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Vendredi 18 juillet 2008

Si je vous dis que des compositeurs ont écrit de la musique dans les camps de concentration nazis, peut-être vous récrierez-vous: sans doute n'avaient-ils pas la tête à cela, ou étaient-ils occupés à d'autres activités beaucoup moins agréables. Et pourtant... une dépêche de l'Agence France Presse m'a fait tilt aujourd'hui à ce sujet. Un Italien Juif nommé Francesco Lotoro est en effet sur la piste des partitions produites par des compositeurs déportés par les nazis pendant la Seconde guerre mondiale.

Un exemple viendra cependant à l'esprit de pas mal de monde si l'on évoque ces pages de l'Histoire: celle du "Quatuor pour la fin des temps", écrit par Olivier Messiaen au Stalag VIII-A de Görlitz. Une oeuvre formellement atypique, en particulier du fait de sa distribution: violoncelle, violon, clarinette, piano. La pièce a pourtant été créée au stalag en 1941, et elle est sans doute la pièce la plus célèbre de ce type de production.

Mais il n'y a pas que ça. Francesco Lotoro cherche depuis 1991, inlassablement, depuis qu'il a corrigé une partition signée de Gideon Klein, emprisonné à Theresienstadt et décédé au camp de concentration de Fürstengrube en 1945, reçue des mains de la propre soeur du compositeur. Ce qui a frappé le musicien, c'est la difficulté de l'oeuvre. Un peu de recherche lui a permis de comprendre que les musiciens internés à Theresienstadt avaient droit à une demi-heure de piano par jour. Pas mal? Insuffisant pour un vrai travail technique. Mais les compositeurs allaient à l'essentiel pendant cette demi-heure, concevant les partitions dans leur tête, loin des contingences matérielles liées à l'instrument. "Permettre aux musiciens de continuer à travailler était aussi un moyen de mieux les contrôler. Dans le camp d'Auschwitz, il y avait sept orchestres. Quand j'ai commencé, je pensais retrouver tout au plus quelques centaines d'oeuvres", expose Francesco Lotoro en guise d'explication à la possibilité laissée aux musiciens de pratiquer leur art.

Depuis, Francesco Lotoro a retrouvé quatre mille partitions écrites dans ces difficiles conditions. L'homme les archive, à l'exemple d'une pièce en cinq actes écrite sur du papier hygiénique, signée Rudolf Karel, disciple d'Antonín Dvorák, compositeur tchèque bien connu. Il ratisse large, recueillant certes la musique classique, mais aussi des oeuvres légères ou de variété, européennes ou venant d'horizons plus lointains. Pour s'en convaincre, il suffit d'observer les titres des pièces: on trouve là des sonates, des fugues, des chansons de cabaret, des cadences destinées aux concertos pour piano de Beethoven, des symphonies, et d'autres choses encore. Le musicologue précise que cette production n'était pas forcément triste: les oeuvres parlent de foi, de famille, de patrie, etc.

Certain de jouer un "contre la montre" et d'accomplir une forme de devoir de mémoire, Francesco Lotoro sait d'ores et déjà que certaines pièces sont irrémédiablement perdues, soixante ans après les faits. Son devoir de mémoirei prend peu à peu la forme d'une série de disques, dont six ont déjà paru, sous le label KZ Musik. Une visite du site du label permet de constater que certains compositeurs ont survécu aux camps, et que d'autres y ont laissé leur vie. L'objectif? Finir le travail en 2012, avec la collaboration d'orchestres si nécessaire.

Source: AFP; photos d'Olivier Messiaen (britannica.com), de Gideon Klein (fondation G. Klein) et de Francesco Lotoro (Tribune de Genève).
Site du projet de M. Lotoro:
http://www.kz-musik.de

par Daniel Fattore publié dans : Musique
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Dimanche 6 juillet 2008

Je suis allé ce soir rédiger une pige pour le journal "La Liberté", après un concert de musique baroque donné dans le cadre du Festival international de musiques sacrées de Fribourg. Je passe mon texte à réviser à un collaborateur régulier, qui me demande ce qu'est un "cornet à bouquin". Je lui réponds que c'est un sac dans lequel on met des livres...

