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comme promis: la traduction!
Connais-tu, amie lectrice, ami lecteur, le pays de Ladonia ? Ne va pas vérifier son existence sur des cartes de géographie : Ladonia est une minuscule micronation proche de la mer,
d’une superficie d’un kilomètre carré, même pas membre des Nations Unies. Elle s’est déclarée indépendante de la Suède en 1996, ouvrant une nouvelle ère de son histoire. Personne n’y habite, mais
Ladonia a quelque 12000 citoyens, vivant dans le monde entier, hôtes réguliers des deux cités de Nimis et Arx, fondées en 1980 par l’artiste Lars Vilks.
La reine Ywonne I Jarl règne ici, même si elle habite en Suède. Le pays a des ministres, qui vivent également dans de nombreux pays du monde : Hongrie, Italie, Etats-Unis, etc. Ceux-ci
s’occupent de dossiers parfois curieux : objets qu’on ne peut compter, francophonie (un Français est chargé de ce domaine), mystères profonds, motocyclettes Harley-Davidson, procrastination
(peut-être que le ministre en charge est écrivain…), colonies – comme si Ladonia en avait ! Les ministres sont nombreux.
Ladonia possède une bannière, et deux hymnes nationaux. Sa monnaie s’appelle Örtug. Il est possible d’envoyer des lettres de ce pays. Les citoyens doivent payer un impôt, non d’argent, mais de
créativité. Le latin est la langue officielle du pays (c’est pourquoi mon billet d’hier était rédigé en latin), mais les citoyens peuvent s’exprimer en d’autres langues, telles que le français,
l’anglais, le suédois. Si tu veux devenir citoyen de Ladonia, cela est possible, gratuitement si tu veux être simple citoyen, contre douze dollars si tu souhaites devenir noble. Un formulaire
d’inscription figure sur Internet. Naturellement, il te faudra écrire quelques mots en latin à cette occasion.
Des œuvres d’art sont exposées à Ladonia jusqu’à la fin du mois de novembre.
Illustration puisée sur le site Internet de Ladonia: http://www.ladonia.net,
rédigé en anglais.
… ah, que ça fait du bien de se remettre au petit latin !
Par Daniel Fattore
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Novistine, amice lector, amica lectrix, nationem Ladoniam? Noli in geographicis cartis mirari, ubi illa
sit: Ladonia parvula micronatio apud mare est, uno kilometro quadrato superficie, quae Consociationis Nationum socia nullo modo est, independentem se autem dixit a Svecia anno Domini
1996 - res temporaque novae olim coeperunt. Nullus incola ei est; cives autem circa duodecim milia sunt, in toto mundo viventes hospesque duorum civitatum Nimis Arcisque, ab artista Lars Vilks
conditae anno Domini 1980.
Regina Ywonne I Jarl ibi regnat, habitat autem in Svecia; ei ministri sunt, viventes quidem in multis nationibus mundi: Hungaria, Italia, Civitates Foederatae Americae, et caetera. Ministri
stranis rebus student: rebus innumerabilibus, francophonia (Gallicus vir huic rei studet), mysteribus profundibus, birotis mechanicis Harley-Davidson, procrastinationi (forte etiam scriptor est
minister...), coloniis - utsi sint coloniae Ladoniae! Nonnullos sunt ministri.
Ladoniae quidem vexilla est, cantique nationales duo etiam. Moneta Örtug nominatur. Litteras mittere ex hac natione potes. Contributiones pacandae sunt civibus; autem non denariis, sed
creativitate. Latina lingua officialis ibi est (itaque haec nota latine scripta est); cives autem in aliis idiomis quoque loqui possunt, sicut gallica, anglica, sveciense lingua. Si vis cives
Ladoniae fieri, potes - gratis si ordinaris civis esse vis, pacando dollares duodecim si vis nobilis vir (aut mulier) nominatus esse. Petitionis formula in Rete est. Tibi quidem verba latina
scribenda sunt.
Ars videnda est in Ladonia, usque ad finem mensis novembris.
