Plaisirs de bouche

Samedi 19 septembre 2009 6 19 09 2009 21:42

... en Suisse! Et pas n'importe quel champagne...

L'information est sortie hier des téléscripteurs de l'Agence télégraphique suisse: la commune suisse de Champagne a pris l'initiative d'inviter le président de la République française, son épouse Carla Bruni et tous les parlementaires français (soit 922 personnes en tout - un parlementaire pour moins d'un habitant, puisqu'il y a environ 800 habitants à Champagne) à venir découvrir le petit vin bien gouleyant qu'on produit au village. C'est pour quand? La dépêche ne le précise pas.

En revanche, celle-ci mentionne bien que l'idée de cette initiative est de montrer au grand voisin français la menace quasi planétaire que le vin de Champagne (Suisse) et les flûtes du même lieu (des friandises à consommer à l'apéritif!) font planer sur l'ombrageuse appellation de Champagne (France), On se souvient en effet que depuis 1996, le vin de Champagne (Suisse) ne peut plus être commercialisé sous le nom de sa commune d'origine - la faute aux bilatérales, aux accords sur le trafic aérien et à d'autres arguments fumeux trouvant leur source à Paris ou à Bruxelles.

Il faut dire que le village suisse de champagne résiste encore et toujours à l'envahisseur, à la manière d'Astérix... Et l'opération ne se décline pas que sur un seul registre: Champagne (Suisse) a envoyé à tous les invités (ça fait du monde) un exemplaire d'une bande dessinée intitulée "Champagne contre (CH)ampagne". L'ouvrage, une bande dessinée résolument engagée due aux crayons d'artistes suisses, belges et français, relate apparemment l'épopée de la vigne dans la région helvétique de Champagne, depuis l'époque romaine.

Dès lors, il serait intéressant de savoir à quel argument Nicolas Sarkozy sera le plus sensible: un peu de lecture (lui qui écrit des "Témoignages" lus bien au-delà des frontières hexagonales) ou un petit verre (sachant qu'on ignore toujours ce qu'il a consommé avec Vladimir Poutine il y a quelques mois en arrière).

Sur la bande dessinée: http://www.bdchampagne.ch
Photo: http://www.ladepeche.fr
Rapport de dégustation:
http://fattorius.over-blog.com/article-23580621.html

Par Daniel Fattore - Publié dans : Plaisirs de bouche - Communauté : Suisse Romande
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Vendredi 4 septembre 2009 5 04 09 2009 22:13

... évoquons le sexe des oiseaux d'élevage. Un billet court pour que quelqu'un vienne éclairer ma lanterne...

J'ai lu il y a quelque temps, avec délices, l'ouvrage "
Brefs entretiens avec des hommes hideux" du regretté David Foster Wallace. L'une des nouvelles de ce génial recueil faisait mention d'un bonhomme qui exerçait la profession de sexeur de poussins. Cela ressemble à un gag, vu de loin, mais c'est très sérieux: il existe des professionnels payés pour inspecter des poussins afin de les trier en fonction de leur sexe? Quelques recherches m'ont permis de constater que c'est un art qui s'est développé au Japon avant d'envahir le monde entier, contribuant aux progrès de l'élevage industriel des poulets dans toutes ses dérives rentabilistes. Les meilleurs peuvent traiter un voire plusieurs milliers de poussins d'un jour en une heure, ce qui décide de leur sort - la marge d'erreur convenue est de 2%, et il paraît qu'un bon professionnel du sexe (des poussins) n'a pas de problème à s'y tenir. Au final, c'est donc moins joyeux qu'au départ.  

Et c'est justement en effectuant des recherches sur le surréaliste mais très réel métier de sexeur de poussins ("Qu'est-ce que tu veux faire quand tu seras grand?" - "Sexeur de poussins!") que je suis tombé sur une autre profession dont l'énoncé semble encore plus délirant... et je me demande à présent si c'est un canular. Alors, voici ma question: les "branleurs de dindons" existent-ils vraiment? Leur métier consisterait à chatouiller le trillili des dindons pour récupérer leur semence (pour ne pas dire "sperme"), puisque le taux de reproduction de l'espèce est faible: "J'aime la vie, je fais des bébés", comme le chantait Sarclo, ce n'est pas le rayon de la gent glougloutante. Résultat: certains humains suppléeraient à cette carence... afin que l'insémination artificielle vienne suppléer à la sensualité défaillante du volatile. C'est ainsi que tout un chacun peut avoir de la dinde aux marrons à Noël...

Alors, "branleur de dindons"... un métier ou un gag? Saint Google annonce plus de 8000 occurrences, mais rarement très solides (on trouve cela plus souvent sur des forums que sur des sites de magazines agricoles), et surtout pas de photo de branleur en action, si j'ose ainsi m'exprimer; qui dit mieux?

Toute information sérieuse est la bienvenue!

