opposés de caractère,

On pouvait les croire jumeaux,

Tant leur histoire est singulière.

Mais ces deux frères étaient rivaux.

 

Ce qu'Avoir aurait voulu être

Être voulait toujours l'avoir.

À ne vouloir ni dieu ni maître,

Le verbe Être s'est fait avoir.

 

Son frère Avoir était en banque

Et faisait un grand numéro,

Alors qu'Être, toujours en manque.

Souffrait beaucoup dans son ego.

 

Pendant qu'Être apprenait à lire

Et faisait ses humanités,

De son côté sans rien lui dire

Avoir apprenait à compter.

 

Et il amassait des fortunes

En avoirs, en liquidités,

Pendant qu'Être, un peu dans la lune

S'était laissé déposséder.

 

Avoir était ostentatoire

Lorsqu'il se montrait généreux,

Être en revanche, et c'est notoire,

Est bien souvent présomptueux.

 

Avoir voyage en classe Affaires.

Il met tous ses titres à l'abri.

Alors qu'Être est plus débonnaire,

Il ne gardera rien pour lui.

 

Sa richesse est tout intérieure,

Ce sont les choses de l'esprit.

Le verbe Être est tout en pudeur,

Et sa noblesse est à ce prix.

 

Un jour à force de chimères

Pour parvenir à un accord,

Entre verbes ça peut se faire,

Ils conjuguèrent leurs efforts.

 

Et pour ne pas perdre la face

Au milieu des mots rassemblés,

Ils se sont répartis les tâches

Pour enfin se réconcilier.

 

Le verbe Avoir a besoin d'Être

Parce qu'être, c'est exister.

Le verbe Être a besoin d'avoirs

Pour enrichir ses bons côtés.

 

Et de palabres interminables

En arguties alambiquées,

Nos deux frères inséparables

Ont pu être et avoir été.

 

Yves Duteil (1949- ).

 

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Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 20:58

Wrath en parlait, Anne-Sophie et Pierre Assouline aussi, et c'est sur l'article d'Isabelle Falconnier dans "L'Hebdo" que je rebondis. Son papier postule en effet rien de moins que la mort de Joseph Macé-Scaron, plagiaire avéré depuis que, dans son roman "Ticket d'entrée", sorti au printemps dernier, des lecteurs avertis ont reconnu de vrais morceaux de Bill Bryson, Rachel Cusk ou Jay McInerney. Que les choses soient claires: je rejette avec la dernière énergie l'idée de plagier, et si un roman doit sortir un jour de mon PC, il sera un produit maison à 200%. On peut toujours dire que ça fait vendre (j'ai vu ça sur Fluctuat), que ça fait chauffer le buzz; mais si, pour vendre, il faut en arriver à copier les copains et à faire en sorte que ça se sache pour générer le scandale, c'est qu'on est tombé bien bas...

 

Reste qu'indépendamment du péché de plagiat, l'article d'Isabelle Falconnier a de quoi interroger ses lecteurs avertis - il m'a, de fait, interpellé à plus d'un titre.

 

L'article est en effet sous-tendu par la question de la mort de Joseph Macé-Scaron - une mort qui n'a rien de physique, bien entendu: la journaliste considère simplement qu'à présent que le pot aux roses (ou à la confiture de roses, en l'espèce) est découvert, Joseph Macé-Scaron devrait disparaître de la scène médiatique (où il occupe des positions enviables, à Marianne ou au Magazine littéraire) et se retrouver avec, pour seule consolation, "l'amour de son mec et de son chien". Si tout va bien...  

 

Vrai? Une telle affirmation me paraît bien péremptoire. Elle fait en effet bon marché du pouvoir inouï d'amnésie de l'opinion publique et de ceux qui la forgent. Certes, cet écrivain a été surpris les doigts dans le pot de confiture; mais il n'est certainement pas le premier à avoir été attrapé de la sorte. Or, qui s'en souvient aujourd'hui? Quelques lecteurs sourcilleux et attentifs, peut-être. Les autres, en revanche, considèrent que l'essentiel, c'est le plaisir de lire qu'offre l'écrivain - peu importe qu'il ait fait le travail tout seul ou avec des collaborations involontaires ou savamment camouflées.