Illustratio e pagina retis Ladoniae: http://www.ladonia.net, anglica lingua
scripta.
Je me suis permis d'écrire ce billet dans la langue nationale de la micro-nation de Ladonia, qui est le latin. La traduction... demain soir! Et si un/e latiniste perspicace décèle des erreurs
dans mon texte, qu'il n'hésite pas à me les signaler. Je suis un peu rouillé de ce côté-là.
Par Daniel Fattore
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Quelques brèves pour ce retour sur le
blog...
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D'une part, le site "Chroniques littéraires" attire d'intéressants commentaires sur le
texte que j'ai rédigé sur "La Belle Rouge" - et en
particulier une remarque fort pertinente: j'ai oublié de mentionner la traductrice. Un oubli que je répare ici (et dont je suis désolé!), après l'avoir réparé là-bas: il s'agit de Mme
Morgane Saysana.
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L'écrivain Olivier Mathieu, dit Robert Pioche, me fait savoir que
son dernier texte, un article sur François Villon, a paru sur le site des Petits Bonheurs, ici. Quelques mystères liés à
ce poète y sont abordés avec érudition - et les lecteurs du poète médiéval ne manqueront pas de trouver, çà et là, quelques points communs avec l'auteur du Cycle des aventures de Robert
Pioche.
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Enfin, un buzz qui risque de faire buzz: un ami me fait savoir (il faudra que je
vérifie, tellement c'est énorme) que le mot "buzz" a fait son entrée dans le Petit Larousse 2010... mais qu'on le trouvera avant "buzuki". Le dictionnaire de référence semble
fâché avec l'alphabet; d'autant plus que par ailleurs, "burn-out" apparaît avant "burnous". Je prescris quelques vacances à l'illustre et vénérable ouvrage...
Par Daniel Fattore
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Dimanche 6 septembre 2009
Pas très inspiré ce soir, mais Lili
Lectrice m'a soufflé une idée sympathique: dresser mon
portrait chinois à partir de titres de livres. Je vais donc me livrer à ce petit jeu - et invite tout un chacun à m'imiter: c'est révélateur et sympathique. Est-ce un tag? Dans ce cas, je renonce
à désigner des repreneurs: sans doute suis-je le dernier à m'y livrer... dans le cas contraire, n'hésitez pas à vous y mettre.
Note préliminaire: je cite ici des romans en raison de leur titre, mais je ne les ai pas tous lus.
Décris-toi : (voir ci-dessous)
Ton état d'esprit : C'est beau une ville la nuit, de Richard Bohringer
La condition actuelle de ton âme : Personnages désespérés, de Paula Fox
Décris là où tu vis actuellement : L'immeuble Yacoubian, de Alaa al-Aswani
Si tu pouvais aller n'importe où, où irais-tu ? Le pire voyage au monde, d'Apsley Cherry-Garrard
Ton moyen de transport préféré : La Cadillac blanche de Bernard Pivot, d'Alain Beaulieu (si si, ça existe)
Ton / ta meilleur(e) ami(e) : Le Beaujolais nouveau est arrivé, de René Fallet
Toi et tes amis, vous êtes : Electrons libres, de James Flint
La météo du jour : Un rude hiver, de Raymond Queneau
Ton moment préféré de la journée : Plop! de Pierre Charras (si vous aviez vu la couverture du livre...)
Ta conception de la vie : Chroniques de l'oiseau à ressort, de Haruki Murakami (hé hé!) ou Vodka, dollars et gueule de bois de Alex Slapovski (hé hé! à
nouveau)
Ta peur : Rater mieux, de Géraldine Barbe
Le meilleur conseil à donner : Il ne faut jurer de rien, d'Alfred de Musset (dans la version du film avec Gérard Jugnot)
Ta pensée du jour : Au-delà de cette limite, votre ticket n'est plus valable, de Romain Gary
Comment aimerais-tu mourir ? Mort dans l'après-midi, d'Ernest Hemingway
Et pour répondre à "Décris-toi", plutôt qu'un titre de livre, quelques vers de Jules Laforgue:
Je ne suis qu'un viveur lunaire
Qui fait des ronds dans des bassins
Et cela, sans autre dessein
Que de devenir un légendaire.