Sur le métier de sexeur de poussins:
http://www.france-sexage.com (source de l'illustration)
Un article sérieux:
http://www.lebulletin.com/informations/actualite/article.jsp?content=20030727_170005_3904
On parle de branleurs de dindons sur un blog, mais je n'ai pas pu recouper:
http://floome.over-blog.com/article-2347218.html
Ici aussi: http://www.melty.fr/le-top-5-des-metiers-hors-du-commun-actu16120.html

Par Daniel Fattore - Publié dans : Plaisirs de bouche - Communauté : Suisse Romande
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Mercredi 12 août 2009 3 12 08 2009 22:02

Le choix d'un vin n'a rien d'évident lorsqu'on se trouve dans une grande surface. Ne pouvant goûter le produit avant d'acheter, le consommateur doit s'appuyer sur deux éléments déjà plus éloignés de celui-ci: ses connaissances propres et ce que la bouteille lui raconte: le prix, bien sûr, mais aussi l'esthétique de l'étiquette, la forme de la bouteille, l'origine du breuvage, le taux d'alcoolémie, l'option bio (qui grignote les rayonnages!), etc. Et parfois, des vins ont une histoire à vous raconter. Cruciale ou anecdotique, elle est évoquée sur l'étiquette. Du coup, on se sent attiré par un produit inconnu, qui vient parfois de loin. Marketing? Oui, mais on s'y prête de bonne grâce, en ayant presque l'impression de revenir à des temps immémoriaux.

C'est sur cette corde que joue le Malbec argentin "La Consulta, Finca la Celia" 2007, un vin produit dans la région de Mendoza. La Consulta? C'est apparemment un village où, dans le cadre des guerres d'indépendance de l'Argentine, un certain général San Martin a demandé son chemin aux caciques locaux indigènes, afin de ne pas se perdre à travers les Andes. Tout est réuni pour séduire: un peu d'histoire (même si demander son chemin, dans l'absolu, hein..., vous voyez!), le mystère des hauts plateaux, l'Amérique lointaine, les luttes d'un pays jeune pour conquérir sa place dans le concert des nations... allez hop, embarqué! Le contenu allait-il tenir ses promesses?

C'est ce que j'ai pu découvrir ce soir. Ce malbec est appréciable! Du point de vue visuel (si j'ose ainsi dire), j'aime les vins qui ont une couleur soutenue, et là, c'est gagné: le breuvage est presque noir. Côté goût, j'ai senti là une solide base ferrugineuse, qui soutient un goût non moins présent de fruits rouges... L'ensemble a une rondeur certaine, aucune acidité malvenue ne heurte le palais - fort agréable! Mais aussi puissant, bien présent en bouche: à mon humble avis, on l'appréciera avec une bonne viande rouge, au moins.

 

C'est par où, les grillades?

Le site du producteur - apparemment une grosse machine, fondéen en 1890, produisant des vins de standings fort divers:
http://www.fincalacelia.com.ar  

Par Daniel Fattore - Publié dans : Plaisirs de bouche - Communauté : Suisse Romande
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Samedi 8 août 2009 6 08 08 2009 21:47

"Rotkäppchen", ça vous dit quelque chose? Naturellement, c'est le nom allemand du Petit Chaperon Rouge. Mais c'est aussi la raison sociale d'une entreprise spécialisée depuis 1856 dans la production de mousseux ("Sekt") allemands, basée à Freyburg (Unstrut) - un Fribourg méconnu qui se trouve en Saxe-Anhalt, au coeur de l'ex-Allemagne de l'Est.

J'ai eu l'occasion de retrouver avec délices ce produit hier, à l'occasion d'une excursion rapide dans une grande surface bernoise. A la recherche d'un truc qui fasse des bulles, je suis tombé sur ce breuvage, dans sa version "halbtrocken" (mi-sec) particulièrement douce et agréable au palais - avec de grosses bulles enjouées qui, certes, n'ont pas la finesse de celles des vrais champagnes, mais constituent quand même une invitation à boire le précieux liquide, un produit fini équilibré et fort agréable, à consommer frais.

Mais au-delà de la dégustation, je range ce "Rotkäppchen"-là dans la catégorie des vins qui, pour moi, ont une petite histoire. Celle-ci remonte au temps où je traînais mes basques à Berlin, en qualité de stagiaire au sein du Wissenstransfer WTB de la Technische Universität, à deux pas de la gare de Zoologischer Garten, bien connue des lecteurs de "Moi, Christiane F.,13 ans, droguée, prostituée". Le lieu de travail ("Hoechst-Gebäude", pour les intimes), n'était pas une pure splendeur, mais il était parfait pour ce que je devais faire: mettre en contact des entreprises à la recherche de stagiaires et des stagiaires potentiels.

