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Mercredi 27 août 2008

OK! Me voilà tagué par A Girl From Earth... je me soumets donc à l'exercice, en espérant ne pas me faire trop d'ennemis sur ce coup-ci.

1. La couverture la plus embarrassante que vous ayez affichée en public?

"Mein Kampf", d'Adolf Hitler - voilà, c'est dit, ceux qui veulent quitter la salle peuvent le faire... L'ouvrage n'a rien de formidable, vous vous en doutez, même s'il devrait être lu pour mieux comprendre son auteur. Mais surtout, l'éditeur français a choisi de lui donner une couverture proche de celle d'époque: grosses lettres noires, en partie en fraktur, sur fond orange pétant. Difficile de passer inaperçu avec un pavé pareil.

2. Lecture la plus embarrassante en public?

Peut-être "Swissair, l'histoire secrète de la débâcle" de Luchinger - que j'ai lu sur un vol Swiss en 2003. Un steward m'a cependant rassuré, en voyant la couverture: "C'est un livre qui dit la vérité".

3. Un livre qui vous a attiré en librairie et que vous avez feuilleté en essayant vainement d'en cacher le titre ou le contenu?

Aeuh... «L'âge d'or de la pin-up américaine» de Meysel et Martignette?

4. Votre achat le plus embarrassant en caisse?

Certains San-Antonio à la page de couv' particulièrement osée. Mais je n'ai jamais acheté de SAS ou de Brigade Mondaine, de Gérard de Villiers (un ami m'a prêté un SAS, à l'adolescence, mais c'est moins inventif, donc je n'ai pas accroché - il y eut cependant un certain embarras lorsque, pour la première fois, j'eus un Brigade Mondaine entre les mains). L'honneur est donc sauf.

5. Cadeau le plus embarrassant que vous ayez fait?

J'essaie de faire des cadeaux que je puisse assumer.

6. Le livre que vous avez acheté par erreur et qui vous a embarrassé?

Je n'achète pas de livres par erreur (en français, j'appelle ça "nourrir la PAL"), mais j'ai glané quelque part un roman intitulé « Le joueur d'échecs », mais qui n'était pas celui de Stefan Zweig. Ne me souvenant plus du nom de Zweig (que l'on m'avait recommandé), j'ai ramassé le truc, en croyant avoir trouvé ce que je souhaitais. L'histoire m'a pas mal surpris (roman historique, sympa et populaire au demeurant, autour d'un automate d'échecs), et j'eusse vécu un certain malentendu si j'avais dû en parler avec la personne qui m'a conseillé l'ouvrage de Stefan Zweig.

7. Un souvenir de lecture de jeunesse (adolescence) qui vous a fait passer de chouettes moments et qui vous embarrasse quand vous en faites mention?

La relative pétoche que peuvent vous donner des ouvrages tels que « L'aiguille creuse » de Maurice Leblanc ou « Le Crime de l'Orient-Express » quand vous n'avez pas l'habitude du polar. Cela semble anodin à présent, mais certaines pages peuvent vraiment foutre la pétoche. Voir également le numéro 4, section "Brigade Mondaine".

8. Demande d'information la plus embarrassante en librairie?

Récent : j'ai demandé au libraire de la FNAC s'il avait tel ou tel recueil de nouvelles... mais je ne savais ni le titre, ni les auteurs (c'était un collectif, publié par les éditions «J'ai Lu» pour un quelconque anniversaire). Arriver avec une description aussi précise, la honte!

J'ajoute un "prix spécial du jury" à "Ben Laden, la vérité interdite" de Brisard et Dasquié, paru dans le sillage des événements du 11 septembre 2001 et interdit de diffusion en Suisse. Profitant d'un voyage à Paris début 2002, je me suis empressé de l'acheter... et de l'introduire en Suisse. Ah, le petit frisson quand on passe la douane!

Je propose à Sabine, Hussard 82, Insatiable-Lectrice, Yv, Calepin et Fantasio de reprendre l'exercice - qui a un petit goût de coming-out.