Par Daniel Fattore
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D'abord un élément que je concède volontiers: se balader virtuellement dans les rues de Paris grâce à Google Street View est un plaisir. Jeter un coup d'oeil à
la devanture de l'hôtel que l'on convoite à Grenoble, pareil. Mais le système pèche sur élément considéré comme important par pas mal de gens: la protection de la sphère privée. On a longtemps
glosé sur les personnes filmées par Google dans des postures incommodes (par exemple en train de vomir leur cuite de la veille... beurk!); mais un ou deux témoignages montrent l'ampleur de la
question. Je vous en fais brièvement part ici.
Première expérience,
parfaitement personnelle: après avoir tourné autour du rond-point de la Place de l'Etoile à Paris, j'ai décidé de tester le système un peu plus avant. Pour ce faire, je l'ai envoyé me chercher la
Rue Primatice, venelle du treizième arrondissement de la Ville-Lumière. Ping: en quelques secondes, j'ai une perspective plongeante, imprenable, sur l'endroit. Je cible mon affaire, en
saisissant l'adresse exacte d'une librairie d'extrême-droite (voilà, c'est dit... j'ai un drôle de fichier parisien), qui a ses locaux au numéro dix. Le premier enseignement, c'est que la
librairie a une jolie devanture, et que Google Street View permettrait presque de lire les titres des livres exposés en vitrine. En plus, c'est juste à côté d'un restaurant asiatique. Joli coin!
Plus étrange cependant: la présence d'un monsieur plutôt bien habillé (complet noir, cravate assortie) droit devant la librairie, le visage assez reconnaissable (de profil tendance trois quarts
dos, mais quand même) pour que je reconnaisse qu'il ne s'agit pas du libraire (qui a sa photo sur le site de la librairie; la calvitie des deux hommes n'a pas la même configuration...). Des
idées, je ne discuterai pas ici, ni dans les commentaires; mais est-ce que cet homme souhaitait vraiment être vu ici? Si ça se trouve, c'est un élu d'extrême-gauche... ou un fin gastronome qui
n'a pas envie qu'on sache qu'il fréquente les restaurants chinois parisiens. Dans tous les cas, je l'invite à râler auprès de Google Street View, s'il passe par ici (après tout, s'il fréquente
les venelles parisiennes, il fréquente peut-être aussi celles du Web, non?)
Dans
le même registre et dans la même ville, je serais curieux de voir la tête des touristes à la Rue de La Harpe... - Test effectué: les visages des clients attablés en terrasse à la Petite
Hostellerie sont bien floutés. Même s'ils ont l'air de bien s'amuser... et qu'on peut distinguer ce qu'ils mangent et boivent.
Seconde expérience, livrée par le journal fribourgeois "La
Liberté". Là, ça se corse, parce que le bonhomme en question est flouté... mais quand même reconnaissable: il s'agit d'Hubert
Audriaz, artiste et animateur de la cité, qui a obtenu, comme récompense pour les services rendus, de pouvoir circuler en vélomoteur sans casque (alors que celui-ci est obligatoire dans toute la
Suisse - c'est la loi!). Malgré le floutage, on reconnaît sa tignasse qui flotte au vent, alors qu'il est intégré au trafic de la ville de Fribourg. Hubert Audriaz serait-il donc la star locale
qui résiste au floutage? Son profil est en tout cas si célèbre qu'il met Google Street View en défaut...
Floutage, respect de la vie privée? Ca dépend où l'on place ses limites, et les deux exemples mentionnés démontrent la diversité des cas qui se présentent. A ce régime, on pourrait même imaginer
un homme (ou une femme) qui découvre par ce biais que son/sa conjoint/e le/la trompe. Big Brother? Pour le moment, c'est potentiellement un peu ça; espérons que les concepteurs trouveront
une solution à ce genre de situation malencontreuse.
Par Daniel Fattore
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