 

Dans son billet, Isabelle Falconnier suggère que Joseph Macé-Scaron aurait pu envoyer paître les esprits chagrins par "un vigoureux "je vous emmerde" à la Houellebecq". L'idée est séduisante - mais on a envie de répliquer: "Facile à dire!" Force est de constater, en effet, que Houellebecq et Macé-Scaron occupent des situations foncièrement différentes dans le petit monde des lettres. Alors que Houellebecq adopte une posture de spécialiste ès vannes qui n'a strictement rien à perdre, Joseph Macé-Scaron, responsable de rubriques culturelles, ne peut s'exprimer de la sorte sans flétrir sa fonction. Il se perd en explications touffues; mais a-t-il vraiment un autre choix que celui de se poser en professeur cherchant à se justifier par des arguments rationnels face à ses accusateurs? Qui, au fond, a encore la possibilité de dire "Merde!" au monde entier, au-delà d'un certain âge et à un certain niveau de responsabilité?

 

Isabelle Falconnier se montre aussi bien péremptoire lorsqu'elle suggère que personne n'a entendu parler des auteurs plagiés par Joseph Macé-Scaron. De mon côté, et pour la contrer de façon très frontale, je suis prêt à parier que parmi vous, lecteurs de ce blog, il se trouvera plus d'une lectrice, plus d'un lecteur de Bill Bryson, de Jay McInerney ou de Rachel Cusk. A titre personnel, je me suis fendu la malle en lisant "American Rigolos" du premier, et du deuxième, j'ai chroniqué "Le dernier des Savage" pour le journal "La Gruyère". C'était certes perfectible, je m'en souviens, mais j'avais une excuse: j'étais jeune. Quant à Joseph Macé-Scaron lui-même, il s'était fait un nom dans le domaine des lettres avant cette regrettable affaire. Tout cela pour dire que les lecteurs de rubriques culturelles savent lire, parfois - et qu'il leur arrive d'être curieux.

 

En conclusion, je trouve Isabelle Falconnier pour le moins audacieuse lorsqu'elle annonce la mort de l'auteur. Le plagiat est-il, comme le suggère également Pierre Assouline, le péché mortel par excellence? On peut concéder à Isabelle Falconnier que Joseph Macé-Scaron est grillé pour la saison des prix littéraires 2011, en dépit des qualités de son oeuvre. Mais, joueur également, je suis prêt à parier avec elle que Joseph Macé-Scaron décrochera un prix littéraire quelque part, dans moins de cinq ans. Et en tout état de cause, il restera vivant, au-delà de son décès (mais au fond, on pourrait aussi gloser sur le fait qu'un bon écrivain est un écrivain mort...), dans le coeur de ceux qui l'ont lu et ont vibré à sa prose - une prose que certains de ses contempteurs tardent à produire. Son honneur est sali par cette affaire? Qu'on s'en désole ou qu'on s'en réjouisse, il faudra bien considérer que le temps et l'oubli sont ici le meilleur produit de nettoyage...

 

Illustration: reprise ici, chez Erby Kezako.

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Publié par Daniel Fattore - dans Littératures
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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 20:57

... voili voilà!

 

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Publié par Daniel Fattore
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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 20:33
1 Variae
2 SexActu
3 A toi l'honneur !, la suite...
4 Olympe et le plafond de verre
5 L'actu en patates
6 Mon avis t'intéresse
7 Ménilmontant, mais oui madame...
8 Les mots ont un sens
9 Al-Kanz
10 Etreintes digitales
11 W.I.P. (Work In Progress)
12 Un raleur de plus
13 Koztoujours
14 La Toile de David Abiker
15 Le Salon Beige
16 Journal d'un avocat
17 Alter Oueb
18 365 mots
19 Les 400 culs
20

Justice au singulier

 

Classement réalisé par Wikio

 

hebergeur imageIl est à noter que le "Top 20" des blogs "Société" constitue une brochette très diversifiée du monde des idées qu'on agite dans la blogosphère - à titre personnel, je n'y suis pas, étant présent dans les classements "Littérature", "Culture" et "Suisse". Bonne continuation et bon courage à toute cette belle brochette de blogueuses et blogueurs!

