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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 00:01

Messe de minuitVous qui passez par ici, que ce soit par hasard ou par fidélité, je tiens à vous souhaiter à toutes et à tous, amies et amis lecteurs, une belle et sainte fête de Noël! Que cette journée soit riche en bonheurs pour vous.

 

C'est pour moi, aussi, l'occasion de vous remercier pour vos visites, régulières ou occasionnelles, discrètes ou assorties d'un commentaire. Merci à vous de faire vivre ce blog! Au plaisir de vous retrouver au gré de prochains billets - il va encore y en avoir, beaucoup j'espère, et synonymes d'échanges fructueux!

 

Illustration: Joyeux-Noël.com.

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Publié par Daniel Fattore
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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 21:43

Le sujet de ce billet m'est venu, je vous l'avoue, en lisant, lundi soir, journal à zéro franc zéro centime nommé "Blick am Abend", qui constitue le plus clair de la lecture des pendulaires lambda entre Berne et Fribourg en fin de journée. Reste que question actualité linguistique, j'ai été servi...

 

... le carnet noir des journaux a été bien nourri ces derniers jours, entre Vaclav Havel et Kim-Jong Il. Force est de constater que c'est ce dernier qui, de son paradis communiste, agite aujourd'hui le monde entier - un monde observateur: on pleure en Corée du Nord, et l'on s'interroge sur ce qui va se passer à court terme. Et dans l'immédiat, c'est un certain Kim Jong-un, fils de Kim Jong-il, qui sera, aux yeux du monde, dictateur de la Corée du Nord. La presse suisse a sauté sur le cas, en relevant, pour reprendre le mot de Roland Magdane, "une particularité bien particulière": le fils de Kim Jong-Il sait skier et parle le dialecte suisse alémanique... plus précisément dans sa variante bernoise. Kim Jong-un est certes un personnage mystérieux; mais la presse révèle qu'il a étudié à la InternationSchool of Berne (à Gümligen) de 1994 à 1998, sous pseudonyme - puis a poursuivi à l'école publique de Liebefeld, de 1998 à 2000. Le "Blick am Abend" et "Le Matin" vont plus loin en révélant que ses collègues considéraient le futur chef d'Etat comme un personnage discret qui jouait volontiers au basket. Voilà plus qu'il n'en faut pour apprendre un dialecte très localisé...

 

... un autre personnage de l'actualité s'est intéressé aux dialectes de sa région... Moncef Marzouki (photo, source), homme de caractère appelé à diriger la Tunisie en qualité de président, a pour particularité de parler l'alsacien. Est-ce qu'il apprécie la choucroute garnie? L'histoire ne le dit pas. Mais des interviews laissent entendre que ce chef d'Etat, qui s'est construit en France, a trouvé en Alsace de quoi gagner sa vie. Quitte à sillonner des campagnes parfois pas très francophones pour prodiguer son art. Ayant vécu quinze ans en Alsace (de 1964 à 1979), il a trouvé le temps d'apprendre le dialecte local. L'homme se targue même d'être le seul Tunisien à parler alsacien... et si les lecteurs tunisiens de ce blog sont en mesure de contredire cette affirmation, qu'ils se lâchent dans les commentaires!  

 

Les futurs puissants de ce monde s'intéressent donc, par hasard ou par nécessité, à des langues finalement très locales. J'aimerais mettre cela en perspective avec le cas de Jean-François Copé, qui a décroché la semaine dernière le Prix de la Carpette Anglaise 2011 pour avoir proposé que la télévision publique française émette en anglais aux heures de grande écoute, et que l'usage de l'anglais soit promu à tous les niveaux de l'école de France - un pays où, faut-il le rappeler, il est encore autorisé de travailler en français. A ce brave homme, l'on rappellera que "plurilinguisme" ne saurait être synonyme de "tout à l'anglais": dans une saine écologie linguistique (salutations à Eva Joly et à Louis-Jean Calvet...), chaque langue, y compris le français, devrait trouver sa place, propre à exprimer sa richesse spécifique. Dans ce domaine, le sous-anglais promu à l'international s'avère bien pauvre... et il est assez épatant de constater que des chefs d'Etat étrangers se targuent de connaître de toutes petites langues alors qu'en France, des responsables en place promeuvent, par posture plus que par fierté linguistique nationale, un idiome synonyme de soumission à l'impérialisme (linguistique) américain.