 

par Daniel Fattore publié dans : Littératures
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Mardi 12 août 2008

... qu'un ouvrage intitulé "Ecrire un roman et se faire publier" vient de paraître aux éditions Eyrolles. Ce volume de 226 pages est signé Bob Mayer et explique, selon le communiqué, de nombreuses techniques d'écriture. Il décrypte également le monde de l'édition (les pièges à éviter, comment rédiger une lettre d'accompagnement efficace, etc.).

Le site Internet de l'éditeur propose une présentation plus complète de cet ouvrage,
ici; celle-ci est agrémentée de deux extraits (table des matières, introduction). A noter, du reste, qu'Eyrolles propose d'autres guides d'écriture, entre autres à l'usage de ceux qui doivent écrire des discours. Ce qui pourrait arriver à plus d'un écrivain ou lecteur compulsif, pourquoi pas?

Bob Mayer, Ecrire un roman et se faire publier, Paris, Eyrolles, 2008, 226 p., 20 euros.

par Daniel Fattore publié dans : Littératures
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Jeudi 31 juillet 2008

HomèreVous voulez devenir éternel? Survivre à vous-même? La littérature vous offre une occasion unique d'y parvenir. Certes, ce scenic railway se caractérise par la quantité énorme des appelés et par la rareté de ses élus; mais considérant qu'à l'instar de la Loterie, cent pour cent des gagnants ont tenté leur chance. pourquoi pas vous?

L'un de mes vieux professeurs, spécialiste d'André Malraux, disait que l'art n'est jamais immortel ou éternel. Il avait bien raison: qu'une météorite s'éclate sur la Terre, et au revoir les génies dits "universels" que sont Homère, Machu Picchu et Guillaume Musso. Mais j'ajoute que si l'art n'a certes rien d'impérissable, il constitue à chaque fois un défi lancé à ce qui est appelé à se dessécher, à disparaître. Et une manière, pour une personne, de survivre à soi-même.

Alors, pourquoi ne pas donner corps à votre idée de belle histoire? Le degré zéro, et la grosse erreur des esprits timorés, serait de garder tous leurs trésors dans leur tête ou dans leur coeur. Ceux-ci sont périssables, nous le savons... et en plus, les idées qui s'y trouvent, éminemment privées, ne sont pas protégées par le droit d'auteur. Résultat: si quelqu'un publie votre idée avant vous, vous devez en trouver une autre. Pas difficile, mais ennuyeux pour votre ticket pour l'éternité.

Alors, que faire? Ecrivez. A partir du moment où vous avez donné une forme concrète à votre idée, elle sera protégée par le droit d'auteur, ce qui vous arrange bien. Et elle aura le mérite d'exister aux yeux du monde. A partir de là, il ne reste qu'à publier... de manière à vous offrir un haut-parleur de bonne taille, qu'on appelle "éditeur" quand on parle de production artistique en quantité.

De vos deux cents pages d'idées, l'éditeur va produire un chouette bouquin. Là, déjà, vous avez décroché une option pour survivre à vous-même. Avec un peu de chance, on va même parler de vous dans la presse, et celle-ci est dûment archivée dans les bibliothèques et dans les caves des journaux. Reste le problème de la longévité du papier... je me demande en effet quelle peut être la tronche du jeune auteur prodige qui, publiant son premier roman à dix-huit ans, voit le papier de l'édition princeps de l'ouvrage se dégrader à mesure qu'il prend de l'âge. Une question qu'on est en droit de se poser, vu la qualité et la longévité du papier qu'on trouve actuellement.

Résultat? Arrangez-vous pour être réédité. Anna Gavalda le fait bien, Marc Lévy aussi, pourquoi pas vous? Cela, même si l'on ne prête qu'aux riches, et encore: seuls les succès de librairie sont repris en poche, et je soupçonne les éditeurs de ne pas reprendre tout de suite les succès d'exception genre Harry Potter ou "Bridget Jones, l'âge de raison". Mais cela relance votre livre, lui donne encore quelques années de longévité supplémentaire.