De quoi s'agit-il, en réalité? Il s'agit d'un instrument à musique de la famille des cuivres, évolution de la simple corne d'appel rendue célèbre par un certain Roland à Roncevaux. Sa forme définitive se fixe à la Renaissance, mais il est attesté dès le Haut Moyen Age déjà (VIIIe siècle). Parent du serpent, sa configuration et sa sonorité brillante lui offrent une virtuosité qui lui permet de rivaliser avec le violon ou avec la flûte. 

Pourquoi bouquin, alors? Il s'agit certes d'un cuivre, mais à l'origine, il était fabriqué à partir d'une corne de bouc qu'on perçait de trous à la manière d'une flûte. Le bois (poirier, merisier), gougé en forme conique, de section ronde ou octogonale, est venu remplacer la corne. L'instrument est constitué de deux morceaux réunis par du cuir afin d'en garantir l'étanchéité. L'embouchure, enfin, fait aussi partie de l'objet; elle peut être en corne, en bois d'ébène ou en métal. Si son embouchure est intérieure, l'instrument devient un cornet muet, de sonorité plus douce.

A noter qu'une autre étymologie moins animale fait remonter le fameux "bouquin" à l'italien "bocca", qui signifie "bouche" et fait référence à son embouchure (comme une trompette), qui le rapproche des cuivres en dépit de sa fabrication en bois.

Giovanni Gabrieli a contribué à son répertoire, qui est du reste fort étendu quoiqu'un peu oublié aujourd'hui. D'autres compositeurs, vénitiens entre autres, ont écrit pour cet instrument: Monteverdi, Rognoni, Palestrina, etc. Sa période faste se situe au XVIe siècle, à Venise; on l'abandonne dès la seconde moitié du siècle suivant. Son usage se prolonge jusqu'en 1700 en Allemagne ou en Autriche, voire au-delà dans les pays nordiques, mais on n'en parlera plus au-delà de 1750, supplanté qu'il est alors par le violon, par la trompette (plus bruyante pour un niveau de virtuosité voisin) et par le hautbois, de sonorité voisine.

Pour en savoir plus: priez Saint Google...
Photo:
http://membres.lycos.fr/orguever/le_cornet_a_bouquin.html - où vous pourrez par ailleurs entendre le "cornet à bouquin" et en apprendre davantage.

par Daniel Fattore publié dans : Musique
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Dimanche 25 mai 2008

Récemment, mon père m'a ramené d'Italie la mégacompilation de Gianni Morandi... chouette! Trois cédés (soit quarante-huit chansons!) du chanteur italien, qui tient la scène depuis environ 42 ans. Un dinosaure, mais aussi une voix qui n'a pas pris une ride, et un chanteur qui a su traverser les modes, en prendre le meilleur sans se renier, des violons des années 1960/70 aux synthés de plus tard. C'est parfois très, très sentimental, parfois cocasse, parfois sucré, parfois même vachement engagé ("C'era un ragazzo che come me amava i Beatles e i Rolling Stones", sur la guerre du Viêt-Nam)... Le pire, c'est qu'on aime ça. L'Italie recèle quand même de sacrées voix...

Cela doit faire plus de vingt ans que mon père m'a ramené une première compilation, à l'époque où les cassettes tournaient encore dans les enregistreurs. Je n'ai pas tout de suite piqué au truc: c'était du nouveau, et j'étais alors plus porté vers d'autres combines. Mais bon: Gianni Morandi, on se la passe une fois, puis deux, puis on l'adopte. La cassette a donc dû faire des milliers de tours dans des appareils fort divers, du petit enregistreur que j'avais chez moi à l'autoradio du véhicule, quel qu'il soit, qui me déplaçait de critique musicale en direction chorale, à travers le canton de Fribourg et la Suisse romande.