 

Source de l'illustration: ici.

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Publié par Daniel Fattore - dans Air du temps
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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 19:02

hebergeur imageRoman hindou, lu par Zarline.

 

"Gourou": court et concis, le titre du roman de Camille de Casabianca, publié par Leo Scheer en mars dernier, a le mérite d'annoncer la couleur sans ambages particulières. D'emblée, le lecteur devine un univers mystique dans le sous-continent indien, assorti de vaches sacrées et, peut-être, de clins d'oeil aux penseurs qui sévissent dans les entreprises. Eh bien... il y a effectivement un peu de tout ça dans ce livre, concentré sur 232 pages.

 

Le versant "entreprise" du roman est aussi son point de départ; il permet à l'auteur de camper un monde froid, celui du génie génétique, où évoluent des personnages apparemment très rationnels et cartésiens - à commencer par Paul, le patron, tout fier de sa chère Carlotta, que l'auteur présente en entretenant habilement un certain temps le doute sur sa véritable nature... Sa femme Michelle aussi semble bien à l'abri de toute velléité mystique; c'est pourtant elle qui va partir dans un ashram indien, à la recherche du sens de la vie, sous la férule d'un gourou - nous y voilà!

 

L'essentiel du roman va donc se dérouler en Inde. D'une manière un rien superficielle, l'auteur en donne une vision qui use des clichés habituels associés à ce grand pays: hôtel miteux, conduite téméraire des taxis, détachement des autochtones. Reste que cela suffit à créer une forme de "choc des civilisations" lorsque Paul y arrive, pour récupérer sa femme et lui faire signer quelques documents dont, pleine d'une ataraxie à double fond, elle se fiche. Dès lors, l'humour de situation fonctionne à fond, sur un mode qui a quelque chose de cinématographique.

 

L'auteur caricature par ailleurs le "gourou business", vu comme un milieu inoffensif d'allumés. En filigrane, le lecteur peut deviner une certaine critique, certes un peu schématique, d'autres religions à diktats contraignants et à fidèles moutonniers. On devine que tout cela se fonde sur pas grand-chose: quelques phrases qui sont autant de poncifs, un peu de broderie sur la base de quelques vérités de bon sens, des concours de circonstances, une hygiène alimentaire présentée comme saine mais rebutante en réalité, etc. Cela, sans oublier la mise en évidence d'une certaine hypocrisie: certes, l'hindouisme prône le respect du sacré; mais certains adeptes n'hésitent pas à écraser des araignées...

 

Mais si le "gourou business" est brocardé, le narrateur, Paul, qui se met en scène dans un faux journal qui oblige le lecteur à le suivre, n'est pas plus attachant. Rationaliste, il est également pusillanime, près de ses sous, limite goujat par moments, en pensées si ce n'est en paroles ou par action; parfois, il a des côtés "Louis de Funès" bien rendus. Sa conversion dans l'ashram, ainsi que la découverte de son talent, est lisible à plusieurs niveaux: au fond, s'il joue lui-même le jeu hypocrite du groupe, il reste désespérément lui-même - tout en donnant aux autres l'impression qu'il a évolué. Paul serait donc l'hypocrite suprême. Mais on peut aussi le concevoir comme un personnage devenu sensible au mysticisme (il a du reste des intuitions troublantes), mais capable de garder le sage recul nécessaire alors que tout autour de lui, s'anime toute une galerie de personnages en quête éperdue de la fameuse "lumière bleue".

 

Porté par une narration classique et linéaire, ce roman a quelque chose de cinématographique qui en fait sa personnalité; le lecteur aurait cependant aimé, parfois, trouver davantage les artifices propres au genre écrit du roman. L'humour et les péripéties permettent cependant au lecteur de rester accroché à ce petit roman. Celui-ci est léger, d'une lecture rapide et agréable. De quoi se faire plaisir l'espace de quelques heures, et de réfléchir un peu, sans trop se prendre la tête, en suivant une histoire originale et un peu... vache.

 

Camille de Casabianca, Gourou, Paris, Leo Scheer, 2011.