Et si le bâtiment était austère, tout le monde, dans le service, avait adopté une petite coutume: les jours d'anniversaire, on s'arrêtait une demi-heure ou trois quarts d'heure pour marquer le coup, dans un bureau, tous ensemble; celui qui avait sa fête remettait une invitation à tout le monde, et c'était parti! J'ai, quant à moi, fêté ainsi mes 26 ans. De Suisse, j'ai ramené un gros paquet de "napolitains", ces petits chocolats qu'on met parfois avec le café, ce qui m'a valu des soupçons de l'informaticien maison: aurais-je pillé les nombreux avions que j'aurais pris? Pour ce qui est des boissons, plutôt que de trimballer une ou deux bouteilles de Fendant, j'ai trouvé ce fameux "Rotkäppchen", qui faisait couler un peu d'encre à l'époque: dans l'abondante offre de "Sekt" qu'on trouve à Berlin, il faisait figure de chouchou chez les "Ossis", comme on nomme encore parfois les ressortissants de l'ex-Est. Certains d'entre eux, invités et oeuvrant au sein du service, ont donc apprécié ce choix...

... passez un bon dimanche! Et, comme on dit là-bas, "Zum Wohl"!

Und ich lade die Leute ein, die beim WTB arbeite(te)n und dieses Blog besuchen, eine Nachricht zu lassen - vielen Dank und alles Gute!

Pour en savoir plus: http://www.rotkaeppchen.de
Technische Universität Berlin: http://www.tu-berlin.de/  
Photo:
http://p3.focus.de/img/gen/Z/J/HBZJAbpa4SA_Pxgen_r_220xA.jpg

Par Daniel Fattore - Publié dans : Plaisirs de bouche - Communauté : Suisse Romande
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Mercredi 5 août 2009 3 05 08 2009 22:22

A l'heure où il est de bon ton d'emporter avec soi sa bouteille de vin sur la plage, à la piscine, en forêt ou Dieu sait où, Chamarré, un producteur de vins "pédagogique" que j'avais évoqué en son temps, lance ce qu'il présente comme une grande nouveauté: le vin en bouteilles de PET. Parallèlement, Japan Air Lines propose la même chose sur ses vols. Faut-il s'en réjouir? Ou se poser des questions? C'est cette dernière option que j'ai prise, et les réponses qui me sont venues me laissent songeur.

Naturellement, il y a l'argument du poids, mis en avant par les deux acteurs commerciaux. Chamarré suggère ainsi aux pique-niqueurs que leur sac à dos sera moins lourd - pure commodité, donc. Japan Air Lines mobilise des enjeux plus importants: des bouteilles plus légères, c'est du poids en moins dans les avions, donc une consommation de carburant inférieure, donc moins de dégagement de CO2, etc. - un discours écologiste séduisant.

Chamarré met du reste également en avant l'aspect écologiste... certes, c'est moins lourd à transporter, donc moins gourmand en énergie. Cela dit, le PET est-il aussi recyclable qu'on le dit (100%!)? Et quid du verre? Il paraît que ça se recycle aussi; lequel est le moins lourd à recycler? Je n'ai pas de réponse, je pose la question; simplement, je connais depuis toujours les systèmes de collecte du verre: conteneurs, consignes, etc. Enfin, le PET ne me semble pas franchement champion de la biodégradabilité. Sans compter la tentation, pour le pique-niqueur, d'y mettre le feu en fin de repas - avec le dégagement de substances polluantes que cela peut engendrer. Alors que... qui aurait l'idée de mettre le feu à une bouteille en verre?

Chamarré avance par ailleurs qu'il n'est pas nécessaire d'avoir un tire-bouchon pour ouvrir ses bouteilles en PET. Là, on entre dans le tendancieux, à l'heure où la capsule se fait sa place sur les bouteilles de vins non destinés à une longue garde. Naturellement, Chamarré suggère par ailleurs que l'usage d'une capsule écarte tout risque de goût de bouchon... cela contredit un reportage sérieux que j'ai vu, il y a quelques années, dans le cadre d'une émission de télévision destinée aux consommateurs et tendant à démontrer que vu que le "goût de bouchon" n'est pas dû au liège mais à une bactérie qui peut être présente sur les palettes de transport des bouchons et capsules. Aucun flacon n'est donc à l'abri - même si, a-t-on reconnu, le liège est le matériau le plus exposé.

Enfin, qu'on me permette quelques réserves concernant la préservation de l'arôme du vin... Chamarré propose, dans ses bouteilles en PET, des vins simples (un chardonnay en blanc et un cabernet-sauvignon en rouge), mais qu'en serait-il de la complexité d'un bel assemblage valaisan, voire d'un Chablis Grand Cru? La simple idée de boire du vin dans des verres en plastique donne déjà des boutons à certains consommateurs (dont je suis), vu l'altération, que je crains, du goût et des conditions de dégustation; que penser du PET, donc? Et qu'en est-il des vins de garde?

Tout cela me laisse songeur... y a-t-il des oenophiles, des sommeliers dans la salle?

Pour en savoir plus:
http://www.chamarre.com

Par Daniel Fattore - Publié dans : Plaisirs de bouche - Communauté : Suisse Romande
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