Puis faites en sorte qu'on en parle sur les blogs: les ventes vont se poursuivre à un rythme de croisière, votre nom sera colporté, et vous aurez encore gagné une manche contre l'oubli. A force, peut-être allez-vous entrer à l'Académie française, voire dans le Petit Robert. Là encore, une manche d'acquise! Plus solide certes, mais pas encore inébranlable. Vous devrez subir encore des périodes d'éclipses, des années de purgatoire où les écoles refuseront d'intégrer votre oeuvre à leurs programmes, parce qu'elles la jugeront trop ceci ou trop cela. A ce moment, vous serez sans doute déjà assis sur un nuage, au Paradis; attendez de voir venir, soyez confiant. Si vous avez su y faire, vous allez redevenir à la mode. Pour cela, il suffit parfois d'un ministre, voire moins.

Et si vous doutez encore des possibilités de pérénnisation de votre oeuvre, pensez au succès actuel des auteurs antiques - ceux que le temps a jugé utiles de retenir. Ceux-ci ont joui de soutiens occultes, de faveurs tenant de l'idéologie des temps passés: copistes bienveillants, princes attachés à l'Antiquité, etc. A ce moment-là, votre ouvrage vous aura vraiment échappé. Et l'humanité saura qu'à défaut d'avoir vaincu la météorite évoquée au début de ce billet, vous aurez suffisamment traversé les ans pour prétendre au titre de génie universel. Bonne chance!

Et n'oubliez jamais, vous qui êtes ambitieux: tout cela commence par une ligne rédigée, par un vers écrit.

par Daniel Fattore publié dans : Littératures
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Mercredi 30 juillet 2008

Les lecteurs attentifs du blog de Quichottine connaissent sans doute l'écrivain italien Gianni Rodari. A quel genre d'athlète avons-nous affaire? J'aimerais vous faire part, brièvement, des contacts que j'ai eus avec cet auteurs. Contacts purement littéraires, s'entend... puisque je j'ai pas eu la chance de le rencontrer dans une quelconque fête du livre.

J'ai dû faire la connaissance de ses "Favole al telefono" alors que j'avais, quoi... dix ans. De quoi s'agit-il? Régulièrement en voyage, Gianni Rodari racontait littéralement des histoires à sa fille par téléphone, afin qu'elle s'endorme. Joli coup d'inspiration! Ces histoires sont devenues des textes, qui ont fini par constituer un recueil. Et j'ai justement reçu celui-ci à l'époque où je me levais tous les samedis matin pour apprendre l'italien à l'occasion de cours organisés par le Consulat.

Qu'inventait Gianni Rodari, pour divertir sa fille? De nombreuses histoires, toujours très brèves (à peine deux ou trois pages, parfois moins d'une seule) qui prennent à contre-pied les choses qui paraissent évidentes à nous autres, adultes formatés par X années d'écoles, d'études et de contact avec ce qu'il est usuel d'appeler la normalité. On trouve ainsi l'histoire d'une classe du futur qui va vister un musée où se trouve le verbe "pleurer", puisque les hommes du futur auront éradiqué les pleurs; il y a aussi l'histoire de cet enfant trompé par le chiffre 9 dans le cadre d'une division (ah, les divisions! difficiles entre toutes!) dans "abbasso il nove": "Comment, tu veux me descendre, moi le chiffre 9? Va te faire voir!". Ou celle d'un Etat qui mettrait à disposition des enfants, prompts à casser tout ce qui bouge, tout un palais à démolir; ou encore celle d'une route qui ne mène nulle part (alors qu'en principe, les routes vont toujours quelque part...) J'en oublie certainement. Ces histoires, je les ai lues et relues, avant même de constituer des PAL et autres LAL montant jusqu'au plafond. C'était unepériode où je préférais relire à lire...

... j'ai donc découvert cet auteur par son versant pratique. Mais comme c'est un artiste complet, l'homme a également posé la théorie de ces histoires. C'est l'objet de son livre "Grammaire de l'imagination", une pure merveille qui vous invite, justement, à interroger le réel et à vous demander ce qui se passerait si telle situation qui vous paraît normale ne l'était, en fait, pas tant que ça. Comment se comporterait, par exemple, un personnage qui aurait plusieurs bouches, etc. Et celui-là, je l'ai lu quand j'étais grand... au début 2003, pour être précis.