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 19:26

nullDu soleil, du vent et une ambiance oulipienne: tels furent les ingrédients principaux de la journée de samedi dernier à Saint-Pierre-de-Clages. J'y ai participé à la finale du championnat suisse d'orthographe, qui succédait à la demi-finale de Genève, organisée dans le cadre du Salon du Livre. Auteur du texte et animateur des joutes depuis toujours, Francis Klotz a concocté un texte un peu particulier (à découvrir ici) pour cette édition, puisqu'il a adopté la forme de vingt-deux souvenirs, soit autant de phrases commençant chacune par les mots "Je me souviens", à la manière du livre "Je me souviens" de Georges Perec - qui s'est lui-même inspiré de l'écrivain américain Joe Brainard.  

 

Facile? Pas tant que ça... et il n'y a pas eu cette année de candidat réalisant le sans-faute sur cette série de fragments. De l'avis de pas mal de concurrents, les majuscules et minuscules ont constitué la principale source de pièges de ce texte: faut-il une capitale à "spoutnik"? Qu'en est-il de "pouilly-fuissé"? Ou de la "mémoire", élément conclusif du texte, qu'on aurait pu voir comme une allégorie ou une personnification? D'autres astuces ont fait trébucher quelques candidats, à l'instar du terrifiant (à plus d'un titre) dinothérium... ou de l'orthographe exacte de Davy et de ses croquettes Crockett.

 

Sur un tel texte, j'ai trébuché six fois - en particulier, je l'avoue piteusement, avec un h de trop à "hypoténuse". Cela ne m'a pas empêché de passer une après-midi sympathique à flâner entre les livres en essayant de résister aux tentations; j'ai cependant pu trouver quelques bonheurs auprès du stand des éditions L'Age d'Homme, qui continuent d'exister, dynamiques, après le décès de leur fondateur, Vladimir Dimitrijevic, l'an dernier: publications en vue, déménagement...  C'est cependant plutôt pour des objets non livresques que j'ai craqué, en particulier un stylo-plume en bois tourné à la main et une excellente bouteille d'un vin rouge d'assemblage de la toute jeune Cave du Liquidambar.

 

nullC'est justement au moment où je dégustais les vins de cette cave (dont je recommande aussi le fendant 2009!) en écoutant les explications des producteurs, Véronique et Claude Burket, que quelqu'un me demande si je prends un peu d'avance pour fêter les résultats... C'est à ce moment que ceux-ci tombent. Cette année, ils se caractérisent par de brillants résultats réalisés par des Français, tant en juniors avec les premières places des deux soeurs Goncalves, de l'Ain, qu'en seniors avec deux candidats bien connus: Guillaume Terrien, premier, et Guy Deschamps, deuxième. Troisième du classement seniors, meilleur Helvète du classement du championnat, je décroche cependant le titre de champion suisse... Retour sur le podium donc - et, d'un point de vue plus matériel, cela m'a permis de décrocher une imprimante couleurs aussi belle que volumineuse avec ses 37 kilos - je me réjouis d'en faire bon usage. Merci à l'ami qui l'a véhiculée, dans sa voiture (j'étais en train, et il fallait prévoir quelques changements peu évidents) jusque dans un village non loin de chez mes parents.

 

Merci également, une fois de plus, aux inlassables organisateurs de ce championnat suisse! Et santé à eux, au johannisberg ou à la dôle comme il se doit à Chamoson et à Saint-Pierre-de-Clages.

 

Illustrations: la place de Saint-Pierre-de-Clages (source); à gauche, on devine la Cave du Liquidambar (logo, puisé sur Facebook); c'est sur cette place que se déroule la remise des prix du concours d'orthographe, année après année... et qu'a lieu la Fête du livre.

 

Les amateurs de télévision trouveront un reportage fourni (en fin de film) sur Canal 9.  

 

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Publié par Daniel Fattore - dans Langue française
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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 20:50

hebergeur image"Espéranto, désespéranto" est un bref ouvrage publié chez Gallimard par Anna Moï en 2006. Sur 66 pages, c'est aussi un témoignage dense, éminemment personnel, sur le rapport que cette écrivain vietnamienne entretient avec les six langues qu'elle maîtrise, et en particulier avec le vietnamien, sa langue maternelle, et le français, une de ses langues d'écriture.