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Publié par Daniel Fattore - dans Langue française
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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 06:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, Ankya, Armande, Azilis, BénédicteBookwormCagire, Caro[line], Celsmoon, Chrestomanci, Chrys, ClaudiaEdelwe, Emma, Emmyne, Esmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Hambre, Herisson08, Hilde, Julien, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, Mariel, MyrtilleD, Naolou, Restling, Roseau, Saphoo, Schlabaya, Séverine, Soie, Sophie57, Tinusia, Violette, Yueyin, Zik

 

Suite mystique, I

 

A Fernand Cardis

 

Toute la nuit,

Profondément,

Creuse le puits

Où, si tu rêves

Encor de trêve,

Comme un dément,

Je veux jeter

Mes fleurs d'été.

C'est trop, mon âme,

D'une espérance,

Va! toute flamme

Cède au néant.

Gouffre béant,

Voici ma lance,

Assez de feintes

Et nulle plainte!

 

Edmond-Henri Crisinel (1897-1948), Oeuvres, Lausanne, Plaisir de lire, 1980, p. 65.

 

 

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Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 21:36

nullLa blogosphère des aspirants écrivains est riche en approches du métier. Tout le monde connaît Lise-Marie Jaillant; d'autres connaissent Pauline Doudelet ou Yves Makodia - et sans doute avez-vous aussi, dans votre réseau, l'un ou l'autre best-seller en puissance. Leur problème commun est naturellement de trouver un éditeur, même si certains auteurs y ont répondu à leur manière, en tirant profit de méthodes modernes telles que l'auto-édition, l'impression à la demande ou les supports électroniques. Autant de manières de contourner le milieu éditorial germanopratin, certes riche de traditions qui font rêver, mais aussi réputé pour son caractère exclusif.

 

Et puis il y a Alice Eglantine... qui cherche un éditeur, désespérément, au point de s'en ouvrir sur le site d'information "Rue 89". Pseudonyme? On le conçoit. Posture d'écrivain? Son message est, sans doute, empreint d'une certaine naïveté: après tout, pour commencer, il vaut peut-être mieux faire ses preuves chez un petit éditeur local, apte à trouver des opportunités de vente près de chez l'auteur, avant d'assiéger les grandes maisons parisiennes. C'est mon point de vue, modeste il est vrai puisque je n'ai qu'un petit recueil de nouvelles à mon actif (disponible ici!). Le lecteur de son article sera cependant intrigué par le métier qu'Alice Eglantine se donne: "autoresse". Etrange... oui? non? N'est-ce qu'une posture, ou peut-on y lire autre chose?

 

En lisant les commentaires qui suivent son article, force m'a été de constater que tout le monde ou presque a critiqué cette féminisation, et presque toujours parce que ça paraît malsonnant. Or, en y réfléchissant un peu, il me paraît que l'esthétique d'un mot n'est pas à elle seule un argument recevable - et qu'un tel argument disqualifie celle ou celui qui l'émet: ce qui sonne bien pour l'un est cacophonie pour l'autre, et vice versa - et des goûts et des couleurs, on ne devrait pas discuter. Sans compter qu'on finit par s'habituer... Dès lors, voyons un peu pourquoi "autoresse" est quand même, finalement, la meilleure féminisation... en réfléchissant au sens des options possibles.

 

Il y a naturellement le statu quo: faire de "auteur" un mot épicène, pouvant fonctionner au masculin comme au féminin. Les lecteurs attentifs de ce blog l'auront constaté: c'est l'option que je retiens. Je la retiens parce que je suis l'héritier d'une école plutôt conservatrice, où l'on nous tapait sur les doigts si l'on s'avisait d'ajouter un "e" à "professeur" pour féminiser. Cela, sans compter l'argument qui distingue la personne de la fonction: on peut être une femme et un secrétaire perpétuel (mais pas "perpétuelle") de l'Académie française (n'est-ce pas Mme Carrère d'Encausse?), de même qu'on peut être un homme et, par exemple, une vigie, une estafette, une recrue, une ordonnance de bureau, etc. Au surplus, une femme qui revendique un nom masculin de fonction (madame le ministre) peut le faire pour affirmer haut et fort qu'elle a atteint un statut supérieur, historiquement réservé aux hommes. C'est une posture qu'on peut comprendre.