A présent, reste à aborder le reste!

Site officiel de l'écrivain, en italien: http://www.giannirodari.it.
Photo: http://www.sindacatoscrittori.net.

par Daniel Fattore publié dans : Littératures
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Mardi 22 juillet 2008

Books, candles, map, watch - D80 in-camera Sepia conversionL'idée est excellente, révélatrice, tordue et stimulante à la fois, et elle nous vient de chez Calepin, qui relaie ainsi un tag: l'inventaire de ses meilleures lectures, par lettre de l'alphabet. Avant tout, merci à lui pour cette astuce qui m'a permis de me ressouvenir de lectures parfois fort anciennes. Ensuite, je me lance - en parlant avant tout des ouvrages qui m'ont marqués, que j'ai lus plusieurs fois, que j'ai particulièrement aimés ou lus dans des circonstances particulières. Allez... c'est parti!

A
Guillaume Apollinaire, Les onze mille verges.
Lu plusieurs fois, je pourrais en faire un billet un de ces jours... si je retrouve les notes que j'ai prises il y a dix ans de cela. A ce stade de l'histoire, qu'on se rappelle simplement que ça ne parle que de "ça"...  

B
Michel Butor, La Modification.
Frappante lecture, avec un usage hyper troublant de la deuxième personne du pluriel. Je me suis servi de cette astuce, dans la foulée, pour créer un pastiche de cet ouvrage dans le cadre d'un travail scolaire.

C
Albert Cohen, Belle du Seigneur.
Indispensable: sans doute le plus beau roman d'amour (ou d'autre chose aussi) du vingtième siècle. Et des pages qui se dévorent, en dépit de leur grand nombre...

D
Roald Dahl,
Mon oncle Oswald.
Un divertissement savoureux et scabreux à la fois, lu et relu pendant les années de lycée.

E
Joe Eszterhas, American Rhapsody.
Un ouvrage bien rock'n'roll qui évoque la vie publique, privée et sexuelle d'un certain Bill Clinton. Par le scénariste de Basic Instinct... autant dire que c'est sulfureux.

F
René Fallet, Le Beaujolais nouveau est arrivé.
Un hymne truculent à une liberté farouche, celle de vivre en marge de toute contrainte sociale. Un art de vivre... roboratif après un mauvais moment.

G
Julien Gracq, Le Rivage des Syrtes.
Euh... parce que c'est vachement bien écrit, tout simplement.

H
Ernest Hemingway, Mort dans l'après-midi.
C'est qu'il vous ferait aimer la tauromachie, l'animal! Un ouvrage qui marche à fond les manettes, entre érudition tauromachique et ton hâbleur du technicien de bar.

I
Valérie Igounet, Histoire du négationnisme en France.
D'accord, ce n'est pas un roman, mais les romanciers en I ne courent pas les rues. J'ai lu cette ouvrage dans les années 2002, alors qu'un ou deux procès relatifs au négationnisme ont eu lieu en Suisse, histoire d'en savoir un peu plus.

J
Elfriede Jelinek, La Pianiste.
Encore une pure merveille au niveau stylistique, et une pénétration d'une rare profondeur dans les méandres de l'âme humaine.

K
Milan Kundera, La Valse des adieux.
Prêté par une collègue de lycée, une découverte. Je garde donc le nom de l'auteur sous le coude, même si je n'ai plus lu grand-chose de lui depuis.

L
Francisco Gonzales Ledesma, Le péché ou quelque chose d'approchant,
Du polar à l'espagnole, façon série noire, avec des comparaisons toujours délirantes.

M
Margaret Mitchell, Autant en emporte le vent.
Parce que Scarlett est une petite peste et que Rhett, le seul mec susceptible de l'intéresser, la fait tourner en bourrique. Bien fait pour elle.