 

Un néologisme en plein titre? Jouant de son plurilinguisme, l'auteur s'autorise un tel jeu: "Etranger et écrivain, on transgressera les frontières sans outrecuidance, en emêlera les pinceaux - voire, le pinceau et la plume - sans être soupçonné d'iconoclastie.", dit-elle en p. 26. C'est que pour l'auteur, la langue n'est qu'un outil, un matériau au service d'une expression. Anna Moï relève du reste avec pertinence les connotations très différentes que peuvent couvrir, par-delà leur sens premier, des mots de sens voisin dans deux langues distinctes - cela, à l'exemple du verbe "déambuler", du foisonnement d'idées particulières qu'il évoque en vietnamien et de sa sobriété conceptuelle en français. De tels décalages pourraient inciter l'auteur à choisir sa langue d'écriture en fonction du message qu'elle veut faire passer.

 

Il y a cependant, pour elle, une langue plus universelle que les six qu'elle pratique: celle de la musique et, singulièrement, du chant. Ayant compris le formidable véhicule émotionnel qu'elle constitue, elle s'est mise à travailler sa voix et à faire pleurer son auditoire en chantant. Tel est le sens qu'elle donne au mot "espéranto" - un espéranto plus universel que la langue créée par Ludwig Zamenhof ou que l'anglais qu'on baragouine partout, si universel qu'il n'est pas nécessaire de comprendre les paroles pour être ému en tant qu'auditeur.

 

Universel, cet espéranto s'oppose au désespéranto, que l'auteur présente, au terme de sa réflexion, comme une langue qui serait excluante, argot créé à l'usage d'un groupe qui entend ne pas être compris des tiers non autorisés. Elle mentionne ici, à titre d'exemple, le langage des cités, dépeint comme une langue clivante de non-communication et de repli.

 

Le propos est émaillé d'éléments tirés de l'histoire du Viêt-Nam, des éléments qui dictent l'évolution d'une langue; elle mentionne les trois formes du vietnamien et retrace de manière succincte les grands moments de l'histoire littéraire du pays et de son rejet progressif d'un confucianisme et d'une influence chinoise qui ont modelé les conditions de vie et les mentalités du Viêt-Nam. Cela, sans parler de l'évolution des noms des personnes au cours d'une vie, voire du jeu des pseudonymes, auquel l'auteur elle-même se prête! Le statut du français au Viêt-Nam est lui-même abordé. En parlant de français, ce n'est qu'assez tard que l'auteur en vient au sous-titre de son livre: "La francophonie sans les Français", donnant à voir, par cette idée, un clivage entre la France et les Autres - et suggérant une forme de hiérarchisation, les francophones non français étant par exemple, selon l'auteur, peu présents dans les manuels de littérature. Reste que le portrait qu'elle dresse de cette francophonie hors de France est enviable: "A l'étranger, la francophonie sans les Français est non pas un mythe, mais une réalité jubilatoire, généreuse, vivante." (p. 63)

 

La francophonie est ainsi perçue par une actrice du monde littéraire, qui a pris l'habitude de dire le monde en français. Ce n'est pas sa langue maternelle? Peu importe: "On écrit toujours dans une langue étrangère, fût-elle sa langue maternelle.", dit-elle, formulant une idée récurrente de ce volume. L'écrivain saura se souvenir de ce message lorsqu'il prendra la plume et réinventera, phrase après phrase, son propre langage pour dire un monde qui lui appartient et qu'il entend partager.

 

Anna Moï, Espéranto, désespéranto, Paris, Gallimard. 2006.

 

 

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 15:27

hebergeur imagePat Conroy chez George Sand, Richard Powers chez Aproposdelivres: deux participations de plus pour ce Défi des Mille!

 

C'est ici que ça se passe:

 

Pour Pat Conroy: http://leslivresdegeorgesandetmoi.wordpress.com/2011/08/27/le-prince-des-marees-de-pat-conroy/

Pour Richard Powers: http://aproposdelivres.canalblog.com/archives/2011/08/26/21863670.html

 

Bravo et merci!

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Publié par Daniel Fattore - dans Défi des Mille
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