 

Reste que de nos jours, on aime à marquer explicitement le féminin des fonctions. Alors... quid? "Autrice" est de très bon aloi; c'est le mot qui a été retenu pour désigner les écrivains de sexe féminin dans l'association faîtière qui regroupe les gens de plume suisses: "Autrices et auteurs de Suisse". Cela dit, "Autrice" est tombé à l'eau dans l'usage courant, en dépit de sa ressemblance avec "institutrice", deux formes étymologiquement justifiables de féminin: en latin, on aurait dit "auctrix", féminin d'"auctor", sur la base du suffixe "-trix", largement attesté (cf. "genitor"/"genitrix").

 

Cela ne s'est pas imposé... mais c'est bien "auteure" qui est la forme la plus usitée aujourd'hui. Or, d'un point de vue étymologique, c'est bien la plus horrible manière de féminiser... mais foin de jugements de valeur. Certains éléments ont concouru à cette conclusion: d'une part, les Québécois, qui ne s'embarrassent pas d'étymologies, ont décidé un beau matin que pour féminiser, il suffirait d'ajouter un "e" muet à tout nom masculin de métier. Ainsi avons-nous des professeures, des docteures, des chercheures même - et des auteures - et l'idée, simple, a fait florès dans toute la francophonie. On pourrait rétorquer que pour certaines de ces professions, on aurait pu construire un féminin en "-euse". Vrai - mais ce suffixe est considéré comme dévalorisant: longtemps, le suffixe "-euse" a été utilisé pour désigner des fonctions subalternes prétendument (ou réellement) réservées aux femmes, telles que coiffeuse, lessiveuse, moissonneuse, etc. Faut-il dès lors en inférer que les scientifiques de sexe féminin (qu'on pourrait désigner par le terme de "chercheuses", mais qui préfèrent parfois être nommées "chercheures") ne souhaitent pas être assimilées au vulgum pecus des shampouineuses et autres serveuses? Une "auteuse" serait-elle un auteur de seconde zone? A vous de voir.

 

Reste l'"autoresse". Cette féminisation est sans doute la plus noble qui soit, d'un point de vue étymologique en tout cas. Elle vient du grec ancien (-issa, qu'on trouve dans "duchesse" ou "comtesse", rien que ça!) et, depuis toujours, a eu une fonction de magnification. On retrouve ce suffixe dans "doctoresse" ou dans l'adjectif "vengeresse" (qui fait très littéraire), mais aussi dans des termes juridiques archaïques tels que "demanderesse", "venderesse", etc. - qu'on n'entend plus guère que dans les tribunaux. De la part d'Alice Eglantine, se dire autoresse est donc judicieux: son choix de fonction plonge ses racines bien profond dans l'histoire et affiche une ambition supérieure d'écriture. Je me réjouis de la lire - dans un livre sur papier ou en PDF, ou, pourquoi pas, en ligne ou sur son propre blog, que je l'invite à créer pour se faire connaître.

 

Et lui chercher des poux sur ce mot, pour une simple question d'oreille froissée, relève du trollage. A propos, y a-t-il un féminin pour "troll"?

 

Article rédigé de façon malicieuse, sur la base de considérations de la linguiste Michèle Lenoble-Pinson sur la féminisation des noms de métier. Photo: source

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Publié par Daniel Fattore - dans Langue française
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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 21:52

nullContribution impromptue au défi Dürrenmatt de Zarline. Illustration: Bonaventura.

Nouvelle lue dans sa version originale et dans une traduction de Walter Weiderli; cf. Friedrich Dürrenmatt, "La Ville", Lausanne, Ex Libris, 1974, p. 165 ss.

 

Une confession d'abord: c'est un collègue qui m'a conseillé la lecture de la nouvelle "Le Tunnel" (Der Tunnel) de l'auteur bernois Friedrich Dürrenmatt (1921-1990). Merci à lui! Alors que je lisais le PDF du texte (version originale, en allemand!) qu'il m'a fait parvenir par courriel, je me suis dit que ce texte figurait peut-être dans le florilège "La Ville", ce qui m'a amené à retourner ma pile à lire (le livre était tout au fond, évidemment...). Et... bingo: "Le Tunnel" figurait au sommaire du recueil. Résultat: j'ai consacré ma soirée à une lecture bilingue de cette excellente nouvelle, agrémentée d'un petit vin italien léger et inspirateur et d'un chouette plateau de fromages.  