N
Marie Nimier, Anatomie d'un choeur et La nouvelle pornographie.
Le premier est intimement lié à certains loisirs que je pratique. Le second m'a valu un plat du jour dans un restaurant: je l'ai prêté au patron, qui m'a offert le repas de midi après lecture.

O
Jean d'Ormesson,
Histoire du Juif Errant.
Sujet d'exposé au lycée: j'ai présenté cet ouvrage alors qu'il venait de sortir. Ce qui m'arrangeait bien: le professeur n'aurait certainement pas le temps de le lire avant l'exposé...

P
Georges Perec, La vie mode d'emploi.
Tant d'histoires en un seul livre! Et une construction impressionnante. Bref, une merveille technique et littéraire à la fois, une cathédrale...

Q
Raymond Queneau,
Les Fleurs bleues.
Egalement une construction merveilleuse, entre modernité et temps anciens.

R
Salman Rushdie, Les Versets sataniques.
Découverte de l'auteur, dans tout ce qu'il peut avoir d'étonnant et de flamboyant - mais aussi d'érudit. A lire avec une encyclopédie de l'islam et de l'hindouisme à côté de soi, mais c'est génial.

S
Jacques Casanova de Seingalt, Histoire de ma vie.
Les authentiques Mémoires de l'homme à femmes le plus réel et le plus fameux qui soit - un récit proprement picaresque mené tambour battant. Et puis, c'est mon sujet de mémoire de licence...

T
Claude Tillier, Mon oncle Benjamin.
Un classique des romans de cape et d'épée, d'une lecture agréable, avec une certaine philosophie de vie en filigrane. Vous connaissez peut-être le film qui en a été tiré, avec Jacques Brel dans le rôle titre.

U
Emmanuelle Urien, La Collecte des monstres.
Des nouvelles aux chutes impeccables, à la fois inattendues et implacables. Du tout bon.

V
Gabriel Véraldi et Jacques Paternot, Le Dernier Pape.
Comme son titre l'indique, l'histoire commence par l'abolition de la fonction de Pape dans l'église catholique, par le Saint Père lui-même. Erudit, l'ouvrage fait traverser le siècle et découvrir les coulisses du Vatican, du KGB et de plein d'autres choses encore.

W
Evelyn Waugh, Scoop.
Un des derniers livres que j'ai lus en anglais... ça doit faire quinze ans. Un comique parfois un peu colonial, mais qui fait mouche.

X
Gao Xingjian, La Montagne de l'âme.
Parce que pour visiter la vraie Chine, il faut abandonner sa voiture et concevoir son voyage comme une odyssée au coeur de sa propre âme. Très beau.

Y
Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien.
Parce qu'il fallait bien quelqu'un... mais c'est forcément un roman qui parle au latiniste que je suis.

Z
Emile Zola, La Terre.
Le roman de Zola qui a le plus de souffle selon moi.

Pour conclure, je signale que les lettres les plus difficiles à remplir ont été pour moi I, N et T. That's all folks! Sans désigner qui que ce soit, je vous invite, chers visiteurs, à poursuivre l'exercice. A qui le tour?

par Daniel Fattore publié dans : Littératures
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Mardi 15 juillet 2008

Celle-là, je sais que plus d'un lecteur en rêve... Il paraît que ces pièces de mobilier nommées "bibliochaise" (avec bibliopouf) renferment l'équivalent de cinq mètres de bibliothèque. De quoi ranger un bon bout de votre pile à lire*! L'objet a été créé par Nobodyandco, entreprise de design italienne. Sur un certain blog, un lecteur malicieux demande, l'esprit fort à propos, comment faire pour aller chercher un ouvrage dans un rayon du bas sans paraître irrévérencieux si le fauteuil est occupé par une dame.

Plus techniquement, il paraît que cet objet design est disponible en noir, en blanc, en aubergine ou en d'autres couleurs sur demande. Le siège est en coton (en cuir pour le modèle "plus"), également disponible en diverses exécutions. Reste la question que tout le monde se pose: est-ce vraiment confortable pour bouquiner pendant de longues heures? Prix articulé sur un blog: 4200 euros... Qui dit mieux?

