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19 août 2013 1 19 /08 /août /2013 19:34

hebergeur imageLu par Alfie, Alias Noukette, Antigone, Anyuka, APDL, A Posteriori, Carré Jaune, Cathe, Cathy, Clara, Clarabel, Constance, Corélie, Flora, Florinette, J. Bessière, Jérôme, Keisha, Koryfée, Lapinoursinette, Lectovore, Littérature et français, Lucie, Marianne, Meely, Mireille, Mylou, Nuages et vent, Sev, Souris jaune, Sylire, Sylvie, Yv.

Lu dans le cadre du défi Premier roman.

 

Il y a un indéniable parfum de Marcel Proust dans "La petite cloche au son grêle", premier roman de Paul Vacca, bien connu de la blogosphère, qui lui a réservé un accueil des plus chaleureux. Qu'on ne s'y méprenne pas, cependant: ce roman plutôt court se lit facilement et rapidement, au contraire de l'illustre modèle littéraire. Ce qui n'enlève rien aux qualités respectives de Paul Vacca et de Marcel Proust, au contraire!

 

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Parents spirituels et réels

Pour un écrivain, donner à Marcel Proust une place prépondérante dans un premier roman n'a rien d'innocent: de la part du lectorat, les attentes seront élevées! L'auteur est habile, cependant. Il ne fait pas dans le pastiche stérile, mais recrée une vie villageoise qui pourrait être la sienne... et qui, comme par hasard, coïncide avec les épisodes et thèmes majeurs de l'oeuvre majeure de Marcel Proust, "A la recherche du temps perdu", opportunément rappelés: madeleine de Proust, scènes de sommeil au début de l'oeuvre, faire cattleya, homosexualité, masturbation, et même un dîner de têtes en fin de roman. Cela, sans oublier le célèbre incipit, cité comme il se doit: "Longtemps, je me suis couché de bonne heure".

 

Et face à la figure tutélaire, paternelle de Marcel Proust (au sens symbolique, le narrateur ayant un vrai père, bien réel et qui garde les pieds sur terre), se trouve l'image maternelle: pour faire naître une vocation, suggère l'auteur, il faut être deux au moins, de manière symbolique, de même qu'il faut un papa et une maman bien réels pour donner la vie à un petit d'homme. L'auteur trouve le moyen de la mettre en évidence en parlant d'elle à la deuxième personne du singulier. Ainsi le lecteur a-t-il l'impression de plonger dans une longue lettre reconnaissante du narrateur à sa mère.

 

Incipit, avez-vous dit?

Incipit, ai-je dit tout à l'heure. Celui de "La petite cloche au son grêle" est des plus élaborés, et contient en germe tout ce qui va suivre dans le roman. En rapprochant retour de collège et lois physiques et cosmiques, la première phrase représente en effet un trait d'union saisissant entre l'absolu et les contingences d'ici.

 

Quant à la fin du premier paragraphe, il plante le décor (le bar familial) et indique d'emblée un élément qui, évoqué dans le titre, va faire office de leitmotiv dans tout le roman: la clochette qui tinte dès qu'un client entre dans le bar. Cela va suivre le lecteur tout au long de son voyage littéraire.

 

Le tableau d'une adolescence... autobiographique?

Un voyage qui va l'amener à suivre un gamin de treize ans. L'entrée dans l'adolescence est bien dépeinte; l'auteur, en particulier, parvient à jouer avec le personnage d'Eglantine afin de montrer les errements inhérents, parfois, aux amours adolescentes. Et puis, l'auteur paraît suggérer un truc que d'autres écrivains pourront peut-être me confirmer: à l'instar du narrateur, toute personne ayant répondu positivement à une vocation d'écrivain a dans son histoire scolaire un professeur qui lui a mis de mauvaises notes de rédaction. C'est précisément qu'il est question, tout au long de "La petite cloche au son grêle", de la naissance d'une vocation...

 

"La petite cloche au son grêle" est-il, enfin, un roman autobiographique? Tout comme il y a de quoi s'interroger tout au long de "A la recherche du temps perdu", on peut se poser la question en lisant "La petite cloche au son grêle", à cela près que dans ce dernier ouvrage, le prénom du narrateur n'est jamais divulgué. Vrai ou faux? Le lecteur accepte-t-il d'être dupe, dans un sens ou dans l'autre? Il doit en tout cas se contenter de l'étiquette de "roman" inscrite sur la couverture de "La petite cloche au son grêle", qui fait pencher ce livre du côté de la fiction, et accepter de faire lui-même la part du vécu et de l'inventé.

 

Ca n'a l'air de rien, donc, moins de 200 pages; mais le lecteur aura de quoi gamberger à la fin de "La petite cloche au son grêle", et se demander dans quel voyage il est parti: il y a là de l'enthousiasme, de la tristesse, de l'amitié, une vie de famille heureuse malgré les aspects tragiques (la maladie de la mère), et toute une vie en province, dans des temps mal définis mais forcément anciens. Le tout, servi par une écriture sobre, au style suffisamment discret pour laisser la place à des questions existentielles autrement importantes...

 

Paul Vacca, La petite cloche au son grêle, Paris, Philippe Rey, 2008.

 

 

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commentaires

fersenette 01/09/2013 20:15

ce roman a tout pour me plaire en somme. Dommage que je sois passée devant l'auteur sans m'arrêter, au salon du livre de poche à St Maur.

DF 01/09/2013 22:20

C'est un roman séduisant, en effet! Je t'en souhaite une bonne découverte; dommage, en effet, que tu aies manqué son auteur: c'est une fine plume.

Alex-Mot-à-Mots 25/08/2013 10:12

Qu'est-ce que j'avais aimé ce livre.....

DF 25/08/2013 15:06

Il m'a aussi fait passer un très bon moment de lecture - une bonne surprise, fort brève certes.

Yv 20/08/2013 11:50

Encore un qui succombe au charme de cette petite cloche. Je n'ai moi-même pas résisté ni au roman suivant de P. Vacca, Nueva Königsberg !

DF 21/08/2013 21:36

Nueva Königsberg était également savoureux, dans un autre registre!

Noukette 19/08/2013 23:47

Tu as réussi à le glisser entre deux lectures, chouette ! je te donne le nouveau lien vers chez moi, j'ai changé d'étagères ! ;-)
http://aliasnoukette.fr/la-petite-cloche-au-son-grele-paul-vacca/

DF 21/08/2013 21:35

Tout à fait! Et pour mon plus grand bonheur.
Je vais aller modifier le lien vers ta chronique.

Anne 19/08/2013 22:34

Tu t'es toi aussi laissé prendre au charme de cette petite cloche...

DF 21/08/2013 21:34

Une excellente surprise pour moi, en effet!

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