Alors, cette dernière compilation? Trois cédés, quarante-huit chansons, je l'ai déjà dit - tout cela sous le titre "Grazie a tutti". Il y a aussi deux inédits: la chanson "Stringimi le mani", ainsi qu'une reprise (pas forcément heureuse à mon goût) de "Un mondo d'amore". Pour le reste, on traverse les époques: les premières chansons du premier disque sont de bons gros rock'n'rolls qui dépotent les géranium - en particulier le second, "Fatti mandare dalla mamma". Il y a des pelletées de slows, des sentiments par brouettes entières. Là, j'écoute justement un truc un rien mélancolique qui s'appelle "Solo all'ultimo piano" - bien, bien! Naturellement, le succès "Grazie perchè", interprété en duo avec Amii Steward, ne manque pas à l'appel.

Vous aimez ce qui dégouline un peu? Vous appréciez les chanteurs à voix? Alors goûtez-y.

Le site officiel de Gianni Morandi et de la compil:
http://www.morandimania.it
Gianni Morandi sur Wikipedia, en italien:
http://it.wikipedia.org/wiki/Gianni_Morandi (la version française de sa bio est vraiment maigrelette)
Source de la photo: www.ciao.it

par Daniel Fattore publié dans : Musique
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Vendredi 16 mai 2008

UPDATE: il y a apparemment une possibilité de commander le disque "Nos retrouvailles futures", ici:

http://www.fodge.ch/fodge-music/francais/shopping/shopping.html


Bien du plaisir, et merci de vos visites!

par Daniel Fattore publié dans : Musique
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Jeudi 1 mai 2008

Update: comme c'est aujourd'hui l'Ascension et que toutes les boutiques sont fermées, les enfants vont venir chanter le 2 mai. Ah - et comme il y a en plus le Tour de Romandie à Fribourg aujourd'hui, certains enfants ont déjà commencé le travail hier... Tout l'art de respecter la tradition tout en se faisant quelques sous!...

par Daniel Fattore publié dans : Musique
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Mercredi 30 avril 2008

Image Ref: 1087-20-56 - Bag Pipes and Piper, Viewed 706 times... serait-ce nous? Jacques Brel les évoquait dans sa chanson "Voir un ami pleurer", et je ne peux m'empêcher d'y penser quand j'entends des gens d'ici interpréter des tubes qui, finalement, ne sont pas les leurs. Les chansons populaires, celles du terroir, des racines sont en effet en train de céder le pas, lentement mais sûrement, à celles qu'on entend à la radio et à la télévision. Dur matraquage, dure loi du commerce! A l'occasion du Premier mai, où les enfants de ma région vont chanter dans les familles et les bistrots, il est temps d'en parler un peu.

Le canton de Fribourg a eu la chance de connaître, dans son histoire, un certain abbé Joseph Bovet, également compositeur et arrangeur, décédé en 1951. Homme de son temps, il est allé dans les campagnes (déjà qu'il habitait à la campagne!) recueillir les pièces traditionnelles afin de les harmoniser, de les faire connaître et surtout de les préserver. Tout cela, combiné à une politique active de création de chorales d'église, a permis de chanter tout cela dans les circonstances les plus diverses, religieuses ou profanes (j'abrège, c'est plus long que ça, et ça s'inscrit dans un contexte catho assez strict dont Joseph Bovet peut être considéré comme le barde officiel). D'autres l'ont fait avant et après lui; pensons par exemple à B. Bartók en Hongrie, à un autre niveau.