 

Brièvement, de quoi s'agit-il? C'est l'histoire d'un étudiant qui prend le train et se retrouve désarçonné parce qu'en cours de voyage, le train emprunte un tunnel qui lui paraît nettemetn plus long que d'habitude. Une impression avérée...

 

Qui est cet étudiant? L'auteur ne lui donne pour ainsi dire aucune personnalité, refusant entre autres de le nommer. Il préfère le peindre sous la forme d'un chevalier moderne revêtu d'une armure pour le protéger contre les agressions, réelles ou supposées, des temps modernes: 24 ans, sûr de lui, il porte deux paires de lunettes (dont une paire de lunettes de soleil), vit chez ses parents qui assurent ses arrières, porte (plus étrangement) des tampons auriculaires et arbore fièrement sa couche de gras, présentée d'emblée comme un moyen de se préserver contre les horreurs qui l'entourent ("hinter den Kulissen", traduit de manière impropre à mon avis par "dans les coulisses"). Même la fumée de ses cigares Ormond Brasil 10, marque rappelée tout au long du récit de manière incantatoire, peut être vue comme une protection, une façon de brouiller les pistes autour de l'étudiant. En catimini, et dès les premières lignes, l'auteur semble suggérer: "regardez ce que je vais faire de mon preux chevalier en armure hyper-moderne!". Or, c'est justement un moyen de transport hyper-moderne, le train, qui va précipiter aux enfers l'étudiant à l'armure moderne.

 

Et pour cela, même si les éléments mis en scène sont bien du temps de l'auteur ("Le Tunnel" a été publié en 1952), pas besoin d'outils hyper-modernes: l'auteur recourt, tout au long du récit, aux codes de la narration romantique et fantastique. Le lecteur est d'abord jeté dans un flou géographique: il est baladé sur une ligne de chemin de fer qui oscille entre Olten, Berthoud (faussement rendu par "Burgdorf" dans la traduction), Zurich et Herzogenbuchsee - une ligne qui devait paraître familière aux lecteurs du vingtième siècle, mais que les pendulaires d'aujourd'hui ne connaissent plus guère s'ils sont coutumiers du trajet Berne-Zurich, aujourd'hui aménagé selon les progrès amenés par le projet ferroviaire Rail 2000.

 

Le côté romantique, lui, est amené sous deux aspects principaux. Il y a d'abord le contrôleur, qui intervient pour contrôler le billet de l'étudiant au moment où il se demande ce qui se passe. Le lecteur familier des codes de la littérature fantastique est amené à se demander si ledit contrôleur est vraiment humain: l'auteur le présente comme un être long, sec et surtout pâle. Des allures de fantôme, quasi inhumaines! Le contrôleur, puis le chef de train qui fait preuve d'empathie face aux inquiétudes de l'étudiant, jouent le rôle de pivots vers le fantastique, contrepoints à des personnages qui, à l'instar du joueur d'échecs concentré sur son ouverture "Nimzowitsch" (est-ce l'auteur lui-même, écrivain de "Der Schachspieler", après tout?), gardent les pieds sur terre. Les considérations météorologiques elles-mêmes, émises par le contrôleur, suggèrent que l'obscurité n'est pas due à un tunnel interminable - et rappellent incidemment le thème éminemment romantique de l'homme, tout petit face aux forces de la nature, qui le dépassent forcément, si armé qu'il soit. Et que peuvent faire une couche de gras double ou une paire de lunettes renforcée par des verres fumés face à un ouragan? On pense bien que l'auteur répond à cette question...

 

La nouvelle s'achève dans un charivari général, précipité, qui étonnera le lecteur, jusqu'à la dernière phrase. Ce charivari tranche pertinemment avec l'ambiance confinée que l'auteur installe dans son récit. Au sens le plus strict, il met en scène un train dont on ne devrait pas sortir (il roule vite, de plus en plus vite même), bondé qui plus est. Les sorties des personnages résonnent comme des tentatives désespérées d'arrêter un processus inéluctable et fou (pour ne pas dire hollywoodien, tant il est vrai que ce n'est qu'au cinéma qu'on voit des gens sortir d'un train en marche). Elles se posent en contrepoint à un confinement suggéré, du point de vue formel, par une rédaction très compacte et concise: la nouvelle ne compte qu'un seul long paragraphe, synonyme d'un gris typographique particulièrement dense aux yeux du lecteur.

