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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 05:00

Jour de Fête-Dieu, jour férié, c'est presque un dimanche, et les dimanches sont souvent poétiques par ici. Bonne fête à toutes et à tous! Je vous propose aujourd'hui deux sonnets de ma main, évocation, peut-être, des grand-rues où marchent les processions.

 

Couleurs de grand-rue

 

Rose comme une banque ou vert comme un café :

Les plus folles couleurs ont saisi la grand-rue,

Sans pudeur se livrant – quelle offrande incongrue ! –

Tels de doucereux drops au passant assoiffé.

 

Ravivant un bâti de toits bistre coiffé,

Elles vêtent les murs, grisaille disparue,

Pour plaire à la cité de lumières férue :

C’est l’ouvrage d’un pro qui n’a jamais gaffé !

 

Mais de l’or au bleu ciel, Ripolin vous agresse

En fauteur de tournis, sans valoir, pour l’ivresse,

Les cocktails irisés qu’on vous sert dans les bars.

 

Recouvrant sans bonheur une couche blafarde,

Les teintes font jaillir leur brillance criarde

Qui gonfle la cervelle et soûle les regards.

 

 

 

Couleurs de grand-rue, 2

 

Les peintres de ma ville ont lancé leur boulot

Pour teindre les maisons immenses ou menues,

Rajeunissant les murs et les vitrines nues :

Hundertwasser semblait, en regard, bien pâlot.

 

C’était dit, décrété : l’éclat serait leur lot ;

En resserrant les rangs, les couleurs sont venues

Habillant à l’envi toutes les avenues :

Le gris pour quelques mois n’a point connu d’îlot.

 

Le rêve est bref, hélas, et quand revient la pluie,

Quand se fixent les gaz et se pose la suie,

Le sale est de retour, ennemi volatil.

 

Faudra-t-il restaurer le crépi lamentable ?

Ripolin, terrassé, ne s’en croit plus capable

Et la cité reprend ses haillons de plomb vil.

 

 

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Publié par Daniel Fattore - dans Textes originaux
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commentaires

Nina Atté 05/11/2015 10:40

Belle façon de décrire les couleurs criardes de la grand-rue. Maintenant, on constate que les couleurs se prêtent à tout. Quand vous parlez de Ripolin qui n'est pas le plus fort face à la saleté qui se propage sur les murs des commerces, des maisons, cela me fait rire.

DF 05/11/2015 21:39

Bonjour Nina, merci de votre visite! J'ai pensé, en écrivant ces deux poèmes, à certains centres urbains où il est possible de peindre les maisons de toutes les couleurs, si possible vives. Mais cela finit par devenir terne... Heureux de vous avoir fait rire! :-) Et merci d'avoir relayé ces textes sur votre blog, et de leur avoir offert ainsi une nouvelle visibilité.

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