En revitalisant ce patrimoine et en le sortant de son contexte usuel, l'abbé l'a peut-être paradoxalement tué en lui adaptant des harmonisations bien solides qui tiennent essentiellement de Bach et de Schubert, dira-t-on. Je répliquerai qu'à la réflexion, il l'a plutôt transformé. Certes, on ne chante plus guère dans les chaumières; mais les pièces d'antan continuent de vivre, au moins, dans de nombreuses chorales. Défenseur et illustrateur de la musique du pays fribourgeois, humble et prolixe artisan, Joseph Bovet a en outre composé plein d'oeuvres abordables pour les sociétés de chant amateur; d'autres lui ont emboîté le pas et, encore aujourd'hui, il y a des gens qui s'y mettent, conjuguant âme populaire et esprit d'aujourd'hui. La musique populaire est devenue plus savante, mais elle voit naître des perles.

Mais tout cela se perd petit à petit, et l'état d'avancement de l'érosion de la musique du terroir est bien avancée dans certains lieux. Je pense par exemple à telle chorale "populaire" d'un département français, entendue récemment près de Guéret, qui n'a interprété que des pièces issues du répertoire des chansonniers parisiens que sont Piaf, Trenet, Bécaud, etc. Autant de choses qu'on aurait pu entendre ailleurs (donc zéro effet de découverte, fatal pour un curieux!), et le plus souvent mieux: rarissimes sont les chorales qui excellent vraiment dans la musique de variétés, et ont un vrai groove. On a volontiers bazardé les oeuvres écrites pour choeur au profit d'une telle musique parce qu'elles étaient considérées comme ringardes; peut-être aussi qu'il n'y a jamais eu personne pour recueillir les pièces traditionnelles que chantaient les anciens. Mais la musique à la mode se démode aussi, et bien plus rapidement! Alors qu'il y a toujours quelque chose à prendre dans la sagesse populaire. Or, le résultat du choix de répertoire, c'est que la région représentée par la chorale à laquelle je pense donne l'impression de ne plus avoir de musique propre - donc d'être amputée d'une partie de son génie. Et malgré la vivacité d'une tradition, le canton de Fribourg n'est nullement à l'abri d'un tel glissement.

J'avais dit "peuplade sans musique"...?


Au sujet de l'Abbé Joseph Bovet
Autres compositeurs

par Daniel Fattore publié dans : Musique
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Vendredi 25 avril 2008

J'ai eu l'occasion plutôt rare d'assister, ce soir, à un concert entièrement consacré au compositeur français Jacques Duphly (1715-1789), afin d'en rédiger un compte rendu dans le journal "La Liberté", pour le début de la semaine prochaine. Les lecteurs de ce journal découvriront en temps et heure ce qui s'est passé ce soir aux Capucins; mais j'aimerais faire part d'un ou deux souvenirs qui me rendent particulièrement attachant ce compositeur, ssentiellement claveciniste, l'un des derniers illustrateurs de cet instrument avant le triomphe du piano au dix-neuvième siècle. 

Jacques Duphly est en effet l'un des tout premiers compositeurs dont j'ai pu trouver les partitions en téléchargement libre, sur Internet. J'ai depuis découvert d'autres ressources, mais on se souvient toujours de ses débuts... et ceux-ci étaient fracassants: un passionné avait scanné les quatre livres d'oeuvres pour clavecin (et parfois accompagnement de violon) du compositeur français. De quoi jouer de la musique pendant un moment! Qui plus est, le webmestre avait choisi de scanner les fac-similés du manuscrit autographe du compositeur. Je me suis donc longtemps amusé à déchiffrer sa notation musicale, qui est, Dieu merci, le plus souvent claire. A présent, les chanceux trouveront là des partitions éditées à l'aide d'un logiciel.

Les pièces composées par Jacques Duphly sont un véritable arc-en-ciel de sensations, de caractères, de portriats même. Le compositeur est décédé le lendemain de la prise de la Bastille, s'éteignant ainsi avec l'Ancien régime. Tout un programme qui m'a permis d'utiliser certaines de ses pièces, les plus sérieuses, lorsque j'ai eu l'occasion d'animer musicalement, à l'orgue, deux messes pour le repos de l'âme de Louis XVI et des martyrs, données à Fribourg. Je me souviens de l'orgue de la chapelle de l'université de Fribourg, au toucher particulièrement mou et invitant à un jeu rapide qui m'a vite déstabilisé, mais aussi de celui de l'église Saint-Michel qui, avec ses trois claviers, permettait d'intéressants jeux sur des notes répétées... d'un clavier à l'autre.