 

Un coup de maître donc que cette nouvelle, finalement sauvée par un dieu qui ne sort pas du tout de sa machine - mais que l'auteur amène d'un coup de baguette magique magistrale pour conclure son récit. Un coup de baguette magique divin annoncé par une fine allusion au livre des Proverbes, tiré de l'Ancien Testament (Coré et l'abîme) et présenté comme parfaitement connu du lectorat germanophone. Ainsi le lecteur découvre-t-il, sur quelques pages, le génie de l'écrivain suisse Friedrich Dürrenmatt, en termes d'habileté et de concision, mais aussi de narration et de mise en scène de l'étrange.

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 06:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, Ankya, Armande, Azilis, BénédicteBookwormCagire, Caro[line], Celsmoon, Chrestomanci, Chrys, ClaudiaEdelwe, Emma, Emmyne, Esmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Hambre, Herisson08, Hilde, Julien, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, Mariel, MyrtilleD, Naolou, Restling, Roseau, Saphoo, Schlabaya, Séverine, Soie, Sophie57, Tinusia, Violette, Yueyin, Zik

 

Tabac

 

J'ai ouvert une boîte de Balkan Sobranie

Elle est ronde et de fer-blanc

Elle contient du tabac turc

Papier brûlé quand on le fume

 

Je suis voué au Lattaquié

Depuis l'hôtel de Grande-Bretagne

Où nous allions Wendel et moi

De l'autre côté du temps

 

J'ai traversé les océans

Dans les baignoires armées en guerre

Qui font le charme des villes d'eaux

Je me suis tu au point du jour

 

J'ai voyagé comme un crétin

C'est moi le dernier Dalmatien

J'ai pissé sur les colonnes slovènes

J'ai ouvert le barrage de Bimont

 

Dans la fumée me reviennent

Des tyroliennes dans le noir

Fantômes verts parcourant les couloirs

 

De ce palais de lierre où je me suis perdu

 

François Sureau, Sans bruit sans trace, Paris, Gallimard, 2011, p. 70.

 

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Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 22:06

nullUne page de l'histoire des transports publics de mon canton se tourne ce week-end: avec le changement d'horaire du 11 décembre (dimanche, donc), les bus directs qui relient Fribourg à Bulle, régulièrement surchargés aux heures de pointe, vont disparaître au profit d'une liaison ferroviaire de durée équivalente, passant par Romont. Cette liaison sera un élément du futur RER fribourgeois.

 

Pour moi, ce sera un changement d'habitudes! Et quelques souvenirs qui vont passer aux archives.

 

Les bus directs Bulle-Fribourg et Fribourg-Bulle ont en effet marqué ma petite vie, depuis ma période d'études à l'université de Fribourg. Je me souviens d'avoir acquis des pelletées d'abonnements de parcours mensuels pour aller, jour après jour, étudier la littérature française, la philologie romane, la linguistique et la musicologie dans la vénérable Alma Mater de Fribourg, depuis le domicile bullois de mes parents. Au début, les horaires étaient pratiques, en tout cas du point de vue mnémotechnique: le bus partait de Fribourg ou de Bulle à tous les .45. Plus tard, avec l'introduction de nouveaux horaires, ça s'est un peu corsé... mais à chaque fois, il a suffi de prendre le pli. Et de profiter de la grosse demi-heure de parcours (aller simple) pour me reposer... ou pour lire des centaines de pages d'auteurs classiques ou contemporains.

 

La liaison avait un défaut important, qui n'a été résolu qu'avec le changement d'horaire de décembre 2002, soit après mes études de lettres: le dernier bus pour Bulle partait avant 21 heures. Impossible, donc, d'aller me faire un concert, une toile ou une noce entre collègues étudiants le soir à Fribourg, ville qui recelait pourtant d'intéressantes possibilités de ce côté, surtout par rapport à la petite cité de Bulle. Résultat: j'ai pris, pendant la durée de mes études, l'habitude d'aller voir des films aux séances de 18 heures ou assimilées. Je pouvais ainsi rentrer chez moi (donc chez mes parents) avec le dernier bus - celui de 20 heures 45 - et, si le film était plus court que d'habitude, écluser un café en souplesse au buffet de la gare. Généralement en compagnie d'un livre.