Pour en savoir plus:
http://www.nobodyandco.it/, suivre "Products", puis "Bibliochaise". A noter que ce label propose aussi une étagère à bouquins "Piola" qui n'est pas mal non plus. La rubrique "Nobody At Work", enfin, lève un coin du voile sur la production de ce fauteuil hors normes. Je vous laisse découvrir...

*Qui a dit "Ma PAL, je m'assieds dessus"?

par Daniel Fattore publié dans : Littératures
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Mardi 8 juillet 2008

Au vieux livres - 3Ca y est, c'est les vacances, on profite de la période chaude et reposante pour partir à la mer ou à la montagne et embarquer, dans la foulée, les pavés qu'on n'a pas pu lire pendant l'année - des pavés avec lesquels on pourrait reconstruire la Voie Appienne... Mais n'a-t-on pas oublié quelque chose?

Certes non. Pas nous, en tout cas. Là où ça se corse, c'est quand on ajoute à l'agréable divertissement de la lecture en vacances le paramètre de la rentrée littéraire. Là, on commence à rigoler. Je garde en mémoire un article que Frédéric Beigbeder avait écrit dans "Lire" il y a quelques années à ce sujet. Il y expliquait qu'alors que nous autres, simples mortels, passions nos vacances à combler quelque retard dans la PAL, lui les passait à prendre de l'avance sur la rentrée littéraire. Très "99 francs", il se la jouait privilégié de la lecture, allant jusqu'à lâcher: "Quand vous lirez Sang lié de David Bosc (Allia), je l'aurai fini depuis longtemps." Cela s'appelait "Nous lisons les romans avant leur sortie", un exercice répété à six cents exemplaires. Ce récit a paru dans le numéro de juillet/août 2005.

Cette année, l'auteur de "Au secours pardon" revient sur le sujet, décidant pour une fois de faire d'un pensum un plaisir... ce qui ne l'empêche pas, alors que les écoles viennent à peine de fermer leurs portes, de faire résonner aux oreilles du lecteur compulsif, les premiers et lointains carillons de la rentrée littéraire. Cela, non sans rappeler au préalable ce qu'il pense de la rentrée, en trois points bien sentis quoiqu'un brin convenus. On se rappelle du reste qu'"Au secours pardon" avait paru en juin 2007 - chouette pied de nez à l'incontournable barouf d'automne, ou intolérable extension du domaine de la rentrée. A vous de juger...  

Et puis il y a David Foenkinos qui prend une puissante avance dans son billet du 2 juin dernier. "Je commence déjà à recevoir des livres de la rentrée littéraire. Il y a comme une ambiance de septembre dans ma boîte aux lettres", écrit-il sans détour. Un peu comme dans les supermarchés, où le matériel scolaire est vendu avant même la clôture scolaire de la fin du printemps... David Foenkinos soulève cependant un problème tout à fait pratique: en débordant sur le printemps, la rentrée littéraire va finir par occulter les publications du mois de mai, qui risquent fort de passer inaperçues. Alors, la rentrée, on l'attend, on l'honnit, on l'adore, la fera-t-on toute l'année? De mon côté, j'ai encore des tas de rentrées à digérer dans ma PAL... ce qui ne m'empêche pas de vous inciter, chers visiteurs, à guigner ce que le libraire vous propose en ce début d'été, produits frais estivaux ou ouvrages printaniers aux atours - gageons-le - certains.

L'article de Frédéric Beigbeder (2005):
http://www.lire.fr/chronique.asp/idR=142/idTC=11/idC=48858
L'autre article de Frédéric Beigbeder (2008): http://www.lire.fr/chronique.asp/idR=142/idTC=11/idC=52563
Le blog de David Foenkinos: http://www.livreshebdo.fr/weblog/webLogText.aspx?id=18

Photo: Flickr/julie70

par Daniel Fattore publié dans : Littératures
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Mercredi 2 juillet 2008

Trouvé tout à l'heure dans le dictionnaire des proverbes et dictons de Florence Montreynaud, Agnès Pierron et François Suzzoni, publié par "Le Robert", la citation suivante:

"Les morts ont tort".