Retrouver ces oeuvres, ce soir, m'a permis de replonger dans cette période - merci aux interprètes, qui préparent du reste un disque consacré au compositeur.

Pour trouver vous aussi les partitions de Jacques Duphly, c'est
ici.




par Daniel Fattore publié dans : Musique
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Jeudi 17 avril 2008

Ca fait un peu de bruit, alors moi aussi, je ramène mon bon gros barouf bien conservateur de derrière les fagots. Qu'est-ce qui peut donc bien me transformer en caisse de résonance en ce jour? Facile: la France va envoyer, au concours de l'Eurovision, un chanteur, Sébastien Tellier, qui se produira en langue anglaise.

Déjà que je saute au plafond quand j'apprends que nos chanteurs nationaux suisses veulent proposer une chanson en anglais (genre DJ Bobo l'an dernier, mais il a été recalé dans les grandes largeurs), je suis un peu à la peine pour la France. Pourquoi? On peut en effet poser que la langue de la chanson est parfaitement libre, et que seule compte sa qualité intrinsèque, et le fait que le tout ait de la gueule - on pourrait même considérer que notre bonhomme chante en edo, en amharique ou en algonquin, peu importe. Et je ne veux pas me prononcer sur la qualité intrinsèque de la chanson retenue.

Mais l'anglais n'est plus une langue innocente, à l'heure où ce qu'on appelle la mondialisation devient, de plus en plus, une américanisation de notre planète, qui implique son anglicisation. A partir de là, pour un chanteur français, choisir l'anglais, c'est pour ainsi dire une option politique. Surtout quand il s'agit de défendre les couleurs d'un pays dans un concours international... donc de le représenter. Sur 70 millions de Français, de l'agriculteur à l'énarque, combien se sentiront vraiment représentés par un texte écrit dans une langue qui n'est pas la leur? Que Carla Bruni chante en anglais n'est pas un argument: ce faisant, elle fait son métier et, surtout, n'engage qu'elle-même. Cela, même si c'est l'épouse du plus hongrois des présidents de la république française.

De l'autre côté, nous avons des mouvements et des personnes si chatouilleuses quant à la défense et à l'illustration du français, qui se battent pour la pérennité de cette langue, parlée par 200 millions de personnes dans le monde quand même! Pourquoi renoncer à cette langue internationale, reconnue comme telle par les Nations Unies, organisation internationale s'il en est?

Mais l'enjeu va plus loin que celui des groupes de défense du français, grands pourfendeurs d'anglicismes, dont le combat me paraît légitime. Je le vois comme suit: le français est la langue de la France, avant tout. C'est en France que se trouve l'Académie française, organe qui dicte la manière dont on doit parler le français. C'est un pouvoir, mais c'est aussi (comme tout pouvoir!) une responsabilité. Et voilà qu'un chanteur se met à représenter le pays porte-drapeau de la langue de Molière... en anglais! Tout cela me renvoie à la seule question forte dans toute cette histoire: si la France elle-même ne défend pas le français en le mettant en valeur partout où c'est possible, qui le fera à sa place? Au risque de balancer une lapalissade, je rappelle que c'est en France qu'on trouve la plus forte et la plus nombreuse concentration de francophones du monde...

L'Etat français a donc raison de s'émouvoir de cette sélection. Bravo! Qu'il aille plus loin encore, en défendant le français sur des terrains plus significatifs encore que celui du concours "Eurosong" - pour reprendre sa désignation officielle actuelle... anglaise, comme qui dirait.

par Daniel Fattore publié dans : Musique
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