 

Les infidélités? Il y en eut. Ces horaires peu confortables ont fait que pendant ma période de préparation d'examens ou au cours de mon stage au journal fribourgeois "La Liberté", j'ai préféré me déplacer en voiture, à bord d'une Opel Astra dont je me suis séparé depuis. Et puis, pour des raisons de simple agrément, il m'est arrivé d'emprunter, plutôt que le bus direct, l'un de ces bus qui s'arrêtent au moins une fois dans tous les villages qui se situent entre Bulle et Fribourg. Je garde quelques souvenirs émus de la ligne qui passe par Farvagny, particulièrement tortueuse: on a parfois l'impression que l'autobus revient sur ses pas et erre sans fin, avant de repartir plus loin en empruntant tous les chemins de traverse. Et si je me suis rendu jeudi matin à la messe de Morlon (où je suis organiste) avec le bus direct, j'ai justement choisi d'emprunter ce bus tortueux pour rentrer, histoire de revoir un peu de cette région que je sillonne trop peu depuis que je travaille aux CFF à Berne.

 

Et en parlant des CFF, avant que je ne me trouve un logement à Berne puis à Fribourg, j'ai pris chaque matin le premier bus Bulle-Fribourg pour me rendre à Berne - en 2002, ce n'était pas non plus un direct! Au retour, cependant, j'avais droit à une belle ligne droite, sans arrêt intermédiaire, via l'autoroute. Sans arrêt? Ou presque: alors que le bus direct ne s'arrêtait à l'origine qu'aux gares de Fribourg et Bulle, il a marqué, dans ses dernières années, un arrêt supplémentaire près des supermarchés bullois. Pratique pour aller faire ses courses... mais aussi pour accéder à certains quartiers résidentiels et au lycée.

 

A présent, les transports publics devraient m'offrir une solution impeccable pour mes soirs de répétition à Morlon: un train direct de Berne à Bulle, sans changement à Fribourg. Je me réjouis de voir cela... au plus tard à l'occasion de la répétition du 22 décembre, qui préparera la messe de minuit.

 

Photo: source. Le bus représenté n'assure pas une liaison directe, mais relie Bulle et Moléson-sur-Gruyères.  

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Publié par Daniel Fattore - dans Air du temps
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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 20:54

nullCommenté par MétapoYann Savidan.

 

Avez-vous déjà vitupéré Nicolas Sarkozy? Préférez-vous agonir François Bayrou ou Ségolène Royal d'injures? A moins que vos cibles ne soient Roger Salengro ou Napoléon III... toutes ces personnalités ont en commun d'apparaître, en qualité de "victimes", dans le "Petit dictionnaire des injures politique", publié par les éditions L'Editeur il y a quelques semaines. Fruit du travail de dix-neuf auteurs dirigés par Bruno Fuligni, ce dictionnaire de poche recèle quelques vacheries, mercuriales ou fléchettes empoisonnées que le lecteur dégustera à petites doses à l'heure où, en France, la campagne présidentielle décolle - y compris la campagne des petites phrases.

 

Les auteurs ont bien cerné leur sujet: les injures recensées dans ce dictionnaire s'adressent à des personnalités politiques françaises uniquement, ayant exercé leurs fonctions depuis la Révolution française (y compris Louis XVI), jusqu'au premier semestre 2011 en gros. Quelques personnalités sont célèbres, d'autres sont largement oubliées; c'est pourquoi les auteurs ont présenté chacun des hommes politiques injuriés, en introduction au chapitre qui leur est consacré. Certains surnoms sont aussi recensés, parmi les mieux attestés. Quelques chapitres sont par ailleurs consacrés à des groupes d'acteurs: clergé, francs-maçons, parlementaires. énarques, etc.  

 

L'ouvrage est préfacé par Bruno Fuligni lui-même. Le texte d'introduction constitue un survol de la notion d'injure et des formes que celle-ci peut prendre. On aurait aimé quelques pages de plus pour cette mise en bouche, qui rappelle aussi, brièvement, la limite pas toujours claire entre sphère publique et sphère privée. C'est que les injures ont été recueillies aux sources les plus diverses: lettres, procès-verbaux de débats parlementaires, discours (parfois longuement cités), interviews, etc.