Cela a été dit en 1789 par un Monsieur ou une Madame nommé Tuet.

Mortel. Et ça ne s'invente pas.

par Daniel Fattore publié dans : Littératures
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Jeudi 26 juin 2008

La Suisse honorée par l'Académie française: l'illustre institution vient de publier la liste de ses prix. Parmi les récipiendaires, on trouve l'écrivain suisse Corinne Desarzens et son roman "Tabac de Havane évoluant vers le chrysanthème", médaille de vermeil du Prix du rayonnement de la langue et de la littérature françaises.
Félicitations!


Corinne Desarzens, Tabac de Havane évoluant vers le chrysanthème, Jean-Paul Rocher, 2008.

par Daniel Fattore publié dans : Littératures
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Mercredi 25 juin 2008

mathematics problematicsLes sciences dans les bouquins, ça ne date pas d'hier! J'aurais voulu en parler dans mon billet sur "Requiem pour une puce", afin de proposer d'autres lectures encore, mais la place m'a manqué. Mon sujet est donc scindé; voici la suite, et sans doute la fin pour l'instant.

Je l'ai dit: j'aime bien ces romans qui intègrent des éléments scientifiques ou mathématiques dans leur trame, même si je ne suis pas du tout un matheux. Je vais donc vous balancer quelques titres frappants...

D'abord, pour ceux qui aiment l'arithmétique, il y a "Oncle Petros et la Conjecture de Goldbach", un ouvrage d'un certain Apostolos Doxiadis. Chouette récit aux confins de la folie, où l'on voit, justement, ce cher Oncle Petros raconter, par-delà la mort, comment il a désespérément recherché une solution à cette conjecture, qui postule que tout nombre entier pair strictement supérieur à 2 peut être écrit comme la somme de deux nombres premiers. Ca a l'air facile, comme ça... Amusez-vous dans votre garage ou votre salon: la chose n'est pas encore démontrée. Beaucoup de passion donc, et ce, en Grèce moderne.

Vous préférez les vieux ordinateurs, et êtes de surcroit nostalgique de la guerre froide? Plongez dans "Softwar" de Thierry Breton et Denis Beneich, un thriller technologique qui vous ramènera au temps de Youri Andropov (que ceux qui s'en souviennent se lèvent!). Quelle est cette "guerre douce" évoquée par le titre? Ce sont les "bombes logicielles", dont une échoue justement en URSS avec un ordinateur vendu par la France. Le style est standard, l'action date un peu (normal!), mais les recettes du polar fonctionnent encore - sans compter certaines prémonitions avérées en matière de guerre informatique: ce livre a été publié en 1984. Depuis, Thierry Breton a fait parler de lui en qualité de ministre.

pokerUn petit coup de probabilités, enfin? Voici un livre que vous devriez trouver au format de poche, sans trop de problèmes. Il s'agit du thriller (encore!) "Improbable" d'Adam Fawer, mettant en scène un personnage principal, David Caine, qui a deux passions: les probabilités et le jeu. On imagine que l'un va avec l'autre... et amène passablement d'embrouilles, d'autant plus qu'il est épileptique. Le récit est vertigineux par instants; en plus, l'auteur glisse des pages d'explications fort pédagogiques sur le domaine des probabilités, de la théorie des jeux et de la physique quantique. Qui a dit que le thriller était un genre idiot? 

Enfin, ma pile à lire renferme encore un truc qui s'appelle "L'Equation de Kolmogoroff", si ça dit quelque chose à quelqu'un... 

Apostolos Doxiadis, Oncle Petros et la Conjecture de Goldbach, Seuil/Points, 2002. 
Thierry Breton, Denis Beneich, Softwar, Robert-Laffont, 1984.
Adam Fawer, Improbable, Points, 2006.

Photo: Flickr/Runolfur

par Daniel Fattore publié dans : Littératures
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