 

Le régal vient ensuite... le lecteur retrouvera des extraits de discours, parfois assez longs et circonstanciés; il trouvera aussi des injures qui claquent par leur brièveté et leur efficacité. Parcourir ces phrases assassines offre un plaisir malicieux, celui de découvrir aussi les trésors d'habileté que certaines personnes peuvent mettre en oeuvre pour envoyer une vanne, taquines ou franchement vachardes. Défaut nécessaire de la démarche: ce recueil ne remet pas les injures dans leur contexte, ce qui en rend certaines un rien obscures. Mais qu'importe: il y a déjà largement de quoi se délecter.

 

Pratique à plus d'un titre, ce livre recèle enfin un index des personnes qui insultent - ce qui est utile pour retrouver des citations de telle ou telle personnalité dont on aura reconnu le mordant. Et au fil des pages, c'est bien un arc-en-ciel de méchancetés que le lecteur découvre - ou redécouvre, tant certaines petites phrases présentes dans ce livre sont restées dans les mémoires.

 

Collectif, Petit dictionnaire des injures politiques, dir. Bruno Fuligni, Paris, L'Editeur, 2011.

 

Merci aux éditions L'Editeur et à Marianne Ferron pour l'envoi.

 

 

 

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Publié par Daniel Fattore - dans Livres - essais
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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 06:00

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, Ankya, Armande, Azilis, BénédicteBookwormCagire, Caro[line], Celsmoon, Chrestomanci, Chrys, ClaudiaEdelwe, Emma, Emmyne, Esmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Hambre, Herisson08, Hilde, Julien, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, Mariel, MyrtilleD, Naolou, Restling, Roseau, Saphoo, Schlabaya, Séverine, Soie, Sophie57, Tinusia, Violette, Yueyin, Zik

 

69, année érotique

 

Gainsbourg et son Gainsborough
Ont pris le ferry-boat
De leur lit par le hublot
Ils regardent la côte
Ils s’aiment et la traversée
Durera toute une année
Ils vaincront les maléfices
Jusqu’en soixante-dix

Soixant’-neuf
Année érotique
Soixant’-neuf
Année érotique

Gainsbourg et son Gainsborough
Vont rejoindre Paris
Ils ont laissé derrière eux
La Tamise et Chelsea
Ils s’aiment et la traversée
Durera toute une année
Et que les dieux les bénissent
Jusqu’en soixante-dix

Soixant’-neuf
Année érotique
Soixant’-neuf
Année érotique

Qu’ils s’aiment et la traversée
Durera toute une année
Qui pardonn’ra ses caprices
Jusqu’en soixante-dix

Soixant’-neuf
Année érotique
Soixant’-neuf
Année érotique

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Publié par Daniel Fattore - dans Dimanches poétiques
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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 09:18
1 Délivrer des Livres
2 LIRATOUVA
3 Les livres de George Sand et moi
4 Moi, Clara et les mots
5 Les Lectures De Liyah
6 Mille et une pages
7 Bric à Book
8 La bibliothèque malounienne
9 les agents littéraires
10 Mon coin lecture
11 Le blog de Galleane
12 My Lou Book
13 Répertoire de la Science Fiction
14 Les voyages immobiles de Madame Charlotte
15 val aime les livres
16 Chez dedalus
17 La bibliothèque de Noukette
18 Cynthia et ses contes défaits
19 Le grenier à livres
20 La Bibliothèque de Lilie !

 

Classement réalisé par Wikio.

 

Il est vrai qu'à présent, on ne dit plus Wikio, mais Ebuzzing... mais ça ne change pas grand-chose: je suis sorti du Top 20 littéraire. Les blogs tournent, montent, descendent, mais l'essentiel est que leurs animateurs se fassent plaisir!

 

Merci à Hérisson pour l'envoi de cette exclusivité!

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Publié par Daniel Fattore - dans Air du temps
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"Parler avec exigence, c'est offrir à l'autre le meilleur de ce que peut un esprit."
Marc BONNANT.

 

 

"Nous devons être des indignés linguistiques!"
Abdou DIOUF.